‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 3)Chapitre 181 sur 527 · BLANQUI · texte numérisé non relu

BLANQUI

touches par homme. Huit cent cinquante sectionnaires prirent part à cette levée de boucliers; guidés par Barbès et Blanqui, ces hommes, ayant deux ou trois coups de feu à tirer, attaquèrent sans hésiter un gouvernement qui disposait de quarante à cinquante mille hommes de troupes, et de soixante à quatre-vingt mille gardes nationaux, En route, cette poignée de sectionnaires se recruta d’un nombre au moins égal de combattants ; mais les armes manquaient. Les cartouches de différents calibres se mêlèrent maladroitement. On comptait s'emparer de la préfecture de police, garder et barricader les ponts, établir une espèce de camp retranché, de quartier général à la préfecture, faire de la Cité le centre de l'insurrection, et pousser de là des co- Yonnes dans diverses directions. Barbès partit de la rue Quincampoix avee quarante hommes en avant du gros de la troupe. Il ne fut pas suivi, et après son échec il ne sut que faire. On changea de plan, et on résolut une attaque sur l'Hôtel de Ville ; puis on se rabat{it sur les mairies des septième et huitième arrondissements. Repoussé partout, on se mit à faire des barricades. Blanqui suivait la colonne; mais il avait peu de confiance dans les barricades ; et après la prise de celle de la rue Grenétat on perdit sa {race. Pendant six mois il échappa à toutes les recherches ; il allait quitter enfin Paris le {4 octobre, et était déjà monté sur Pimpériale de la diligence qui devait l'emmener en Bourgogne, quand il fut arrêté par des agents de police auxquels le secret de son départ avait été livré.

Traduit devant la cour des pairs en janvier 1840, i refusa de répondre, et protesta seulement contre les accusations d’assassinat lancées par le rapporteur contre les insurgés, au sujet de l'attaque du Palais-de-Justice. Condamné à mort ainsi que Barbès, Blanqui vit, comme celui-ci, sa peine commuée en celle de la détention perpétuelle. Après quatre années de réclusion cellulaire au Mont-Saint-Michel, qui avaient altéré sa santé, il en sortit mourant, et fut transféré au pénitencier de Tours. Napoléon GarLois.

A la révolution de Février, Blanqui, qui avait refusé sa grâce , se trouvait cependant libre. La république une fois proclamée, il vint à Paris, et bientôt son activité le ramenait au premier rang de l'agitation. Président, on pourrait dire chef, d’un club auquel il a laissé son nom, et qui se réunissait rue Bergère, dans une des salles du Conservatoire de Musique, il lança plusieurs fois les masses contre le gouvernement provisoire. « Dire ce que ce petit ètre chétif, maigret, plié en deux, a remué d'hommes dans ce Paris si violent, si tourmenté, ce serait écrire une histoire immense, lisons-nous dans les Profils révolutionnaires. I] fallait le voir tous les soirs à son club, animant les débats, leur donnant des aperçus hardis, des proportions effrayantes.. Les veilles , les prisons, les souffrances, ont plié son corps; mais ce corps de fer résiste à tout : il est trempé pour la lutte. Sa ruse profonde et son inflexible audace n’ont pas de bornes. »

Rendu tout entier à sa haine contre la bourgeoisie par ses souffrances et ses échecs, Blanqui soufflait le fiel et Pimprécation. Dans son extravagance, il allait jusqu’à prêcher l’abstinence la plus complète au peuple entier. « Vous faites vivre le commerce, disait-il aux masses : cessez de consommer, vous verrez combien de temps les boutfiquiers pourront se passer de vous ! » Mais cette abstinence n’était pas dans les mœurs; et d’ailleurs la ligne de démarcation entre le peuple et la bourgeoisie est impossible à trouver dans notre société : tout ouvrier aspire à être bourgeois, et compte le devenir ; tout bourgeoïs peut être ouvrier deman. Ces prédications ne firent donc qu’un petit nombre d’adeptes, fanatiques, il est vrai; mais elles irritèrent la bourgeoisie, qui se prépara à se débarrasser de ces hôtes incommodes.

Un beau jour il parut dans le premier numéro dela Revue Rétrospective, recucil fondé par M. Taschereau, une pièce curieuse, non signée, adressée au ministre de l’intérieur du

DICT. DE LA CONYERS, — ©. ii,

roi Louis-Philippe, datée du mois d'octobre 1839, et contenant des détails circonstanciés sur les événements de mai de cette année. C'était un coup de foudre pour Blanqui; car on ne pouvait attribuer cette pièce qu’à lui. « Vous seul, lui dit plus tard Barbès, pouviez savoir les détails contenus dans ce rapport. » Blanqui promit de répondre, et ne fit qu'ettaquer les publicateurs de cette pièce, qu'il prétendit fabriquée dans les conseils du gouvernement provisoire, On l’attendait à son club; il ne fit que des promesses d’explications qu'il oublia. Sommé par Barbès de venir s'expliquer dans le club que celui-ci présidait, Blanqui refusa de s’y rendre; un jury républicain offrit de s’interposer : Blanqui prétendit n'avoir besoin que de la publicité pour se défendre, et la publicité ne vint jamais. « Blanqui, rapporte Caussidière dans ses Mémoires, protesta de son innocence, lança linjure, accusa de calomnie ses ennemis ; mais il ne parvint pas à se justifier, et le doute resta dans les esprits. Je dois dire que les recherches opérées par mon ordre dans les archives: dela police pour éclaircir cette mystérieuse affaire, demeurèrent sans résultat. »

Cependant il organisait les démonstrations du 15 mars et du 16 avril; mais l'altitude de la garde nationale réunie à l’appel du général Changarnier montrait à Blanqui la peine qu’il aurait à monter au pouvoir ; à la fin d'avril il fut l'objet d’un mandat d’amener ; mais on ajourna l'exécution de celte mesure,

La pensée de l’attentat du 15 mai se développa dans le club de Blanqui. Le 13 mai un membre proposa d’aller en masse à l’Assemblée présenter une série de décrets. Blanqui répondit que le peuple ne comprenant pas encore le commupisme, il fallait s'adresser à des idées auxquelles il fût plus sensible. La Pologne étant un mot magique, c'était au nom de la Pologne qu’il fallait entraîner le peuple ; mais il se réservait de fixer le moment. Le lendemain, à l'ouverture de la séance, Blanqui fit décider que la Sociélé centrale républicaine ( c'était son club) se joindrait aux corporations qui devaient porter à l’Assemblée nationale une pétition en faveur de la Pologne. On ne se rendit pas néanmoins à la plâce de la Bastille, maïs on se réunit à la colonne sur le boule. vard du Temple. Blanqui prit place en tête avec les délégués, etil entra un des premiers dans l’Assemblée. Après la lecture de la pétition par Raspail, Blanqui monta à la tribune et demanda un vote immédiat sur les conclusions de la pétition ; il réclama justice au nom du peuple, il somma l’Assemblée de s'occuper sans désemparer des moyens de donner de l'ouvrage aux miliers de citoyens qui en manquaient. Le nom de Blanqui figura en tête des listes du nouveau gouvernement provisoire. Cependant on ne le trouva pas à l'hôtel de ville, lorsque la garde nationale y arriva. Il échappa quelques jours encore aux recherches de la police ; mais le 26 maïil fut arrêté. Traduit devant la haute cour qui siégea à Bourges, il fut condamné en dix années de détention, qu’il subit à Belle-Ssle, puis à Corte, en Corse. Rendu à la liberté en 1859, Blanqui n'obtint pas l’autorisation de rentrer en France et passa en Angleterre. Il venait d'arriver à Paris lorsqu'il fut arrêté (11 mars 1861) sous l’inculpation de société secrèle et condamné à quatre ans de prison. Comment parvint-il, à l'expiration de sa peine, à revenir dans la capitale après avoir été reconduit à la frontière? C’est le secret de ce conspirateur émérité, dont à certaines idées on reconnut l'influence dans les troubles qui marquèrent les derniers temps de l'empire.

La guerre déclarée et dès la nouvelle des premiers désastres Blanqui se mit à l’œuvreet, seul, sans autres partisans qu’une poignée de fanatiques, il organisa le complot qui aboutit, le 14 août 1870, à l’attaque de la caserne de la Villette. Il fut présent sur les lieux, il conduisit tout, mais on ne réussit pas à le faire prisonnier. Après le 4 septembre il resta à Paris et fonda un journal quotidien, {a Patrieen

danger, où il demanda la guerre à outrance et la participation active de la garde nationale à la défense de la cité. Il eut aussi son club, mais ses auditeurs étaient clairsemés et les révolutionnaires le laissaient volontiers à l'écart. Ce fat pourtant lui, à ce qu’on croit, qui mit en avant l'idée nouvelle dela Commune. Dans lajournée du 31 octobre 1870 Blanqui, qu’onavait affublé du titre de chef de bataillon, se rendit à l'hôtel de ville ; là, d'accord avec Ranvier, Flourens et Millière , il proclama la déchéance du gouvernement , qui était retenu prisonnier, et signa plusieurs ordres. L’itervention des bataillons fidèles changea la situation; les intrus furent expulsés commeils le méritaient, suivant le rapport des uns ; et selon d’autres ils ne se retirèrent qu'après avoir obtenu du gouvernement la promesse des élections cornmunales et l'oubli de cette journée. Quoi qu'il en soif, on ajourna les élections et, après bien des hésitations on se décida à poursuivre les auteurs de la journée du 31 octobre ; Blanqui fut condamné à mort par contumace. Le siége levé il sortit de Paris, et gagna la province; probablement on l'eût missé en paix, si l’avénement de la Commune et les espérances que fondaient sur son concours les insurgés n’eussent rappelé sur lui l'attention de la justice. Arrêté à Cahorsil fut expédié sur le château-fort du Taureau (ilot de la Manche), où on l'incarcéra étroitement. Les démarches tentées à cette époque pour l'échange de ce dangereux conspirateur contre l'archevèque de Paris furent toutes repoussées par le gouvernement de Versailles. Traduit devant un conseil de guerre pour avoir participé à l'attentat du 31 octobre, il fut condamné, le 16janvier 1872, à la déportation. Ce jugement, cassé par le conseil de révision, fut confirmé un mois plus fard.

BLAPS (de Béque, action de nuire). Ce genre d'insectes de l’ordre des coléoptères, est de couleur noire, marche lentement, vit dans les lieux obscurs, humides et sales des habitations, et répand quand on le touche une odeur fort désagréable.

BLASEMENT (de @héte, être hébété). Le blasement diffère de l’agacement en ce que l'être blasé voit sa sensibilité à demi éteinte par l'abus épuisant ou les débauches. Ainsi l’homme qui fait excès de boissons alcooliques sent à peine la saveur de l’eau-de-vie. Nous en avons vu qui savouraient l'alcool à 40°, poivré encore par du piment. Les peuples affaissés par la chaleur sous les tropiques sont moins sensibles que nous aux impressions fortes sur la peau; de là vient sans doute l'usage des supplices atroces infligés aux Nègres, aux Orientaux et Asiatiques, et dont le seul récit nous fait frémir.

Le blasé n’a qu’une voie pour revenir à l’ordre paturel : c'est désormais de s'abstenir et d'attendre du bénéfice du temps la restauration de sa force, si son âge lui en laisse l’espérance. La femme, toujours plus près de la nature que l'homme et moins emportée par ses passions (si l'on excepte les races des messalines et des mégères), se blase moins que lui, quoique ses nerfs soient plus impressionnables et plus délicats; mais elle craint davantage les excès souvent mortels pour sa constitution.

Le blasement n’a lieu que sur trois organes de sensation ; 49 la peau pour le tact; 2° le goût; 3° les fonctions sexuelles. Cependant on peut fatiguer par des excès aussi la vue, V'ouie et l'odorat, au point d’énerver la vigueur de ces sens.

Le sentiment moral du cœur humain peut-il se blaser Ceci se rapporte plutôt à la perversion des sentiments intimes par suite des mauvais exemples ou des habitudes criminelles. D'ailleurs, la vue fréquente des atrocités endurcit même les femmes accontumées à faire châtier des esclaves ou des nègres dans les colonies, comme ces Romaines qui voyaient tuer les gladiateurs dans les amphithéâtres.

BLASON où ART HÉRALDIQUE, connaissance et explication méthodique des armoiries. C’est à l'amour de la gloire, à la galanterie, passions chères à nos aïeux, et

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