‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 3)Chapitre 166 sur 527 · BLAISE · texte numérisé non relu

BLAISE

cieux animal ne manque jamais de faire ébouler une partie de son terrier, de manière à couper la communication entre lui et ses ennemis. Les Allemands ont pour la chasse du blaireau la même passion que les Anglais pour celle du renard; mais ils satisfont leur goût avec plus de simplicité. En automne, trois ou quatre chasseurs partent ensemble, à nuit close, armés de bâtons et munis de lanternes ; l’on d'eux porte une fourche , et les autres conduisent en laisse deux bassets et un chien courant bon quéteur. Ils se rendent dans les lieux qu’ils savent habités par des blaireaux, et à proximité de leurs terriers; là ils lâchent leur chien courant, qui se met en quête et a bientôt rencontré un de ces animaux. On découple les bassets, on rappelle le courant, et l’on se met à la poursuite de l'animal qui ne tarde pas à être atteint par les chiens , ef qui se défend vigoureusement des dents et des griffes. Le chasseur qui porte la fourche, la lui passe au cou, le couche et le maintient à terre, pendant queles autres l’assomment à coups de bâton.Si on veut le prendre vivant, ou lui enfonce, au-dessous de la mâchoire inférieure, un chochet de fer emmanché d’un bâton; on enlève l'animal, on le bäillonne et on le jette dans un sac. Sa graisse passait autrefois pour avoir de grandes vertus médicales ; aujourd’hui on ne se sert plus que de sa peau, qu’on emploie pour couvrir les colliers de chevaux de trait, »

Buffon , qui se trompait si rarement toutes les fois qu'il pouvait voir par ses propres yeux, a tracé du blaireau le portraitque voici : C’est, dit-il, un animal paresseux, défiant, qui se retire dans les lieux les plus écartés, dans les bois les plus sombres, et s’y creuse une demeure souterraine, Il semble fuir la société, même la lumière, et passe les trois quarts de sa vie dans ce séjour ténébreux, dont il ne sort que pour chercher sa subsistance. Comme il a le corps allongé, les jambes courtes, les ongles, surtout ceux de devant, très-longs et très-fermes , il a plus de facilité qu’un autre pour ouvrir la terre, y fouiller, y pénétrer et jeter derrière lui les déblais de son excavation, qu’il rend tortueuse, oblique, et qu’il pousse quelquefois fort loin. Le renard, qui n’a pas la même facilité pour creuser la terre, profite de ses travaux : ne pouvant le contraindre par la force , il l’oblige par adresse à quitter son domicile, en l'inquiétant , en faisant sentinelle à l'endroit, en l’infectant de ses ordures; ensuite il s’en empare, il l’élargit , ’approprie et en fait son terrier, Le blaireau, forcé à changer de manoir, ne change pas de pays; il ne va qu’à quelque distance travailler sur nouveaux frais à se pratiquer un autre gîte, dont il ne sort que la nuit, dont il ne s'écarte guère, et où il revient dès qu’il sent quelque danger. Les chiens l’atteignent promptement lorsqu'il se trouve à quelque distance de son trou; cependant, il estrare qu'ils l’arrêtent tout à fait et qu'ils en viennent à bout, à moins qu’on ne les aide. Le blaireau a les poils très-épais, les jambes , les mâchoires et les dents très-fortes , aussi bien que les ongles ; il se sert de toute sa force, de toute sa résistance et de toutes ses armes , en se couchant sur le dos, et il fait aux chiens de profondes blessures. Il a d’ailleurs la vie très-dure ; il combat longtemps, se défend courageusement, et jusqu’à la dernière extrémité.

BLAIRIE (Droit de), droit sur les pâturages.

BLAISE (Saint), patron de la république de Raguse, fut, à ce qu’on croit, évêque de Sébaste en Arménie, où il souffrit le martyre, vers l’année 316, sous le règne de Lieinius Licinianus. Il eut les côtes déchirées avec des peignes de fer; d'où les cardeurs de laine l'ont pris pour patron. L'opinion qu’il guérissait les maladies des enfants el des bestiaux répandit rapidement son culte dans tout l'Orient. Ce culle passa ensuite en Occident, où on lui consacraunemultilude de chas pelles. On se disputa ses reliques à tel point qu’on se trouva réduit, nous dit Baillet, pour ne pas contrister les peuples, et sans doute aussi pour satisfaire aux demandes toujo croissantes de reliques , de supposer l'existence de plusieurs. saints du même nom.

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