‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 3)Chapitre 153 sur 527 · BIRMAN · texte numérisé non relu

BIRMAN

faire accenter un traité de commerce, en exécution du traité de paix qui mettait entre les mains des Anglais une grande partie du pays. à

Le traité de paix d'Yamtabo avait été conclu à 48 kilom, de la capitale, en présence d’une armée victorieuse prête à couronner sa conquête par l'incorporation de toute la Birmanie aux possessions anglaises ; mais sa majesté aux pieds dorés n’en tenait pas moins à l'observation scrupuleuse de l'étiquette de sa cour. Mille chicanes furent faites à M. Crawfurd, parce qw’il avait choisi pour son logement à Ava une maison plus élevée que le palais impérial. D'antres scrupules sur les formalités interrompaient souvent les discussions les plus importantes ; {outes les clauses du traité de commerce furent débattues par les négociateurs birmans avec une obstination dont le plénipotentiaire anglais eut souvent à se M plaindre. De vingt-deux articles qui composaient le projet qu'il avait apporté, il ne put en faire admettre que qua- | tre; encore furent-ils tronqués et rédigés incomplétement. M. Crawfurd crut, en ces circonstances , devoir pousser la complaisance aussi loin que possible.

Les Birmans seraient les meilleurs soldats de l'Asie s'ils étaient exercés à l’européenne, et organisés suivant les principes d’une tactique moins ignorante que celle des Asiatiques. Le simulacre d’empereur que les Anglais ont laissé sur le trône d’Ava, pour le malheur de son peuple, n’entre- ! tient plus d’autre force militaire que celle qui est indispensable pour sa garde, la police des villes et la perception des impôts. La cavalerie est peu nombreuse, quoique son service soit le plus actif et le plus utile.

- Quoique la Birmanie ait été entourée dans tous les temps de voisins industrieux, les arts utiles y ont fait moins de. progrès que dans aucune autre contrée de l’Asie méridionale, Le faible Hindou sait tirer plus de produit de ses rizières que le robuste Birman, quoique la nature aït tout fait en faveur de celui-ci. Quant aux arts exercés par les hommes, ils se sont arrêtés à ce que les besoins exigent en tout cë qui est d’un usage commun, et n’ont reçu quelque perfectionnement que pour ce qui a trait au luxe.

Les sciences et les lettres n’ont pas été moins négligées. que les arts utiles; et cependant presque tous les Birmans savent lire, écrire et compter, sorte de’contradiction qui ne peut être expliquée que par la funeste influence du despotisme. Pour écrire on se sert généralement de feuilles de palmier, et on emploie à cet effet des styles de fer. Peu de livres sont rédigés en langue birmane : la littérature de ce pays consiste principalement en chansons, hymnes religieux, chroniques en vers, compositions confiées à la mémoire, et qui peuvent étre conservées sans qu’on les écrive. Le théâtre, où le discours alterne avec la danse et la musique, constitue l’un des divertissements principaux de ce peuple: La langue birmane est un mélange de chinois et de pali; le bouddhisme mêlé de quelques dogmes hindous est la re= ligion dominante du pays.

Une des croyances de ce peuple est, en quelque sorte, le système des compensations, agrandi et généralisé, L’uni vers, dit-il, est rempli, de toute éternité, d’âmes qui s’u nissent aux corps vivants, et qui durant ces réunions suc cessives éprouvent une somme de biens et de mau inégalement répartis dans le temps, mais qui est la pour loutes, suivant la loi d'une justice immuable. Une âme qui aurait traversé des siècles de félicité constaute devrai s'attendre à des souffrances d’une aussi longue durée, Ce qui jouit des faveurs célestes éprouvera plus tard les tortures de l'enfer; mais, pour chaque âme, cette existence mêlée de douleurs et de plaisirs a un terme que chacun atteint plus, ou moins promptement, pour aller habiter un monde oré où elle jouit d’un caline parfait. Cette croyance, comme 0 voit, porte plutôt à la résignation qu'à la vertu ;fle despos tisme s'en accommode Uès-hien, el ne s'avisera pas de la rem placer par des opinions plu: conformes à la raison et pl

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