‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 3)Chapitre 150 sur 527 · BIRAGUE · texte numérisé non relu

BIRAGUE

vement Mézerai. « Il enfila, dit-il, un long discours sur la puissance du roi, lassa tout le monde des louanges de la reine-mère, et conclut par demander de l'argent, à quoi on n’était guère disposé. »

Birague, devenu veuf, embrassa l’état ecclésiastique, et fut nommé évêque de Lavaur, Le saint-siége ne fut point ingrat envers lui, et récompensa ses services par le chapeau de cardinal. Birague vivait en prince, et sans souci de l’avenir. Il lui eût été facile de se faire donner de gros bénéfices ; il n’y songea pas : le trésor public n'était-il pas celui des ministres? Mais depuis qu’il avait remis les sceaux au comte de Chiverny, son successeur, le trésor lui avait été fermé. 11 n'avait plus qu'une grande dignité ecclésiastique sans profit. L'autorité royale était pour lui une sorte de culte. Il répétait souvent qu’il était chancelier du roi, et non pas chancelier de la France. Envoyé par Henri III au parlement de Paris pour y faire enregistrer de nouveaux édits bursaux, il s’embrouilla dans son discours, et répéta souvent : « Les impôts demandés sont injustes, mais nécessaires, et tout le monde sent cette nécessité. » Il s’arrêtait à cette phrase comme à une idée fixe. S’il eût montré un dévouement aussi exclusif aux prétentions du saint-siége, il en aurait obtenu des faveurs, et aurait pu soutenir sa dignité de cardinal. Quelque temps avant sa mort, il disait qu’il était cardinal sans titre, prêtre sans bénéfice et chancelier sans chancellerie. Dans le temps de sa prospérité, il avait fait réparer et avait richement doté l’église Sainte-Catherine du Val des Écoliers. On lui devait aussi l'érection d’une grande fontaine monumentale dans le même quartier. Elle devait perpétuer son nom; mais elle fut démolie par la population en haine de son fondateur; rebâtie en 1707, elle a disparu en 1854 pour faire place à la rue de Rivoli prolongée. Le magnifique tombeau qu'il avait fait élever à son épouse dans Sainte- Catherine avait été respecté : Birague y fut inhumé.

Le cardinal de Birague mourut à Paris, le 6 décembre 1583, âgé de soixante-seize ans ; ses obsèques furent magnifiques ; le parlement y assisfa en corps. Il n'avait eu de son mariage avec Valencia Babiani qu'une seule fille, qui fut mariée trois fois, et mourut dans l’indigence.

BIRCH-PFEIFFER (CHarLorre), femme autcur née

le 23 juin 1800, à Stuttgard, était fille d’un conseiller des domaines. A treize ans elle débuta sur le théâtre de Munich, devint la favorite de la cour, et parut ensuile avec succès Sur les grandes scènes de l'Allemagne. En 1825 elle épousa Christian Birch, écrivain danois qui a donné une Vie de Louis-Philippe (1841-43, 3 vol. )}. Après avoir dirigé avec l'acteur Seydelmann le théâtre de Zurich, elle s'établit en 1843 à Berlin, et ne se montra plus au public que dans ses propres ouvrages. Celte dame, qui passe pour une comédienne consommée, s'est fait connaître par un grand nombre de pièces qui ont pris place dans tous, les réperfoires dramatiques de son pays. Douée d’une facilité extrême, elle peut entrer en lice avec les Kotzebue el les Scribe. Nous citerons d’elle : Les Favoris, le Sonneur de Notre-Dame, la Marquise de Villetle, le Chäteau de Greifenstein, Gutenberg , la Mori de Zwingle, et Anne d'Autriche. Elle a aussi écrit quelques romans, M°"° Birch- Pfeiffer est morte, le 25 août 1868, à Berlin.

BIREN (Erest-Jeax), duc de Courlande, né en 1687, était, à ce qu’on prétend, petit-fils d’un valet d'écurie du duc Jacques de Courlande, et fils d’un propriétaire courlandais, nommé Bühren. 11 étudia à Kænigsberg, et sut par

. son élévation rapide faire oublier la bassesse de son extraction. Son extérieur agréable et son esprit cultivé lui méritèrent les bonnes grâces de la duchesse de Courlande Anne Iwanow na, nièce de l’empereur de Russie, Pierre le Grand. Lorsque Anne monta sur le trône des czars, en 1730, elle appela Biren auprès d’elle à Saint-Pétersbourg, malgré l'engagement qu’elle avait pris de ne point l’amener en Russie, et le combla honneurs. C’est alors qu’il prit le nom et les armes des

DICT, DE LA CONVERS, — T. Il,

— BIREN 233 ducs de Biron de France, et il ne farda pas à être l’arbitre souverain des destinées de la Russie, grâce à l’ascendant illimité qu'il exerçait sur l'impératrice. Plein d’orgueil et du caractère le plus despotique, il s’abandonna sans frein à toutes les passions haineuses qu’il nourrissait contre les rivaux de son ambition. Les princes Dolgorouki et leurs amis devinrent ses premières victimes. Plusieurs milliers d'individus furent mis à mort par ses ordres, et un plus grand nombre encore frappés d'exil. On assure que Pimpératrice se jeta plusieurs fois à ses pieds pour le supplier d’adoucir sa fureur, sans que jamais prières ni larmes pussent l'émouvoir. On ne saurait contester toutefois que l'énergie de son caractère imprima une activité utile aux différents rouages administratifs de ce vaste empire.

En 1737, Anne contraignit les Courlandais à l’élire pour leur duc; cinq ans auparavant il avait épousé une Courlandaise du nom de Treyden et de la famille Trotta. Sur son lit de mort, l’impératrice , à sa demande, le désigna comme régent de l'empire et comme tuteur du prince 1wan encore mineur, qui devait lui succéder sur le trône. Anne mourut le 28 octobre 1740, et le régent se comporta d’abord avec prudence et modération ; mais bientôt une conjuration se forma contre lui. De concert avec la mère du jeune empereur, le feld-maréchal Munnichle fit arrêter pendant Ja nuit dans son lit, et conduire sans désemparer à la forte-

- resse de Schlusselburg, où on instruisit son procès et où

on le condamna à la peine de mort. Mais comme il avait été impossible de fournir la preuve qu’il eût conçu le projet de s'emparer du trône pour lui et sa famille, la peine de mort fut commuée en une détention perpétuelle avec confiscation de ses biens.

On le déporta en Sibérie avec toute sa famille, destinée, ainsi que lui, à habiter une prison construite à Pelim , sur un plan qu'avait fourni lui-même le feld-maréchal Munnich; mais dès l’année suivante, Élisabeth , fille de Pierre le Grand, étant montée sur le trône par suite d’une révolution, Biren fut rappelé le 20 décembre 1741, et Munnich alla prendre sa place dans la prison qu'il avait fait bâtir à l'intention de Biren. A Kazan les deux traîneaux se rencontrèrent; Munnich et Biren se reconnurent, et continuèrent chacun sa route sans échanger une seule parole. Biren vécut alors avec sa famille, pendant tout le règne d'Élisabeth, à Jaroslaw, et dans les conditions les plus agréables. A son avénement au trône en 1762, Pierre III fit cesser son exil en même temps que celui de Munnich; ef quand Catherine I] ceignit la couronne impériale, le duché de Courlande fut restitué à Biren. Il le gouverna dès lors avec justice et humanité, et mourut le 28 décembre 1772, trois ans après avoir abdiqué le pouvoir en faveur de son fils ainé, Pierre.

BIREN (Pierre), duc de Courlande et de Sagan, comte du Saint-Empire, fils aîné du précédent, né à Mittau, le 15 février 1724, partagea la disgrâce et la captivité de son père ; mais en 1762 le tsar Pierre HI lui conféra le grade de général-major de cavalerie. Son règne (qui dura du 24 novembre 1769 au 28 mars 1795) fut des plus orageux. Pendant les années 1784 à 1786, qu'il était allé passer à l'étranger, il surgit entre son gouvernement et les états des difficultés qui l’entraînèrent dans de nombreux procès, qu'il lui fallut soutenir à Varsovie, et par suite desquels il se {rouva contraint, le 28 mars 1795, de signer‘un acte par lequel il céda en toute souveraineté la Courlande à l'impératrice Catherine, tout en se réservant pour lui et sa descendance les honneurs et les priviléges inhérents au titre de prince souverain. 1] n'eut point d'enfants de ses deux premières femmes. La troisième, Anne-Charlotte- Dorothée, comtesse de MEDEu ( née le 3 février 1761, morte le 20 août 1821, dans la terre de Lœbichan, au pays d’Altemburg), femme aussi remarquable par sa beauté que par la grâce toute particulière de son esprit et par la noblesse de teus ses sentiments, qu’il avait épousée le 6 novembre 1779, lui donna quatre filles,

L'atnée, Catherine, née en 1781, morte en 1839, eut trois maris, le prince de Guémené, le prince Basile Trouizkoï et le comte de Schulembourg. La seconde, Jeanne, née en 1783, morte en 1860, fut duchesse d’Acerenza. Une tro'sième, Dorothée, née en 1793, épousa en 1809 Édouard de Talleyrand, fut créée en 1845 duchesse de Sagan, el mourut le 19 septembre 1862 en Silésie, laissant deux fils.

Après son abdication , le duc Biren de Courlande vécut tantôt à Berlin, tantôt dans ses terres, la principauté de Sagan, achetée en 1786 au prince Lobkowitz, et le domaine de Nachod, acheté en 1792 ; il mourut le 12 janvier 1800, à Gellenau en Silésie. 11 fut la souche de la famille de BIREN-SAGAN, fändis que son frère, Charles-Ernest de Biren, né le 30 septembre 1728, fils cadet du duc Ernest-Jean, fonda la ligne de Biren-WWARTENBERG. Celui-ci mourut le 16 octobre 1801, laissant deux fils. — L’atné, le prince Gustave- Calixte ne Bien, né le 29 janvier 1780, avait d’abord été destiné par Catherine I] à devenir un jour duc de Courlande. Quand ce duché eut été incorporé à l'empire de Russie, il fut nommé officier dans la garde impériale et chambellan, Plus tard il entra au service de Prusse, et acheta en 1802 la seigneurie de Warlemberg, située en Silésie. Après avoir pris part aux dernières campagnes des coalisés contre la France, il mourut le 20 juin 1821, avec le grade de lieutenant général et le titre de gouverneur de Glatz. Sa femme, fille du comte de Maltzan, lui avait donné trois fils : Calixte, prince de BmEN-CoURLANDE, né le 3 janvier 1817, propriétaire des seigneuries de Polnisch-Wartemberg et de Mielecin ; Charles, né le 13 décembre 1811, mort le 21 mars 184$, auteur d’un ouvrage sur le nouveau système de prisons (Breslau, 1847), et Pierre, né le 12 avril 1818, officier au service de Prusse, mort le 29 avril 1852.

BIRIBI, nom d'un jeu de hasard, qui nous est venu d'Italie, et dont les instruments sont un grand tableau qui contient soixante-dix cases numérotées, et un sac dans lequel sont soixante-dix petites boules, contenant chacune un numéro du tableau, Chaque joueur tire à son tour une boule du sac, et si le numéro du billet répond à celui de la case du tableau sur laquelle il a mis son argent, le banquier lui paye soixante-quatre fois sa mise. On conçoit que l'avantage du banquier est toujours de 6 sur 70. Le biribi n’est autre chose que la loterie en miniature.

BIRKADEM, village de la province d’Alger, créé spontanément par la population, vers 1841, dans le Fâls ou banlieue d’Alger, autour de la belle fontaine de Birkadem. L'administration est restée étrangère à cette œuvre des colons, dont l'industrie toute seule a su ériger ce village. 11 a suffi d’en régulariser le développement par un plan d’alignement. On a aliéné les terres que le domaine y posdait ; on y a construit une église, un presbytère, une école et une caserne de gendarmerie, On y cultive le tabac et le coton. Cette localité a recu des transportés après 1851. Elle a été érigée en commune en 1857, et comptait, en 1861, 2,870 habitants, dont 619 Français.

BIRKEN (Sicismonn pe), poëte allemand du dix-septième siècle, qui, avant d’étre anobli, s'appelait Betulius, naquit en 1626, à Wildenstein, près d’Eger, où son père était pasteur protestant, À Nuremberg, où il était venu s’établir avant même d’avoir complétement terminé ses études académiques , les conseils d'Harsdærffer et de Klaj donnèrent une sage direction à ses remarquables dispositions poétiques, et bientôt il fut admis dans la célèbre société littéraire dite Ordre des Fleurs. Chargé en 1646 et 1647 de l'éducation des deux fils du duc Auguste de Brunswick- Wolfenbuttel, Antoine-Ulrich et Ferdinand-Albert, et plus tard de celle d'une princesse de Mecklembourg, il revint à Nuremberg, où se tenait une diète impériale chargée de pourvoir à l'exécution de la paix de Westphalie, Le prince Oclave Piccolomini l'ayant prié de composer un poëme sur celle circonstance, il s'acquitla de cette (âche avec tant de

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