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nastique, et fit partie plus tard de cette phalange sacrée du petit ministre Thiers, qui envoyait au Siècle et au National ces formidables listes de fonctionnaires à sacrifier, afin de pénétrer les esprits de leurs adversaires d’une sainte terreur. Aussi, dès le mois de décembre 1840, M. Guizot le destituait-il de ses fonctions de maire; ce qui lui valait en 1841 de devenir un des secrétaires dela Chambre par le crédit du 1°° mars. Du reste il n'en demeurait pas moins imperturbablement silencieux dans les bureaux comme dans les séances publiques. En 1846 il fut élu député dans son département et dans le deuxième arrondissement de Paris, pour lequel il opta.
Dans les dernières années du règne de Louis-Philippe, on le vit gravir, à vue d'œil, la pente de l'opposition ; aussi n'y eut-il point de manœuvre électorale que le gouvernement ne miten œuvre pour l'empêcher d’être réélu maire de son arrondissement. Ses électeurs tinrent bon; ils l'entourèrent de noms non moins hostiles , plus hostiles même que le sien, et, de guerre lasse, le pouvoir royal tut bien 1orcé delechoisir. M. Berger, qui s'était piqué au jeu, persista dans sa ligne de conduite, assista au banquet du Château-Rouge, accepta d’être un des commissaires de celui du douzième arrondissement, et signa, le 21 février 1848 , l'acte d’accusation fulminé contre les ministres de Louis-Philippe.
La révolution éclate, elle triomphe, les élections pour la constituante vont avoir lieu. Alors on lit sur tous les murs de Paris une pancarte ainsi conçue : « Citoyens, oublierez-vous Berger, le maire des barricades ue 1830? » Plus de 136,000 yoix répondirent à cet appel, et son nom sortit de l’urne le quinzième, entre ceux du général Cavaignac et du libraire Pagnerre. C’est même sur la proposition de ce dernier, chargé d’organiser les municipalités de Paris, qu’il avait été maintenu dans ses fonctions de maire par le gouvernement provisoire. Dans la séance d’ouverture de la Constituante, on le vit avec surprise, au nom de la dépufation de Paris et de l’assemblée tout entière, déterminer la proclamation enthousiaste et unanime de la république. M. Berger, qui faisait partie du comité de l’intérieur, vota pour les denx chambres, pour la proposition Rateau-Lanjuinais, pour l’ordre du jour en faveur du ministère dans la discussion sur les affaires d’Italie, et contre la proposition d'amnistie présentée dans la dernière séance. Envoyé, le sixième, à la Législative par plus de 52,000 voix du Puy-de-Dôme, il ne prit aucune part aux votes importants de cette assemblée.
Cependant l’'avénement de Louis-Napoléon à la présidence valut la préfecture de la Seine à M. Berger, il sut se maintenir dans ce poste important sous tous les ministères qui se succédèrent depuis. Quelques diners officiels, quelques réeeptions le forçaient bien de temps à autre à parler politique, mais c'était loujours avec une prudence qui ne le compromettait vis-à-vis d'aucune des grandes fractions du parti de l’ordre, et les compliments qu'il adressait parfois au chef de VPÉtat étaient assez vulgaires pour pouvoir passer sur le compte de sa position officielle. Lorsque le conseil municipal de la capitale s’avisa de vouloir festoyer le lord-maire de Londres, ce fut M. Berger qu’on chargea de faire les honneurs de la ville de Paris à ses hôtes. Il s’en acquitta comme il put. Un diner monstre où l’on but à l’entente cordiale autant que si Louis-Philippe eût été encore sur le trône, fut suivi d’un bal monstre où la cohue le disputait aux bals des Tuileries d'autrefois ; une fête monstre füt donnée à l'Opéra, où l’on joua une pièce de circonstance avec une musique aussi triste qu'improvisée. On finit par une fête militaire très-intéressante pour des Français, mais assez peu divertissante pour ces marchands de la Cité, qui n’ont pas, à ce qu’on dit, le même amour que nous pour le jeu du soldat. Néanmoins, de retour en Angleterre, le conseil municipal de Londres se déclara satisfait. Tout le monde doit l'être.
Le 2 décembre 1551 ne pouvait pas surprendre M. Berger. H fut aussitôt appelé à la commission consultative. Ce
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qu’il y fit, nous l’ignorons ; mais après le recensement des votes du 26 décembre, il reçut les délégués des départements à l'hôtel de ville, et porta un toast au succès des entreprises du prince Louis-Napoléon, M. Berger avait été nommé commandeur de la Légion d'Honneur lors de la pose de la première pierre des halles centrales. On avait remarqué la harangue flatteuse qu'il avait adressée ce jour-là au neveu de celui qui disait que les halles étaient le Louvre du peuple.
Sous l’administration de M. Berger, Paris a vu s’achever les travaux de canalisation du bras gauche de la Seine, le Palais de justice se continuer, les boulevards et d’autres voies publiques s’empierrer, l'Hôtel de Ville s’isoler, les travaux de prolongement de la rue de Rivoli s'ouvrir, la place du Carrousel se déblayer, etc. 11 fut nommé sénateur 23 juin 1853 et remplacé le même jour par M. Haussmann à la préfecture de la Seine. Il est mort le 8 septembre 1859 à Paris,
BERGER DE XIVREY (Jures), membre de lAcadémie des Inscriptions et Belles-Lettres de l’Institut de France, que ses recherches philologiques et historiques classent honorablement parmi les savants contemporains, est né le {6 juin 1801, à Versailles. Son début dans la carrière des lettres fut une traduction de la Batracomyomachie (Paris, 1823; 2° édit., 1837), qu’il fit suivre d’un Trailé de la prononciation grecque moderne (1828). Son édition des Fables de Phèdre (1830) est un remarquable travail d’érudition. On trouve d’intéressantes notions sur l’histoire de la littérature du moyen âge dans ses Recherches sur Les sources antiques de la Littérature française (Paris, 1829), dans ses Traditions tératologiques (1836), et dans sa ANotice sur la plupart des manuscrits grecs, latins et en vieux français, contenant l'histoire fabuleuse d’Alexcendre le Grand. Il a publié aussi un très-grand nombre d'ouvrages historiques, parmi lesquels nous citerons ici plus spécialementses Essais d’appréciations historiques (2 vol., Paris, 1837), son Recueil des lettres missives d'Henri [LV (1815-1852, 7 vol.), sa dissertation intitulée : Sur la Polé-mique relative au cœur de saint Louis, qu'il fit suivre plus tard de Preuves de la découverte du cœur de saint Louis (Paris, 1846), et Lien des questions d'Orient ct d’Ilalie (1860). Cet érudit a aussi enrichi d’un grand nombre d’articles divers recueils contemporains, notamment le Journal des Débats. Nommé conservateur adjoint de la bibliothèque de l’Arsenal en 1851, il passa avec la même qualité en 1852 à la Bibliothèque nationale. Il est mort en juillet 1863, à Saint-Sauveur-les-Bray.
BERGERAC, ville de France, chef-lieu d'arrondissement, dans le département de la Dordogne, sur la rive droite de la rivière, qu’on y passe sur un beau pont. Reliée à Périgueux par un chemin de fer, au milieu d'une plaine vaste, fertile et entourée de coteaux que couvrent de riches vignobles et de jolies maisons de campagne, cette ville ne répond pas à la beauté de son site; on y remarque toutefois. des traces du séjour des Anglais, qui l’occupèrent de 1343 à 1371, époque où elle fut reconquise par le duc d’Anjou, frère de Charles V. Pendant les guerres de religion, Bergerac fut souvent le théâtre de combats meurtriers, Louis XIII en fit raser la citadelle et les fortifications.
Cette ville possède un tribunal de commerce, une église consistoriale calviniste, et un collége communal. Sa population est de 12,224 habitants. On y récolte de bons vins fins rouges et blancs ; on y fabrique de la quincaillerie, des serges,. de la bonneterie ; elle possède des papeteries, des tanneries, desdistilleries, et une imprimerie. Son commerce est très-actif : elle a un grand entrepôt de vins et d’eau-de-vie; elle exportedes grains, des truffes, des pierres meulières et du bois.
BERGERAC (CYRANO ne). Voyez CYRANO.
BÉRGERIE (Economie rurale), lieu où l'on enferme les moutons et les brebis. La bergerie diffère du parc, en ce qu’elle est couverte et presque toujours murée, et de