‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 3)Chapitre 189 sur 527 · BLENNORRHAGIE — BLESSÉ · texte numérisé non relu

BLENNORRHAGIE — BLESSÉ

que ls, le j et le g concourent à former. C’est, au reste, la manière de parler des peuples méridionaux, Espagnols, Italiens, Portugais ou Brésiliens, qui immigrent chez nous. Les personnes dont nous parlons prononcent z’aime, Zulie, zéranium, Zalomon. Cette prononciation vicieuse est parüculièrement familière aux jeunes enfants, dont les muscles ont encore trop peu d’énergie pour faire vibrer l'air entre la langue et le palaïs. II n’est pas non plus très-rare de rencontrer des femmes délicates, et ce qu’on appelait du temps de Condé des petiles-maitresses ( par analogie aux pelits-mailres qui entouraient ce grand homme à son glorieux retour de Rocroi), conserver cette prononciation enfantine , soit dans la crainte de déformer une jolie bouche , soit pour mieux jouer la faiblesse et l’ingénuité, Cest un défaut que les précieuses de Molière et les abbés de Boursault et de Sédaine ont accablé de ridicule, sans le corriger

entièrement. Il était assez commun dans les commence-

ments du règne effectif de Louis XIV, moins cependant que sous les ministères de Richelieu et de Mazarin. On avait alors la fureur de la poésie et des romans espagnols, tendance littéraire que la jeune reine, épouse de Louis XIV, ne fit qu’accroitre : c’est à cette époque que parurent et Ze Cid de Corneille et la Zaïde de madame de Lafayette. De

l'espagnol on passa bientôt à l'italien, que Catherine de:

Médicis avait déjà en d’autres temps mis à la mode : on citait l’Arioste, on admirait le Tasse, malgré le courronx de Boileau ; et, tout en enrichissant notre idiome, ces nouvelles études corrompaient le langage de quelques béaux esprits contemporains. Mademoiselle de Scudéri, ainsi que Ménage et Pélisson, prononçait le français et l'italien comme Boccace et Guarini auraient pu faire. Cette petite mademoiselle Duplessis, dont madame de Sévigné, qu'elle ennuyait, se moquait si agréablement aux Rochers, avait aussi cette manie, qui heureusement a presque disparu de nos jours. C’est maintenant vers l'Angleterre que nous inclinons, et notre prononciation s’en ressent déjà. Remarquons, au reste, que les mêmes personnes qui substituent le z au g et au j ont souvent le défaut de mettre des Z où il faudrait des r, et de ne point prononcer l’ de certains mots : elles disent décire pour déchire, et Sarles pour Charles. Voyez Jora CISME et LALLATION. D' Isidore Bocnpox:

BLÉSOIS. Voyez BLAïsois.

BLESSE , mot qui, suivant Vol{aire, serait dérivé de l’aoriste du verbe grec Biärtw, origine au moins douteuse. Au quinzième siècle on écrivait blécé, comme le témoigne Bonnor, en 1431. Dans les siècles un peu plus anciens du moyen âge, on ne se servait, au lieu de ces termes, que des expressions méhaigné, navré. Les bouges, les coutelas, les mails, les masses, ont eu jadis pour principale destination le massacre des blessés; cela s'appelait les achever. Le mot blessé donne quelquefois l'idée d'éclopé, mais il s'applique plus communément anx militaires blessésles jours d'action ; il désigne aussi quelquefois, en langage d'hôpital, des militaires auxquels un événement, quel qu'il soit, a occasionné une blessure, ou bien qui sont affectés d’une maladie chirurgicale spontanément survenue.

Le nombre des blessés à la guerre se serait autrefois, si l'on en croit Chennevitres, qui écrivait en 1750, supputé, après une campagne vive, à raison d'un homme sur dix; mais une estimation si positive n’a jamais été possible,

On a dirigé, dans le siècle passé, contre un grand prince, une accusation bien grave, mais probablement calomnieuse ; on a prétendu que, par des procédés occultes et concertés avec les chefs de ses hôpitaux , il dévouait à une mort cal: culée ceux de ses blessés que la gravité de l'accident rendait à jamais ou pour longtemps impropres au service, Ce prince, qui suivait le culte protestant, s'imposail du moins des formes et un mystère qu'avait dédaignés un prince cas tholique et inttré, Nous voulons parler de l'évêque Vangalen, qui, forcé de lever le siége de Groningne en 1679, fit égor-

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