‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 3)Chapitre 173 sur 527 · BLANCHE DE BOURBON — BLANCHET · texte numérisé non relu

BLANCHE DE BOURBON — BLANCHET

Ce fut en vain qu’elle réussit à s'échapper de sa prison et à se réfugier dans la cathédrale, que le peuple se déclara en sa faveur, et que don Frédéric fit tout pour la sauver. Tolède fut prise d'assaut , et Blanche, transférée au château de Medina-Sidonia, y périt empoisonnée par ordre de Pierre. Suivant quelques chroniqueurs, elle ne serait morte que de chagrin. Quoi qu'il en ait éte, sa mort fut le prétexte de l'expédition de Duguesclin contre Pierre le Cruel, laquelle eut pour résultat l'élévation de Henri de Transtamare au trône de Castille, en mème temps que pour la France la destruction des bandes militaires qui la ravageaient.

BLANCHE DE BOURGOGNE, fille d'Othon IV, comte palatin de Bourgogne, et de Mahaut, comtesse d’Artois, fut mariée en 1507, à Charles, comte de la Marche, le plus jeune des trois fils de Philippe le Bel, roi de France. L'histoire de cette princesse se lie intimement à celle de Marguerite de Bourgogne, sa belle-sœur, par la complicité de leurs débauches et de leurs amours adultères avec les frères Philippe et Pierre Gauthier de Launoy ou d’Aulnay, écuyers de leurs époux. La jalousie d’une fille d'honneur, séduite et trompée par Philippe de Launoy, ayant amené la découverte des intrigues galantes dont le couvent de Maubuisson était le théâtre mystérieux, Bianche fut enfermée au Château-Gaillard d’Andelys. Elle en sortit après que son mari l’eut répudiée, sous prétexte de parenté, mais ce ne fut que pour prendre le voile à l’abbaye de Maubuisson, où elle expia, dans l’austérité de la pénitence, les désordres scandaleux de sa jeunesse. Elle y mourut en 1325.

BLANCHE DE CASTILLE, reine de France, mère de saint Louis, née en 1187, morte en 1252, était fille d’Alphonse IX, roi de Castille, et d’Éléonore d'Angleterre. Le mariage de cette princesse avec le prince Louis, fils aîné dePhilippe-Auguste, fut unedes clauses du traité qui mit fin aux luites séculaires de l'Angleterre et de la France, après la conquête et la réunion à la couronne par Philippe- Auguste de la plupart des provinces contestées. Il eut lieu à Pont-Audemer; et rarement on vit une union [dus heureuse: plusieurs enfants en furent le fruit. Le second fils de Blanche, saint Louis, naquit à Poissy, l’année même de la bataille de Bouvines. Par sa beauté, par son esprit, la princesse faisait l’ornement de la cour; et elle sut inspirer à son beau-père une telle estime, que ses conseils étaient pour beaucoup dans les déterminations qu’il prenait. Blanche était déjà âgée de trente-six ans, lorsque son époux monta sur le trôneen 1223. On sait que le règne de Louis VIII dura peu. Ce prince mourut trois ans après son avénement, sans avoir eu le temps de réaliser les espérances qu’il avait fait concevoir à ses peuples. Par son testament il instituait la reine sa femme régente du royaume pendant la minorité de son fils Louis IX, alors âgé seulement de treize ans. Blanche eut à triompher de l'opposition de divers seigneurs, qui refusèrent de reconnaître le testament de Louis VIII et l’auforité de la régente. Dans cette coalition figurait, contre toute attente, Thibaut, comte de Champagne, prince galant et poëête, auquel on supposait des sentiments moins hostiles pour la reine. Par sa prudence et son habilété, elle écarta tous les périls qui la menaçaient. Son premier soin fut de se hâter de faire sacrer à Reims le jeune roi, dont elle confia Véducation au connétable de Montmorency. Ensuite elle marcha résolument contre les révoltés, et fit cruellement ravager les terres du comte de Champagne, qui vint bientôt à résipiscence. D’habiles négociations acnevèrent de dissoudre la ligue ; etlorsqu'en 1235 elle remit le pouvoir àson fils, qui venait d'atteindre sa majorité, la France se trouvait à peu près pacifiée. Louis, arrivé à la tête des affaires, conserva toujours pour sa mère la plus tendre et la plus respectueuse déférence. Quand en 1244, à la suite d’une grave maladie, Louis IX fit vœu de prendre la croix, Blanche fit toué pour l’en dissuader, quoique la conséquence du départ de son fils pour la croisade dût être de lui faire encore une

DICT. DE LA CONYERS. — T, Ii.

| fois confier la régence, le roi annonçant hautement l’intention de se faire suivre en Orient par la reine sa femme, par ses trois frères et par l'élite de la chevalerie de France

Elle accompagna le roi jusqu'à Marseille, et perdit connais- | sance au moment où elle le vit s'embarquer. De retour à

Paris, elle prit la direction des affaires, et sembla alors re-

trouver toute l’activité et toute la fermeté de sa jeunesse.

De cruelles épreuves lui étaient réservées cette fois dans

l'exercice du pouvoir. Il lui fallut faire rendre à l'impôt

tout ce qu’il était susceptible de produire, afin de faire passer au roi les sommes énormes dont il avait besoin; et les exigences toujours croissantes du fisc répandirent un vif mécontentement parmi les populations. Le désastre de la Massoure, où l’armée fut taillée en pièces, le roi fait prisonnier, et le comte d’Artois, son frère, massacré par les infidèles, mit le comble aux amertumes dont elle était abreuvée. Blanche, au milieu de la désolation générale, ne faillit pas ; elle redoubla au contraire d’activité et d'énergie pour recueillir les sommes qu'il fallait envoyer en Égypte pour là rançon de Louis IX et de ses frères. Le roi s’obstinant dans son entreprise et réclamant de nouveaux envois d'hommes, la régente dut menacer de la confiscafion de leurs biens ceux des seigneurs qui hésiteraient à aller rejoindre leur souverain dans le pays des infidèles. Puis, quand les paysans se révoltèrent, soËs prétexte de vouloir venger leur rei, il lui fallut armer contre les bandes d’insurgés, qui, sous le nom de pastourea u x etau nombre de plus de cent mille, portaient le fer et le feu dans toutes les parties du royaume, Elle mourut à Melun, à l’âge de soixante-huit ans. Ses restes mortels furent déposés à l’abbaye de Maubuisson, qu'elle avait fondée dix ans auparavant. Les seigneurs de la cour tinrent à honneur de les y porter eux-mêmes. Elle a laissé dans l’histoire le renom d’une grande et sage reine, alliant à toutes les qualités nécessaires sur un trône les vertus obscures et plus douces de l’épouse et de la mère.

BLANCHE DE NAVARRE (Les). Deux reines de Navarre ont porté le nom de Blanche, La première, morte en 1441, était fille de Charles HIT, dit Ze Noble, auquel elle succéda, en 1425. Elle avait épousé, en 1402, Martin d’Aragon, roi de Sicile, et en secondes noces, en 1420, Jean d'Aragon, fils de Ferdinand 1°", qui, du chef de sa femme, devint roi de Navarre, en 1425. Blanche, dans son testament, léguait bien sa couronne à don Carlos, son fils; mais elle lui recommandait en même temps de ne monter sur le trône qu'avec l’assentiment de Jean d'Aragon. La seconde, fille aînée de Jean d’Aragon et dela Blanche de Navarre dont il vient d’être question, épousa, en 1440, Henri IV, surnommé l’Impuissant, roi de Castille, avec lequel elle divorça en 1453, en vertu d’une autorisation spéciale, accordée par le pape Nicolas. Elle se retira alors à la cour du roi son père, où elle se trouva en butte à la haineet aux perstentions de sa belle-mère, Jeanne Henriquez. La mort de son frère utérin don Carlos, arrivée en 1481, la rendit héritière du trône de Navarre; mais alors son père, pour se débarrasser des prétentions qu’elle pouvait faire valoir, la livra à la comtesse de Foix, sa sœur cadette, qui avait pour elle une haine ardente et qui, après l’avoir d’abord incarcérée dans le château d’Orthez, la fit empoisonner.

BLANCHE (Esrrir), médecin, né le 17 mai 1796, à Rouen, était fils d’un médecin de cette ville et emb:assa la même carrière. Après avoir servi deux ans comme soldat il reprit ses études et fut reçu docteur en 1819 avec une thèse sur les Anévrismes du cœur. 11 fonda en 1821, à Montmartre, une maison de santé où il donna aux principes de Piuel une extension qu'ils n'avaient pas encore reçus, « Au régime de l’intimidation, dit Béclard, il a fait succéder celui de la persuasion, de la patience et de la bonté. Vivant lui et les siens au milieu de ses malades, partageant leurs repas, leurs promenades, leurs distractions, il a donné à l'établissement qu’il dirigeait un caractère qui lui est

propre et qui restera comme un de ses bienfaits. » En 1832 M. Blanche obtint la croix d'honneur, et en 1835 il fut attaché au service des hôpitaux, section des aliénés. La maison de Montmartre étant devenue trop petite, il transporta son établissement à Passy (1847). C’est là qu'il mourut le 5 novembre 1852, à la suite d’une longue maladie. On a de lui quelques brochures et un mémoire sur, l'£{at actuel de nos connaissances sur Le traitement de la folie (1840, in-8°). BLANCHET (AzExanpre-PauL-Louis), chirurgien est né en 1817, à Saint-Lô. Reçu docteur en médecine en 1840, il s’est attaché au traitement des maladies des yeux, des oreilles et de la surdi-mutité, pour lesquelles il a fondé une clinique spéciale. Pendant plusieurs années il adressa au gouvernement des réclamations sur l'abandon dans lequel languissaient les malheureux enfants admis à titre d’incurables dans les établissements de sourds-muets et d’aveugles. Ému de ces plaintes, le ministre de l’intérieur lui confia, en 1846, la mission de traiter dans les institutions qui leur sont consacrées tous ceux qu'il jugerait susceptibles de guérison. Les succès qu’il obtint lui valurent l’année suivante le titre de chirurgien en chef de l'Ecole des Sourds: Muets de Paris. Aussitôt il créa dans cet établissement une division d'élèves à qui il entreprit de rendre l’ouie et la parole par la musique, qu’il eut le premier la pensée d'employer. En outre il fonda en faveur des sourds-muets et des aveugles réunis la première société d’assistance, d’éducationet de patronage. De 1849 à 1859, il fut chargé par le gouvernement d'aller étudier en Belgique et en Allemagne

les établissements de surdité et leurs méthodes de guérison. !

11 mourut le 21 février 1867, à Paris.

M. Blanchet a laissé divers ouvrages parmi lesquels nous citerons : Trailé de la Surdi-Mutité (1850-52, 2 vol. in-8°). Documents relatifs aux moyens de généraliser l'éducation des sourds-muets et des aveugles (1862, in-4°), Manuel de l’instituteur (1864, 2 vol. in-8°), relatif à l'enseignement des sourds-muets dans les écoles primaires ; et la Musique et l'accord des instruments mis à la portée des aveugles (1864, in-8°, fig.).

BLANCHIMENT. L'art du blanchiment a pour but de donner Ta couleur blanche aux matières qui ne l'ont pas, ou qui ne l'ont qu'imparfaitement. 11 peut s’opérer : 1° en séparant des substances blanches par elles-mêmes les matières qui les colorent; 2° en appliquant des substances blanchissantes sur des corps ternes : par exemple, les en duits, les vernis, etc.

Nous ne parlerons ici que de la première sorte de blanchiment , et encore dans ses applications aux tissus végétaux; car celui des tissus animaux se nomme dessuintage.

Le célèbre Berthollet est auteur d’un procédé remarquable pour blanchir les toiles au moyen du chlore. On commence par dépouiller les toiles de la colle ou parement dont elles se trouvent imprégnées quand elles sortent de la main du tisserand : on les met à cet effet macérer dans des cuviers pleins d’eau tiède ; puis on achève de les décrasser en les lavant dans un courant d’eau fraîche, On lessive ensuite les toiles plusieurs fois avec une dissolution de potasse ou de soude, et à chaque lessivage on les lave dans l'eau courante; on les passe dans une eau légèrement acidulée avec l’acide sulfurique, et ensuite dans une dissolution de chlore ; on réitère ces deux opérations ex lavant les toiles à chaque fois, et en les exposant sur le pré pendant quelques jours. Enfin, on les passe au savon noir et à un dernier lavage, après quoi on les apprête et on les fait sécher.

Les procédés de blanchiment sont à peu près les mêmes pour toutes les sortes de toiles; cependant les toiles de coton n’ont pas besoin d’être lessivées autant de fois que les autres, parce que la matière colorante du coton est plus facile à détruire que celle du lin et du chanvre. Le blanchiment par le chlore est aussi employé dans la papeterie, où il a produit les plus heureux résultats,

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