BIOT — BIRAGUE
Lyonnais, Le même prince l’envoya au concile de Trente,
Birague obtint toute la confiance de Catherine de Médicis, à laquelle il se dévoua corps et âme, Il savait que … rien n’est à négliger pour gagner la faveur des princes : il. était tout à tous ; c'était l’homme indispensable pour les af- M faires et les plaisirs. 11 avait introduit à la cour la mode des bichons; les dames et les courtisans portaient partout den petits chiens de Malte et de Lyon. Henri III en avait toujours quelques-uns dans une élégante corbeille suspendue à son cou avec des nœuds de ruban. Aux bichons succédèrent les confréries de pénitents et les processions. Toutes ces folies, que partageait Birague, moins par goût que par spéculation, n'étaient pour lui qu'un moyen de parvenir au pouvoir et de s’y maintenir. 11 ne reculait devant aucun crime nécessaire à son ambition; la Ligue n’eut point de chef plus audacieux et plus effréné.
En 1570, Charles IX le fit garde des sceaux. Ce fut lui qui provoqua et organisa le vaste massacre de la Saint-. Barthélemi. Michel L’Hospital avait donné pour la dernière fois sa démission de chancelier en 1568. Sa retraite était une bonne fortune pour le parti des Guise. Birague partageait à l'égard de cette famille la haïne et la faiblesse de Catherine de Médicis; tous deux tremblaient devant les Guise , et les détestaient. Aussi, dans le plan de massacre, les Guise et les Montmorenci étaient destinés à périr; et de leur côté les Guise ne voyaient dans la reine-mère et dans son confident intime, Birague, que des instruments nécessaires et dociles. Les chefs de la Ligue n’avaient pas osé braver l'opinion au point de donner à Birague, si décrié pour ses mœurs, et dont l'ignorance était notoire, la charge de chancelier, vacante par la démission de Michel L’Hospital. Les sceaux avaient été provisoirement donnés à Jean de Morvilliers , évêque d'Orléans, qui n'avait accepté que dans l'espoir de les remettre à L'Hospital. La qualité d’é-. franger était un obstacle à ce que Birague exerçât une grande charge en France; on avait pris la précaution de le faire naturaliser par Charles IX. Morvilliers ne garda les sceaux que deux ans. La Ligue avait pris une grande consistance ; tout était disposé pour l'entière extermination des buguenots. Morvilliers n’était plus qu’un obstacle. Il reçut l'ordre de remettre les sceaux à Birague, et s’estima heu-" reux de quitter un ministère qu'il ne pouvait plus garder sans se rendre complice des attentats que l’on méditait, et dont il prévoyait la prochaine exécution. La charge de chancelier était avant le règne de François I‘* une grande magistrature élective et vraiment nationale; elle était à vie. Aussi Morvilliers et Birague avaient la garde des sceaux; mais non le titre de chancelier. Birague ne prit ce titre qu’as près la mort de Michel PHospital, en 1573.
Henri IT, dévot et libertin, passait sa vie avec ses mix gnons et en processions. J1 avait, dans un voyage à Lyon, assisté à une procession de pénitents appelés flagellantse 11 s'était fait initier à ces. confréries, et de retour à Paris, il en avait fondé de semblables, Le 25 mars 1583 la capis tale eut le spectacle d’une de ces processions. Birague, alors, chancelier, y parut couvert d’un sac et armé d’une discipline, Henri III avait cru se concilier le respect public par ces fastueuses démonstrations, il n’obtint que le mépris. Biragues avait la réputation de savoir se servir du poison pour se dés, barrasser de ses ennemis ou de ceux de la reine-mère. Lorsque Henri HI, à son passage à Turin, en 1574, eut la folle génér rosité de promettre au duc de Savoie la restitution des villes de Pignerol, Savillan et autres, Birague refusa de scell les pouvoirs qui devaient autoriser cette remise impolitiqu on le vit aux états de Blois, en 1576, haranguer ap Henri HIT. « Le monarque, dit L'Étoile, parla disertement, fort à propos. » On dit que Jean de Morvilliers avait fait härangue; « mais celle du chancelier fut ennuyeuse et ri cule, car il s'exeusa sur sa vieillesse et son ignorance des affaires de la France. De quoi donc se mélait-il ? ajoute naïs,