‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 3)Chapitre 176 sur 527 · BLANCS ET NOIRS · texte numérisé non relu

BLANCS ET NOIRS

par le saint-siége, Valois consentit à servir les projets de Corso, etse mit en marche, à la tête de huit cents cavaliers. … Les noirs restés à Florence rassemblèrent une somme de 70,000 florins pour payer les troupes, et introduisirent dans la ville douze cents gendarmes à leur solde. A peine reçu dans Florence, Charles fit rentrer les exilés en leur livrant une des portes; puis il exigea que les chefs des noirs et des blancs se remissent à sa discrétion. Dès qu’il les eut en son pouvoir, il relâcha les noirs et jeta les blancs dans les cachots. En vain les prieurs sonnèrent la cloche du palais pour appeler le peuple aux armes, le peuple resta immobile. Les noirs livrèrent au pillage pendant six jours les maisons de leurs adversaires, les massacrant sans pitié, et mariant de force les plus riches héritières à leurs partisans. Ils élurent ensuite pour podestat un étranger, le comte Gabrielli d’Agobbio, qui, appuyé par Charles de Valois, avec lequel il partageait le fruit de ses exactions , exila plus de six cents personnes , en les soumettant à des amendes de 6 à 8,000 florins. Parmi les bannis, on compte plusieurs illustres personnages, {els que Guido Cavalcanti, et surtout le Dante. Leurs biens furent confisqués et leurs maisons démolies. Cette horrible tyrannie dura cinq mois , jusqu’au départ de Charles pour la Sicile, dont il fut chassé par son rival, qui trouva le moyen de s’accommoder avec le pape.

Corso Donato, qui avait été l'âme de cette révolution, voulait seul en recueillir les fruits, et ne tarda pas à se brouiller avec les chefs de sa faction, jaloux de la puissance qu’il s’attribuait. Pour les abattre plus sûrement , il se déclara contre le parti de la noblesse, et s’associa avec les Bondoni et les Medici. Ces derniers, les Medici, commençaient à figurer dans les affaires, et jouissaient déjà d’un grand crédit auprès du peuple. Corso s’attira promptement la faveur de la multitude par ses déclamations contre la vénalité de ceux qui administraient la république ; mais ces derniers, profitant de son mariage avec la fille d’Ugguccione della Fuggiola, l’accusèrent d’aspirer à la tyrannie par le moyen de son beau-père, seigneur puissant dela Toscane, et chef des gibelins ctdes blancs. Cette accusation, soutenue avec adresse, perdit Donato. Cité devant le podestat par le capitaine du peuple, il refusa de comparaître, et fut déclaré rebelle par contumace. Deux heures seulement s’écoulèrent entre l’accusation et la sentence. Corso prit le parti, en attendant d’être secouru par Ugguccione, de fortifier sa maison et les rues qui y conduisaient. Attaqué avec furie, il se défendit vaillamment : il fallut s'emparer des maisons voisines pour pénétrer dans la sienne. Alors il se fit jour à la tête de quelques amis, et parvint à sortir de la ville par la porte della Croce ; mais, atteint à Rovezzano, par des cavaliers catalans envoyés à sa poursuite par la seigneurie, il fut ramené sur ses pas, et massacréen chemin par un de ses conducteurs. Ainsi périt Corso. Sa mort, arrivée en 1308, porta un coup mortel au parti dont il avait été si longtemps le chef le plus influent.

Cependant un nouvel empereur, Henri VIT, venait de descendre en Italie, et menaçait Florence de ses armes, pour la punir de s'être déclarée contre lui. Il avait promis aux exilés de les faire rentrer dans leur patrie. Les chefs du gouvernement résolurent de le prévenir, et rappelèrent un grand nombre de bannis, à l'exception de quelques-uns, parmi lesquels se trouvaient les fils de Veri de’ Cerchi, et Pauteur de la Divine Comédie ; puis ils offrirent à Robert, roi de Naples, la souveraineté pendant cinq ans s'il s'engageait à les défendre contre les attaques de l'empereur et d’Ugguccione,

En 1323, Castruccio Castracani, tyran de Lucques et chef des gibelins, envahit la Toscane et mit le siége devant Prato. La seigneurie, redoutant un pareil ennemi, non moins entreprenant qu'habile, fit publier que les guelfes bannis qui viendraient au secours de la patrie seraient rétablis dans leurs droits, 11 s’en présenta quatre mille, et Castruccio se

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