‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 3)Chapitre 187 sur 527 · L. LAURENT · texte numérisé non relu

L. LAURENT

BLATIER ou BLADIER. C'est proprement celui qui va acheter du blé dans les campagnes, pour le transporter et le revendre sur les marchés des villes et gros bourgs. Il y avait à Paris du temps de saint Louis un2 communauté de blaliers, à qui ce prince donna des statuts. Ceux qui composaient cette communauté furent restreints par la suite à ne vendre des grains qu’à la petite mesure,

et furent nommés dans Jes règlements revendeurs de grains, regrattiers ou grainiers, et ceux qui avaient reçu le droit de faire le commerce en grand prirent le nom de marchands de grains. Ainsi le nom de blatier est resté aux pelits marchands forains, qui vont chercher le blé dans les campagnes , et le transportent sur les marchés de proche en proche , jusqu’à ce qu’il soit arrivé aux lieux où il s’en fait une grande consommation, ou bien sur le bord des rivières, où ils le vendent aux marchands qui chargent pour l'approvisionnement des grandes villes.

BLATTE (de fantw, je nuis ). Genre d'insectes orthoptères, dont plusieurs espèces, établies dans nos habitations, y causent des dégâts considérables, dévorant les aliments, le sucre, les étoffes, les cuirs, le coton, etc. Les blattes répandent une odeur fort désagréable ; elles sont /ucifuges, c’est-à-dire qu’elles fuient la lumière, et font leurs expéditions dans le calme de la nuit. Elles ont le corps ovale ou orbiculaire, aplati, et sont d’une très-grande agilité.

La blatte orientale (blatta orientalis ), blatte des cuisines ou des greniers, est de couleur brune, comme brûlée ; ses antennes, longues et unies, surpassent d’un tiers la longueur du corps, et sont composées d’une infinité d’anneaux courte. La tête est petite et presque entièrement cachée sous la platine du corselet, qui est large et ovale. Les étuis, qui ont la même couleur que le reste du corps, sont transparents, membraneux, et plus Courts d’un tiers que le ventre ; du haut de chacun partent trois stries principales, presque toutes trois du méme point. La femelle n’a ni étuis pi ailes, mais seulement deux moignons an commencement des uns et des autres. Aux deux côtés du dernier anneau du ventre sont deux appendices vésiculaires, débordant le ventre, longs d’une ligne, qui paraissent striés transversalement, à cause des anneaux dont ils sont composés. Leurs jambes sont velues ou épineuses. Cette variété de la blatte, qui est la plus commune, se trouve surtout autour des cheminées et des fours de boulangers. Sa larve se nourrit de farine et de pâte, et occasionne un très-grand dégât, ce qui l’a fait nommer dans beaucoup d’endroiïts la panefière. On lui a donné quelquefois aussi les noms de cafard et de béte noire.

Outre la blatte orientale, M. Guérin-Méneville a récemment reconnu, parmi les animaux qui attaquent les cigares et généralement le tabac, plusieurs autres espèces de blaftes, savoir : la blatte indienne ( blutta indica), la blatte cendrée (blatta cinerea) et la blatie américaine (blatta americana). Cette dernière, originaire de l’Amérique méridionale, a suivi l’homme dans tous les pays, et infeste plusieurs de nos villes et presque tous nos vaisseaux. Elle est connue plus particulièrement sous le nom de kakerlac, et à la Havane sous celui de coucaracha. Sa voracité est telle qu’elle ronge la peau des pieds des hommes pendant leur sommeil; ce qui, comme le remarque M. Guérin-Méneville, leur procure un réveil très-désagréable quand ses dents sont arrivées au vif.

Les moyens préservatifs employés avec succès contre ces insectes destructeurs sont les odeurs fortes et pénétrantes, telles que le camphre; les huiles âcres et volatiles produisent le même effet. Mais le procédé qui paraît le plus sûr pour détruire les blattes des cuisines consiste à prendre un peu de suie de poêle, que l’on mêlera avec une égale quantité &e pain émié, ou avec une poignée de pois cuits, dont les blattes sont très-friandes : cet appât est un poison pour les blattes, ainsi que pour les grillons, et tous ceux qui en mangent périssent presque instantanément.

BLAUDE ou BLIAUD, espèce de blouse, surtout de grosse toile que lescharretiers portent par-dessus leurs autres vêtements.

BLAVET, BLAVÉOLE. Voyez BLUET.

BLAYE, l’ancienne Blavia ou Blaventum des Santons , dans la Guienne, est le chef-lieu d’un arrondissement

\ du département de la Gironde, etest située à trente kilomètres nord-ouest de Bordeaux , sur la rive droite du fleuve, qui en cet endroit a 4 kilomètres de largeur.

Cette ville est ancienne ; la citadelle renferme un vieux château, où mourut le roi Caribert 1", qui y futenterré, en 574. Elle tomba plus tard au pouvoir des Anglais, et fut reprise par les Français en 1339. Les calvinistes s’en emparèrent en 1568, et en détruisirent toutes les églises. Elle se rangea ensuite du côté de la Ligue, et fut assiégée par le maréchal de Matignon, qu’un secours envoyé par les Espagnols obligea à lever le siége. En 1814 les Anglais essayèrent inutilement de s’en emparer; et après l’avoir assiégée pendant quelque temps, ils se virent forcés de renoncer à leur entreprise.

C’est dans le château de Blaye que fut détenue, en 1832 et 1833, le duchesse de Berry, qui vint y terminer, en donnant le jour à une fille, son aventureuse entreprise en Vendée.

Blaye est divisée en deux parties : la ville basse, plus spécialement habitée par le commerce et l’industrie, et la ville haule, qui occupe la cime d’un rocher où s'élèvent quatre grands bastions. En face de la citadelle, sur la rive opposée de la Gironde, s'élève le fort Médoc. Le fort du Pâté, situé dans une petite île au milieu du fleuve, en combinant ses feux avec ceux de la citadelle de Blaye et du fort Médoc, commande et intercepte le passage de la Gironde.

Il y à à Blaye un tribunal de commerce, un tribunal de première instance, une bourse, une société d'agriculture, une école d’hvdrographie, une station de pilotes, et une population de 4,761 âmes. On y fait un commerce assez actif en vins et eaux-de-vie, huile et bois ; on y construit aussi beaucoup de navires de commerce.

BLAZE (Famille). Elle a donné plusieurs écrivains distingués à la France contemporaine.

BLAZE (HENRiI-SÉBAsTiEN), chef de cette famille, né en 1763, à Cavaillon ( Vaucluse), fut successivement avocat au barreau de cette ville, administrateur du département après le 9 thermidor , et notaire à Avignon. Grand amateur de musique, il reçut ses premières leçons de piano de lorganiste de sa paroisse. Conduit à Paris pour y achever son éducation , il y arriva juste au fort de la lutté des gluckistes et des piccinistes. Aidé des conseils de plusieurs maitres, et surtout de Séjan, organiste de Saint-Sulpice, il fit de rapides progrès dans la composition musicale; mais obligé de se faire avocat et plus tard notaire, il ne put se livrer à son penchant que dans ses moments de loisir. Il écrivit pourtant plusieurs messes à grand orchestre, d’autres avec accompagnement d'orgue seulement; l Hérilage, opéra mis à l'étude au théâtre Favart; une Sémiramis, qui ne fut pas représentée à cause de sa grande ressemblance avec un opéra de Catel, déjà reçu. |

De retour dans le midi, Blaze alla s'établir à Avignon, où il partagea son temps entre le notariat et la musique. La Terreur vint troubler ses plaisirs et le forcer momentanément à prendre la fuite. En 1799 il fit un second voyage à Paris, et profila de son séjour dans la capitale pour y publier quelques-unes de ses œuvres. 11 s’y lia avec Mébul, avec Grétry , dont il était enthousiaste , et qui le fit recevoir en 1800 correspondant de la classe de l'Institut que remplace aujourd’hui l’Académie des Beaux-Arts. Outre ses compositions musicales, on lui doit un roman en deux volumes, inütulé Julien, ou le Prétre, publié en 1805, à Paris, 11 mourut à Cavaillon , le 11 mai 1833.

BLAZE (Fnançois-HenRi-Josepnr, dit CASTIL), son fils, qui passe pour un théoricien musical habile, quoiqu'il soit plutôt mosaiste ct littérateur, naquit à Cavaillon , le 1°" décembre 1784, dans un noble, antique et vaste manoir, Palais-Cardinal de son père, qu'il a complaisamment décrit dans la Revue de Paris. Destiné au barreau, il étudia le droit dans sa jeunesse; mais il montrait déjà plus de goût pour la musique que pour la profession d’avocat, Arrivé à Paris en 1799, il négligea d'abord les cours de la Faculté

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