BLAYE — BLAZE
pour ceux du Conservatoire, recevant de Perne des leçons d'harmonie après avoir achevé l'étude du solfége. Mais ! raison vint le forcer de sacrifier ses penchants à son devoir, et il devint successivement employé, puis chef de bureau à la préfecture de Vaucluse, et enfin inspecteur de la
librairie. | - Toutes ces charges impériales n'empêchèrent pas M, CastilM
Blaze d'accueillir avec de grands transports de joie le retour de l'antique famille des Bourbons. Ses travaux administratifs lui laissaient toutefois peu de temps pour la culture de son art favori. Il jouait de plusieurs instruments ; il avait composé bon nombrede romances, publiées depuis : il s'était surfout occupé de musique dramatique. En 1848 il fit représenter sur le théâtre de Nimes les Noces de Figaro, opéra-comique en quatre actes d’après Beaumarchais, paroles ajustées sur la musique de Mozart, pièce qui depuis fut jouée au théâtre de l’Odéon , en 1896. Elle avait paru. dès 1793 au Grand-Opéra, traduite par M. Notaris ; arran-\ geur bien moins habile que M. Castil-Blaze.
Le succès que cette pièce obtint tourna la tête à notre grand homme de Cavaillon; il renonça au barreau, à Ja carrière administrative, et prit la route de Paris avec sa femme et ses enfants. En passant à Lyon, il y fit recevoir Ze Barbier de Séville, opéra-comique en quatre actes, d’après Beaumarchais et le drame italien, paroles ajustées sur la musique de Rossini, qui ne fut représenté qu’en 1821 et repris à l’Odéon en 1824. Dès 1820 il avait fait paraître à Paris deux volumes intitulés De l'Opéra en France. Homme d'esprit, écrivain plein de verve, M. Castil-Blaze attaquait vigoureusement dans ce livre certains préjugés qui s’opposaient en France aux progrès de la musique dramatique, Cette œuvre remarquable lui ouvrit les portes du Jowrnal des Débats, où il fut admis comme rédacteur de la chronique musicale. Ses articles signés XXX, tout empreints d'originalité méridionale, fondèrent sa réputation. 11 imposa silence au bavardage des littérateurs incompétents , et initia rapidement le public au langage technique dont il se servait, ù
En 1821 il publia ses deux volumes du Dictionnaire de musique moderne, lambeaux de son Opéra en France, dont il fit une seconde édition facticeen 1825. On regrette. dans cette œuvre bizarre trop d'attaques inconvenantes contre les grands compositeurs français du dix-huitième siècle, contre J.-J. Rousseau, entre autres, à, qui l’auteur cependant n’emprunte pas moins de 342 articles. Un critique de mérite, Charles d'Outrepont, dans un écrit intitulé Jean-Jacques Rousseau à M. Castil-Blaze, prit avec bonheur la défense du philosophe de Genève.
En 1821, Don Juan, ou le Festin de pierre, opéra en quatre actes d’après Molière et le drame allemand, paroles ajustées sur la musique de Mozart par M. Castil-Blaze, fut re: présenté à Paris, tandis que les représentations du Barbier de Séville commençaient presque en même temps à Lyon. M. Castil-Blazerédigea, pendant plus de dix ans, la chronique de musique du Journal des Débats, adulant Rossini et les compositeurs italiens et allemands, auxquels il devait ses succès, mais fustigeant sans pitié Glück, Piccini, Grétry surtout, qui pourtant avait fait nommer son père correspon= dant de l'Institut, | \
Le succès de la musique de Rossini à cette époque 1 détermina à continuer ses travaux de traduction et de cou= pure, aln de faire jouir les villes de province des œuv principales du Cygne de Pesaro, recueillant de ses travau non-seulement de la gloire, mais surtout de l'argent, vendant comme siennes pièces et partitions dont il n'é pas précisément l’auteur. Après les trois libretti que no: avons cités vinrent {a Pie voleuse, opéra en trois ac d’après le drame de Caignez et d'Aubigny et d'après le tex italien, paroles ajustées sur la musique de Rossini, joué sur le théâtre de Lille en 1822, puis À Paris au Gymnase ef
BLAZE à l'Odéon; Othello, ou le More de Venise, opéra en trois actes d’après les pièces anglaise, française, italienne, ajusté sur la musique de Rossini, représenté sur le grand théâtre de Lyon en 1823 et à l'Odéon en 1825; les Folies amoureuses, opéra-bouffon en trois actes, d’après Regnard, ajusté sur de la musique de Mozart, Cimarosa, Paër, Rossini, etc., représenté à Lyon en 1823, à l’'Odéon en 1825; la Fausse Agnès , opéra-bouffon en trois actes, d'après Destouches, musique de Cimarosa, Rossini, Meyer-Beer , etc., représenté au Gymnase en 1824, puis à Lyon, et enfin à l’'Odéon; Robin des Bois, opéra-féerie en trois actes, imité du Freischutz, traduitpar M. Sauvage, arrangé par M. Castil-Blaze sur la mu- sique de Weber, pièce qui tomba le premier jour à l’'Odéon, y obtint ensuite un succès sans exemple , et fut reprise en 1835 à l'Opéra-Comique; La Forêt de Sénart,ou la Partie de Chasse de Henri IV, pièce de Collé, réduite à trois actes, musique de divers auteurs allemands et italiens, représentée à l'Odéon en 1826; l’Ztalienne à Alger , opéra-bouffon en quatre actes, imité de l’italien, musique de Rossini (1830) ; Euryanthe, trois actes, d’après le livret allemand, musique de Weber , représenté à l'Opéra en 1831. Plus tard la traduction de Don Juan, retouchée par M. Henri Blaze, son fils, et M. Émile Deschamps, obtint un grand succès à l'Opéra. On doit en outre à ce fécond arrangeur la Marquise de Brinvilliers, drame lyrique en trois actes, de M. Scribe, composé d’une réunion de morceaux puisés dans les partitions de plusieurs grands maitres. | En 1832, M. Castil-Blaze quittale Journal des Débats pour le Constitutionnel, où il séjourna peu, la question financière ne permettant pas aux propriétaires de s'entendre avec le critique. De là il passa à la Revue de Paris, pour laquelle il rédigea, pendant plusieurs années , la partie musicale, et où il fit paraître La Chapelle des rois de France et la Danse et les Buallets depuis Bacchus jusqu'à Taglioni (deux œuvres imprimées plus tard séparément), des notices sur les compositeurs et chanteurs célèbres, une Histoire de l’Académie Royale de Musique et une Histoire du Piano (1840). Déjà, en 1834, il avait commencé à participer à la rédaction du Ménestrel, journal de musique. À la même époque il fournissait au Magasin Pittoresque des articles rentrant dans la même spécialité. Quand, en 1834, Fétis chercha des collaborateurs pour sa Gazette Musicale, le critique nomade porta ses pas vers la nouvelle administration; et lorsqu’en janvier 1838 Za France Musicale s’éleva pour lui faire concurrence, il cessa de participer à la rédaction de la première pour aller s’établir dans la seconde, car nous ne comptons pas pour une infidélité réelle sa petite excursion dans la Galerie des Artistes dramatiques de Paris, en 1840. Notre Dictionnaire de la
Conversation lui doit une foule d'articles sur la musique et :
sur les musiciens.
M. Castil-Blaze s’est fait connaîlre comme compositeur original par quelques morceaux de musique religieuse, des quatuors de violon, un recueil de douze romances, parmi lesquelles on remarque la jolie chanson du Roi René, et par trois opéras-comiquesintitulés Pigeon vole, Belzébulh, Choristeet liquoriste, et qui n'eurentaucuneespèce desuccès.Ses derniers ouvrages littéraires sont : Molière musicien (1852, 2 vol.), l’Académieimpériale de musique (1855, 2 vol.), et L'Opéra italien (1856, in-8°).— Il est mort le {1 décembre 1857, à Paris.
BLAZE (HENRI-ANGE), baron de Bury, littérateur, fils du précédent, né à Avignon, le 17 mai 1813, vint à Paris Jors-
qu'en 1819 sa famille y transporta ses pénates. I] n’a pu- . blié que trois ou quatre volumes ; le reste de ses écrits est “éparpillé dans la Revue des Deux Mondes, dans la Revue de Paris et dans d’autres recueils. Il avait commencé par écrire sur la musique sous le pseudonyme de Hans Wer- | Mer. Admirateur passionné de Gœthe, il fit plusieurs woyages en Allemagne. En 1840 il a donné au théâtre, avec
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M. Émile Deschamps, #n opéra de Don Juan, qui n’est autre que celui de son père refait de fond en comble. On a de lui : Théâtre de Gæthe (1840,in-18), Poésies (1842, in- 18 ), Écrivains et poëles de l'Allemagne (1846, in-{8), Les Kaœnigsmark (1855), Musiciens contemporains (1856, in-8°), Intermèdes et poëmes(1859, in-18 ), Le Chevalier de Chazot (1862, in-18 ), Meyerbeer et son lemps (1865, in-18 ).
Sa hi: Christine BLaze, a épousé M. Buloz, propriétaire dela Revue des Deux Mondes.
Sa femme, Marie- Pauline Srewanr, Anglaise denaissance, a écrit de nombreux articles dans les revues sous les pseudonymes d'Arthur Dudley et de Maurice de Flassan. Elle a signé de son propre nom la relation d'un Voyage en Autriche (1851, in-{8).
BLAZE ( Ezzéar ), frère de Castil-Blaze, né le 18 octobre 1788, à Cavaillon, s’enrôla en 1806 dans les chasseurs à cheval de la garde impériale, devint officier d'état-major, et fit les campagnes de 1807 à 1813. Blessé à Wagram et au siége de Hambourg, il fut, dès la formation de la garde royale, nommé capitaine dans le {er régiment.
Ce corps en novembre 1818 était en garnison à Valenciennes lors de l’évacuation du territoire français par les troupes étrangères. La ville donna une brillante fête à la garnison, et M. Elzéar s’y fit remarquer par son esprit, sa voix et de délicieux couplets de circonstance, qui lui valurent un duel avec un noble comte, capitaine dans son régiment, mais aussi par compensation la main d’une riche veuve. Il donna alors sa démission, et alla habiter les propriétés de sa femme à Chenevières-sur-Marne, dont il a été longtemps maire. Là il put se livrer à une passion qu’il a toujours eue, celle de la chasse, et préparer des ouvrages que le public devait plus tard accueillir avec faveur. En 1834 il fit paraître a Loterie royale dans le Livre des Cent-et-un, et deux ans après, son premier ouvrage sur la chasse, Le Chasseur au chien d'arrêt, qui a eu cinq éditions. En 1836 il prit part à la rédaction du Journal des Chasseurs, créé par Léon Bertrand, et fonda lui-même un recueil périodique avec Guyot et Debacq, intitulé {’A/bum des Thédtres. En 1837 parurent ses deux volumes de /a Vie militaire sous l’Empire. À ces publications ont succédé le Livre du roi Modus, le Chasseur aux filets, l'Almanach des Chasseurs, le Chasseur conteur, l'Histoire du Chien, etc., etc.
En 1840 il perdit sa première femme, âgée de soixanteseize ans, et en épousa une autre, dont l’âge était mieux assorti au sien. 11 alla se fixer alors à Hennebon; mais il s’y ennuya, etrevint bientôt à Paris. Il est mort en octobre 1848. Il y eut peu de grandes chasses en France où il ne se vit convier, et un prince allemand, ravi de ses ouvrages, l’engagea en 1840 à venir chasser dans ses États. Il possédait une riche bibliothèque sur la chasse.
BLAZE (SÉBAsTiIEN), frère du précédent, ancien pharmacien des armées, né en 1785, publia en 1828 un livre qui eut un grand succès : ce sont les Mémoires d'un Apothicaire sur la guerre d'Espagne pendant les années 1808 à 1814. Ilest mort à Apt (Vaucluse), le 12 octobre 1344.
BLE. Cest surtout au froment que le nom de blé s’applique. Cependant ce nom a encore été donné à d’autres céréales, qui pour les botanistes constituent des genres différents. Les économistes confondent le blé dans ce qu’ils appellent communément les grains.
L'agriculture divise les blés en biés d'hiver et blés de printemps ou de mars, désignations qui rappellent le temps des semailles des diverses espèces. Les blés d'hiver sont le froment,le seigle, l'épeautre, et le mélange appelé méteil. Les blés de mars sont l'orge, l’'avoine et quelques espèces de froment qui se sèment après les gelées.
[Il faut être pyrrhonien outré pour douter que pain vienne de panis. Mais pour faire du pain il faut du blé.
Les Gaulois avaient du blé du temps de César, où avaientils pris ce mot blé? On prétend que c’est de bladum, mot employé dans la latinité barbare du moyen âge par le chancelier Des Vignes. Mais les mots latins de ces siècles barbares n'étaient que d'anciens mots celtes ou tudesques latinisés. Bladum venait donc de notre blead, et non pas notre blead de bladum.
On serait curieux de savoir où les Gaulois et les Teutons avaient trouvé du blé pour le semer. On vous répond que les Tyriens en avaient apporté en Espagne , les Espagnols en Gaule et les Gaulois en Germanie. Et où les Tyriens avaient-ils pris ce blé? Chez les Grecs probablement, dont ils avaient reçu en échange de leur alphabet. Qui avait fait ce présent aux Grecs ? C'était autrefois Cérès sans doute; et quand on a remonté à Cérès, on ne peut guère aller plus haut. Il faut que Cérès soit descendue exprès du ciel pour nous donner du froment , du seigle, de l'orge, etc. Mais comme le crédit de Cérès, qui donna le blé aux Grecs, et celui d’Isbeth ou Junon, qui en gratifia l'Égypte, est fort déchu aujourd’hui, nous restons dans l’incertitude sur l’origine du blé.
Sanchoniaton assure que Dagon ou Dagan, l’un des petits-fils de Thaut, avait en Phénicie l’intendance du blé. Or, son Thaut est à peu près du temps de notre Jared. Il * résulte de là que le blé est fort ancien, et qu’ilest de la même antiquité que l’herbe. Peut-être que ce Dagon fut le premier qui fit du pain, mais cela n’est pas démontré. Chose étrange! nous savons positivement que nous avons l’obligation du vin à Noé, et nous ne savons pas à qui nous devons le pain...!
Un juif m’a assuré que le blé venait de lui-même en Mésopotamie, comme les pommes, les poires sauvages, les châtaigniers, les nèfles , dans l'Occident. Je le veux croire jusqu'à ce que je sois sûr du contraire, car enfin il faut bien que le blé croisse quelque part. Il est devenu la nourriture ordinaire et indispensable dans les plus beaux climats, et dans tout le Nord.
. On prétend que les Ethiopiens se moquaient des Égypliens
qui vivaient de pain. Mais enfin, puisque c’est notre nourriture principale, le blé est devenu un des plus grands objets du commerce et de la politique, On a tant écrit sur cette matière que si un laboureur semait autant de blé pesant que nous avons de volumes sur cette denrée, il pourrait espérer la plus ample récolte, et devenir plus riche que ceux qui, dans leurs salons vernis et dorés, ignorent l'excès de sa peine et de sa misère.
On dit proverbialement : « Manger son blé en herbe ; être pris comme dans un blé; crier famine sur un tas de blé, » Mais de tous les proverbes que cette production de la nature et de nos soins a fournis, il n’en est point qui mérite plus l'attention des législateurs que celui-ci : « Né nous remels pas au gland quand nous avons du blé, » Cela signifie une infinité de bonnes choses, comme, par exemple : Ne nous gouverne pas comme on gouvernait du temps d’Alboin, de Gondebald , de Chlodewig. Ne parle plus des lois de Dagobert. Ne nous cite plus les miracles de saint Amable. Distingue toujours les honnêtes gens qui pensent, de Ja populace qui n’est pas faite pour penser. Affaiblis peu à peu toutes les superstitions anciennes, et n’en introduis aucune nouvelle. Les lois doivent être pour tout le monde; mais laisse chacun suivre ou rejeter à son gré ce qui ne peut être fondé que sur un usage indifférent. Si les imbéciles veulent encore du gland, laisse-les en manger ; mais trouve bon qu’on leur présente du pain, En un mot, ce proverbe est excellent en mille occasions. VoLTAmME, ]
BLÉ (Chambre à ). Elle doit être placée dans la maison fermière, et plutôt pranchéyée que carrelée, avec des fenôtres au nord et au midi que l’on puisse ouvrir et fermer à volonté.
On ne doit donner au blé en couche dans la chambre
BLÉ — BLÉMYES
- fougères à feuilles allongées, une seule fois pinnatifides, naïs*
que 30 à 50 centimètres d'épaisseur, et l'on doit le crible continuellement. On le rafraichit ainsi par l'air nouveau q ui dissout et emporte une partie de l'humidité. Il ne faut pa que la main introduite dans le tas éprouve de la chaleufi Il faut passer le blé à la pelle tous les jours en été et Je cribler tous les deux mois. Il faut que l’hiver ait passé sur le blé avant de le consommer. La plupart des maladies proviennent d’un blé trop nouveau. Le blé humide se comprimg au moulin au lieu de se moudre, il reste attaché aux meules, et rend peu de farine, Dès que le blé est coupé et réuni en gerbes , il faut le laisser plus ou moins longtemps sur champ, afin qu’il perde son humidité superflue. Il faut a tendre le ressuiement, et que le blé ait jeté son feu. Il de vient alors plus propre à être gardé au grenier, Quand on a battu, vanné et criblé le blé, on le remet dans la petite paille, chaque grain se trouve alors recouvert d’une matiè e sèche et lisse qui ne s’humecte pas à l’air.
Pour le préserver des charançons, il faudrait tenir l& température de la chambre à blé au-dessous de dix degrés, ce n’est qu’à cette chaleur que les charançons se forment. Quelques agriculteurs, qui donnent peut-être dans le ro mantisme, prétendent que la bergeronnette qui se nourrit d'insectes à deux ailes, comme tipule, cousin, mou che, etc., est essentiellement destructrice des charançons à mesure qu’ils se forment, et ils proposent d’entretenir plusieurs nids de cette espèce de fauvettes dans les greniers à blé. Comte Français (de Nantes ).
BL É D'ESPAGNE, DE TURQUIE, D'INDE. V. Maïs BLÉ MOUCHETÉ. Voyez Cane.
BLE DE VACHE. Voyez MÉLAMPYRE.
BLÉ NOIR. Voyez SARRAZIN.
BLÈGNE, genre de plantes cryplogames, composé d8
sant d’une tige ordinairement rampante ou à peine redres: sée. Les diverses espèces de blègnes appartiennent à des régions très-différentes, mais plus spécialement à la zon@ équatoriale.
BLEICHART ou BLEICHERT, nom d’une excellente sorte de vin du Rhin, l’Ahrweiïn ou vin de l’Abr, que l’o récolte dans la vallée "de l’Abr, entre Andernach ét Bont sur la rive gauche du Rhin. C'est un vin paillet, dont le qualités ordinaires ont un goût de terroir. Les meilleurs crus sont ceux d’Ahrweïler et d'Alternaar,
BLEIME, meurtrissure ou rougeur qui survient quel quefois à la sole ou au talon du cheval, et qui est suivie d’épanchement de sangou de formation de pus. On en dis: tingue deux espèces, l’une naturelle et spontanée, l’autre accidentelle.
La bleime naturelle et spontanée se montre sous des fors mes diverses,quiserapportent à cinq variétés, dont la premièr prend le nom de bleime sèche, et les quatre autres se réu nissent sous l’appellalion commune de bleime encornée.
La bleime accidentelle est produite par un défaut de 1 ferrure, soit que les talons bas portent sur le fer et en soie meurtris, soit qu'un caillou s’introduise entre l'éponge d fer et le talon.
BLEKING. C’est une des provinces les plus agréables de laSuède, avec ses îles pittoresques et le caractère de nature, moins sévère là que partout ailleurs. Ses bois s'4 niment sans cesse du chant du rossignol. Les habitants son! d’une belle race, et les femmes renommées dans toute Suède pour leurs charmes, Le chef-lieu de la province € Bleking est Carlscrone, station de la grande flotte, d fendue par deux énormes rochers qui commandent le p sage et sont garnis de batteries formidables, dont les feu secroisent. Carlshamn, ville commerçante, a eu une gran importance pendant le système continental. En 1866 la pr vince entière comptait 125,436 habitants.
BLÉMYES ou BLEMMYES, ancien peuple de thiopie, sur lequel on a fait plusieurs contes, et dont on
BLEMYES — BLENNORRHAGIE
dit entre autres qu'ils étaient sans tête et qu'ils avaient les yeux et la bouche placés sur la poitrine. Quelques auteurs ont trouvé la raison de cette fable dans l'habitude qu’ils avaient de s’enfoncer la tête entre les deux épaules, qu’ils élevaient beaucoup, et Cochard prétend que leur nom vient de deux mots hébreux , dont l’un signifie négation, privation, et l’autre cerveau ; d’où il croit pouvoir tirer la conclusion rigoureuse que les Blémyes étaient au moral des gens sans cervelle et sans tête. Ce qu'il y a de certain, c’est qu’ils habitaient les déserts voisins des frontières de l'Égypte, et qu’ils commencèrent à se faire remarquer pendant le troisième siècle de l'empire. Ils servaient en Égypte le tyran Firmus; et Aurélien, après les avoir vaincus, les fit paraître à son triomphe. Sous Probus ils se répandirent dans l'Égypte méridionale, et prirent Coptos et Ptolémaide; mais ils furent domptés par Florus, lieutenant de l’empereur Marcien, l’an de J.-C. 450. Edme HÉREau.
BLENDE, minerai, autrement appelé sulfure de zinc; substance de couleur jaune ou brune, très-éclatante , tendre et lamelleuse, remarquable par son clivage sextuple, qui donne pour noyau un dodécaèdre rhomboïdal; elle accompagne presque constaniment la galène dans les mines de plomb.
BLENHEIM ou BLINDSHEIM, village du bailliage d'Hochstædt, dans le cercle bavaroïis de Souabe et de Neubourg, qui est demeuré célèbre dans l’histoire par la victoire que le duc de Marlborough y remporta le 13 août 1704 sur l’armée française, dans la guerre de la succession d’Espagne. Les drapeaux français pris dans celte journée, et qui étaient demeurés suspendus dans Péglise de l'endroit, en commémoration du triomphe des armées alliées, furent rapportés à Paris en 1805 (voyez l’article Hocasræpr { Bataille d’|). La reine et le parlement, pour témoigner leur gratitude au duc de Marlborough, lui firent présent d'un riche domaine dans le comté d'Oxford, dont on changea le nom, ainsi que celui du bourg voisin, en celui de Blenheimhouse.
BLENRER (Louis), révolutionnaire badois, né vers 1815. Après avoir porté les armes en Grèce, Blenker établit un commerce de vin à Worms ; mais il fit faillite. Élu
colonel de la garde bourgeoise de Worms, à la suite des”
événements de 1848, il prit une part active, l’année suivante, à la révolution du pays de Bade. A la tête d’un corps de volontaires de la Hesse rhénane et du Palatinat, il sempara, le {0 mai, de Ludwigshafen, fit prisonniers quelques officiers bavarois, et admit dans sa troupe ceux de leurs soldats qui voulurent s'engager sous ses drapeaux. Le 17 mai il se rendit maître de Worms, dégarnie de troupes ; mais, menacé sur son flanc, il l’abandonna bientôt. Dans la nuit du 19 au 20 mai, il dirigea contre Landau une attaque fort mal préparée, et échoua. Après une seconde expédition contre Worms, le 25 mai, il retourna dans le Palatinat, laissant dans cette ville une garnison d'environ trois cents hommes, qui en furent chassés le lendemain par les troupes hessoises. Lorsque les Prussiens entrèrent dans le Palatinat, il leur livra un combat d’avant-postes près de Bobenheim ; et après l’éxacualion de cette contrée, il prit part à la lutte qui se conüinua dans le pays de Bade, Le Polonais Twinski s'étant retiré à Strasbourg avant le combat de Waghæusel, Blenker prit le commandement supérieur de toute la milice du Palatinat destinée à couvrir Carlsrube et à protéger la retraite de Mieroslawski. Peu de jours avant l'affaire de Durlach, il fut chargé @e la défense de Mühlburg et de Knielingen, par Becker, qui, outre le commandement de la cinquième division, avait reçu celui des troupes palatines du général Sznaida. Cependant il se retira sans en venir aux mains, Au combat sur la Murg, il défendit l’importante position de Gernsbach avec trois faibles bataillons de milice ct deux pièces de canon. Chossé de ce poste, il se replia sur Sinsheim, sans essayer de défendre les positions d'Ebersteinburg, de Baden-Baden ou d'Cos, qui couvraient PICT, DE LA CONYERS. — T, Il, |
les derrières des insurgés. Sigel ayant repris le commandement en chef après l'éloignement de Mieroslawski, Blenker suivit à Donaueschingen les débris de l'armée insurgée ; mais, par ordre de quelques membres du gouvernement provisoire, il dut se retirer aussitôt en Suisse avec sa troupe, Expulsé en septembre 1849, il s'embarqua avec sa femme pour les États-Unis. En plusieurs circonstances Blenker à fait preuve de courage personnel ; mais il manquait des qualités nécessaires à un chef militaire. Ilest mort en 1863.
BLENNIE ou BAVEUSE, genre de poissons de l’ordre des acanthoptérygiens et de la famille des gobioïdes. On les nomme ainsi à cause de la mucosité qui couvre leur corps. Il y en à un très-grand nombre d’espèces, mais ils sont trop petits pour servir d’aliment. Ils vivent en petites troupes le long des rivages de la mer, Les yeux des blennies sont placés de chaque côté de la tête, et non à la face supérieure ; leurs ventrales ont deux rayons ; leur corps est aplati de haut en bas, et ils n’ont qu’une seule dorsale.
BLENNORRHAGIE, BLENNORRHÉE (de Give, mucus, etiéw, je coule ). La blennorrhagie a été ainsi appelée par Swédiaur, qui substitua avec raison ce nom à celui de gonorrhée (de (vos, semence), employé jusque alors. C'est une affection aiguë, caractérisée par un écoulement muqueux ou puriforme des parties sexuelles, écoulement qui résulte le plus souvent d’un contact intime avec un individu déjà atteint d’une affection analogue. Cependant il est des écoulements blennorrhagiques qui semblent tout à fait spontanés, et qui se déclarent sans qu'aucune cause irritante ait manifestement agi sur l’urètre. Ces écoulements se lient alors à un état général, et sont ‘sympathiques de la souffrance d’un organe plus ou moins éloigné. C’est ainsi qu’on a vu l’urètre devenir tout à coup le siége d’un flux muqueux ou puriforme pendant le travail de la dentition, et plus souvent chez les adultes affectés de rhumatisme, de goutte, de dyssenterie, ou qui présentent des signes d’inflammation de quelque autre membrane muqueuse. Ces sortes de blennortbagies catarrhales ont régné quelquefois épidémiquement. D’autres fois, la blennorrhagie reconnaît une cause toute mécanique : l'introduction répétée de sondes, de bougies, la masturbation, etc. L'ingestion de certaines substances peut produire le même effet chez des individus prédisposés : ainsi il paraît constant que des hommes ont eu des blennorrhagies pour avoir bu en abondance certaines espèces de bières. Toutefois les faits de ce genre sont excessivement rares, et la presque totalité des blennorrhagies sont contractées dans des rapports sexuels impurs.
Tout le monde comprendra combien il serait important de pouvoir distinguer la nature des divers écoulements. Mais ce diagnostic différentiel est reconnu à peu près impossible par les hommes les plus expérimentés. Les caractères distinctifs que quelques personnes ont cru trouver dans la couleur, la consistance et l’abondance de l'écoulement , dans la douleur plus ou moins vive qui accompagne l'émission des urines, dans la marche de la maladie, dans le temps plus ou moins long qui s’écoule entre l’action qui l’a engendrée et la manifestation de la blennorrhagie, n’ont point la valeur qu’on leur attribue. On devra toutefois se méfier des blennorrhagies qui ne débutent qu'après plusieurs jours d’incubation , qui suivent pendant quelque temps une marche progressivement ascendante et s’accompagnent d'inflammation assez intense. On se méfiera également de celles qui se compliquent d’accidents étrangers à la blennorrhagie simple. Mais il n’y a dans la réunion de toutes ces circonstances rien qui puisse caractériser une blennorrhagie d'origine vénérienne.
Le traitement de la blennorrhagie varie suivant le tempérament et l’état du malade. Le plus efficace des antiblennorrhagiques est sans contredit le copahu, auquel on unit souvent le cubèbe. Les injections d’acétate de plomb, de
| sulfate de zinc, de nitrate d'argent, etc., sont également
employées avec succès, En certains cas, les antiphlogistiques sont prescrits, et dans tous le malade doit suivre un régime sévère. Lorsqu'on se trouve atteint de cette maladie, qui, étant négligée, peut donner naissance aux accidents les plus fâcheux , en supposant même qu’elle ne‘puisse pas dégénérer en affection syphilitique, la prudence conseille d’avoir immédiatement recours aux soins d’un praticien éclairé.
La blennorrhce n’est autre chose que la blennorrhagie chronique; elle peut être primitive, mais presque toujours elle succède à l’état aigu. Cette affection est séricuse, et ne doit jamais être négligée. Il est fâcheux que la plupart des malades regardent comme à peu près insignifiants les suintements qui constituent la blennorrhée. Cette sécurité a souvent de déplorables résultats ; car ces simples suintements, ces gouttes, conservent parfois le caractère contagieux pendant des années entières, et il est fréquent de voir des individus qui en sont afteints perpétuer l'infection dans leur famille, {l est impossible de fixer une époque où les écoulements cessent d’étre contagieux. On ne peut pas toujours se fier aux qualités des liquides; car on voit quelquefois un suintement muqueux, transparent, liquide, filant, glaireux, avoir des propriétés contagieuses comme celui qui est laïteux et purulent.
BLEPHARITE (de Bréoxpov, paupière), inflammation des paupières , qui peut être occasionnée par l'impression brusque du froïd, la suppression de la transpiration cutanée, des piqûres d’abeille on d’autres insectes, des contusions, des érisypèles de la face ou du derme chevelu, ete., causes auxquelles il faut encore ajouter les scrofules, les rhumatismes et la syphilis.
Chez le sujet atteint de blépharite, les paupières sont gonflées, luisantes, le globe de l’œil est tout à fait recouvert, la paupière supérieure ne peut se soulever; en écartant l'inférieure, le globe de l'œil est reconnu sain, mais Jlarmoyant. La tuméfaction œdémateuse des paupières est d'une coloration variant du rouge pâle au rouge écarlate et livide; elle disparaît sous la pression du doigt, comme cela arrive partout où il y a un érysipèle simple ; le malade éprouve une sensation de chaleur gradative, et qui devient lancinante au toucher. Des phlyctènes se forment, se crèvent, laissent écouler un liquide séreux, limpide ou lactescent. La caroncule lacrymale, les points lacrymaux, la conjonetive, prennent part à l'inflammation ; on voit se développer au devant du sac lacrymal, dans le tissu cellulaire qui le recouvre , une tumeur qui ne communique point avec ce conduit, et qu'on peut inciser sans donner lieu à une fistule lacrymale, en prenant toutefois les précautions nécessaires pour éviter de parvenir jusqu’au sac.
Les évacuations sanguines générales et locales, en rapport avec la force du sujet et l'intensité phlegmasique , les p'diluves irritants, les boissons délayantes et laxatives, la diète, constituent la base du traitement de la blépharite, Les applications.de sangsues doivent être faites aux tempes, à la joue, derrière les oreilles, mais jamais aux paupières, dont le tissu trop relâché donnerait lieu à une augmentation de l’épanchement et à des ulcérations succédant aux morsures des sangsues. Les cataplasmes de fécule de pomme de terre, de farine de graine de lin, etc., ne doivent jama's être continués longtemps; ils seront à la fin remplacés par des applications astringentes, résolutives, à mesure que les douleurs , la tension et la chaleur diminuent.
Une violente inflammation des paupières amène souvent des abcès, surtout à la paupière supérieure. Ces abcès doivent toujours être ouverts de bonne heure, par une simple ponction avec la lancette.
L'existence de plaqnes gangréneuses ne doit pas faire rejeter les antiph'ogistiques; mais cette grave complication exige qu'on les combine avec les préparations de quinquina.
BLÉSITE, On donne le nom de blésite à ce vice de la parole par lequel sont radoucis à contre-temps certains mots