BILLAULT — BILLECOCQ
Au cours de la discussion sur la Pologne, il avait dit : |
« Ce qni a placé l’empereur Napoléon HI sur le trône, ce sont les aspirations de la France vers l’ordre, la gloire et la paix ; ce n’est pas le désir d’une nouvelle lutte avec l’Europe, d'une guerre à tout propos, sans aucune espèce de sagesse ni de prudence... La France était lasse des convulsions et des impuissances révolutionnaires. Elle sentait les immenses périls amoncelés autour d'elle; elle sentait que tout périssait à la fois, sa gloire, sa grandeur, sa sécurité, sa prospérité matérielle, ses croyances religieuses. » Le prince Napoléon l'interrompit}, en lui rappelant qu’il avait pourtant voté contre Louis-Napoléon et pour Cavaignac. Le fait personnel que cite Son Allesse impériale, reprit M. Billault, me parait inutile, dans ce débat, mais il est vrai. Je n’ai pas voté pour le prince-président. Mais depuis dix ans, l'ayant vu à l'œuvre, je le sers avec fidélité et honneur. » La lettre suivante de l’empereur, insérée au journal officiel, donna gain de cause au ministre : « Mon cher M. Billault, je viens de lire votre discours, et comme toujours j'ai été heureux de troaver en vous un interprète si fidèle et si éloguent de ma politique. Vous avez su concilier l'expression de nos sympathies pour une cause chère à la France avec les égards dus à des souverains et à des gouvernements étrangers. Vos paroles ont été sur tous les points conformes à ma pensée, et je repousse toute autre interprétation de mes sentiments. Croyez à ma sincère amitié. »
Après les élections générales de 1863, l'opposition des Cing se trouvant fortifiée par l’arrivée au Corps législatif de plusieurs hommes remarquables, notamment Berryer, Marie et Thiers, un décret du 23 juin 1863, dans le but de fortifier aussi la représentation de la pensée gouvernementale devant les chambres, substitua aux ministres sans portefeuille un ministre d'État et un ministre présidant le conseil d'État. M. Billault fut nommé ministre d'État, mais, avant d’avoir pris la parole à ce titre, il mourut subitement, le 13 octobre 1863, d’üne congestion à la poitrine, dans sa terre des Grésillières , près de Nantes. Son corps, rapporté à Paris, fut inhumé aux frais de l'État et avec un grand appareil, au cimelière du sud. Une statue lui fut élevée sur une place publique de Nantes, en septembre 1867 à elle a été renversée après le 4 septembre 1870. M. Alb. Huet a publié les Œuvres de M. Billault ( 1864, 2. vol gr, in-20.,
B:LLAU'T (Ana), généralement connu sous ie nom dé Maitre Adam, poëte français du dix-septième siècle, dont ue chanson pleine de verve,
Aussitôt que la lumière Vient redorer nos coteaux, ete.,
dérobera toujours le nom à l'oubli, naquit à Nevers, vers la fin du règne de Louis XIII, et mourut dans sa ville natale, le 19 mai 1662. Il exerçait la profession de menuisier ; aussi les poëtes ses contemporains le surnommèrent-ils Le Virgile au rabot. C’est tout en maniant le rabot et la varlope, et au milieu des rudes travaux de son métier, qu’il composait des vers pour se distraire, demandant le plus ordinairement ses inspirations à la divine bouteille. Ses CAevilles (1644), son Vilbrequin (1653), obtinrent un grand succès, tant à cause de quelques vers vraiment heureux et
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d’un grandnombre de pensées ingénieuses qu’on y rencontre
au milieu de beaucoup de fatras, que par la singularité
qu'il y avait à cette époque à voir un homme occupé de travaux tout matériels, chercher des distractions dans la culture de la poésie. Le cardinal Richelieu crut s’honorer en accordant des pensions au modeste menuisier de Nevers,
qui eut le bon sens de se défendre contre les séductions de”
la gleire et de persister à ne pas quitter Nevers, S'il avait cédé aux sollicitations de ceux deses protecteurs qui voulaient Pattirer dans la grande ville, il est probable que la curiosité publique une fois satisfaite il eût fini par y être oublié, et peut-être bien déprécié. Il ne faut pas croire au reste que Maître Adam fût au dix-septième siècle le seul ouvrier qui se mêlât de rimer. fl y avait aussi alors un pâtissier de Paris, appelé Ragueneau, qui faisait des vers, les imprimaïit et les servait à ses pratiques, sous forme d’enveloppes pour les biscuits dont il faisait un grand débit. Raguencau adressa même à son rival de Nevers un sonnet dans lequel il lui disait, en détestables vers d’ailleurs, que s’il travaillait avec plus de bruit, lui travaillait avec plus de feu. Maynard, faisant de l'esprit sur son confrère en Apollon, disait que les Muses ne devaient être assises que sur des tabourets faits de la main de ce poëte menuisier.
BILLE (du latin pila, globe, ou billus , bâton, selon «
lacception qu’on lui donne). Autrefois ce mot signifiait un bâton, ce que témoignent les mots de biller et de débiller, dont on s’est longtemps servi, etdont on se sert encore quel-
quefois aujourd’hui sur les rivières, pour dire attacher la «
corde du bateau aux billes ou bâtons qui sont au bout des traits des chevaux qui tirent. C’est dans ce sens qu’il faut prendre aussi, 1° la bilie ou rouleau dont se servent les boulangers pour aplatir la pâte; 2 la bille ou morceau de fer ou de bois rond, gros et long à volonté, qui sert aux chamoiseurs pour tordre les peaux et pour en faire sortir toute Peau, la gomme ou la graisse qu’elles peuvent contenir; 3° la bille ou bâton qui sert surtout aux emballeurs pour
serrer les cordes de leurs hallots ; 4° les billes, ou rejelons, «
enlevés par les jardiniers du pied des arbres pour être mis en pépinière ; 5° les billes à moulure, ou morceaux de fer plat modelés dans le milieu, entre lesquels les orfévres ti-
rent la matière où jls veulent faire des moulures; 6° les «
billes ou pièces de bois de toute la grosseur de l’arbre dont elles proviennent, et qu’on équarrit pour les employer soit à soutenir des rails, soit à faire des planches, ete.
La signification du mot bille, comme dérivé de pila, et rappelant la forme d'un globe, est beaucoup plus restreinte, et ne s'applique guère qu’aux boules d'ivoire avec lesquelles on joue au billard, ou aux petites boules de pieris, dé marbre ou de verre qui servent de jouets aux enfants.
BILLECOCQ (JEan-Barnisre-Louis Josepu), avocat et homme de lettres, naquit à Paris, le 31 janvier 1765. Son père, qui avait occupé plusieurs emplois dans la haute finance, et qui est mort régisseur des droits du roi, lui fit faire ses études à l’un des meilleurs colléges de l’ancienne université, celui du Plessis-Sorbonne. Ses poésies latines attestent le culte qu’il voua toute sa vie à nos vieilles muses classiques. La révolution, survenue comme il terminait son stage, le jeta pour un temps dans la carrière des emplois et des fonctions publiques. Appelé à faire partie du corps élec= {oral de Paris, et nommé député suppléant à l’Assemblée législative, il n’eut point occasion d’y paraître. Le 9 thermidor larracha à la prison où l'avait jeté le 10 août 1792. Proscrit pendant une autre phase révolutionnaire comme. ayant occupé avec courage, durant les mitraillades du 13
vendémiaire an rv, le fauteuil de président dans la section insurgée de la Butte des Moulins ; devenu ensuite, lorsqu'il
put reparaître, membre de l'administration municipale, le
coup d'État du 18 fructidor amena sa destitution, A cette
époque, des traductions de l'anglais, d’autres traductions ou éditions de classiques latins occupèrent sa plume. I put