‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 3)Chapitre 177 sur 527 · BLANCS ET NOIRS -—— BLANDIN · texte numérisé non relu

BLANCS ET NOIRS -—— BLANDIN

retira. Mais les exilés ayant refusé de poursuivre l'ennemi, le peuple, qui les crut d'intelligence avec lui, se souleva, et obligea la seigneurie de retirer la promesse faite aux bannis. Ceux-ci essayèrent plusieurs fois de s’introduire dans la ville par ruse ou par force, mais ils furent toujours repoussés. À partir de cette époque, les blancs et les noirs ces-

sent d'occuper l'attention et de paraître dans l’histoire ; ils se fondirent dans les rangs des guelfes et des gibelins, qui continuèrent encore longtemps à ensanglanter l'Italie au nom de l’Église et de l'Empire. L'une des plus illustres victimes de ces funestes dissensions, le Dante, erra loin de sa patrie, sans pouvoir jamais y rentrer ; de magistrat d’une république qu'il avait été, il cessa même d’eu être citoyen. Triste condition, qui a inspiré à sa muse ces vers si touchants : « Tu quitteras les objets de ta plus chère tendresse; c'est le premier trait qui part de l’are de l'exil; tu sentiras combien est amer le pain del’étranger, et combien il est dur de descendre et de monter l'escalier d’un autre. »

BLANCS-BATTUS. Voyez FLAGELLANTS.

BL ANC-SEING. Dans la pratique, un blanc-seing est un papier blanc, signé et remis à un mandataire dans lequel on à confiance, et qui devra le remplir des conditions qu’il jugera convenables, sans avoir besoin de recourir à celui qui le lui a confié. C’est toujours le témoignage d’une haute confiance, qui ne doit être que rarement accordé, mais qui est indispensable lorsqu'on ne peut fixer à l'avance ni les démarches à faire, ni l'étendue des ressources dont le mandataire peut avoir besvin,

BLANCS-MANTEAUX. Des religieux mendiants, qu’il ne faut pas confondre avec les servites de Florence, mais qui, de même que ceux-ci, suivaient la règle de saint Augustin , el qui avaient pris le nom de serfs ou serviteurs de la Vierge Marie, inslitués à Marseille en 1223, vinrent s'établir à Paris en 1252 ou 1258. Commeils étaient vêtus de blanc, ou que leur manteau était de cette couleur, le peuple leur donna le nom de b/ancs-manteaux, ainsi qu'à leur couvent et à la rue où il était situé, laquelle avait jusque-là porté le nom de rue de la Vieille-Parcheminerie. Quoiqu’on attribue à saint Louis la fondation de cet ordre, auquel il accorda une protection marquée, il survécut peu à la mort de ce monarque : il fut compris dans l'abolition de plusieurs ordres mendiants prononcée en 1297 par le second concile de Lyon. #

Philippe le Bel, en 1298, donna le monastère des Blancs- Manteaux aux guillelmites ou ermites de Saint-Guillaume , établis à Montrouge, et qui suivaient la règle de saint Benoît. La maison conserva le nom de Blancs-Manteaux, quoique ses nouveaux hôtes fussent entièrement habillés de noir. En 1618 les guillelmites furent incorporés aux bénédictins de Cluny, qui cédèrent depuis cette maison à la congrégation du même ordre dite gallicane et de Saint- Maur, Ce monastère fut rebâti en 1689 : la première pierre fut posée par le chancelier Le Tellier et sa femme, qui donnèrent 3,000 francs. L'église, construite à côté de l’ancienne, est de mauvais goût et de mauvaise architecture, On y voit un tableau d’Audran.

La maison des Blancs-Manteaux, possédée jusqu’à la révolution de 1789, avec le titre de prieuré, par les bénédictins, est une de celles qui ont produit le plus de savants et d'hommes de mérite, tels que dom Morice, dom Clémencet, dom Poirier, dom Clément, dom Brial, etc. Il en est sorti auss& plusieurs ouvrages fort estimés et fort utiles : l’Artde vérifier les Dates, la Nouvelle Diplomatique, la Collection des Historiens de France, etc. Leur bibliothèque, qui contenait des matériaux précieux pour l’histoire de France, et surtout pour celle de Bretagne, a été réunie en grande Partie à la Bibliothèque Impériale,

BLANDIN (PriziPpe-FRÉDÉRIC), chirurgien d’un grand mérite, naquit à Aubigny (Cher), en décembre 1798, et mourut à Paris, le 16 avril 1849. Son père, contrôleur des

contributions directes , était un homme d'ordre el de prévoyance , qui donnait à son fils beaucoup plus que sa légitime en le dotant par ses épargnes d’une éducation libérale. Au collége de Bourges, où il fit ses études, il remporta des couronnes qui le préparèrent à en ceindre de plus éclatantes et de plus mémorables. Ses compagnons d'étude ont gardé

| de lui les plus vifs souvenirs, et sa haute position n’a pas | dépassé leurs présages.

Se destinant à la médecine, si parfaitement assortie aux dispositions investigatrices de son esprit, Blandin vint à Paris en 1816. Il y choisit avec prédilection pour maîtres trois hommes vers qui l'entraînait l'aimable ascendant de leur caractère affectueux, MM. Roux, Marjolin et Béclard, qui lui montrèrent le plus serviable attachement, ne fût-ce qu’en éloignant de lui les découragements de l'injustice.

Doué d’une grande mémoire, mais s'exprimant avec lenteur et difficulté, Blandin figura courageusement dans dixsept concours , soil pour les hôpitaux, soit pour la Faculté. Ces luttes nombreuses accrurent peu à peu sa réputation, mais non sans préjudice pour sa santé, qui ne répondit jamais pleinement à son énergie morale. Pour prix envié de tant de tentatives persévérantes, Blandin obtint dix postes graduels, depuis l'emploi d'élève des hôpitaux jusqu'aux fonctions de chef des travaux anatomiques, puis de professeur à la Faculté, sans parler des récompenses accessoires n’intéressant que l’émulation. Un grand nombre de ses années se comptèrent ainsi par des victoires, succès progressifs à la suite desquels vinrent comme d’eux-mêmes les honneurs, des places élevées et lucratives , des titres recherchés, l’estime publique, et naturellement aussi le lot ordinaire d’une constance inébranlable, je veux dire la fortune, laquelle est bien moins capricieuse et moins aveugle que ne se limaginent ceux qui, s'étant bornés à la désirer et à l'attendre, n'ont rien fait de grand pour la conquérir.

Blandin était depuis plusieurs années professeur de médecine opératoire à la Faculté, où il avait succédé à Richegrand; chirurgien de l’Hôtel-Dieu après Breschet ; membre de l’Académie de Médecine, où ses opinions commençaient à faire autorité; officier de la Légion d'Honneur, ef chirurgien consultant du roi Louis-Philippe. « Également chéri de sa famille et de ses élèves, disions-nous sur sa tombe, il jouissait dans ce double entourage de toute la félicité compatible avec sa situation et son caractère. Jours de satisfaction et de sécurité, purs instants de bonheur, pourquoi si tôt finir! pourquoi si peu durables ! »

Anatomiste du premier ordre , Blandin a publié des Commentaires Sur l’Analomie générale de Bichat, une Analomie des Régions, et enfin une Anatomie descriptive qui renferme un assez grand nombre de recherches délicates et nouvelles, particulièrement sur des glandes etsur des nerfs, soit sur le ganglion nerveux sublingual, qui portera vraisem= blablement son nom; soitsur les glandules de Pacchioli, dont il constate l'absence dans les premiers âges de la vie, etc. travaux qui ne sont pas de ceux qu’on récuse, et encore moins de ceux qu'on oublie. Il était disposé à attribuer les synergies respiratoires etexpressives à l’anastomose mutuelle des nerfs du diaphragme, du larynx et de la langue, intime alliance qu'il reconnaissait n’être pas également expresse en de certaines personnes privées d’élocution. Il a en outre publié plusieurs thèses ou mémoires : 1° Sur Le système dentaire; 2° Sur l'autoplastie, qui lui a dû ses premiers progrès; 3° Sur la phlébite et La résorption purulente; 4° Sur les dangers inhérents aux opérations de chirurgie. Il a inséré quelques bons articles dans le Dictionnaire de Médecine et de Chirurgie pratiques. Mais où Blandin a le mieux montré les ressources de son intelligence, la solidité de sa dialectique et de son savoir, ce fut sans contredit à l’Académie. Nous citerons, pour en louer sa mémoire, les discussions sur les causes des difformités con-

1 géniales, sur l'introduction de l'air dans les veines pendant

les opérations, sur l’orthopédie, sur les tumeurs fibreuses faisant confusion avec le cancer, sur la lithotritie mise en balance avec la taille, sur la distinction des deux ouvertures provenant d’une balle qui traverse les chairs, sur les accidents terribles attribués au chloroforme; mais surtout la discussion sur les nerfs rachidiens à double racine, dont les propriétés sont contrastantes, Ici, Blandin étayait la découverte de Charles Bell par des preuves décisives témoignant de sa sagacité. Le Bulletin de l’Académie de Médecine compte beaucoup de pages qui lui font honneur.

Déjà riche de ses places, de sa clientèle et de ses épargnes, la révolution de 1848 le surprit chargé d’acquisitions non Itbérées, qu’une panique universelle avilit tout à coup dans ses mains, empêchées de s’en dessaisir. Ces mécomptes eurent un déplorable eflet sur sa santé, qui en fut bientôt profondément altérée, Cet homme fort, qui avait su résister à vingt-cinq années de veilles et de travaux, qui excellait dans les grandes opérations, qui avait tant de fois envisagé la mort sans frémir et vu le sang couler sans même s’émouvoir, se laissa déconcerler par une révolution inopinée qui affectait des recettes prévues et faisait un embarras de ce qui avait pu sembler des richesses. Il mourut dans le marasme, à l’âge de cinquante ans et quatre mois, lui qui aurait pu fournir une longue et brillante carrière. D' Isid. Bournon:.

BLANDRATA (Giorcio), fondateur de la secte des unitaires en Pologne eten Transylvanie, était un Italien, natif de Saluces , et médecin à Pavie, qui dut, en 1556, se réfugier à Genève, à cause des persécutions que lui avaient values ses opinions favorables au protestantisme, et qui d’abord s’y rattacha à Calvin et à ses doctrines. 11 se rendit en 1558 en Pologne; mais y étant devenu suspect en raison de ses opinions unitaires, il passa, en 1563, en Transylvanie, où il devint le médecin du prince Jean Sigismond, qu’il gagna à ses idées religieuses, et où par sa prudence et sa circonspection il fit aussi de nombreux prosélytes parmi le peuple. Il périt assassiné, en 1590, par son neveu, qui était resté fidèle à l’Église catholique. — Henke a publié (Helmstædt, 1794), sa profession de foi anti-trinitaire, avec la réfutation par Flaccius.

BLANGINI (Josern-Manc-Manrie-FéLix), né à Turin, le 8 novembre 1781, fit ses études sous la direction de l’abbé Otfani, maître de chapelle de la cathédrale de cette ville. Dès l’âge de douze ans il accompagnait sur l'orgue le chœur de cette église; à quatorze ans il y fit exécuter une messe à grand orchestre. Chanteur et compositeur, il réussit dans cette double carrière. Il vint à Paris en 1799, et fut chargé de terminer La fausse Duègne, opéra en trois actes, que Della-Maria avait laissé inachevé, Il écrivit ensuite plusieurs opéras, parmi lesquels on distingue Nephlali, en trois actes, représenté avec beaucoup de succès à l’Académie Royale de Musique.

Blangini s’est signalé par ses pièces fugilives : ses romances, ses nocturnes à deux voix, ont eu longtemps un succès de vogue. Appelé en 1805 à Munich, il y fit exécuter Trajano in Dacia; le roi de Bavière lui confia la direction de sa chapelle. La princesse Pauline Borghèse le nomma directeur de sa musique et de ses concerts l’année suivante. En {809 il passa au service du roi de Westphalie, en qualité de maître de musique de la chapelle, du théâtre et de la chambre. La révolution de 1830 enleva à Blangini les places qu'il avait à la cour de France; il était compositeur et accompagnateur de la chambre du roi et de la duchesse de Berri.

Blangini à composé trente opéras. Les Gondoliers furent représentés en 1833 sur le théâtre de l'Opéra-Comique, Il a publié plus de deux cents romances ou nocturnes, dont un grand nombre ont été adoptés par les auteurs de vaudevilles. {1 mourut le 18 décembre 1841, à Paris.

— Sa sœuraînée, maîtresse de chant de la reine de Bavière, s’est signalée par un talent très-remarquable sur le violon.

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