BLASTODERME — BLAYE
douzième heure de l’ineubation, il se compose de deux lamelles tout à fait distinctes : l’une interne, plus épaisse, grenue et opaque; l’autre externe, plus mince, unie et transparente. Pour les distinguer, Pander désigne la première sous le nom de feuillet muqueux, et la seconde sous celui de feuillet séreux. 11 prétend ensuite avoir constaté par l'observation la plus minutieuse un fait quiavait échappé à Wolf : c’est qu'il se forme entre les deux feuillets du blastoderme une troisième membrane moyenne, dans laquelle se développent les vaisseaux, et qu’il nomme membrane vasculaire. Par l'effet des changements que l’incubation produit de bonne heure dans le blastoderme, et principalement dans son feuillet muqueux, on aperçoit deux zones : une intérieure, dite champ transparent, aire transparente, aire du germe ; une extérieure, qu’on a nommée champ opaque. L’aire du germe, d’abord petite, circulaire, grandit ensuite, devient ovale, puis insensiblement pyriforme; enfin ses extrémités s’allongent encore; elle prend au bout d'environ dix-huit heures la forme d’un biscuit, La transparence de l’aire du germe permet d’apercevoir audessous de lui les premiers rudiments de l'embryon, que l’opacité primordiale de cette partie du blastoderme cachait prmilivement. La zone obscure ou le champ opaque du blastoderme est partagée en deux autres zones, concentriques, par un cercle blanc, qui forme la limite de la membrane vasculaire, en sorte que celle-ci n’est pas aussi grande que les feuillets séreux et muqueux entre lesquels elle est placée. Pander fit remarquer encore que pendant que le blastoderme s'agrandit la membrane vasculaire s’étend proportionnément, mais qu'elle est toujours dépassée par les bords larges des feuillets séreux et muqueux.
Après avoir indiqué la composition du blastoderme et les aspects sous lesquels il se présente, l’auteur de ces recherches à cru devoir dériver de cette membrane du germetrois sortes de plis : les uns primitifs, destinés à envelopper les rudiments de la moelle épinière; les autres secondaires, formant les parois de la grande cavité splanchnique ou viscérale, et les troisièmes, qui par leur convergence finissent par envelopper le fœtus. Ces trois sortes de plis, d’abord libres, se développant progressivement, se réunissent sur les lignes médianes. Les deux premières sortes de plis circonscrivent le corps du nouvel individu. Les plis de la troisième espèce formeraient les enveloppes de l'embryon. Cette détermination très-contestable est bien loin de paraître un fait positif aux yeux même de Pander, qui s’exprime à ce sujet dans les termes suivants : « On peut considérer sous deux aspects différents la manière dont l’animal vivant et ses diverses parties naissent du blastoderme : ou ce dernier produit les germes du système nerveux et du système sanguin, qui se chargent ensuite de continuer l’opération vitale, devenue alors individuelle; ou bien Ini-même forme seul le corps et les viscères de l’animal par le simple mécanisme du plissement. Un filament délié, qui représente la moelle épinière, s'applique à cette membrane; et à peine ce phénomène a-t-il lieu que le blastoderme, produisant les premiers plis destinés à envelopper ce précieux filament et à lui assigner sa place, jette ainsi le premier fondement du poulet. !l donne ensuite de nouveaux plis, qui, opposés aux premiers , produisent les cavités pectorale et abdominale, avec tout ce qu’elles contiennent, Pour la troisième fois, enfin, il jette de nouveaux plis , destinés à envelopper le fœtus formé par lui et tiré de sa propre substance. »