‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 3)Chapitre 165 sur 527 · BLAINVILLE — BLAIREAU · texte numérisé non relu

BLAINVILLE — BLAIREAU

défini. Pour Blainville, ce devait étre l'ordre sérial, ordre qui

se démontrait de lui-même à l’aide du système des groupes :

convenablement établi.Ce qui fait donc l'originalité et la supériorité de ses travaux zoologiques , c’est bien moins ce qu'il a changé à la classification proprement dite que sa doctrine sur la coordination des groupes, sur la série animale.

Sans être correct et toujours aussi disert, abondant et faciie qu’on aurait pu le désirer, Blainville était néanmoins éloquent , parce que, maître lui-même de son sujet, il savait communiquer à son auditoire les inspirations de son génie, Dans son enseignement, il s’efforçait de donner des bases solides à l'édifice scientifique pour l'érection duquel il avait réuni d'immenses matériaux pendant une vie en quelque

| constitution de Blainville. Cependant, le 1° mai 1850, à dix

heures du soir, encore plein de santé et de vie, au moins en apparence , il se fit conduire à l’embarcadère du chemin de fer de Rouen, dans l'intention de se rendre à Dieppe pour y passer quelques jours. Mais, frappé sans doute d'une attaque d’apoplexie dans le wagon où il venait de monter, tout ce qu'on put faire lorsqu'on s’en aperçut fut de le porter dans une des salles d'attente et de courir chercher un médecin, dont les soins furent inutiles ; quelques minutes après, Blainville expirait. Rien n'indiquait dans ses traits qu’il eût éprouvé la moindre douleur. E. MERLIEUX. BLAIR (Hues ), ecclésiastique et littérateur écossais, dont

! les sermons sont encore aujourd’hui considérés comme les

sorte doublée par une incroyable activité et une facilité non | | Je 7 avril 1718, à Édimbourg. Après avoir fait de brillantes

moins grande. 1ly exposait les principes de cette classification nouvelle (voyez AnimaL, t. 1, p. 609) dont on trouve déjà le germe dans quelques-unes de ses premières publieations, entre autres dans son Mémoire sur la place que doit occuper l’aye-aye dans La série des mammifères, et dans son Prodrome d’une nouvelle distribution systématique du règne animal (1816), publications dont le couronnement fut l’Ostéographie, ou description iconographique comparée du squelette et du système dentaire des cinq classes d'animaux vertébrés, récents et fossiles

(in-4°, 1839-1850 ), gigantesque entreprise, que la mort de | son auteur laisse malheureusement inachevée, et à laquelle |

il travaillait encore une heure avant d’expirer.

« Par la publication de ce grand et important ouvrage, |

a dit M. Constant Prévost, il voulait non-seulement démontrer que les détails de l’organisation annoncent dans la série des êtres actuels une conception dont toutes les parties sont intimement enchaînées, mais il se proposait encore de faire

voir que les êtres de toutes les époques qui se sont succédé et | ont vécu depuis les plus anciens temps géologiques jusqu’au |

moment présent appartenaient également au même plan. En effet, sices êtres anciens présentent des différences spécifiques plus ou moins grandes en raison de leur ancienneté, ils n’annoncent aucune différence importante d'organisation; bien mieux, parmi ces êtres perdus de l’ancien monde, ces genres, ces familles qui ne sont plus représentés, dit-on, dans la nature vivante , le naturaliste ne trouve rien de foncièrement étrange, rien qui lui annonce d’autres conditions d'existence, rien qui puisse enfin lui faire raisonnablement supposer que les érilobites, les plésiosaures, les ptérodactyles, pas plus que les anoplotheriums et les mastodontes, n'auraient pas pu vivre en communauté avec les crustacés, les crocodiles, les tapirs , les éléphants de notre époque...

modèles de l'éloquence de la chaire en Angleterre, naquit

études au collége et à l’université de cette ville, il entra dans les ordres à vingt-trois ans, et ne tarda point à se faire une réputation comme prédicateur, En 1758 il fut nommé pasteur de l’église cathédrale d'Édimbourg. En s’attachant moins aux discussions métaphysiques qu’au développement des vérités morales, il opéra dans l’éloquence de la chaire une véritable révolution. En 1755 il avait fait paraître dans l'Edinburgh Journal un extrait raisonné de la philosophie morale d’Hutcheson, et il transporta dans ses préceptes littéraires ce sage éclectisme philosophique et ce sens psychologique quisont le caractère distinctif de l’école écossaise, En 1759 il commença à faire des cours publics de rhétorique et de belles-lettres, dans lesquels il communiquait à son auditoire les fruits de son expérience personnelle, et qui obtinrent un immense succès. 11 en publia le résumé en 1783, sous le titre de Lectures on Rheloric and Belles- Lettres, ouvrage depuis longtemps connu et jugé, dont le succès fut européen, qui abonde en sages préceptes, en remarques judicieuses, en vérités utiles, et qui a été successivement traduit dans notre langue par Cantwell ( 1797), par P. Prévôt de Genève et par Quenot ( Paris, 1821 ). L’auteur nous apprend lui-même qu’il a mis à profit pour le composer des notes d'Adam Smith. Son cours charma tellement son auditoire, que le gouvernement ne fit qu'obéir à l'opinion publique en créant, en 1762, une chaire particulière de rhétorique et de belles-lettres à Édimbourg, et en

. la confiant à l’habile professeur qui venait de faire ses preuves

L'Ostéographie, loin d’être une copie ou un complément | des ouvrages de Cuvier, est une œuvre nouvelle, originale, |

indispensable , et demandée par les besoins et les progrès de la science; elle est destinée à fournir des documents positifs non-seulement pour éclairer des questions depuis longtemps

controversées faute de preuves, mais encore pour aider à

renverser des préjugés déjà trop fortement enracinés. »

Nous ne pouvons indiquer tous les travaux de Blainville, |

notamment cette foule de mémoires, d’articles, de rapports d’un grand intérêt, qu’il fit successivement paraître dans divers recueils scientifiques; bornons-nous, à citer : De

V’Organisetion des Animaux, ou principes d'anatomie |

comparée (1822), résultat de quinze années de travaux assidus, dont on regrette que le premier volume ait seul paru ; Manuel de Malacologie et de Conchyliologie (1825); Cours de Physiologie générale et comparée professé à la Faculté des Sciences de Paris en 1829-1832, publication restée inachevée; Manuel d’Actinologie ou de Zoophytologie (1834); Sur les Principes de la Zooclassie (1847). Blainville, qui ne s’adonnait pas exclusivement aux sciences baturelles. a laissé en outre parmi ses papiers des mémoires sur plusieurs questions politiques et sociales. -

. Une vie aussi laborièuse n’avait en rien affaibli la robuste

de bon goût et d’érudition. Ses Sermons, dont la première édition parut en 1777, ne furent pas moins bien accueillis; et le gouvernement récompensa l’éloquent orateur par une pension de 200 liv. st.; ce sont d’ailleurs plutôt des dissertations morales et philosophiques, il faut le reconnaître, que ce que nous entendons en France par sermons. On n’en compte plus les éditions, et dès 1784 le pasteur Frossard les avait traduits en français. Blair encouragea et seconda de sa bourse Macpherson pour la publication des poésies d'Ossian. 11 croyait fermement à leur authenticité, et en 1763 il écrivit une dissertation pour la démontrer. Ce digne ministre de l'Évangile mourut à Édimbourg, le 8 janvier 1801, à l’âge de quatre-vingt-trois ans.

BLAIR (James), théologien écossais, mort en 1743, abandonna l’Église épiscopale d'Écosse, et vint en Angleterre dans les dernières années du règne de Charles IE. Après avoir pendant longtemps résidé en Virginie, d'abord comme missionnaire, puis comme commissaire, il revint en Angleterre solliciter l’autorisation et les ressources nécessaires pour fonder au chef-lieu de cette colonie, Williamsburg, un collége, qu’il dirigea pendant près de trente ans. Il remplissait en même temps les fonctions de membre du conseil colonial. On a de lui : Explication du divin sermon prononcé par notre Sauveur sur lamontagne (1742).

BLAIREAU, genre d'animaux mammifères, appartenant à l’ordre des carnassiers et à la section des plantigrades. Leur système dentaire présente les caractères sulvants : ils ont une très-petite dent derrière la canine, puis

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deux molares pointues, suivies en haut d’une que l'on reconnaît pour dent carnassière au vestige de tranchant qui se montre sur son côté externe ; derrière elle est une grasse tuberculeuse carrée; em bas, l’avant-dernière commence aussi à montrer de la ressemblance avec les carnassières inférieures ; mais comme elle a à son bord interne deux tubercules aussi élevés que son tranchant, elle ne joue que le rôle de tuberculeuse, La dernière dent d’en-bas est trèspetite. Les blaireaux sont des animaux nocturnes,dont la queue est très-courte, les doigts très-engagés dans la peau, et qui se distinguent particulièrement par une poche située sous la queue , et d'où sort une humeur grasse et fétide. Leurs ongles de devant, très-allengés, les rendent habiles à fouir la terre ; leurs poils sont longs et soyeux.

On n’en connaît avec certitude qu’une seule espèce : c’est le blaireau d'Europe, vulgairement aussi nommé le {aisson, qui à la faille d'un chien de médiocre grandeur et la physionomie du mâtin, mais qui est beaucoup plus bas sur jambes. Ses poils, longs , rares et durs, présentent dans leur longueur trois couleurs différentes , du blanc, du noir et du roux , et c’est l'étendue relative de ces trois couleurs sur chaque poil qui produit la coloration diverse de chaque partie du corps. Il est grisâtre en dessus, noir en dessous. La tête est blanche en dessus, avec deux taches noirâtres sur les côtés, qui naissent entre l'extrémité du museau et l'œil, et vont en s’élargissant de manière à envelopper l’æil et l'oreille, derrière laquelle elles se terminent.

Le blaireau est un animal solitaire, qui passe la plus grande partie de sa vie au fond d’un terrier oblique et {ortueux, qu’il tient toujours très-propre, et dont il ne sort guère que la nuit, pour chercher sa nourriture, ou pour se réunir à sa femelle au temps des amours. Il vit à la fois de viande et de fruits, comme l'indique la conformation de ses dents, à la fois propres à diviser la chair et à mâcher des substances végétales. La femelle met bas en été trois ou quatre petits, pour lesquels elle a soin de préparer d’avance , au fond de son terrier, un lit d’herbe et de mousse, et qu’elle nourrit, à l’époque où ils cessent de leter, de lapereaux , de mulots , de lézards, et de miel, quand elle en peut découvrir, Ces animaux pris jeunes s’apprivoisent facilement ; ils s’habituent à suivre, comme les chiens, la personne qui les nourrit. On en trouve dans presque toutes les contrées de l’Europe, en France , en Italie, en Angleterre, en Allemagne; mais ils sont partout assez rares. Leur chair n’est pas désagréable à manger, et leur peau s'emploie comme fourrure grossière. DÉMEZIL.

« Le blaireau est carnassier, dit M. Boilard, mais moins cependant que son système dentaire ne devrait le faire supposer, Il ne vit guère de proie que lorsqu'il ne trouve plus de baïes et autres fruits charnus. Dans ce cas il chasse aux mulots, aux grenouilles, aux serpents; il déterre les nids de guëpes pour en manger le couvain; il tâche de surprendre la perdrix sur son nid; il creuse dans les garennes pour s'emparer des lapereaux ; enfin, quand toutes ces ressources lui manquent, il se contente de saulcrelles, de hannetons et de vers de terre, qu’il aime beaucoup. Plein d'intelligence, rusé, défiant, le blaireau ne donne que trèsrarement dans les piéges qu’on lui tend. Si l'on a tendu un lacet autour de son terrier, il s’en aperçoit aussitôt, rentre dans sa demeure, et y reste renfermé cinq à six jours, s’il ne peut, à travers des rochers, se creuser une autre issue ; mais, pressé par la faim, il finit par se déterminer à sortir. Après avoir longtemps sondé le terrain et examiné le piége, il traverse, se roule le corps en boule aussi ronde que possible; puis, d’un élan, il traverse le lacel en faisant ainsi trois ou quatre culbutes sans être accroché, faute de donner prise au fatal nœud coulant. Ce fait , tout extraordinaire qu'il est, est regardé domme constant par lous les chasseurs allemands. Si l’on veut forcer un blaireau à sortir de son terrier en l’enfumant, ou en y faisant pénétrer un chien, le mali-

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