‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 3)Chapitre 154 sur 527 · BIRMAN — BIRMINGHAM · texte numérisé non relu

BIRMAN — BIRMINGHAM

favorables à la morale. Les prêtres sont des espèces de moines qui habitent des couvents, ne mangent qu’une fois par jour, font vœu de célibat et de chasteté, et jouissent d’une grande considération, à cause de leur piété et de leur savoir.

Les Anglais établis dans l’'Hindoustan attachent beaucoup de prix à la conquête de la Birmanie; ils pensent que leurs établissements dans la rade de Martaban, joints à celui de Singapore, dont la prospérité va toujours croissant, leur assureront le commerce de la Chine, en dépit des efforts de toutes les nations rivales. La rade de Martaban est assez vaste pour contenir à la fois toutes les flottes de la Grande- Bretagne, Trois fleuves, le Saluan , le Kaïn et l’Ataxum, y portent leurs eaux, après avoir formé un grand lac semé d'îles verdoyantes, et se réunissent sous les murs de la ville. Le cours entier de l’Ataxum est sur le territoire anciennement acquis par les Anglais ; c’est le moins large, mais le plus profond des trois, et les vaisseaux peuvent le remonter jusqu’à quatre-vingt- -dix kilomètres de son embouchure. Ses bords sont tellement escarpés et chargés d’une végétation si luxuriante, que les vaisseaux, ayant toutes leurs voiles déployées, peuvent y manœuvrer sous des hberceaux de verdure, Des forëts s'étendent au loin sur ses rives, et sont remplies de bois propres aux constructions navales. Le Saluan, fleuve mitoyen, est aujourd'hui l’une des limites du territoire concédé. Quoique tout son bassin soit d’une admirable fertilité, il était presque entièrement inhabité ; Mais dès que la cession en fut connue dans les pays adjacents, des familles birmanes traversèrent le fleuve par centaines avec leurs bestiaux et leur mobilier, et vinrent s’établir sur la rive opposée. Des lois très-sages leur garantissent une sécurité, une liberté, un bonheur, dont elles n'eussent point joui sous le sceptre de sa majesté aux pieds dorés.

A limitation de sir Stamford Rafles, qui a formé le bel établissement de Singapore, M. Crawfurd a fondé la ville d’Amberst, dans une charmante position, sur un cap qui domine la rade de Martaban. Cette ville nouvelle est destinée à devenir l’entrepôt d’un commerce très-important et la succursale de l'établissement de Singapore.

La Birmanie n'offre d’autres objets nouveaux aux naturalistes qu’une espèce de perruche qui n’est pas plus grande qu'un moineau, dont la tête, le dessus du cou, le dos et le dessus des ailes sont d’un beau vert, ainsi que le dessus - de la queue, tandis que le dessous des ailes est d’un bleu brillant, et tout le reste du plumage du plus beau cramoisi, Ce gentil oiseau ne peut être une acquisition pour l'Europe ; il ne supporte pas la captivité. On doit aussi faire mention des sources de pétrole du Renan-Khyaung, les plus abondantes que l’on connaisse, dont le produit suffit à l’éclairage de tout l'empire, et dont on enduit les bois de charpente pour les préserver des attaques des insectes. Ces sources ou puits occupent un espace de plus de 5 kilom. carrés; leur profondeur moyenne est d'environ 65 mètres, et leur ouverture n’a pas plus d’un mètre et demi carré. L'huile qui en sort est recueillie dans des bassins dont le fond est un tamis qui lisse passer l’eau, tandis que le pétrole se coagule en se refroidissant, On l’extrait des bassins pour la mettre dans de grandes terrines que l’on transporte sur des chariots jusqu'aux bords de l’Irawaddi, où des bateaux s’en chargent pour la distribuer dans tout l'empire. M. Crawfurd estime que le produit annuel de ces deux sources s'élève à 466,552,000 livres d'huile,

Comme le climat de cette contrée est très-humide, les ” Mnsectes y abondent et sont fort incommodes. Six à sept scxaines avant la saison des pluies, la lumière des appartements attire des légions de fourmis ailées, de punaises vertes et d'une multitude d’autres insectes qui couvrent les fables, les meubles, les personnes. Les Birmans font provision” de fourmis ailées, comme d’autres peuples de

profitent de l’arrivée des sauterelles, C'est une manne que la Providence leur envoie; mais en Birmanie les fourmis ailées sont un luxe gastronomique, et non un aliment populaire. On dit que certains gourmets européens trouvent ce mets délicieux, et leur jugement est sans appel.

Un autre fléau de ces contrées, c’est la multitude prodigieuse de corneilles, qui, perchées sur les arbrés, les rochers, les édifices, vous étourdissent par leurs cris, et y guet tent sans cesse l’occasion de piller. La poule la plus vigilant ne réussit point à en préserver ses poussins. Si ces brigand ailés s’introduisent dans une maison, ils n’y laissent que ce qu’ils ne peuvent emporter. Laisse-t-on les fenètres ouvertes pendant que l’on est à table, des corneilles viennent enlever effrontément ce qu’il leur convient, sans être effrayées par le nombre des convives. Ces incommodités, jointes à l’insalubrité du climat pour les Européens, sont un grand obstacle à la prospérité des établissements qu’on y formera, jusqu’à ce qu’on puisse les peupler de créoles acclimatés. La race vigoureuse des Birmans prouve que cette acclimatation est possible, et même facile; ces peuplades, sorties de régions extrêmement sèches, jouissent aujourd’hui de la santé la plus florissante dans un pays où pendant la saison des pluies on ne peut quitter une paire de bottes sans l’exposer à pourrir en peu de jours, La bonne constitution des Birmans est surtout remarquable aux environs de Tavoi, contrée plus humide qu'aucune autre partie de la presqu’ile de l'Inde. Le teint de ces peuples est moins basané que celui des Hindous, et ils estiment beaucoup la blancheur des Européens. Lorsque des dames anglaises arrivèrent pour la première fois à Tavoi, les habitan(s de cette ville les prirent pour des anges descendus du ciel, et ne furent désabusés que lorsqu'ils virent que ces créatures étaient soumises aux besoins ct aux infirmités de la nature humaine. FERRY.]

BIRMINGHAM, après Manchester la plus importante cité industrielle de l'Angleterre, à environ 130 kilomètres de Londres, est située dans la partie nord-ouest du comté de Warwick et bâtie sur les flancs d’une suite de collines longeant,les bords de la Nea, et dominant une vaste plaine, Quoique cette ville, désignée dès le commencement du quatorzième siècle comme bourg à marché, ait eu de bonne heure une certaine importance, puisque Henri VIII et Guillaume III y faisaient fabriquer des armes à feu, et qu’elle était déjà aussi célèbre pour la fabrication du fer et de l’acier que pour celle du cuir, elle est surtout redevable de son immense prospérité actuelle à John W attet à Boulton, qui y firent leur premier essai de construction d’une machine à vapeur; invention puissante, qui ne contribua pas peu à l'immense parti que l’industrie put bientôt tirer des inépuisables mines de houille et de fer situées aux environs. En 1700 on ne comptait encore à Birmingham que 15,032 habitants. En 1801 le nombre en était de 73,670, en 1831 de 146,986, eten 1851 de 232,841; le recensement de 1871 indiquait le chiffre de 343,696. Le bill de la réforme parlementaire, rendu en 1832, a donné à celte importante cité le droit d’être représentée au parlement, dont jusqu’alors elle était demeurée privée, en même temps qu’une loi absurde en investissait les bourgs-pourris, composés souvent d’une douzaine de masures au plus, appartenant à un seul et même propriétaire :

L'aspect de Birmingham est au total assez peu agréable, surtout dans les parties vieilles et basses. Les maisons sont construites en briques d’un rouge foncé, que jamais on ne cherche à dissimuler à l’aide du badigeonnage; de sorte que la ville a une physionomie triste et monotone, qu’accroit encore la fumée de machines à vapeur qui s'échappe incessamment d'innombrables cheminées. On y voit cent dix églises et chapelles, parmi lesquelles il faut citer surtout, à cause de sa belle architecture, l’église Saint-Philippe, située sur le point culminant de la ville; deux syna-

gogues , deux écoles de Bell et Lancaster, indépendamment de plus de six cents établissements d'instruction de tout genre destinés à l'éducation du peuple; deux biblicthèques, contenant environ trente mille volumes ; de remarquables institutions de bienfaisance; un beau palais pour les sessions du comté ; un théâtre; un magnifique hôpital, construit de 1776 à 1778, uniquement avec le produit de souscriptions volontaires ; un hôtel de ville aux proportions grandioses, construit sur le modèle du temple de Jupiter Stator à Rome et entouré de colonnes, et sur la place du

marché une statue en bronze de Nelson,, indépendamment de |

laquelle il faut encore mentionner le monument élevé à la mémoire de John Watt De même que la ville ne se compose que de vastes édifices publics et de maisons particulières très-petites, sa population se divise en deux classes bien distinctes : celle des patrons et celle des travailleurs, qu’on ne peut pas évaluer à moins de 60,000 âmes.

La plaine que domine la ville offre l’aspect d’une stérilité profonde. Le sol en est entrecoupé par des mines de houille. Les routes qui là traversent sont pavées de scories et comme ensevelies sous une poussière noire, qui , s’attachant aux vêtements, au linge et à la peau des habitants, donne à leur extérieur quelque chose de cyclopéen. Aussi l’a-t-on surnommée la plaine des Cyclopes. Mais des fosses énormes qu’on rencontre là de distance en distance, Birmingham tire le puissant mobile qui donne la vie à ses machines, le charbon , ou plutôt la vapeur dont il est le principe.

Birmingham est le grand centre de la fabrication des articles de quincaillerie fine et commune, des boutons, boucles, éperons, épingles, couteaux, ciseaux, aiguilles , objets de laiton , articles de bijouterie, objets en laque, verroteries de couleur , etc. , dont on estimait déjà la valeur annuelle au commencement de ce siècle à plus de 3 millions de liv. sterl. ; industrie spéciale, dont tous les produits sont marqués au coin du bon goût et de l'élégance, Aussi Burke a-t-il eu raison de dire de cette ville que c'était le magasin de joyaux de l’Europe (£he toy-shop of Europe ). Parmi les usines les plus importantes qu’elle renferme, il faut citer : l’Zlkingtons electro-plating-manufacture, la Britannia nailmanufacture, qui consomme quarante-deux tonnes de fer

| des traités de théologie!

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