BIRON
renoncé à son projet. Or, il résul{ait d'une de ses lettres produites au procès et adressées à Lafin, qu'il avait tout à Pit abandonné son dessein, « Puisqu’il a plu à Dieu, lui éerivait-il, de donner un fils au roi; je ne veux plus songer 4 outes ces vanités : ainsi, ne faites faute de revenir! » Ft depuis, rien n’indiquait qu’il eût agi dans le sens de la conspiration. Aucun fait nouveau ne l’accusait. Il avait vu depuis le roi à Lyon, et en avait été bien accueilli; il avait conservé son rang, ses grades, son gouvernement de Bourgogne. IT hésitait cependant à revenir à la cour. Il ne se détermina à s’y rendre qu'après plusieurs conférences avec le président Jeannin, qui lui avait été envoyé par le roi; et sans dout il n’était parti que sur la garantie de n'être point inquiété Il y avait eu de sa part tentative de crime, mais le crime n'avait pas été consommé, l'exécution en avait été suspendue par une circonstance dépendante de sa volonté. Il n’était donc pas coupable. Il y avait eu abolition de fait. en sa faveur ; mais cette abolition n’avait pas été sanclionnée dans les formes d'usage, et ce fut ce défaut de forme qui entraîna sa condamnation. Cette grave question de droit n'avait pas subi l'épreuve d’une discussion contradictoire, parce qu’on lui avait refusé l'assistance d’un conseil.
Il entendit à genoux la lecture de l'arrêt, et entendant les mots avoir conspiré contre Le roi et son Estat, il s'écria : « C’est faux ! C’est faux! lez cela! » Après les mots en Grève, il répéta : « En Grève ! voilà une belle récompense de mes services, de mourir ignominieusement devant {tout le monde! » Le chancelier l’avertit que le roi lui faisait la grâce d'être exécuté à la Bastille. « Est-ce là la grâce qu'il me fait? dit Biron, Ah! ingrat, mesconnoïissant, sans pitié , sans miséricorde, qui n’eurent oncques de lieu en lui, car si quelquefois il semble en avoir usé, ç'a été plutôt par crainte qu’autrement.……. Eh! pourquoi mwuse-t-il pas de pardon envers moi, vu qu’il l’a fait à beaucoup d’autres qui l'ont beaucoup plus offensé que je ne l'ai fait? » Il nomma d’Épernon et Mayenne. « La reine d'Angleterre, ajouta-t-il, eût pardonné au comte d’Essex, s’il l’eùt voulu demander. Et pourquoi non à moi, qui le demande si humblement, sans mettre en ligne de compte les services de feu mon père et les miens, mes plaies, qui le demandent assez d’elles-mêmes..…... ]1 (le roi) a regardé à peu de chose, tant sa haine est grande contre moi. Eh quoi! on me fait donc mourir sur la déposition d’un sorcier et le plus grand négromancien du mon le, qui s’est servi à la malheure de mon ambition, m'ayant souvent fait voir le diable en particulier, et même parlant par une image de cire, qui aurait bien articulément prononcé ces mots : Rex impie, peribis; el sicut cera liquescit, morieris. » — Et après il se desborda en injures contre M. le chancelier, l’appelant « Lomme injuste, sans foi, sans loi, statue, image plâtrée, grand nez, qui seul l'avait condamné à mort iniquement , sans aucune raison, et tout innocent et nullement coupable. » «
Averti de mettre ordre à sa conscience et à ses affaires, il dit qu’il devait 30,000 écus, et que pour s'acquitter il en avait 50,000 au château de Dijon ; que le roi disposerait du reste ; qu’il laissait une fille grosse de son fait (Sebillotte, file du procureur du roi de Dijon), à l'enfant de laquelle il laissait une maison qu'il avait achetée près de Dijon, et 6,000 écus. Il chargea un des secrétaires de Sully d’assurer son maitre qu'il avait toujours été son bon ami, et qu’il mourait tel; que ceux qui lui avaient fait entendre qu’il avait eu dessein de le tuer, l'avaient trompé, Il recommanda son enfant à ses deux frères. Il donna au secrétaire de Sully une bague qu'il le pria de remettre à sa sœur, la comtesse de Roussi; il en donna une autre au capitaine de la forteresse, L'échafaud avait été élevé au niveau d'une chambre de la Bastille, L'épouse de M. de Rumigny, concierge de la prison, le voyant passer pour aller au supplice, se mit à pleurer ayant les mains jointes, et, s'adressant au chans celier, Biron s'écria : « Quoi, monsieur ! vous qui avez le
BIRON — BISANNUEL
visage d’un homme de bien, avez souffert que j'aie été si misérablement condamné! Ah! si vous n’eussiez témoigné devant ces messieurs que le roi voulait ma mort, ils ne m'auraient pas ainsi condamné. Vous avez pu empêcher ce mal, et ne l'avez pas fait : vous en répondrez devant Dieu, oui, devant lui, où je vous appelle dans l'an, et tous les juges qui m'ont condamné. » Parvenu sur l’échafaud , il se banda les yeux, en ôta deux fois le bandeau, se leva en protestant de son innocence ; il se relevait pour la troisième fois, quand le bourreau l’invita à dire son Zn manus ; et tandis qu'il priait, il lui fit sauter la tête, qui tomba en bas de l’échafaud ; elle fut jetée avec le corps dans un cercueil qui fut porté à Saint-Paul. Ceci se passait le 31 juillet 1602. Le maréchal n’avait que quarante ans.
Biron était de moyenne taille; il avait le visage d’un brun très-marqué, les yeux enfoncés , le regard sinistre. Son orgueil égalait son ambition; il avait foi à l’astrologie judiciaire; mais il était brave jusqu’à la témérité, et son corps était tout sillonné de blessures. Durex (de l'Yonne).
BIRON DE COURLANDE (Famille). Voyez BiRex.
BIS, mot latin, depuis longtemps francisé au théâtre, et par lequel les spectateurs demandent à entendre une scconde fois la phrase ou le couplet qui a excité vivement leur approbation. Très-ambitieux autrefois de ce genre de succès, les vaudevillistes avaient créé pour le désigner le mot bisser, qui n’a pas encore reçu la sanction de l’Académie. Quelques-uns d’eux obtinrent même les honneurs du {er ; mais une seule fois la flatteuse demande du quater eut lieu pour un couplet d’une pièce de Désaugiers , qui se terminait par ces deux vers :
Le Français a su vaincre, il Le saurait encore, Il le saura toujours.
C était en 1816, époque où les armées de la coalition occupaient encore notre territoire; ce qui explique facilement le témoignage éclatant de la sympathie nationale pour cet avis à l'étranger. Plus tard, l'emploi continuel, dans les vaudevilles, des inévitables rimes de guerriers et lauriers, de :a gloire et de la victoire, entraîna un abus fastidieux du bis approbateur. Maintenant, on ne le demande plus dans nos théâtres que pour un trait saillant, un couplet ingénieux, un air bien chanté : c’est dire qu’il est beaucoup moins prodigué. — Dans la même circonstance où le Français crie bis en latin, PAnglais crie encore en français. Ourry. BIS (Hwpozyre), auteur dramatique, est né à Douai (Nord), on ne dit pas en quelle année. Il était en 1816 attaché à la direction des droits réunis à Lille, lorsqu'il fit paraître dans le journal du département un article qui fut, dit-on, la cause de quelques collisions entre la garde nationale et les officiers d’artillerie en garnison dans cette ville. A cette époque, où les opinions politiques étaient fort animées, un pouvoir persécuteur n'aurait pas manqué de sévèrement punir employé qui, par l’aigreur de ses sentiments et l’incandescence d’un écrit dangereux pour la tranquillité de la cité, donnait lieu à une agitation qui pouvait devenir grave. La jeunesse et l’inexpérience de M. Bis plaidèrent en sa faveur auprès de ses supérieurs, et il fut seulement changé de résidence. Ce changement servit même sa fortune littéraire. Sans abandonner la carrière administrative, il s’adonna plus vivement à la culture des lettres. Dès 1817 il avait composé, en société avec M. Jay, une tragédie intitulée : Lofhaire, qui fut reçue, mais non représentée. En 1822 il fit jouer à l’Odéon une autre tragédie, Aftila, qui eut quelque succès, et publia un poëme, Le Cimetiere, que nous ne connaissons pas et qui eut peu de retentissement. C’est peut-être avec les débris de Zothaire que M. Bis composa et fit représenter, en 1827, une troisième tragédie, Blanche d'Aquitaine, ou le Dernier des Carlovingiens , tout empreinte de cet esprit d’hostilité politique qui devait aboutir à réaliser au profit de la maison d’Or-
DICT. DE LA CONYVERS, == T. NI
léans les vœux à peine déguisés de M. Bis contre la branche aînée des Bourbons, et en faveur d’une dynastie nouvelle. Bien que cette pièce, qui ne manquait pas de quelque mérite littéraire, n'ait obtenu qu’un succès médiocre et promptement oublié, elle servit à entretenir l'esprit public dans ses sentiments d'opposition, exploités alors généralement au théâtre. Cette tendance se retrouve dans le poeme de Guillaume Tell, que, cette fois en compagnie de M. de Jouy, M. Bis fit jouer au grand Opéra en 1829. II serait difficile d'exprimer la nullité de cette œuvre sous le rapport de l’action et des effets scéniques. Elle est pourtant devenue un chef-d'œuvre, chef-d'œuvre lyrique, bien entendu, entre les mains de Rossini, à qui la partition en avait ét confiée, et qui, dans son inexpérience des conditions d’un véritable poëme français, se laissa éblouir et entrainer par la vieille réputation que M. de Jouy avait encore comme
* auteur d’opéras. C’est à lui, en bonne conscience, et non à
M. Bis, son triste complice dans cette occasion, qu'il faut attribuer l'étrange naïveté du plan et du style, qui ont pourtant presque disparu sous la splendide magnificence, sous l'expression énergique et charmante des accords divius de Rossini, A. DELAFOREST.
Après la révolution de 1830, M. Bis obtint la décoration de la Légion d'Honneur. 11 la méritait sans doute, ne füt-ce que pour ces vers d’Aébila :
Juge pour les Français si ma haine est profonde : Ils osent conspirer la liberté du monde!
En 1845 M. Bis se réveilla avec une quatrième tragédie, qui fut reçue au Théâtre-Français, et qui était intitulée Jeanne de Flandre. Cette pièce n’eut qu’une seule représentation. L'auteur joignait alors à son titre de poëte celui de chef de bureau à l'administration des contributions indirectes. Il est mort le 4 mars 1855, aux Ternes, à l’âge de soixante-seize ans.
BISACCIA, ville d'Italie, dans l’ancien royaume de Naples, est située sur une colline, à 48 kilom. nord-est d’Avellino, et compte plus de 6,000 âmes. De nombreux restes d’antiquité y ont été découverts, et font penser qu’elle occupe l'emplacement de Romulea, vieille cité qui appartenait aux Samnites.
BISACRAMENT AIRES, sectaires qui ne reconnaissaient que deux sacrements , le baptême et l’eucharistie.
BISAILLE ou BINAILLE. La bisaille est un mélange de pois des champs (gisum arvense) et de vesce commune (vicia sativa) pour la nourriture des animaux. Ce mélange est ainsi nommé, selon les uns parce que sa farine est bise, et selon d’autres parce que les pigeons bisets s’en nourrissent. Cette composition binaire est annuelle et se sème sur les jachères : c’est un mélange excellent et très-productif, : qui se consomme en vert et en sec, et dont on ne peut trop recommander la culture dans les terres à blé et même dans les terres à seigle.
Les combinaisons binaires de plantes propres à la nourriture des animaux s’étant multipliées avec les progrès de agriculture, on a proposé d’étendre le mot bisaille nonseulement aux plantes annuelles autres que le mélange de pois et de vesce, mais encore à toutes les autres combinaisons de plantes bisannuelles et vivaces cultivées deux à deux pour la nourriture des animaux. D'autres ont proposé avec plus de raison encore de remplacer le mot bisaille par celui de binaille, qui est évidemment meilleur, comme indiquant la composition binaire du mélange : c’est ainsi qu’on dit binaille de pois et de vesce, binaille de trèfle et de luzerne, binaille de vesce et de mélilot de Sibérie, etc.
TOLLARD aîné.
BISANNUEL , terme de botanique, qui sert à qualifier les plantes qui accomplissent tous les degrés de la végétation jusqu’à la mort en deux ans : tels sont le persil, le salsifis, etc. Dans les ouvrages botaniques, les plantes bis-
annuelles sont indiquées par le signe G', qui est célui de Mars, planète dont la révolution autour du soleil est de deux ans.
BISCAIÏIEN, mot d’abord employé comme adjectif, et qui se retrouve dans les mots mousquel biscaien ou de Biscaye, c'est-à-dire mousquet à fort calibre ou fusil de rempart. On a, par abréviation, nommé biscaien la balle du imousquet biscaïen, et elle est devenue, depuis l'invention du fusil ordinaire, le plus petit des boulets de canon, qu’on lance de 400 à 600 mètres. Dans le siècle dernier, on tirait les biscaiens par grappes de mitraille. Aujourd’hui les biscaïens sont exactement rangés par couches dans les boîtes à cartouches : on met au fond des boîtes un culot de fer battu qui donne beaucoup de portée aux biscaïens, parce qu'il leur communique toute l’action de [a charge, qui sans cela s'échapperait à travers les balles et les ferait écarter davantage. GAL BanpiN.
BISCA YE, en espagnol Vizcaya, la plus septentrionale des trois anciennes provinces basques, et dont en 1833 on a composé, avec des parties del’Alavaet de la Vieille Castille, la province de Bilbao, comprenait autrefois 3,280 kilomètres carrés. Elle était bornée au nord par le golfe de Biscaye, à l'ouest par la Vieille Castille, au sud par l’Alava et à l'est par le Guipuzcoa. Elle embrasse les versants septentrionaux de la chaîne orientale des monts Cantabres, accidentés de la manière la plus sauvage, s’élevant en terrasses couvertes d'épaisses forêts, et s’avançant si près de la mer, que souvent un étroit défilé seulement les en sépare. Indépendamment de l’Ibaizabal, de lAnsa, de la Mundaca, du Salado et du Queytis, qui se jettent dans l'Océan, elle est arrosée par un grand nombre d’impétueux torrents, qui viennent des forêts. La température est un peu humide et cependant salubre, à l'exception des gorges étroites de cerfaines vallées, où il règne parfois une chaleur étouffante. Le sol est montueux, peu fertile, et le blé qu’on y moissonne ne suffit pas au besoin des habitants, En revanche, on y recueille beaucoup de maïs, de légumes, de chanvre et de noix. Les montagnes, hautes et boisées, sont couvertes de chênes, de hètres, de noyers. Le gros bétail y est moins abondant que les moutons et les chèvres. Près du littoral la mer est très-poissonneuse, On exploite aussi en Biscaye des carrières de marbre, et on tire des montagnes de Somorostro et de Mondragon du plomb, du soufre, de l’alun et du fer de la meilleure qualité.
Les habitants, au nombre de 165,000 environ, vivent soit sur les côtes, où ils forment une population de pêchoeurs infatigables et de matelots intrépides ; soit dans l'intérieur, où ils se livrent avec succès à l’agriculture, à l’exploitation des mines, au rude travail des hauts fourneaux, à la confection des cordages, au tissage de grossières étoffes de laine, à la préparation des cuirs, qui, avec les fers bruts, les châtaignes et le cidre, donnent lieu à un commerce très-actif. Le chef-lieu de la province est Bilbao.
La Biscaye a eu ses seigneurs particuliers depuis la fin du neuvième siècle jusqu’en 1479. Philippe IT anoblit tous les Biscayens, et leur octroya de nombreux priviléges. Ce peuple, exempt de régie et d'intendance, reconnaissait les monarques d’Espagne non pour ses rois, mais pour 88 seigoeurs, et affecte encore d'appeler ses communes respublicas. Chargé lui-même de la défense de ses foyers, il ne tirait point à la milice, n’était point passible dn logement des troupes, et ne connaissait, en vertu de ses fueros, d'autre loi que celle du grand juge de la province, Il ne devait au roi que ce qu'il devait à ses anciens seigneurs, et ne payait d'autre impôt que quelques cens, des droits sur le fer, la dtme dans quelques villages, et des contributions locales, La puissance législative y était partagée entre le seigneur et la junte des députés du peuple, qui se réunissait régulièrement chaque année, et plus fréquemment, dans les grandes circonstances, à l'ombre du vieil arbre de Guernica.
BISANNUEL — BISCUIT
Elle était etue par tous les citoyens aforados, à l'exception des bouchers, des crieurs publics et des étrangers, qui ne pouvaient exercer en Biscaye que les professions les plug humbles. Le pouvoir exécutif était exercé par ün corrégidor à la nomination du seigneur, et par un conseil de deux délégués choisis pour deux ans par la junte. Les villes et les bourgs élisaient leurs municipalités. Les fueros de cette province furent en grande partie la cause de la vive répusance que ses populations témoïignèrent pour la conslitu- {ion unitaire des cortès de Madrid, et de leur empres= sement à suivre l’étendard de don Carlos.
Le golfe de Gascogne est sussi appelé baie de Biscaye. BISCEGLIE, ville maritime d'Italie, sur l'Adriatique, à 34 kilom. nord-ouest de Bari, dans l’ancien royaume de Naples. Elle est bâtie à l'extrémité d’un promontoire et défendue par de bonnes fortifications. Son port n’est accessible. | qu'à des bâtiments d’un faible tonnage, La population s'élève à 16.427 âmes. Siége d’un évêché, cette ville possède une ancienne cathédrale, deux collégiales et plusieurs autres églises. Le manque d'eau y fait rassembler les eaux pluviales dans des citernes. Son territoire produit un excellent vin. Fondé au onzième siècle par les Normands, Bisceglie servit de point de relâche aux croisés malades qui trouvaient asile dans l'hôpital qu'y avait élevé Bohémond.
BISCHOF ( CHarLes-GUSTAVE ), savant allemand, naquit le 18 janvier 1792 dans les environs de Nuremberg. Elève du chimiste Hildebrandt, il le sappléa pendant quelques années à l’université d’Erlangen, et fut appelé en (819 dans celle de Bonn. Ayant obtenu de la Société des sciences de Hollande an prix pour ses recherches sur la chaleur ntérieure du globe terrestre, il publia son mémoire à Londres {1841 ) sous les auspices de celte compagnie. et le fit suivre de plusieurs travaux identiques, où il expliquait par l'action moléculaire la production de certains phénomènes géologiques, Son meilleur ouvrage est un Manuel de géologie chimique et physique. ( Bonn, 1847-1850.)
. BISCHOFF ( Tuéonore-Louis-GuiLLAUME ), physiolosiste, né le 28 octobre 1807, à Hanovre, est le fils d’un médecin! connu parun Traité de médecine chimique. Après avoir étudié la médecine à Bonn et à Heidelberg, il fut reçu docteur en 1832 et attaché à l’un des hôpitaux de Berlin. Dès qu'il eut le titre d'agrégé il revint à Heidelberg et y ouvrit un cours particulier d'anatomie comparée. En 1843 il accepta une chaire à Giessen; ses leçons atlirèrent beaucoup d'éfudiants ainsi que les expériences qu’il faisait publiquement dans l'institut et à l’amphithéâtre qu'il avait fondés à ses frais, Depuis 1854 cet éminent professeur en- Seigna à Munich les deux sciences auxquelles, sur les encouragements de Müller et d'Ehrenberg, il a voué sa wie, w Les travaux d'embryogénie de Bischoff sont marqués au coin d'une observation scrupuleuse, et la plupart des résullats qui en découlent ont été adoptés par le monde savant. Nous rappellerons notamment ses recherches sur l'œuf du fœtus humain (1834,) celle sur l'œuf du lapin (1843 )et du chien (1844), où il développe l’importanté théorie de la maturation et du dessèchement des œufs chez l'homme et les mammifères ; des mémoires sur la respiration, sur l’urée, sur la combustion spontanée (1850), phénomène dont il démontra l'impossibilité; enfin le traité qu'il a consacré à la Formation du chevreuil (1854).
BISCHOFSWER DA, ville de Saxe, sur le chemin de fer de Dresde à Breslau, possède des fabriques de toiles et de draps. Il y a 5,000 habitants. Elle fut incendiée le 21 ma 1813 à la suite d'un combat enre les Français et les Russes.
BISCHWILLER, petite ville d'Alsace, sur la Moder, à 20 kiloun. nord de Strasbourg, avec 10,000 habitants. Elle s'est particulièrement appropriée la fabrication des draps légers, destinés à la toilette des femmes. Dans les environs on cultive en abondance un excellent houblon dont cueillette rapporte par an plus d’un million de francs,
BISCOTE — BISCUITS MÉDICAMENTEUX
BISCOTE, (de bis, deux fois, et coctus, cuit). Les biscotes sont des tranches de pain coupées très-minces et séchéss au four. Elles constituent un aliment très-bon pour les enfants et les convalescents. Pour les. premiers surtout, elles sont recommandées par tous les médecins, de préférence aux potages farineux, dont les biscotes n'ont pas les inconvénients.
BISCUIT, (du latin bis, deux fois, et coctus, cuit), pâlisserie délicate faite avec de la farine ou de la fécule de pomme de {erre, du sucre et des œufs (le blanc et le jaune). On les fait cuire au four, dans des moules de fer blanc ou de papier. Il faut au four une chaleur modérée, et on y laisse les biscuits vingt minutes au plus. Ceux qui sont cuits dans les moules de papier y restent, et se nomment biscuits en caisse. Les biscuits dits à la cuiller se font de 8 centimètres de long sur 3 de large, se placent sur des feuilles de papier, se cuisent sur de minces feuilles de cuivre, et se détachent du papier lorsqu'on veut les vendre ou les servir. Les biscuits de Reims sont cuits dans des moules chauds et passés dans l’étuve. Pour faire des biscuits de Savoie, on prend de la fine farine ou de la fécule de pomme de terre, du sucre, des jaunes d'œufs bien frais ; on fouette ensuite le blanc des œufs avec un peu d’eau , et on le même aux jaunes. Si on veut que les biscuits soient à la fleur d'orange, on râpe sur le sucfeles zestes de deux oranges, où bien on met de l’eau de fleur d'oranger; on les fait à la vanille avec de l’essence de vanille; si on veut qu'ils soient aux amandes amères ou douces, ou aux avelines, on les torrélie, les pile et les mêle aux jaunes d'œufs et au sucre, On amalgame ensuite la fécule ou la farine avec les œufs et le sucre en la laissant tomber doucement et en remuant le tout à mesure qu’elle tombe. Lorsqe le tout est bien amalgamé, et qu'il coule lisse de l’instrument avec lequel on remue, on verse dans le moule, que l'on beurre légèrement : deux heures suffisent pour Ja cuisson. — On fait aussi des biscuits de caréme sans œufs.
On fait habituellement usage des biscuits pour la nourriture des enfants et des convalescefits, parce qu’on les regarde comme étant d’une digestion facile; maïs les blancs d'œufs battus qui entrent dans la composition de ces pâtisseries rous semblent de nature à combattre cette opinion.
On appelle encore biscuit un ouvrage de porcelaine qui reçoit deux cuissons, et qu’on laisse dans sôn blanc mat sans peinture ni couverte.
BISCUIT DE MER, nom que l’on donne à une espèce de pain employé particulièrement dans la navigation. L'usage d’un pain qui peut se garder longtemps sans allération remonte bien haut dans l'antiquité ; les Romains le connaissaient, Pline le nomme panis nauticus; mais il ne parait pas qu'ils le fissent cuire deux fois. Il est évident que la prernière condition à observer dans sa préparation, c’est qu’il soit très-dur, frès-sec, et mis sous une forme qui le rende facile à emmagasiner. Pour sa conservation, il doit être renfermé dans des endroits qui soient à l'abri du con- {act de l’air et surtout de l'humidité.
Le biscuit dont on se sert dans la marine militaire ‘est fait de farine de froment épurée à 25 ou 30 pour 100; celui qu’on emploie dans la marine marchande est ordinairement plus délicat, sans doute parce que les armateurs ont à l'é-
. gard des matelots plus de ménagements à garder que le gouvernement. Quatre-vingts kilogrammes de farine pétrie dans vingt kilogrammes d’eau ne fournissent, après l’évaporation produitepar la cuisson, que 133 rations de cinquante-six décagrammes chacune, la ration d’un homme étant évaluée à cinquante-six décagrammes par jour, Au- -jourd'hui on se sert pour le biscuit d’un levain plus jeune que pour le pain ordinaire, et on en met une plus grande quantité; ce levain, d’ailleurs, doit être de pâte de biscuit : la levure de bière et tout autre levain semblable sont prosérits. L'eau destinée à le pétrir doit être bien chaude : c’est En moyen de faire sécher la pâte plus aisément. Le pétris
sage est très-diflicile et exige des boulangers forts et adroits, et quelquefois on emploie un levier en bois pour briser la pâte. La pâte pétrie et ramenée à une consistance ferme, on la bille avec des rouleaux en bois: on laplatit jusqu'à n'avoir plus que trois à quatre centimètres d'épaisseur ; puis on la coupe en galettes de dix-huit décagrammes en. viron, à l’aide d’un instrument armé de pointes en fer, qui façonne le biscuit’ en même temps qu’il le perce de plusieurs trous, afin de faciliter l’évaporation de l’eau et d’éviter les boursouflements. Ces galettes sont jetées dans un four plus chaud que les fours à pain ordinaire, car moins il y à d’eau dans une pâte, et plus difficiiement elle cuit.’ Après les avoir laissées environ deux heures, on les en relire pour les mettre à réssuer dans une éluve et achever de lès priver de toute humidité, On sent combien il est important, pour le maintenir sec, de ne pas mettre de sel dans l’eau qui sert à le pétrir.
Le biscuit ainsi préparé peut se conserver un an et souvent davantage; on reconnaît qu'il est bon à sa cassure brillante et à son odeur suave; en vieillissant il perd de ses qualités, et se réduit en poussière.
L'avantage que présente le bisenit dans la navigation, c'est qu'il permet d’embarquer une quantité considérable de pain sous un petit volume, Quand il est bon, les matelots s’en accommodent volontiers; néanmoins, ainsi que les pains azymes ou mal levés, il est d'une digestion difficile, et fatigue à la longue l'estomac : aussi est-on obligé souvent de substituer le pain frais au biscuit dans les rations des matelots malades, et surtout de ceux qui sont affectés du scorbut. A cet égard on a introduit de grandes améliorations dans notre marine : dès que nos navires arrivent dans un port, les équipages recoivent des vivres frais, et l’on embarque aujourd'hui à bord de nos bâtiments une certaine quantité de farine, qui permet de distribuer aux malelots quatre rations de pain frais par semaine à la mer.
Le biscuit d'Amérique est plus blanc, plus affriolant et d’ane pâte plus fine que le biscuit français, mais il se conserve moins longtemps. . Th. PAGE, vice-amiral,
BISCUITS MÉDICAMÉNTEUX. La pâte légère des biscuits, le goût agréable qu’on leur communique au moyen du sucre et de différents aromates, ont induit à croire que ce comestible pourrait servir d’enveloppe séduisante aux substances médicinales qu’on a de la peine à faire prendre aux enfants. Ce sont principalement des médicaments vermifuges qu'on a voulu associer aux biscuits.
La poudre de santoline, semen contra vermes, a surtout été mélangée avec les biscuits, parce qu’elle expulse énergiquement les vers des voies digestives, principalement les lombrics, ceux dont la forme est pareille à celle des vers de terre, Les épreuves qu’on a faites de cette préparation n’ont pas réalisé les résultats qu’on en espérait, L'’amertume de la santoline n’était point assez masquée dans le buiscuit pour que les enfants s’y trompassent deux fois : en fait de goût, ils sont de grands docteurs, et ils découvrent instinctivement le chicotin dans la dragée. Aussi toute la rhétorique des mères ou des nourrices ne peut les engager à prendre ainsi le semen contra, pas plus que dans le pain d'épice, où on avait aussi imaginé de l’introduire. De plus, le sucre, employé à grandes. doses, pour détruire en grande partie l’amertume des médicaments, en anéantissait par ce même effel l'efficacité. Ces désavantages ont fait à pen près abandonner les biscuits préparés avec la santoline. Cependant les biscuits vermifuges ont paru si nécessaires pour les personnes chargées d'élever les enfants, qu’on s’est ingénié à chercher d'autres médicaments dont la saveur n’altérât pas le goût agréable de l’appât. Le mercure doux, autrement appelé calomel, ayant les propriétés désirées, a été choisi, et il sert à préparer les biscuits anti-vermineux qui sont aujourd'hui en usage : chacun contient à peu près {rois décigrammes de calomel.
On a aussi imaginé de confectionner des biscuits purgatifs, et toujours pour tromper les enfants dans leur propre intérêt : c’est avec le jalap en poudre qu’on prépare céux-ci, en incorporant huit décigrammes de cette résine éminemment purgative dans chaque biscuit.
On a allié encore l’art du pharmacien à celui du pâtissier, pour composer des biscuits propres à guérir les accidents que le culle de la Vénus cloacine engendre trop communément, et dont plusieurs enfants sont affligés en recevant la vie. C’est encore le mercure doux qui sert à préparer ces biscuits anti-syphüitiques, mventés par M. Ollivier.
Si les biscuits qu’on vient de faire connaître sont utiles pour administrer aux enfants des médicaments qu'ils repoussent avec une opiniâtreté d'autant plus grande qu'ils sont beaucoup plus dominés par l'instinct dans l’état de maladie qu’ils ne le sont étant en santé, ces préparations sont reprochables sous le rapport de leur composition et surtout sous celui des substances pharmaceutiques qu’elles renferment. Comme aliment, le biscuit met en jeu les organes digestifs; comme médicament, il trouble leur action, il rend ainsi la digestion pénible : aussi les enfants témoignent-ils très-souvent du malaise après cette médication. L'expérience n’est pas perdue pour eux ; l'appât employé ne les séduit pas longtemps. Les médicaments qu’on administre sous cette enveloppe exposent les enfants à des dangers plus grands. Le jalap est un purgatif qui irrite violemment les intestins ; le calomel, qui n’est appelé mercure doux que par sa comparaison avec d’autres combinaisons mercurielles, qui sont des poisons violents, est aussi une substance irritante et déterminant des coliques vives, comme on en voit trop d'exemples depuis qu’on fait en France un abus déplorable de ce sel, à l'imitation des Anglais. Si les personnes étrangères aux connaissances de l'anatomie et de la physiologie pouvaient comprendre combien les organes de la digestion sont impressionnables chez les enfants, elles se garderaient bien de leur administrer des purgatifs tels que le jalap et même le calomel, comme elles le font trop communément sans avis de médecin et avec une détermination prise aussi légèrement que pour les moindres affaires de la . wie. Plusieurs mères creusent ainsi le tombeau de leurs enfants ; car c’est dans les irritations de l’estomac et des intestins qu’elles font habituellement usage des purgatifs qui attisent un feu qu’il faudrait éteindre. D' CHARBONNIER.
BISE , vent sec, pénétrant, qui règne dans le fort de Phiver, et souffle du nord-est. C’est un vent très-dangereux sur la Méditerrante. La bise suspend l’action de la séve dans les plantes, sèche les fleurs et fait geler les vignes.
BISEAU, extrémité ou bord coupé en biais, en talus, X se dit surtout du bord des glaces de miroirs, des glaces de voitures, etc., et du trancl ant de certains outils; puis, par extension, de certains outils dont le tranchant est en biseau. En joaillerie, il s'emploie en parlant des principales faces qui environnent la table d’un brillant. — En termes d’imprimerie, les biseaux sont des morceaux de bois entourant les pages de caractères, et dont un côté est taillé en biais pour recevoir les coins qui servent à serrer la forme.
Enfin, biseau se dit, dans une acception toute différente, de l'endroit du pain où la croûte ne s’est point formée; ce qui provient du contact et de la réunion des pains dans le four, partie que l'on appelle plus communément baisure.
BISEAUTEES (Cartes). C'est là un terme technique dont se servent les fabricants de cartes et les joueurs pour désigner des cartes qui, par maladresse où volontairement, ont été coupées en trapèze au lieu de l'être en parallélogramme parfait, On sent bien qu’en coupant la carte avec des ciseaux Jixés à la boîte nommée coupeau, si l'ouvrier ne présente pas la carte bien perpendiculairement, elle se trouve un peu plus étroite par un bout que par l’autre, ce qui forme un angle ou biseau, Cette maladresse de l'ouvrier doit faire jeter la carte au rebut ; mais cette imperfection a