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tort ou à raison, voulut absolument le trouver au fond de dus les complots organisés ensuite contre la vie ou la couronne du roi-citoyen. De ces défiances à la persécution il n’y avait qu'un pas. Il fut bientôt franchi; mais peut-être Bergeron en fut-il surtout redevable à des forfanteries de tabagie que son extrème jeunesse explique, sans les excuser. Quoi qu'il en soit, la police finit par comprendre qu’elle finirait à ce jeu par rendre intéressant l'homme qu’elle voulait perdre. Elle prit donc le parti de le laisser tranquille ; et plus tard quatre ou cinq meurtres purent être tentés contre Louis-Philippe sans qu’elle songeât à en rendre complice le héros de Pa/faire du coup de pistolet du Pont-Royal.
Bergeron , en 1836, fut attaché à la rédaction du Siècle, auquel il fournit, sous un nom d'emprunt, un assez grand nombre de feuilletons de la force de tous ceux qui ont fait la fortune de cette feuille, alors monarchique et constitutionnelle, M. E. Girardin, à cette époque conservateur ardent, et toujours adversaire haineux ; M. Girardin, qui ne pouvait pardonner au Siècle d’avoir trois fois plus d’abonnés que sa Presse, crut de bonne guerre de révéler un beau jour que dans la boutique rivale écrivait un homme que, de sa propre autorité et pour l'effet de son argumentation , il déclarait coupable d’un fait dont l'avait absous un verdict solennel et souverain du jury. Le rédacteur du Siècle ainsi désigné demanda au rédacteur de la Presse ou la rétractation ou la réparation d’une assertion nécessairement calomnieuse, M. E. Girardin crut avoir assez de fois fait ses preuves pour oser refuser et de se battre et de retirer sa phrase, Bergeron, exaspéré, alla alors le frapper au visage en plein Opéra. L’offensé demanda justice à la police correctionnelle, qui condamna le délinquant à deux ans d'emprisonnement ; et, sur l’appel qu’il interjeta, la cour royale, plus sévère, porta même la condamnation à trois années, maximum de la peine dont la loi frappe un tel délit. Ce qu'il y a de curieux, c’est qu’en {848 cet arrêt valut à Bergeron l'honneur d’être porté pour une pension de 500 fr. sur la liste des récompenses nationales.
I n’y avait pas longtemps que les portes de la prison s'étaient ouvertes pour Bergeron quand la révolution de février éclata. Il figura alors un instant parmi les commissaires extraordinaires envoyés dans les départements par M. Ledru-Rollin, quoique précédemment et précisément pendant sa longue détention bien des nuages se fussent élevés dans l'esprit des pointus du parti sur son patriotisme immaculé. La loi Tinguy, en astreignant les journalistes à signer de leur nom leurs moindres élucubrations, a prouvé que Le Siècle comptait encore en 1852 parmi ses rédacteurs le personnage qui fait l'objet de cette notice. Depuis cette époque il a renoncé à la politique pour s'occuper d'assurances et d’affaires industrielles.
BERGERONNETTE, genre de petits oiseaux d’une {aille svelle et élégante, appartenant à la famille des becsfins. On les voit volliger d'ordinaire près des berges, des rivières et des eaux douces, ou bien encore à la suite des bergers et des troupeaux : d’où leur est venu leur nom, auquel on a quelquefois substitué celui de 2oche-queues, parce qu'ils remuent incessamment, et par un balancement vertical, cette partie de leur corps, qui est fourchue et beaucoup plus longue que le reste. Les caractères génériques des bergeronnettes sont : un bec très-menu, droit, subulé ; des tarses grêles, très-élevés , avec les doigts latéraux à peu près égaux et notablement plus courts que le médian; des ailes longues, avec les trois premières rémiges presque égales; enfin, une queue longue, composée de pennes étroites , mais {rès-susceptibles de se développer.
On connait en Europe trois espèces de berceronnettes : la plus commune est la bergeronnette jaune (motacilla flava); elle ne porte toutefois cette couleur que sous le ventre et vers la queue; tandis que la bergeronnelte de printemps (motacilla vernalis) est plus jaune qu’elle,
puisque cette couleur est étendue sur tout son corps, et forme un trait au-dessous des yeux en même temps qu’une petite bande transversale sur les ailes. Elles ne peuvent vivre en cage ni l’une ni l’autre; mais la seconde seule émigre à l'approche de l'hiver. Au retour, elle fait son nid avec beaucoup d’art dans les prairies, ou au bord des eaux, sous une racine de saule ; sa ponte est de six à huit œufs, tachetés de brun, sur un fond blanc sale. La troisième es. pèce européenne est la bergeronnette grise, dont le plumage varie avec les saisons.
Les bergeronnettes ne s'attachent au bétail que pour se nourrir des insectes qui pullulent autour de lui, surtout à l'automne , et qui, l’empêchant de paitre, le font dépérir. Malheureusement pour cette espèce d'oiseau , et plus malheureusement encore pour l’agriculture, cette nourriture abondante et facile que les bergeronnettes trouvent en suivant les troupeaux donne à leur chair un embonpoint et une saveur qui les font rechercher des gourmets, et font employer à leur chasse et à leur destruction une industrie qu’on devrait consacrer au contraire à leur conservation et à leur multiplication.
BERGHEM (Nicoas), l’un des peintres les plus célèbres de l’école hollandaise, né à Harlem, en 1624, y reçut de son père, peintre assez médiocre, connu sous le nom de Pierre de Harlem, les premières leçons de son art. Il continua successivement ses études sous van Goyen, Weeninx l’ainé et différents autres maîtres. On rapporte que son père, qui le traitait fort durement, l'ayant poursuivi un jour jusque dans l'atelier de van Goyen, où il s'était réfugié , celui-ci, pour le soustraire au courroux paternel, cria vivement à ses autres élèves : Berghem ! ce qui veut dire en hollandais cachez-le ! et c'est ainsi qu’on explique ce surnom de Berghem, qu’il continua à porter dans la suite, à l'exemple de la plupart des artistes de cette époque, qui ne sont guère désignés que par des sobriquets, au lieu de l'être par leur nom de famille,
L'amour de l’art, joint à l’empressement avec lequel ses tableaux étaient recherchés et à l’avidité de sa femme, le porta à travailler avec une activité et une application infatisables. On raconte de lui qu’il avait l’habitude de {ravailler en chantant, et on ajoute que lorsque sa femme ne l’entendait plus , eile frappait au plancher de son atelier, dans la crainte qu’il se fût endormi. Une facilité extraordinaire lui rendait le travail et l’étude agréables. Comme il aimait passionnément les gravures, il se trouvait souvent obligé, pour en acheter, d'emprunter à ses élèves de l'argent, qu'il rendait ensuite en trompant sa femme sur le produit de ses tableaux. I1 se fit de cette manière une superbe collection.
Les paysages et les tableaux d’animaux de Berghem font l'ornement des plus riches galeries. Le mérite de cet artiste consiste dans la légèreté et la clarté de sa manière, le sédnisant de son coloris et le naturel de ses groupes. Quoiqu'il ne quittât presque jamais son atelier, il eut cependant le temps de bien observer la nature, grâce au long séjour qu’il fit au château de Bentheim. Des critiques exigeants pourraient lui reprocher une trop grande légèreté, peu d’art et une trop grande simplicité dans limitation , et désirer plus de correction dans les contours et le dessin de ses animaux; mais ces légers défauts sont rachetés par une foule de qualités, et c’est avec raison qu’on place Berg hem au rang des meilleurs paysagistes connus.
Il n’a pas seulement laissé la réputation d’un peintre h? bile , il s'était aussi exercé avec bonheur dans la gravure, On a de lui des études à l’eau: forte, au nombre de trente-six, représentant des brebis et des chèvres, ou des paysages, dont les amateurs font grand cas, mais qui sont devenues trèsrares. Berghem mourut à Harlem, en 1683.
BERGIIEN. Voyez BERQUEN.
BERGIER (Nicocas-SyLYEsTRE), né à Darnay, en Lorraine, le 31 décembre 1718, et mort à Paris, le 9 avril1790,
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fat successivement curé d’un petit village de Franche-Comté, professeur de théologie, principal du collége de Besançon, chanoine de la cathédrale de Paris, confesseur de Mesdames, tantes de Louis XVI, membre de l’Académie des Inscriptionset Belles-Lettres, et l’un des adversaires les plus implacables de la philosophiemoderne. Parmi ses innombrables ouvrages, on ne cite plus guère que ses Éléments primitifs des Langues, découverts par la comparaison des racines de l'hébreu avec celles du grec, du latin et du français; son Origine des Dieux du Paganisme , suivie des poésies d'Hésiode; sa Certitude des Preuves du Christianisme, faussement attribuée à Fréret, puis à Morellet, et à laquelle répondirent successivement Voltaire et Anacharsis Cloots ; deux volumes dirigés contre Jean-Jacques Rousseau ; deux contre le baron d’Holbach; ses Principes de Métlaphysique, faisant partie du cours d’études à l’usage de l'École militaire ; et son œuvre principale, le Dictionnaire Théologique, travail qui ne manque ni d’ordre ni de logique, mais qui est écrit d’un style lourd et diffus.
BERGMAN ( Torgern-OLor), l’un des plus beaux noms dont s'honore la Suède, s’est principalement illustré dans la chimie. 11 naquit à Katharinberg ( Westgothland ), le 9 mars 1725. Sa jeunesse eut cela de commun avec celle d’une foule d'hommes célèbres, qu’il lui fallut vaincre par un enthousiasme opinüâtre l'opposition de ses parents à son goût pour les sciences. Lorsqu'il eut enfin obtenu la permission d’aller les étudier à l’université d’Upsal, avide de tout savoir, propre à tout retenir, il approfondit presque toutes les branches de l’histoire naturelle, de la physique et des mathématiques ; et cette universalité de connaissances, sous laquelle un esprit médiocre aurait succombé, fut la source où plus tard il puisa l'excellente méthode et la solide érudition qui ont présidé à tous ses travaux.
Comme il avait commencé par suivre les leçons de Linné, ses premières recherches eurent lieu dans le domaine de l’histoire naturelle. Il annonça son talent d’observation en découvrant que les sangsues sont ovipares, et que leurs œufs ne sont autre chose que le coccus aqualicus, substance dont la nature était encore inconnue. Linné , d’abord incrédule, fut convaincu à la lecture du mémoire, et écrivit au bas ces mots flatteurs : Vidi, et obstupui (Je l'ai vu, et j'en ai été frappé d’étonnement). D’autres travaux sur les insectes et sur la botanique, et surtout une méthode pour classer les insectes à l’état de larve; des dissertations curieuses sur diverses parties de la physique, le talent et le zèle avec lequel il suppléait souvent les astronomes de l'observatoire royal dans leurs observations et les professeurs de mathématiques dans leurs leçons, lui avaient déjà fait la réputation d’un savant distingué, lorsqu’en 1766 il obtint, par la protection éclairée du prince Gustave (depuis Gustave 11 ), alors chancelier de l’université, la chaire de chimie et de minéralogie, devenue vacante par la retraite de Wallerius.
Libre de préjugés, parce qu’il avait appris la chimie sans maître, habitué aux méthodes rigoureuses des géomètres, Bergman résolut de bannir de la science tout esprit de sysème, et de ne marcher qu’appuyé sur l'observation des faits. 11 a consigné ses vues à cet égard dans un beau Discours sur la recherche de la vérité, où il distingue la méthode <artésienne ou contemplative et la méthode newtonienne ou expérimentale. C’est cette dernière qui le conduisit bientôt à de grandes découvertes et lui fit considérer comme son premier devoir d'agrandir le laboratoire, d'y réunir tous les moyens d’expérimentation connus et d'y former de vastes collections minéralogiques rangées méthodiquement. Le premier, il reconnut que l'acide dont Blake avait signalé la présence dans les terres calcaires était un acide particulier, qu'il nomma acide aérien (aujourd’hui l'acide carbonique). En faisant bouillir de l'acide nitrique sur le sucre, la gomme, et d’autres matières végétales, il pro-
duisit l'acide oxalique, précieux réactif pour constater la présence de la chaux. Par l’habile emploi de réactifs inusités il fit de l'analyse des eaux minérales un art nouveau; il y découvrit le gaz hydrogène sulfuré, qu’il appelait gaz hépatique. En même temps il formait, par la synthèse, des eaux minérales factices, et, malgré les obstacles que rencontre presque toujours la plus utile nouveauté dans la prévention de l’ignorance, il en propageait l'usage par la persévérance de ses conseils. Il émit dans ses recherches sur les eaux minérales l’opinion que le calorique est un fluide comme l'électricité.
Jusqu'à lui on n’avait essayé les minéraux que par la voie sèche ; il fit voir que l'analyse par voie humide était le seul moyen d’arriver à la connaissance complète de leur nature. Ce n’était pas qu’il conseillât de renoncer à l’ancienne méthode; au contraire, après l'avoir perfectionnée, illa combinait avec bonheur à la nouvelle pour attaquer les pierres précieuses, et faire ainsi connaître les principaux éléments de l’émeraude, de la topaze, du rubis-spinelle, du saphir, etc. C’est lui qui a presque créé, tant il l'a développée, la chimie du chalumeau, de cet instrument «i utile par les connaissances préliminaires qu’il donne au chimiste pour se diriger dans ses opérations. Tous ces travaux le conduisirent à une classification chimique des minéraux, où les genres ont pour caractère la substance dominante du morceau; la différence des parties intégrantes constitue les espèces, et les variétés sont déterminées par la forme extérieure. Personne n'avait encore réuni tant d'éléments pour une bonne classification ; car le premier, appliquant la géométrie aux formes des minéraux, il posa la base de la cristallographie. I: a jeté sur les opérations sidéragiques une vive lumière, en démontrant que la supériorité des aciers retirés des fontes blanches était due à la présence du manganèse; que le fer obtenu en grand dans les forges, loin d’être pur, renfermait toujours plusieurs corps en alliage, et que les fers cassants à froid devaient leur fragilité à la sidérite, substance qu’il croyait être un métal nouveau et qu’on a reconnu plus tard pour du phosphure de fer,
La théorie des affinités, créée par Geoffroi en 1718, avait été le premier pas fait pour asseoir la chimie sur des bases vraiment philosophiques. Bergman, reprenant cette idée de génie, se l’appropria en quelque sorte par une masse immense d'expériences, et publia des tableaux où tous les corps étaient classés dans leurs rapports mutuels, et où les phénomènes chimiques sont présentés comme des modifications de la grande loi qui régit l'univers, quoique soumis à un ordre particulier d'attractions qu'il appelle éleclives. Toujours attentif à rapprocher la chimie des mathématiques, il exprimait par des formules toutes les opérations chüniques; idée nouvelle et heureuse qu'ont fécondée depuis les travaux des chimistes modernes, et surtout ceux de son compatriote Berzélius,
Bergman avait adopté les idées ingénieuses, mais erronées, de son ami Scheele sur le phlogistique; aussi a-t-il montré plus de talent pour la découverte des faits que pour l'explication des phénomènes. Ses écrits sur la géologie, quoique très-remarquables , ne peuvent que confirmer ce jugement. 11 a publié une Description physique de la terre, estimable par l'ordre dans lequel les faits sont présentés , et surtout par les aperçus géologiques qu'il donne sur plusieurs pays. Il chercha dans l'analyse de tous les produits volcaniques et des eaux minérales qui sourdent près des volcans l’explication de ces terribles phénomènes, et se crut en droit de conclure que les foyers des volcans ne sont pas à une grande profondeur, mais seulement dans les couches déposées sur le noyau du globe, et que les incendies souterrains sont dus à la décomposition des pyrites. Enfin, il voulut relier en un faisceau les connaissances de tout genre qu'il avait acquises sur la physique de notre planète, et formula un Système de la Terre basé sur cette
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hypothèse, que l’eau enveloppait primitivement le noyau, probablement magnétique, du globe; que cette eau contenait tous les éléments des substances solides plus ou moins parfaitement dissous, et que la quantité de ce fluide a toujours été en diminuant par une lente évaporation, qui accroissait proportionnellement l'étendue des terres.
Bergman fut longtemps recteur de l’université d’Upsal. C'était alors, au milieu de la Suède, une espèce de république, fière de ses priviléges et puissante par ses possessions. Deux grands partis s’y disputaient l'empire, les physiciens et les naturalistes d’une part, les théologiens et les jurisconsultes de l’autre. Par une exception bien honorable, la magistrature de Bergman ne fut point troublée par la guerre civile. Ces hommes irascibles, qui auraient bravé volontiers la rigueur des règlements, furent subjugués par leur respect pour son génie et leur attachement pour son caractère. Trop souvent les hommes de talent font preuve d'une mesquine jalousie envers leurs rivaux ; mais tout ce qui avait un caractère de grandeur et d'utilité trouvait dans Bergman un sincère admirateur. La postérité n’a pas oublié qu'il prononça avec une égale impartialité, devant l’Académie de Stockholm, l'éloge de Wallerius, son plus grand ennemi, et celui de Swab, le plus cher desesamis. Unedeses plus heureuses découvertes est assurément celle qu’il fit de l'illustre Scheele dans la boutique d’un apothicaire, et l’on ne saurait trop louer l’ardeur, le désintéressement, avec lesquels il mit en lumière cette mine inconnue et déjà si riche. Unissant tant de vertus à tant de génie, et marié à une femme charmante, qui pour lui plaire s’associait à ses goûts, pouvait-il ne pas être heureux ? A voir l’immense liste de ses travaux, on dirait qu’il a vécu de longues années; cependant, épuisé par cette prodigieuse fécondité, il est mort avant lâge de cinquante ans, en 1784. — Condorcet et Vicq d’Azyr ont fait son éloge. À. DES GENEVEZ.
BERG-OP-ZOOM (Bergen-op-Zoom), place forte de la province hollandaise du Brabant septentrional, à 4 myriamètres au nord d'Anvers, bâtie à l'embouchure du Zoom, petite rivière qui se jette dans l’Escaut oriental, avec lequel la ville communique par un canal et un bon port. On y compte 7,000 habitants, dont la principale industrie consiste dans la fabrication des poteries fines, des briques et tuiles, et dans la préparation des anchois dont la pêche a lieu dans l’Escaut. On voit à Berg-op-Zoom un vieux château avec une tour s’élargissant extérieurement et que le vent fait remuer, un bel hôtel de ville, trois églises, un collége, une école de dessin et d'architecture.
Berg-op-Zoom ( Bajorzuna ou Bercisoma) fut prise en 880 par les Normands, et entourée de murailles crénelées au treizième siècle comme chef-lieu de la seigneurie du comte Gerhard de Wesemaele. Le marquisat de Bergop-Zoom fut confisqué par Marguerite de Parme, gouvernante des Pays-Bas. En 1576 cette ville accéda à l’union des Provinces-Unies ; et l’année d’après, quand la garnison espagnole en eut été expulsée, elle fut entourée de fortifications. Pour plus de sûreté, on y éleva en 1628 du côté du sud un camp retranché, et au moyen de trois forts on élablit une communication avec le S{eenbergen, situé à l’est. En 1688 et 1727 on ajouta encore de nouveaux travaux de défense aux fortifications déjà existantes, de manière à rendre cette place presque imprenable.
L'importance stratégique de Berg-op-Zoom excita à diverses reprises les Espagnols à essayer de s’en emparer. En 1583 cette ville ouvrit volontairement ses portes au duc d'Alençon, qui l’occupa pendant quelque temps pour la France ainsi que quelques autres villes de Flandre, à titre d'ami des Provinces-Unies. En 1588 le duc de Parme en tenta inutilement le siége. En 1597 la vigilance des troupes des Pays-Bas déjoua un projet de surprise conçu par Parchiduc Albert pour s’en emparer. Trois attaques tentées par les Espagnols, en mars, août et septembre 1605, échouè-
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rent également. Il en fut de même du siége entrepris en 1622 par le marquis de Spinola, qui, après soixante-dix-huit jours de tranchée ouverte et après avoir perdu plus de 10,000 hommes, dut le lever par suite de l’arrivée du prince Maurice d'Orange.
Les Français furent plus heureux en 1747. Après deux mois de siége le maréchal de Læwendal s’en empara. Les assiégeants avaient fait jouer quarante et une mines et les assiégés trente-huit, Mais à la paix Berg-op-Zoom fut rendue aux Hollandais. Dans l'hiver de 1795 Pichegru contraignit cette place à capituler. Incorporée à la France à partir de 1810 , elle fut bloquée en 1814 par les Anglais, qui dans la nuit du 9 mars essayèrent, avec 4,000 hommes commandés par Goorer, une surprise, que l'héroïque bravoure de la garnison française déjoua complétement. Ce ne fut que la paix de Paris qui la replaça sous les lois de la Hollande.
BERGUES, en flamand Berghen, ville du département du Nord, sur le chemin de fer du Nord et à la jonction des canaux de Bergues et de Hondschoote, est située au pied d'une colline et près de la Colme. Elle a 5,738 habitants, C’est une place de guerre de première classe, fortifiée par Vauban ; les rues en sont bien percées, les maisons anciennes et assez uniformément bâties. Il y a un collége communal et une bibliothèque publique. Le voisinage des marais rend l'air frès-malsain. Son commerce en grains, bestiaux, beurre et dentelles est très-considérable, Cette ville doit son origine au château de Berg, où saint Winox se relira en 902. Détruit par un incendie en 1083, elle se releva et ses manufactures de toiles et de draps devinrent florissantes. Les Français la prirent plusieurs fois ; le traité d’Aix-la-Chapelle leur en assura la possession. En 1793 les Anglais en firent le siége sans succès.
BERIBERI, nom d’une maladie encore assez mal connue et endémique aux Indes, provoquée par les brusques changements de température d’une atmosphère chargée d'humidité.
BERING ou BEHRING ( Virus), né à Horsens, dans le Jutland, commença à naviguer pour sa patrie dans les Indes orientales, où il acquit la réputation d’un excellent marin. Entré au service de Pierre le Grand, alors que la marine de Cronstadt était encore au berceau, il se distingua comme lieutenant et comme capitaine dans toutes les expéditions navales contre la Suède. Plus tard son intrépidité et ses talents lui méritèrent l'honneur d’être choisi pour commander lexpédition de découvertes que la Russie envoya dans les mers de Kamtschatka.
La reconnaissance de toutes les côtes septentrionales de cette grande presqu'île, jusqu’au 67° 18’, et les premières preuves de la séparation des deux continents d’Asie et d’Amérique, furent le résultat de ce voyage, terminé en 1798 ; mais la question de savoir si les terres dont on avait une connaissance vague , à l'opposé de la côte du Kamtschatka, faisaient partie de l'Amérique , ou si elles n'étaient que des îles intermédiaires entre les deux continents, n’était point encore résolue : Bering fut chargé de la décider. II partit le 4 juin 1741, avec deux vaisseaux. Après avoir abordé Ja côte nord-ouest de l'Amérique, entre 55° et 60° de longitude nord, les tempêtes et le scorbut l’empêchèrent de poursuivre ses découvertes. Il fut jeté loin de sa route sur l’île déserte d’Awatscha, qui porte aujourd'hui son nom. La neige couvrait alors cette terre stérile et sans abri. Bering était dangereusement malade; il fut porté à terre, et placé dans une fosse creusée entre deux monticules de sable, et couverte d’une voile. C’est dans cette espèce de tombeau que mourut l’infortuné commandant, le 8 décembre 1741.
La postérité a donné le nom de Bering au détroit qui sépare PAsie de l'Amérique, et dont Cook a achevé la reconnaissance.
BÉRING { Détroit de}, appelé aussi défroit d'Anian , et encore, par les Anglais, détroit de Cook. C’est Ie détroit qui