‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 3)Chapitre 14 sur 527 · BERGASSE — BERGER · texte numérisé non relu

BERGASSE — BERGER

Bergasse ne voulut point quitter la France. La foule des solliciteurs obstruait alors toutes les avenues du pouvoir, Bergasse fut oublié. 11 continua néanmoins à défendre la cause qu’il avait embrassée. Fidèle à ses précédents, il publia, en 1821, un nouvel ouvrage en faveur des émigrés, et contre la confiscation de leurs biens. Ce livre, intitulé De La Propriélé, fut déféré aux tribunaux; l’auteur comparut devant la cour d’assises de la Seine le 28 avril 1821, et fut acquitté.

Bergasse avait, dans le cours de sa longue carrière, éparpillé ses talents et ses vastes connaissances en droit public et en histoire dans une foule d'ouvrages nés des circonstances, et qui ont passé avec elles. Quelques-uns cependant peuvent être utilement consultés, et des bibliophiles en conservent la collection. 11 a publié aussi quelques travaux sur divers sujets de piété et sur le magnétisme animal. Entièrement retiré de la scène politique, il n’y reparut un instant qu’en 1830 pour être nommé, à la stupéfaction générale, conseiller d'État par une des petites ordonnances qui servaient d’escorte aux grandes et désastreuses ordonnances de juillet, rentrer de nouveau dans l'obscurité et y mourir, le 28 mai 1832, à l’âge de quatre-vingt-deux ans.

Durey (de l'Yonne),

BERGE, On entend proprement par ce mol les bords ou levées des rivières.

On donne aussi ce nom aux grands chemins qui, étant taillés dans quelque côte, sont escarpés en contre-haut ou dressés en contre-bas, avec talus, pour empècher l’éboulement des terres et retenir les chaussées faites de terres rapportées.

En termes de marine, les berges ou barges sont de grands rochers âpres, élevés à pic au-dessus de l’eau : tels sont ceux d'Olonne, de Scylla et de Charybde, en Sicile.

Une berge ou barge est encore une chaloupe longue et étroite dont on se sert sur quelques rivières.

BERGEN, diocèse de la Norvège, divisé en deux bailliages ( Bergenhuus du nord et du sud), qni ont ensemble 227,853 âmes sur 35,931 kilom. carrés de‘superficie, Le chef-lieu, Bergen, est situé à l'extrémité du golfe de Waag, qui enfre profondément dans les terres, où il forme un excellent port entouré de rochers à pic, dont quelques-uns ont plus de 2,000 pieds d'élévation, D) côté de la terre la ville s'appuie sur sept montagnes qui s’élèvent en demi-cercle autour de ses murailles, Du côté de la mer elle est protégée par le fort de Bergenhuus, par la citadelle appelée Frederiksberg, et par plusieurs batteries. Au total, elle est bien bâtie; cependant les rues en sont souvent étroites, tortueuses et inégales; et la plupart des maisons sont construites en bois, d’après l'architecture particulière à la Norvège. Elle se compose de trois parties : la ville proprement dite, le Sandvigen et le Nosted, et on n’y entre que par deux portes. On y compte six places publiques, cinq églises et un château royal. Le nombre de ses habitants s'élevait, en 1865, à 30,702 avec les faubonrgs.

Bergen est le siége d’un évêché et des autorités centrales du bailliage ; elle possède une école supérieure, quatre écoles secondaires et plusieurs écoles élémentaires, une école de navigation, trois bibliothèques publiques, un musée national d'histoire naturelle, d’art et d’archéologie, un théâtre, une succursale de la banque, une caisse d’escompte, une bourse, un hôpital et divers autres établissements de charilé, entre autres un grand hôpital de lépreux. Une circonstance climatérique particulière à toute la côte occiden- {ale de ce bailliage, c’est que l'influence de l'Océan contribue à y rendre la température bien moins froïde que dans l'intérieur du royaume, de même que le voisinage de la mer y rend les pluies très-communes : aussi une journée de Lean soleil y est-elle chose extrémement rare.

C'est à Bergen que les habitants des côtes septentrionales viennent échanger leurs produits , tels que planches, mâts, lattes, bois à brûler, goudron , huile de baleine, cuirs, ete.,

mais surtout poissons secs, conre des grains ct autres objets de première nécessité qu'y importent des Danois, des Anglais, des Hollandais et des Allemands, Bergen, qui possède un nombre considérable de navires, est le centre d’un commerce fort actif; aussi en 1856 ses exportations s’élevèrent à 238,250 barils de hareng, 7,490,000 kilogr. de slockfish et de morue, et 46,115 barils d'huile de foie de morue.

En 1445 lés villes hanséatiques allemandes fondèrent dans ces parages une factorerie et des magasins ; et pendant longtemps les ouvriers allemands qui habitaient Bergen furent placés sous la protection de la Hanse. C’est à cette époque aussi que remonte la fondation de l’église allemande, la seule qu'il y ait en Norvège, de l’hospice et du comptoir allemand, Ce dernier établissement, qui se composait de soixante boutiques, appartient aujourd’hui à la ville, et sert d’entrepôt. C’est à Bergen que naquit le célèbre poëte danois Holberg.

BERGEN, bourg de l’arrondissement d’Alkmaer, dans la Hollande septentrionale (Pays-Bas), est célèbre dans l’histoire par un combat qui s’y livra, le 19 septembre 1799, après le débarquement d’une armée anglo-russe aux ordres du duc d'York, entre le général russe Hermann et une division de l’armée franco-batave commandée par le général Brune. La victoire remportée par celui-ci, qui fit prisonnier le général Hermann, eut pour suite, le 10 octobre, la capitulation d’Alkmaer, aux termes de laquelle l’armée anglorusse dut évacuer le territoire de la république Batave.

BERGER. La profession de berger est la plus ancienne et la plus honorable qu’il y ait au monde; et si l’on en croit l’histoire, 6n a vu jadis des rois, et même des dieux, occupés à garder leurs troupeaux. C’est sans doule à cette nob'e origine qu’il faut attribuer la création de l’ordre des Toisons, qui sont ainsi devenues les insignes des plus hautes dignités. On doit probablement aussi lui attribuer la qualification de bon pasteur, que l'on donne à ces curés respecfables qui s'occupent plutôt de soigner leurs brebis que de les tondre, qui laissent les agneaux bêéler toute la semaine, et les béliers sauter le dimanche.

Cette noble profession exige beaucoup de connaissances, celle de garde ou de conducteur, d’herboriste, nourrisseur, appareiïlleur, accoucheur, opérateur, pharmacien, tondeur, ete. Le proverbe dit : Tant vaut le berger, tant vaut le troupeau.

En votre qualité de conducteur de {roupeau, vous ne devez le conduire aux champs que lorsque la rosée du matin est dissipée, éviter les chemins fangeux, les lieux marécageux ou simplement humides, les herbages trop succulents et nourrissants, les clairières de bois, qui conservent trop longtemps l’impression de la gelée blanche et du froid ; et enfin ne le faire paitre que dans les lieux les plus élevés, les plus secs et les plus aérés, dans lesquels croissent naturellement Pavoine élevée, la fétuque des brebis, la pimprenelle, qui fortifie le troupeau , le sainfoin sauvage et les graminées, qui viennent en terre sèche et maigre. Vous devez conduire votre troupeau lentement, le laisser aller, venir, vaguer à sa fantaisie dans les lieux où il ne peut faire de dommage, le retenir plutôt que de le hâter, parce qu’une marche trop vive fatigue les agneaux et nuit à leur accroissement, donne trop de chaleur aux moutons, et fait quelquefois avorter les brebis pleines,

La bête ovine est timide et imitative. Un coup de fusil, l'explosion du tonnerre, les cris, les aboïements inaccoutumés d’une meute, l’apparition du loup, lui causent des frayeurs quelquefois mortelles. Si durant un aceès de terreur panique la bête qni est en tête du troupeau vient à se précipiter, toutes vont l'imiter, à moins que le berger, assisté de queiques autres personnes, ne se jette en travers.

Ceux de vos chiens qui ont la mauvaise habitude d’attaquer 1a sêle par l'oreille, le pied ou la queue, doivent être

désarmés de celles de leurs dents qui sont placées sur le devant. Les morsures que font les chiens donnent naissance à des plaies que des insectes enveniment en y déposant leurs œufs, qui durant les saisons chaudes deviennent des larves et produisent la gangrène.

L'espèce ovine veut une température moyenne. Comme elle est vêtue chaudement, elle craint beaucoup plus le chaud que le froid. Cette considération doit déterminer un berger attentif à placer durant les chaleurs de l'été son troupeau à l'ombre, depuis midi jusqu'à quatre heures. Les bêtes, en plaçant leur tête, lorsque le soleil est ardent, sous le ventre les unes des autres, semblent elles-mêmes implorer cette grâce. Cette situation, forcée par l’ardeur du soleil, leur est préjudiciable, Elles s’échaufferaient moins sous les rayons solaires que sous les toisons.

Comme grand-maréchal du palais pastoral, c’est à vous qu'il appartient de veiller à ce que l'habitation soit spacieuse, commode, salubre et bien aérée ; et si vous apercevez que la température y soit trop élevée, et qu’il s’y répande une odeur d’ammoniaque, c'est un avertissement pour vous de redoubler de soins, en élargissant les ouvertures extérieures, en établissant des courants d'air, en faisant enlever les litières, et jusqu'aux parquets eux-mêmes, pour en substituer de nouveaux. Voyez BERGERIE.

La race ovine, comme toutes les espèces ruminantes, étant essentiellement herbivore, lorsque l'hiver arrive et que les champs sont dépouillés de verdure, il faut, par de sages gradations, ménager le passage de la nourriture verte qu’elle aime à la nourriture sèche qui l’échauffe, et lui servir à l'étable des choux cavaliers ou frisés, et des betteraves, dont le feuillage résiste longtemps à l’action des gelées. Il faut lui servir des rameaux d’orme, de bouleau, d’acacia inermis, qui conservent leur feuillage tout l'hiver, lorsqu'on les a coupés immédiatement après la séve d'août. La nourriture sèche altère beaucoup l'animal ; elle l’excite à de fréquentes et abondantes boissons qui nuisent à sa santé. Durant l'hiver, on doit donner deux repas au troupeau, à raison de deux kilogrammes de chou vert, ou bien d’un kilogramme de fourrage sec, par tête et par jour. Durant les premiers froids, on leur donne de la paille de froment, qu’ils aiment médiccrement, puis de la paille de seigle qu'ils aiment un peu plus, et enfin de la paille d'avoine, qu'ils préfèrent à toutes les autres; mais on doit s'abstenir de leur donner de la paille d'orge, dont les barbes leur blesseraient les papilles nerveuses du palais ou de la langue. Si dès le commencement de l'hiver on leur donnait les mets les plus friands, ils rebuteraient par la suite les mets les plus grossiers, qu’il faut cependant consommer faute d’autres.

Un mouton constamment à l'herbage éprouve à un faible degré le besoin de boire. Le breuvage qu’il préfère est l’eau courante ; il faut la lui présenter, mais sans le provoquer. 11 sait mieux que le berger ce qui convient à sa santé. Lorsque l’eau est pure et limpide, ilen boit jusqu’à deux kilogrammes par jour durant l'hiver, tandis que, durant l'été, l'herbe verte l’humecte suffisamment. Le mouton mange beaucoup de neige ; elle ne l’incommode pas, parce que l’état de réclusion et lespèce de la nourriture l’échauffent ; tandis que durant les chaleurs de l’été une rosée froide lui donne la colique, parce qu’il se trouve dans un état de relâcheinent. On peut lui servir durant l'hiver des carottes, pahais, raves, navets, pommes de terre, et la plupart des ra cines pivotantes ou tuberculeuses; mais il leur préfère les grains, les graines de toutes les espèces, féculeuses ou gr'aminées, telles qu’elles se trouvent dans les bourres de foin, de trèfle ou de luzerne, dans les fonds de grenier, les pailles et poutils des fonds de grange, les colzas, œillettes, fèves, fèverolles, vesces, pois, lentilles, haricots, lupulines et graines de lupin stratifiées dans l’eau, les baies de genèt, de bruyère, et les chaillats composés des tiges, feuilles et sili- “ques des légumineuses grimpantes. Un peu de sel, donné

tous les huit jours durant l'hiver, excite leur appétit, facilite leur digestion, soit qu’on le leur donne en nature, soit en saumure, dont on asperge leurs fourrages. Le sel préserve de beaucoup de maladies les bêtes à cornes ; il est excitant et non nourrissant ; c'est par cette espèce de café que le troupeau doit terminer son repas.

L'espèce pécorale est polygame par sa nature, et par cela seul qu’elle produit plus de femelles que de mâles. On ne peut corriger cette loi. La raison veut que dans l'état social on tolère ce que l'on ne peut empêcher, et qu'on rectifie ce qu'on ne peut supprimer, Tout règlement qui va contre la nature des choses; toute loi contraire aux mœurs générales, est nécessairement impuissante, augmente les résistances et aigrit les esprits contre l'autorité. Pour que la vôtre soit toujours respectée, vous devez donc vous prêter aux besoins et aux instincts du peuple que vous avez à gouverner. Vous devez mettre tous vos soins et employer toute votre intelligence dans l’organisation d’un harem sagement combiné. Le bélier, qui en est le chef, doit avoir la tête grosse, le nez camus, les naseaux étroits, le front élevé, l’oreille longue, l’encolure large, le cou allongé, le rable large, le ventre grand, l'allure vive, le regard licencieux , la voix rauque et profonde, et l'odeur pénétrante.

Le rut se manifeste plus ou moins vite, suivant que le pays est plus ou moins chaud, que la saison est plus ou moins avancée, et la nourriture plus ou moins succulente ou échauffante, Dans les régions froides et situées au nord de la Loire, on doit donner à la brebis le bélier en septembre et en octobre, afin que les agneaux qui proviennent de cette alliance puissent naître en février et en mars , ne soient pas exposés à des froids trop vifs, et que les mères puissent trouver dans une nourriture printanière un lait plus abondant et plus salubre. La gestation dure ordinairement cinq mois, en d’autres termes, cent cinquante jours. Le bélier est adulte dès l’âge de six mois, et il conserve sa faculté virile jusqu’au delà de huit ans; mais il ne lui faut donner la brebis que depuis dix-huit mois jusqu’à six ans. Celle-ci acquiert sa qualité adulte et conserve sa puissance générative aussi longtemps que le bélier. On préfère toujours celui qui, n'ayant pas de cornes, demeure inoffensif dans le pare, celui qui a la laine la plus fine, la plus douce, la plus longue et la plus élastique. On connait l’époque de la mise bas par la date de la saillie, et par les mouillures qui précèdent de quinze à vingt jours l’accouchement. Lorsque ce symptôme se manifeste, il convient de laisser les brebis à l’étable. Quelques heures après la délivrance, on donne à la mère de l’eau blanchie avec de la farine d'orge ou d’avoine, ou avec de la recoupe. Afin que la mère allaite, il faut lui percer le pis, et en approcher les lèvres de l’agneau, s’il ne s’en approche pas de lui-même. Si la mère ne lèche pas le nouveau-né, il faut lui couvrir le corps de sel pour l’y déterminer. Si l'agneau meurt, on prend sa peau, on en couvre le corps d’un autre agneau qui n’a pas de nourrice, et par cette supposition de part on détermine presque toujours la mère à l’allaiter comme le sien. Il faut ensuite veiller à ce que la bête ne suce et n’avale pas en tétant des brins de laine, qui, se réunissant sous une forme sphérique dans le canal alimentaire, l’obstruent et causent souvent la mort de l'individu. Le sevrage s'opère après deux mois d’allaitement. Avant cette époque, vous devez couper la queue à l’agneau , afin qu'il ne se charge pas de boue dans les terres vaseuses, et qu’il ne se forme pas à son extrémité une boule qui lui donne dans les jambes, embarrasse et retarde sa marche. On mutile les agneaux deux jours après leur naissance, afin de rendre leur chair plus tendre et plus grasse, leur laine plus fine et leur caractère plus doux; il y a plusieurs manières de mutiler, soit en liant, bistournant ou extirpant. On coupe les agnelettes à six semaines , plus tard que les agneaux , afin que les ovaires soient assez gros pour qu’on puisse les distinguer et les enlever sûrement, et

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c'est ainsi qu on forme des moutonnes connues dans le Midi, et des moutons connus partout.

On entretient un troupeau pour avoir de la laine, de la chair, du suif, des peaux , et dans certaines montagnes des fromages. Les lieux secs, montueux, aérés, conviennent mieux à la finesse des laines et à la santé des troupeaux que l'on ne veut pas engraisser; mais quant à ceux qu'on destine à l’engraissage, ils exigent des pâturages et des lieux humides. L’engraissage est une maladie passagère qu’on donne à ces bêtes pour en tirer un meilleur parti, et qui deviendrait mortelle si on ne les vendait à l’époque où elle a atteint son dernier degré. Le trèfle et la luzerne engraissent promptement, mais ils donnent une graisse jaune. Le sainfoin offre le même avantage sans produire le même inconvénient. Du reste, le pâturage dans les prairies naturelles et permanentes produit toujours sur ces prairies un dommage considérable. Le bélier arrache l'herbe avec véhémence ; le jeune agneau, avec son museau pointu, la saisit jusque dans ses racines.

La plupart des animaux éprouvent lors du renouvellement des saisons une éruption que l’on appelle mue. Le mouton éprouve la méme crise, produite par la même cause : une laine nouvelle pousse sous l’ancienne, qui tomberait ou demeurerait accrochée à tous les buissons, si on ne la tondaït pas pour en profiter.

Les bêtes à laine fournissent d'autant plus de suif qu’elles ont été mieux engraissées. Le suif a d’autant plus de prix qu'il a plus de densité. La chair de mouton a d’autant plus de saveur que les herbes dont on le nourrit ont plus d’arome, et les herbes sauvages ont d’autant plus d’arome qu’elles respirent un air plus vital sur les montagnes, et qu’elles croissent sur un terrain plus sec. Le mouton normand, nourri dans des prés salés, est, à la vérité, très-gros, très-tendre et très-gras, mais le mouton des Ardennes, celui des Alpes et des Cévennes, qui pèsent la moitié moins, ont la chair plus noire et plus savoureuse.

On distingue l’engrais d'herbe et l’engrais de pouture. Le premier peut, sur un pâturage gras, s’opérer en trois mois, et conséquemment on peut faire trois engrais dans les neuf mois qui succèdent à l’hiver. L'engrais de pouture se distingue encore en engrais de grain et en engrais de fourrage sec et de racines coupées. On doit mettre le mouton à l’engrais lorsqu'il a trois ans. Plus tôt il n’a pas de goût, plus tard il est dur et rebelle à lengraissage. On est parvenu au plus baut degré de l’engrais lorsqu'on voit s'élever sur le dos de la bête qui y est soumise de petites vessies pleines de graisse ; ét si l’on ne se hâlait de vendre ou de tuer le mouton parvenu à ce degré, il périrait d’une maladie occasionnée par l'infltration de la graisse dans le tissu cellulaire.

Quant aux peaux de brebis ou de mouton, il est reconnu que les meilleures sont celles qui, n’étant pas couvertes de laine, se sont fortifiées par l’action de l'air. Leur qualité relative est dans le degré de leur densité. Les peaux sont appelées creuses lorsqu'elles ne sont pas compactes, etalors on les destine à faire des parchemins, ou bien on les vend à des tanneurs qui les passent en basane, à l’usage des hourreliers, Si elles sont franches, on en fait des maroquins.

Il existe diverses races qu'il est dans le devoir d’un berger de connaître et de distinguer, et cette connaissance est difficile, à cause des croisements qui s’opèrent sur des espèces qui ont déjà été cent fois croisées. Nous parlerons de ces différentes races à l’article Mouron.

Les moutons sont sujets à beaucoup de maladies aiguës et de maladies chroniques. Nous citerons la maladie du sang ou l’apoplexie, la météorisation du ventre ou colique de panse, la cachexie ou pourriture, le tournoiement, le tournis, le claveau ou la clavelée, etc. Ces maladies auront des articles particuliers dans notre ouvrage.

Enfin un berger est tout à fait inexcusable, et il doit ètre congédié sans miséricorde, si la gale attaque une grande

partie de son troupeau. J1 y a toujours un premier galeux qui la communique à tous les autres. On le reconnait comme: tel quand il éprouve des démangeaisons qui l’obligent à se. frotter sans cesse contre les râteliers, les haies et les arbres , et à s'écorcher le corps avec les dents et les pieds. On doit se hâter de mettre ce galeux à l'écart. Le remède le plus efficace contre cette maladie est aussi le plus sim— ple et le plus à la portée de tous les bergers. Il consiste dans un onguent composé avec 5 hectogrammes de suif et 125 grammes d’huile de térébenthine. On frotte les parties galeuses sans les tondre; on se borne à écarter les flocons. de laine que cet onguent rend plus fine et plus douce.

Votre équipage de parc doit être fort simple. Au lieu d’être peint en vert et de se confondre ainsi avec la couleur des pâturages , il doit être peint en rouge foncé qui effraye les bêtes fauves. 11 doit être léger, monté sur deux roues, avoir 2 mètres de long et 1 *,30 seulement de large dans œuvre. Votre cabriolet doit être garni sur chacune de ses faces de fenêtres vitrées , et il doit être constamment tourné vers le côté du bois par où débouche ordinairement le loup; vos deux chiens placés à l'avant-garde comme sentinelles perdues. 11 doit être surmonté d’une cloche, indispensable pour sonner l'alarme quand la bête fauve parait, et d’une lanterne, dont la lumière effraye à la vérité fort peu les loups expérimentés à la guerre, mais impose aux louveteaux qui entrent pour la première fois en campagne. Vous devez être armé d’un fusil de calibre chargé à balle, et jamais d’un fusil de chasse, qui serait pour vous un sujet perpétuel de tentation à tirer le lapin. Vous savez, et vous devez savoir mieux qu’un autre, que le loup qui médite une attaque s’avance {oujours contre le vent, afin que les chiens et le troupeau ne puissent pas sentir l'odeur infecte qu'il exhale, et qu’il exécute le plus ordinairement ses plans de campagne durant les nuits les plus sombres et les orages les plus violents.

Le parc destiné à renfermer quatre cent cinquante bêtes de grandeur moyenne, y compris cent agneaux, doit être composé de soixante et une claies, ayant 1,30 de hauteur et 2,60 de longueur ( ce qui se réduit à 2°,30 quand on les a ajustées entre elles). Il doit être partagé dans son milieu par sept claies, de manière à ce qu’on puisse, en en enlevant une, faire passer le troupeau toutes les quatre heures d’une moitié du pare dans l'autre.

Quant à la bibliothèque renfermée dans votre maison roulante, au lieu de Za Belle au Bois Dormant, du Petit Albert, du Manuel de saint Ignace, et de V'Élixir de Béatitude , qui sont la lecture ordinaire des bergers, et qui remplissent leur esprit de mille sottessuperstitions, procurezvous le Caléchisme des Bergers, par Daubenton; le Traité sur la Monte et l’Agnelage, de M. Morel de Vindé ; l’Znstruction élémentaire adressée aux bergers de la Haute- Saône, par M. Marc; l’Instruction sur les Bêles à laine, contenant la manière de former de bons troupeaux, par M. Tessier ; le Nouveau Trailé sur la Laine et sur les Moutons, par MM. Perrault, Fabry et Girod de l'Ain, et les Observations sur les Bêles à Laine, faites dans les environs de Genève pendant vingt ans, par Lullin.

Comte Français (de Nantes).

BERGER (Jean-Jacques), ancien préfet de la Seine, ancien député, ancien représentant du peuple, est le fils d’un fabricant de papier. Né en juin 1790, à Thiers (Puyde-Dôme), il vint à Paris faire ses études au lycée Napoléon, et acheta ensuite, dans cette capitale, une charge d'avoué. On le vit aux barricades de 1830, et il dut à cette circonstance la décoration de Juillet, celle de la Légion d'Honneur et les fonctions de maire du deuxième arrondissement. En 1833 il vendit sa charge pour se vouer désormais exclusivement à la politique. Élu par son arrondissement natal, il vint siéger à la Chambre des Députés en 1837. Assis d'abord au centre gauche , il appartenait à l'opposition dy-

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