‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 3)Chapitre 174 sur 527 · BLANCHET — BLANCHISSAGE · texte numérisé non relu

BLANCHET — BLANCHISSAGE

BLANCHISSAGE. II y a cette différence entre le blanchiment et le blanchissage, que dans la première de ces opérations on se propose de dépouiller des tissus d’une matière colorante inhérente à leur nature, tandis que dans la seconde il n’est question que de les purger d’un corps gras ou de toute autre nature accidentellement et mécaniquement additionnel. Ainsi, par le mot blanchiment on peut entendre l’art de rendre blanc, et par celui de blanchissage l’art de reblanchir ce qui était blanc. De cette définition il résulte qu’une foule d'objets, tels que le papier, l’albâtre, l’ivoire, le marbre blanc, etc., sont susceptibles de blanchissage; mais on ne trouvera dans cet article que quelques considérations générales sur le blanchissage du linge.

La sueur et surtout la transpiration continuelle du corps produisent les matières grasses qui forment ordinairement la presque totalité des saletés dont le linge de corps est imprégné. Le linge de table n’est pas moins exposé à être taché par des corps gras. Un simple lavage dans de l’eau pure ne pourrait donc suffire pour détacher ces matières, atfendu que les graisses, les huiles, ne se combinent pas avec l’eau, Mais les graisses se combinent aisément avec lesalcalis, et forment des composés, appelés savons, solubles dans l’eau. Or, les cendres de tous les végétaux contiennent de la potasse : voilà l’origine des lessives.

Les meilleures cendres sont celles qui proviennent des plantes et des bois neufs; celles que produisent les bois flottés n’ont aucune vertu, par la raison que le sel que contenait le bois s’est dissous dans l’eau. On ne se sert plus guère de cendres dans les blanchisseries, mais bien de sel de soude, et la potasse d'Amérique n’est même employée que pour le plus gros linge, Une lessive trop forte altère les fils du linge et les ternil; si elle est trop faible, le blanchissage est imparfait. La lessive réussit encore mal si elle est trop chaude : les impuretés s’attachent alors au tissu avec plus de force. La chaleur convenable est celle que la main peut supporter, En général, on essange le linge avant de le lessiver, c’est-à-dire qu’on le fait passer dans de l’eau pure: ce lavage enlève foutes les impuretés qui sont solubles dans l’eau sans le secours des alcalis; la lessive est moins dispen:s dieuse, et les effets en sont plus satisfaisants.

Le blanchissage à la vapeur, trop peu connu encore est bien supérieur, sous tous les rapports, à la manière ordinaire de blanchir, Beaucoup d'établissements hospita-

iers et de lavoirs publics l'ont adopté, el en obtiennent de bons résultats ; depuis 1853 le blanchissage de l’armée a lieu dans des buanderies munies d'appareils particuliers. Le blanchissage à la vapeur était connu en Orient pour blanchir le coton. Chaptal est le premier qui l'ait pratiqué en Europe, et qui ait conseillé de l’appliquer au blanchissage du linge. L’appareil qu'on emploie se compose d’une chaudière dans laquelle se produit la vapeur par la chaleur qui se développe dans un fourneau placé dessous. Après avoir trempé le linge dans la lessive, on le dispose dans un cuvier placé sur la chaudière, avec laquelle il communique par une ouverture pratiquée dans son fond; puis on ferme l’ouverture supérieure du cuvier avec un couvercle : la vapeur monte de la chaudière dans le cuvier, pénètre la masse de linge, et au bout de huit heures l'opération est terminée ; on retire le linge pour le rincer dans l'eau claire. Le blanchissage est aussi parfait qu’il est possible de le désirer. TEYSSÈDRE,

On a fait beaucoup d'essais dans ces derniers temps pour perfectionner l’art du blanchissage. Différents appareils mécaniques ont -été imaginés sans grand succès (économique ment parlant du moins), et l’on en est toujours réduit à faire la lessive au cuvier, puis à savonner et battre ou brosser le linge, en le passant dans l’eau, puis à le tordre et à l’étendre en plein air ou dans des séchoirs à air libre ou à air chaud, Le linge blanc estauparavant mis au bleu. Ensuite on le plie, on le presse, on l’'empèse, on le repasse. Pour enlever certaines taches, comme le chancis (moisissure ), il faut recourir à

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