BLANC D'ESPAGNE — BLANCHARD
BLANC D'ESPAGNE, BLANCS DE MEUDON, DE TROYES, D'ORLÉANS, etc. Le blanc le plus commun est celui que l’on désigne dans le commerce sous le nom de blanc d'Espagne : c'est une craie très-soluble dans l'eau. Sa fabrication est des plus simples : il suffit, lorsqu'elle a été bien remuée dans une grande quantité d’eau, de la laisser reposer quelques instants pour que le gravier et les matières hétérogènes tombent au fond de la cuve; après quoi on tire cette eau blanche pour la laisser reposer dans un autre vaisseau. Lorsque l’eau est devenue parfaitement claire, on lenlèveavec soin sans troubler le sédiment déposé au fond du vase; puis, lorsque cette matière est devenue une pâte assez épaisse, on la met en pains, qu’on laisse sécher à l'air. Il s’en fabrique beaucoup à Bougival, à Meudon (d’où le nom de blanc de Meudon), et dans d’autres endroits des environs de Paris.
Le blanc de Troyes, blanc de craie ou craie est plus dur et plus compacte que le blanc d'Espagne. Voyez CRAI£.
On trouve aussi à Cavereau, à neuf lieues d'Orléans, sur les bords de la Loire, une espèce de craie que l’on vend sous le nom de blanc d'Orléans. — On tire encore de Bourgogne et de Rouen une craie qui porte les noms de blanc de Bourgogne et de blanc de Rouen. Toutes ces espèces de blanc sont d’un prix assez modique ; ils se vendent de 2 fr. 50 à 4 fr. 50 les 100 kilogrammes, mais ils ne peuvent servir que pour peindre à la colle ou à la détrempe. Cependant on en introduit aussi dans le blanc de céruse, mais cette fraude est facile à apercevoir.
BLANC DE ZINC. Depuis longtemps on faisait des efforts pour remplacer par une autre substance la céruse, à cause des maladies auxquelles elle expose les ouvriers qui la fabriquent et qui l’emploient. Un des produits qui remplissent le mieux ce but est l’oxyde de zinc.
En 1780 Guyton Morveau présenta à l’Académie de Dijon un travail de Courtois, attaché au laboratoire de cette compagnie, sur la substitution de cette substance au blanc de plomb. Plus tard Guyton Morveau s’appliqua, à plusieurs reprises, à l'étude de cette question, et réclama même en faveur de Courtois la priorité de cette invention contre un Anglais, nommé Atkinson, qui prit en 1796 une patente pour le même objet. Quoique Courtois eût entrepris cette fabrication dans le but d’en livrer les produits aux artistes et aux peintres en bâtiments, le prix du zinc était trop élevé à cette époque, et l'industrie qu'il avait crééene put se soutenir.
En 1844 M. Leclaire, entrepreneur de peinture, appela de nouveau l'attention sur les avantages que cet oxyde présente sur la céruse. Profitant de l’abaissement du prix du zine, il parvint à fabriquer ce produit par un procédé économique. Ce procédé consiste à chauffer au rouge blanc des cylindres en argile réfractaire : ces cylindres, à demi fermés par un obturateur, reçoivent des morceaux de zinc métallique qui se fond, rougit, et s’oxyde en brûlant sous l'influence d’un courant d’air déterminé par un ventilateur , qui produit une aspiration à l’extrémité de l'appareil ; la flamme et le courant gazéiforme entraînent mécaniquement l’oxyde formé dans des chambres où un repos relatif permet à l’oxyde de zinc de se déposer. On le recueille facilement, et un broyage à l'huile suffit pour l’employer.
Au nombre des avantages qui résultent de l'introduction de cette substance dans la peinture, on doit placer au premier rang l'innocuité de sa préparation et de son emploi pour la santé des ouvriers. L’oxyde de zac se recommande par une autre propriété, bien précieuse : A résiste parfaitement à l’action de l'air chargé de gaz sufhydrique, Sa couleur blanche n'est point altérée dans les conditions qui donnent à la céruse une coloration en noir plus ou moins foncé. Ainsi les peintures au blanc de zinc exécutées dans les cabinets d’aisance, dans les établissements d’eau sulfureuse, dans les laboratoires de chimie, dans les locaux exposés à des fuites de gaz, souvent mal lavés, etc., conservent toute leur blancheur primitive. En outre, le blanc
de zinc supporte parfaitement le mélange avec les autres matières colorantes.
BLANC (Le), ville de France, sous-préfecture de l'Indre, avec 5,956 àämes. La Creuse la divise en deux parties égales, l’une basse qui est assez bien bâtie, l'autre haute ayant des rues étroites et escarpées. C'était jadis une cité muréc, défendue par trois châteaux dont on voit encore les ruines, Son commerce consiste en bois et fer, Il y a quelques fabriques.
BLANC D'OEUR. T'oyez Acpumixe et Œur.
BLANCHARD (Jacques), peintre estimé de l’ancienne école française, né à Paris, en 1600, mort d’une fluxion de poitrine, en 1638, illustra sa courte carrière par un grand nombre de belles productions, qui le firent surnommer le Tilien français. Pendant son séjour en Italie, Blanchard s'était en effet appliqué à étudier la manière du Titien, et il était ainsi devenu excellent coloriste. « Aussi, dit d’Argenville,.ne peut-on lui disputer d’avoir rétabli le bon goût de la couleur en France, de même que Vouët y avait fait renaïtre le vrai goût du dessin. »
Plusieurs tableaux de Blanchard sont encore conservés à Venise. Il exécuta à Paris deux galeries (dont l’une était celle de l’ancien hôtel de Bullion), un plafond à Versailles, etc. On lui doit aussi plusieurs Vierges à mi-corps. Mais son meilleur tableau, celui qu’on regarde comme son chefd'œuvre, est une Descente du Saint-Esprit, qu'il peignit pour la cathédrale de Paris.
Son frère Jean BLancnaARD, et son fils Gabriel BLANCHARD, se livrèrent aussi à la pratique de la peinture, mais sans grand succès.
BLANCHARD (JEAN-PIERRE), aéronaute, né en 1753, aux Andelys, en Normandie, était fils d’un tourneur. Son imagination vive et son application aux travaux mécaniques lui inspirèrent dès sa jeunesse l’idée de s'élever dans les airs. 1] construisit une machine en forme d’oiseau, et dans laquelle il pouvait s’enfermer , y voir à travers des vitrages et renouveler l’air par une soupape. Tout le monde put voir cette machine en 1782; mais comme il éludait toujours ses promesses d’en faire usage, parce qu'il en reconnaissait limpossibilité, il essuya des épigrammes et de mauvaises plaisanteries. L'expérience du marquis de Causans, qui, à l'aide d'un appareil de son invention, s’élança du Pont- Royal dans la Seine, n’avait donné que de vaines espérances à Blanchard, lorsque la découverte des ballons par Montgolfier vint le tirer de l’oubli où il était tombé. Le 2 mars 1784 il devait faire une ascension dans un aérostat auquel il avait adapté sa machine et un parachute; mais le jour fixé un élève de l’École Militaire, qu'on a faussement dit être Bonaparte, et qui était peut-être bien un compère de Blanchard, voulut faire le voyage aérien, et, furieux d’être refusé, il tira son épée, et causa de graves avaries à la machine, ce qui n’empêcha pas l’aéronaute de s'élever , de traverser la Seine et d’aller descendre à Sèvres. Blanchard fit sa seconde ascension à Rouen, et sa troisième à Londres, où il se servit des ailes de sa machine.
Enfin, le 7 janvier 1785 il s’enleva à Douvres, avec le docteur anglais Jefferies , traversa la Manche, et descendit, au bout de trois heures, après avoir couru les plus grands dangers, à une lieue de Calais. Ce voyage valut à Blanchard le sobriquet de don Quichotte de la Manche; mais il en fut amplement dédommagé par les honneurs, les présents et la pension qu’il reçut de la ville de Calais, par la colonne en marbre qui fut érigée sur le terrain où il était descendu, et plus encore par une gratification de 12,000 francs et une pension de 1,200 francs que le roi lui accorda,
Nous n’entrerons pas dans le détail des soixante ascensions qu'il fit tant en France qu'en Angleterre, en Hollande, en Allemagne, ex gelgique, aux États-Unis, dont quel ques-unes furent très-brillantes, et quelques autres périlleuses, ou suivies de désappointements plus ou moins
cruels. Nous menfionnerons seulement la quinzième, qui eut lieu à Franefort-sur-Mein, et qui lui valut des honneurs extraordinaires. L’ambassadeur de Russie, deux flambeaux à la main, le montra au peuple sur son balcon; sa voiture fut traînée par des hommes jusqu’au spectacle, où on le porta de loge en loge; il y reçut des boîtes d’or, des montres, des bourses, des médailles; son buste fut couronné sur un trône, et il le fut lui-même dans sa loge par les Amours et les Grâces. Malgré ces triomphes, il ne put obtenir de l’empereur Joseph If ni du grand Frédéric la permission d’aller faire ses expériences en Autriche et en Prusse. Au mois de mai 1793, il fut arrêté dans le Tyrol et renfermé dans la forteresse de Kufstein, comme soupçonné d’avoir propagé les principes de la révolution française; mais il recouvra bientôt sa liberté, IL employait quelquefois plusieurs petits ballons dans ses ascensions, et le nombre deses compagnons de voyage fur porté une fois jusqu’à seize. Blanchard n’était ni physicien ni chimiste, bien qu'il se vantât d’avoir découvert une sorte de gaz. Il était absolument illettré, et ne savait pas même l'orthographe : aussi montrait-il souvent son ignorance dans ses réponses aux discours et aux compliments qu’on lui adressait. C'était un très-petit homme, dont le ton, la tournure et la figure, fort communes, n’annonçaient rien de plus qu’un simple mécanicien. Ce fut lui cependant qui inventa le parachute; mais ilne l’employa que pour faire descendre des animaux. Ayant appris que Garnerin s’était approprié cette découverte, il revint d'Amérique en 1798, et, après avoir soutenu dans les journaux, contre son rival, une polémique qui occupa les Parisiens, il fit à Tivoli, en juillet 1799, une descente en parachute. Le 26 du même mois il y exécuta avec Lalande une ascension sans résultats pour l’astronomie ni pour la direction des aérostais. Ayant fait sa dernière ascension au château du Bois, près de La Haye, en février 1808, Blanchard, frappé d’apoplexie, tomba de vingt mètres de haut, et reçut de Louis Bonaparte, alors roi de Hollande, dés secours qui permirent de letransporter à Paris, où il mourut, le 7 mars 1809. Cet homme, plus charlatan que savant, et qui, n’ayant fait de l’aérostatique qu’un métier, y avait gagné des sommes énormes, ne laissa pourtant que des dettes. BLANCHARD (MARIE - MADELEINE - SOPHIE ARMANT, femme), épouse du précédent, vitle jour à Trois-Canons, près de La Rochelle, le 25 mars 1778. Elle se familiarisa de bonne heure avec les dangers des voyages aériens, Elle avait environ vingt-six ans lorsqu'elle fit avec son mari sa première ascension; mais elle accomplit seule la troisième à Toulouse, en mars 1805. La mort de Blanchard l'ayant laissée sans enfants, mais dans le dénûment le plus absolu, elle multiplia tellement ses ascensions, qu’elles dépassèrent le nombre de celles de son mari; et elle s’y était si bien accoutumée, qu’elle s’'endormait souvent dans sa nacelle, bravant tous les périls avec autant d’intrépidité que lui, On la vità Rome et à Naples en 1811. A Turin, en 1812, le froid lui causa une forte hémorrhagie, et les glaçons s’attachèrent à son visage ainsi qu’à ses mains. Rivale de Me Garnerin, elle redoublait d’ardeur et d'activité, A Nantes, en 1817, elle serait tombée dans un marais, si son ballon nese fut accroché à un arbre. Enfin, le 6 juillet 1819, ayant fait, à l’ancien Tivoli de Paris, sa soixante-septième ascension dans une nacelle brillamment illuminée, d’où elle lançait des fusées romaines, le feu prit à son ballon, etelle tomba morte sur le toit d’une maison, au coin des rues Chauchat et de Provence. H. AUDIFFRET, BLANCHE (La reine ). Voyez BLANCHE DE CASTILLE. BLANCHE (Mer), en russe Bjeloje-More, grand golfe de la mer Glaciale du Nord, qui pénètre au sud entre la presqu'ile Kanin et la presqu'ile de Laponie, autrement dite presqu’ile Kola, dans le gouvernement russe d'Arkhangelsk, jusqu'au 64° de latitude, ayant à son entrée, entre le cap Kanin et Siviatoi-Nos, 16 myriamètres, et partout ailleurs