‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 3)Chapitre 182 sur 527 · BLANQUI — BLASPHÈME · texte numérisé non relu

BLANQUI — BLASPHÈME

qui tiennent une si grande place dans notre histoire, que la science héraldique doit son invention et ses emblèmes ? c'est au besoin de rendre intelligibles aux yeux les gages. de l’amour et les signes de la valeur que se rapporte l'origine du blason. Les étymologistes ne sont pas d'accord sur ce mot. Les versions les plus vraisemblables sont celles qui le dérivent de l'anglais blasing, publication, ou de l’allemand blasen, sonner du cor. En effet, lorsqu'un chevalier se présentait à la barrière d’un tournoi, son écuyer ou son page sonnait du cor pour avertir les hérauls d'armes de son arrivée, Ceux-ci allaient alors reconnaître les armes du champion; ensuite, rentrant dans l'enceinte, ils sonnaient de la trompette pour obtenir un moment d'attention et de silence, et décrivaient à haute voix ses armoiries, Sans omettre le nom ou le surnom du chevalier ni les fails d'armes à sa louange. Cette formalité remplie (elle s'appe-

lait blasonner ), le chevalier était admis. Celui qui avait as-

sisté deux fois à un tournoi solennel était suffisamment blasonné et publié, et l’on assure (c'est ce que nous ne garanlissons pas) qu'il pouvait alors mettre en cimier deux trompes sur son casque.

L'origine du blason se confond avec celle des armoiries, car le premier qui, par de siroples lignes ou hachures, imagina d'exprimer les diverses couleurs des emblèmes empreints sur les boucliers, sur les cottes d'armes et les bannières des preux, peut être considéré comme l'inventeur des armoiries et le législateur du blason. Les principes de cette science ont eu leur longue enfance, comme toutes les autres institutions. Consacrés par l'usage et transmis par la tradition, ce ne fut qu'après un laps de temps considérable que le désir d'en rendre l'interprétation fise et plus générale les fit réunir en une espèce de code, qui eut son vocabulaire spécial, et devint l’une des bases de l'éducalion de la jeune noblesse. Depuis lors, il se fit des milliers d’atmoriaux, de registres de tournois et de carrousels, et de méthodes héraldiques; et aujourd'hui encore , quoique dépouillé du prestige que lui donnaient les mœurs et les préjugés du temps, le blason n'a pas cessé de captiver cette sorte d'intérêt et de curiosité qu’excitent toujours les choses extraordinaires.

Trois éléments concourent à constituer le blason : l’écu, qui représente le bouclier, les émaux (métaux, couleurs et fourrures), et les pièces et meubles.

Les brisures servent à distinguer les branches d'une même famille.

Les ornements extérieurs de l'écu sont : lecasque, les lambrequins, le cimier, la couronne, les tenants etsupports, le cri de guerre ou la devise, le manteau, les insignes et les ordres de chevalerie.

En blasonnant, on observe de désigner d’abord le champ de l'écu, ensuite les pièces honorables ou meubles principaux, et, en dernier lieu, les autres meubles qui les chargent ou les accompagent. Quoique le chef soit la première des neuf pièces honorables, on ne le nomme qu'après tout ce qui peut indistinctement charger l'écu, excepté dans le cas où il se trouve des pièces ou meubles brochant à la fois sur le champ et sur le chef : dans ce cas seulement, les pièces brochantes sont énoncées les dernières.” LAINÉ.

BLASPHÈME (en grec Gaspnuix). Ce mot signifiait d’abord injure, diffamation, atteinte à la réputation. Les Septante lui ont donné un autre sens : ils appelèrent blasphème l'injure contre Dieu. Les lois canoniques ont classé le blasphème a rang des plus grands crimes, en s'appuyant d’un texte de la loi des Juifs : « Tu ne prendras pas le nom de Dieu en vain, » Mais ce texte ne s'appliquait qu'au parjure. Et puis, qui donc oserait suppléer à la justice divine ? « La gravité du péché, dit Beccaria, dépend de l'inextricable malice du cœur. Des êtres bornés ne peuvent sonder

la profondeur de cet abime sans le secours de la révélation :

où trouveraient-ils une règle pour punir quand Dieu par-

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