‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 3)Chapitre 146 sur 527 · BIOLOGIE · texte numérisé non relu

BIOLOGIE

verdeur, sa faculté végétative, dans l'humidité ; les lichens se dessèchent, et reprennent la végétation par les pluies cent fois par än; mais ce fait s’est remarqué même chez des animalcules. On connaît le vorticelle rotatoire ou le rotifère observé par Spallanzani. Cet animal, aussi bien que de petits polypes d’eau douce, se dessèche pendant des années même, et peut ressusciter dans l'humidité, La vie ne semble être chez eux qu’un simple mouvement organique facilité par l’eau et déterminé par une douce chaleur. Sans ces conditions, il se suspend, comme on voit une montre s’atrêter par le froid, ou faute d’être remontée. Il y a pareillement une vie en puissance, non en acte, capable de se conserver très-longuement, dans des semences de plantes et des œufs d'animaux. On a semé des haricots tirés des herhiers du célèbre Tournefort, et ayant au moins un siècle sils ont

germé à l'ordinaire. Cependant, d’autres graines contenant .

des huiles capables de rancir, comme celles du café, du thé, etc., ne germent pas si on ne les sème bientôt. Pareillement des œufs conserveraient longtemps la faculté d’éclore s’ils étaient soustrails exactement aux influences de l'air et de la chaleur, qui peuvent les faire gâter. L'on a vu du frai de poisson se conserver sous la boue des étangs desséchés pendant quelques années, puis éclore de lui-même au retour des eaux, ï

.Chez les animaux à sang chaud, la vie est ordinairement {rop intense pour éprouver ces intermissions qui la prolongent, et l’on ne voit guère d'Épiménides dormir pendant quarante ans, puis se réveiller comme du soir au lendemain ; mais la consommation générale de la vie n’est pas uniforme pendant toute sa durée active. Depuis l’époque de la naissance jusqu’à l’extrème caducité, parmi les végétaux, comme dans tous les animaux, la force biolique marche constamment vers son décroissement. Chez les enfants, en effet, le pouls est très-rapide, la croissance prompte; la réparation par les aliments a lieu presque à chaque instant; ces individus sont toujours en action, en excitation; ils sentent avec vivacité, ils sont bouillants , téméraires, même fougucux et emportés, jusqu’à ce que, avançant en âge, on après avoir joui, senti, expérimenté de toutes choses et dépensé une grande partie de leurs facultés, ce qui leur reste ne se prodigue plus avec autant de profusion. Alors la raison commande des ménagements et une sage économie; en même temps, nos organes, devenus moins sensibles aux stimulants, restent lents, inertes, froids, comme chez les vieillards. Les animaux peu sensibles, froids et inactifs, ont d'autant plus de fécondité qu’ils éprouvent ou manifestent moins de volupté; ils ne dépensent rien en plaisirs sans but, mais font tourner tout au profit de la reproduction, de même que chez les végétaux. On voit pourquoi les facultés vitales seront moins consommées chez l’homme froid , tranquille, passant des jours uniformes, comme les anachorètes, évitant les passions et les excès, les grands plaisirs et les grandes peines, ainsi que les philosophes le recommandent ; la carrière de l'existence devra être alors, toutes choses d’ailleurs égales, plus prolongée. C’est ainsi que vivent long-" temps encore les êtres insouciants ou toujours contents et gais, réfléchissant peu, sentant peu, tels que les hommes apathiques, endurcis par un froid modéré, les montagnards, tous ceux que la médiocrité, qu'une pauvreté salisfaite de son sort, écarte des excès du luxe, de l’intempérance ou des délices qui accompagnent l’opulence. Aussi, les climats modérément froids retardent non-seulement la puberté, mais l'écoulement de la vie, tandis que l’ardeur des climats du midi et de la zone torride en développe rapidement toues les phases. De même, dans la vieillesse nous sentons moins; le mouvement organique étant ralenti, l'excitabilité moins active, la chaleur presque éteinte, le sentiment moins expansif ou plus concentré par l'égoisme et l’avarice (qui augmentent alors), on dépense moins l'existence, on retarde

le plus qu'on peut la chute fatale. Les femmes, après l'âge M

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