BLESSE — BLESSINGTON
ger sous ses yeux tous les blessés que sa propre armée abandonnait sur le champ de bataille.
Henri 1V a laissé d'autres souvenirs : depuis son règne, les soldats estropiés ont trouvé secours et asile, Ils n'étaient pas réduits, après leur guérison, à solliciter, comme en d’autres milices, la faveur de mendier par brevet. Henri [V a fait faire un grand pas à l'administration militaire en créant les ambulances. Louis XIV a institué l'hôtel des Invalides, Cet établissement n'a pas été fermé de nos jours aux inutilés qui ont survécu à Waterloo.
A la guerre, les premiers secours sont administrés aux blessés par le chirurgien-major du corps, par les officiers de santé des ambulances volantes, par les chirurgiens des ambulances ordinaires. A cet effet, les uns et les autres doivent ètre accompagnés de caissons d'ambulance, et pourvus des appareils nécessaires. Les commissaires des guerres élaient chargés d'y veiller ; cette fonction de surveillance est maintenant confiée aux officiers d’intendance.
La disposition où sont les soldats d’abreuver de liqueurs spirilueuses leurs camarades blessés et laissés sur le champ de bataille est charitable dans ses motifs et pernicieuse par ses effcts, car l'eau-de-vie allume en eux une fièvre souvent mortelle,
Des règlements et différents ordres du jour ont défendu aux soldats de quitter le combat pour transporter les blessés. Ces! une pensée sage et surannée, renfermée dans un ordre ridicule et barbare.
La formalité des billets d'entrée à l'hôpital étant incompalible, les jours d'action, avec la promplitude des secours que réclame l’état des blessés, ils sont admis aux hôpitaux sur le vu de leurs blessures; mais, dans l'intérêt de l’état civil, non moins que dans l’intérèt de l'administration des corps , il doit être pris par les administrateurs et les chirurgiens d'hôpitaux toutes les mesures propres à suppl‘er les renseignements qu'eût procurés un billet d'entrée, et à constater les noms, le corps, etc., du malade entrant, En cas de capitulation conclue à l'issue d'un siége, les soins que réclame l'état des blessés, des jambes de bois, des estropiés, la quantité d'officiers de santé et d’infirmiers laissés près d'eux, le nombre d:s chariots couverts destinés au lransport des hommes incapables de marcher, doivent être l'objet de conventions et d’arrangements soigneusement débattus.
Une loi de l'an LEE (14 f'uctidor) voulait que les blessés passant devant les postes ou sentinelles y reçussent le salut du port d'arme. Ce genre d'honneurs n’a pas Cté maintenu et ne pouvait l'être, puisqu'il eût fallu, pour que la disposition fut raisonnable, qu’un signe distinctif annonçät que les blessures étaient du fait de l'ennemi.
Dans plus d'une mil'ce, la manière d’administrer à la guerre les premiers soins aux b'essés est rèstée une ces parties les moins avancées de l’art militaire. A la bataille de Franc{ort-sur-l’'Oder, dans la guerre de 1756, le major prussien Kleist, renversé par deux blessures, ct dépouilé par les maraudeurs, resta nu sur le champ de bataille et s'y débattit pendant vingt-quatre heures, au milicu de quelques aumônes jetées par des cosaques que sa position avait émus de pitié. Poëte célèbre, il justifia le lendemain ce vers d'une de ses odes : Peul-êlre, un jour, mourrai-je pour la palrie! Les universités voisines accoururent relever et honorer son cadavre,
Le sort des blessés sur le champ de bataille, le dépouillement, les mutilations qui les y attendent, les insultes qu'ils ont à redouter des coureurs, les améliorations vaincment proposées, ont été exposés par Colombier (1772), par Sancassini, et décrits dans la relation de la bataille d'Austerlitz (Journal des Sciences militaires, tome XXIT, p. 227), où après quarante-huit heures les blessés n'étaient pas encore pansés; les amputés de Smolensk, quinze jours après l'action n'étaient pas encore tous relevés du champ de bataille. Le général Philippe de Ségur (28 octobre 1812)
a peint ce malheureux qui, privé de deux cuisses à Boredino, ct se trainant sur un lit de cadavres, avait vécu depuis cinquante jours sans secours d'aucune espèce, IL s’est vu de nos jours mille événements aussi inouis que les faits rapportés par Feuquerolles dans l'Encyclopédie Méthodique, mais il ne s’est jamais tracé de peinture plus attendrissante que celle d'un guerrier qui se réveille nu et aveugle sur un champ de bataille abandonné et silencieux, On ne pourrait y comparer que le récit des aventures d’un soldat (Sylvain Dubois) devenu sourd-muet sur le champ de batüille de Leipzig : le récit s’en trouve dans le Speclaleur militaire, Vi volume, 31° livraison. GA DannN.
BLESSEBOIS (Pienre-CoRNEILLE DE), écrivain du dixseptième siècle dont les ouvrages, très-peu dignes d'estime à tous égards, ont acquis auprès des bibliomanes une valeur extraordinaire, Ce que l’on sait sur le compte de ce personnage se borne à ce qu’il en dit lui-même. Originaire de la Normandie, son inconduite l’amena à se réfugier en Hollande, Ch. Nodier, dont la vive imagination aimait les paradoxes, a voulu établir que Blessebois n'avait jamais existé, si ce n’est sur des frontispices de livres, et que c'était un pseudonyme adopté par quelque auteur de l’époque. Un privilége accordé à M, de Corneille de Blessebois pour l'impression d’une tragédie publiée en 1675 à Châtillon-sur-Seine atteste cependant la réalité de l'individu. Deux genres d'ouvrages très-différents ont paru sous ce nom : des tragédies morales, même dévotes, dans le goût des anciens mystères, ayant pour sujets : Les Soupirs de Sifroi, ou l'Innocence reconnue ; la Vicloire de la glorieuse sainte Reine sur le tiran Olibrius ; des poésies libres réunies sous le nom d'Œuvres Salyriques, et dont les exemplaires, plus ou moins incomplets, toujours très-rares (ils ne le seront jamais assez), se sont parfois élevés dans les ventes publiques à Paris jusqu’au prix de quatre à cinq cents francs. Divers bibliographes ont discuté avec grand détail, sans réussir À se metre d'accord, les questions qui se présentent à l'égard de ce problématique et très-peu recommandable auteur; nous-même avons entrepris quelques recherches spéciales , mais nous ics condamnons à l'oubli; car il faut bien, selon la judicieuse remarque de Ch. Nodier, laisser quelque chose à faire aux heureux désœuvrés qui ont assez de temps pour s'occuper de Blesseboïs et assez peu de solidité d’esprit pour s'imaginer que, de toutes les questions dans l'étude desquelles on peut user sa vie, il n’y en a point de plus utile et de plus raisonnable. Gustave BRUNET.
BLESSINGTON (MançuerTe POWER, comtesse de), frlandaise célèbre par la grâce, la finesse et l'élégance &e son esprit, naquit le 1° septembre 1789, à Curragheen, dans le comté de Waterford, qu'habitait son père, Edmond Power. Elle avait à peine quinze ans lorsqu'elle épousa le capilaine Léger Farmer, et elle était déjà veuve en 1817. Unie en secondes noces, l’année suivante, à Charles-John Gardiner, comte de Blessington, elle fut introduite par lui dans le grand monde, où elle ne tarda pas à se faire un nom. Is entreprirent ensemble plusieurs voyages sur le continent, et réunirent partout, comme à Londres, la société ja plus brillante et la plus choisie. A Gênes elle se lia d’une intimité tout intellectuelle avec lord Byron, et séjourna à Pa ris jusqu’en 1829, époque où son mari y mourut.
Ce dernier lui ayant laissé une fortune considérable, elle put se livrer sans contrainte à ses penchants littéraires, et fréquenta les cercles aristocratiques, qu’elle a surtout peints dans ses romans. Elle-même tenait sa petite cour souveraine dans l'hôtel patrimonial de son dernier époux, à Gore- House, dans Kensington, bourg du West-End de Londres. Ses célèbres soirées littéraires étaient fréquentées par tous les contemporains anglais en reno:n, Dickens, Bulwer, efc., par le comte d'Orsay et par beaucoup d’autres étrangers à la mode. Elle était liée avec tous les membres de la famille Bonaparte. On la vit arriver en toute hâte à Paris à la nou-
velle de l'avénement à la présidence du prince Louis-Napoléon et louer un hôtel près de l'Élysée. C’est là qu’elle est morte, le 4 juin 1849.
Durant l'exposition universelle de Londres de 1851, le célèbre cuisinier français Soyer eut l’heureuse idée d’établir ses fourneaux et ses somptueux salons dans l’ancien hôtel de lady Blessington à Gore-House. Il n’en fallut pas davantage pour y attirer la foule des gens comme il faut ou qui voulaient passer pour tels. Bientôt le Symposion fit fureur,
[ Parmi les œuvres de l’illustre Irlandaiïse, on remarque : la Lanterne Magique, scènes de la métropole (1829 ); des Esquisses de Voyage en Belgique (1832); des Pensées cet Réflexions insérées dans le New Monthly Magazine, el surtout ses Conversalions avec lord Byron (1834 ). Le péché le plus grave de la société "britannique y est attaqué avec une spirituelle et brillante audace. Depuis cette époque, plusieurs romans du même écrivain : {es Confessions d'une Dame sur le retour (1837); les Partisans du Rappel; les Deux Amis ; les Loisirs d’une Femme en France et en, Italie (1840); la Gouvernante (1840); Les Victimes de la Société (1837) ; Les Confessions d’un Gentleman sur le relour ; le Flaneur en France; le Flaneur en Italie; La Loterie de la Vie; Meredith ; Strathern ; Marmaduke-Herbert ; les Mémoires d'une Femme de chambre; Country-Quaters, et beaucoup d’articles dans les magazines et les revues, témoignent à la fois de la fécondité de lady Blessington et de cette inspiration contraire aux habitudes puritaines de la société britannique que nous avons déjà signalée. La dissidence qui exista toujours entre elle et la haute société britannique explique, si elle ne justifie pas, l'espèce d’injustice dont elle fut la victime; les critiques anglais parlaient d’elle rarement, et la place subalterne qu’ils semblaient lui assigner parmi les romancières de troisième ou quatrième ordre était tout à fait indigne de l'élégance sans affectation et de l’ingénieuse nouveauté d’observation et de style qui distinguent ses écrits. Malgré la position isolée que s’était faite à Londres lady Blessington, et l'opposition constante dont elle s'était armée contre les conventions sociales du pays le plus rigide sous ce rapport, ses soirées, comme on l’a dit, furent constamment trèssuivies. Comme talent, on doit reconnaître chez elle plus de finesse et de grâce que chez mistriss Trollop, un goût plus pur que celui de lady Morgan, l’absence de ce pédantisme subtil et statistique qu’on peut reprocher à miss Martineau ; et, en dépit de la résistance opposée par la société anglaise aux progrès de sa réputation, le nom de lady Blessington nous semble devoir se placer avec honnêur parmi les noms littéraires de l'Angleterre au dix-neuvième siècle.
Philarète CnAsLes.]
BLESSURE. Ce mot dans le langage commun est synonyme de plaie; mais envisagé sous le point de vue de la médecine légale, il s'applique à tous les désordres occasionnés dans les organes par des agents extérieurs : ainsi, les brûlures, les contusions, les fractures, les luxations, sont des blessures aussi bien que les incisions et les piqûres. Infiniment variées dans leurs degrés de gravité comme dans leurs formes, les blessures peuvent être légères, dangereuses ou mortelles : celles-ci sont distinguées en blessures mortelles de nécessité, et en celles qui ne le sont que par accident. On conçoit combien cette appréciation exige de science et de jugement, surtout si l’on considère que des décisions de l'expert dépend la condamsation ou l’absolution de l’aceusé, innocent ou coupable.
D'après le Code pénal français, modifié par une loi du13 mai 1863, l'auteur de blessures volontaires ayant occasionné une incapacité de travail de plus de vingt jours, est puni d’un emprisonnement de 2 à 5 ans, et d'une amendede 16fr, à 2,000 fr. ; si ces violences ont été suivies de la perte d'un membre où d'infirmilés permanentes, la peine est la réclusion;
BLESSINGTON — BLÉTIE
si elles amènent la mort dans l'intention de la donner, onappiique les travaux forcés à temps. La préméditation ou le suet apens entraîne, dans le premier des trois cas précédents, la peine de la réclnsion, dans le second, celle des travaux forcés à temps et la perpétuité dans le troisième. Les coups et blessures n'ayant occasionné aucune maladie ou incapacité de travail entraînent un emprisonnement de 6 jours à 2 ans et une amende de {6 à 200 fr., ou seulement l’une des deux peines ; mais dans le cas de préméditation ou de guet-
“apens l'emprisonnement est de 2 à 5 ans, l’amende de 50 à
500 fr. Les blessures ou les coups résultant de défaut d'adresse ou de précaution sont punis d’un emprisonnement de six jours à deux mois et d’une amende de 16 à 100 fr. Des ircons tances accessoires aggravent ou atténuent la peine.
Lorsqu'un accident fait craindre ou produit la mort du
fœtus pendant là grossesse, on dit que la mère s’est :
blessée (voyez AYORTEMENT). Vulgairement aussi on appelle blessure les pertes de sang qui surviennent pendant la grossesse,
Au moral, les blessures sont une atteinte profonde portée à l’homme, soit dans ses affections les plus tendres, soit dans ses sentiments les plus délicats : on en guérit sans doute, mais il est rare qu’il n’en reste pas quelque trace. Un père reçoit une cruelle blessure de la mauvaise conduite de ses enfants, surtout lorsqu'elle devient publique; le cœur d’une mère saigne si sa fille bien aimée ne récompense tous ses soins que par lingratitude la plus noire. Après des sacrifices sans nombre et des promesses sacrées, celle que nous aimons nous trompe-t-elle , c’est une blessure qui ne se referme plus. On se console des pertes d’argent au moyen de certaines privations qu’on s'impose , l'étude procure quelquefois des instants délicieux à l'ambition trompée ou déchue ; mais il est des blessures que tout aigrit, la société comme la solitude , parce qu'on manque de force pour s’isoler de ses souvenirs. Aux époques où tous les rangs entrent en rivalité, les plus terribles blessures sont celles que l’on fait à l’'amour-propre; alors ce n'est pas une personne, une famille que l’on désole, c'est souvent une classe entière ; mais la vengeance voit {ôt ou fard se lever le jour de son triomphe, et elle est impitoyable, parce qu’elle mesure ses coups à la longueur de ses souffrances. Dans les capitales, où l’on ne se rencontre qu’en passant, on est froissé dans son amour-propre ; c’est une sensation pénible, sans doute, mais on l’oublie vite au milieu du tourbillon qui emporte tout. Dans les petites villes, au contraire, comme le rapprochement est continuel, les rivalités sont toujours en présence, c'est à désespérer l’'amour-propre, que de part et d'autre on prend sans cesse pour point de mire, car l’on se connaît trop bien pour ne pas frapper juste, et tout coup occasionne une blessure. SAINT-PROSPER.
BLET, BLETTE, ces mots se disent d'un fruit devenu mou par excès de maturité, Quelques fruits, comme les nèfles, les alises, ne se mangent qu'en cet état. D'autres, comme les poires, sont encore mangeables lorsqu'ils sont blets; enfin la plupart, coinme les pommes, acquièrent alors des propriétés repoussantes.
BLÈTE (en latin blitum) est un genre de la famille des atriplicées et de la monandrie digynie, qui renferme des herbes annuelles qui croissent en Europe et dans les régions tempérées de l'Asie. On emploie en médecine comme émollient le blilum capitatum, dont les fleurs, ramassées en pelotons tout le long de la plante, deviennent en mûrissant d’une couleur rouge qui fait ressembler chaque peloton à une fraise.
BLÉTERIE (LA). Voyez LA BLÉTERIE.
BLÉTIE, genre de la famille des orchidées, tribu des
épidendrées, dont les espèces sont assez nombreuses. Ce sont des plantes herbacées et terrestres, à racine tubériforme et renflée, à feuilles allongées, ensiformes et plissées suivant leur longueur, Les fleurs, ordinairement disposées
BLÉTIE
en grappe simple ou rameuse, sont quelquefois de couleur
très-vive , et dans quelques-unes elles sont fort belles.
Une vingtaine d'espèces composent le genre blélie ; presque toutes sont originaires du Pérou ou du Mexique; un petit nombre croissent aux îles australes d'Afrique.
BLETTE, Voyez PoiRée.
BLEU. Cette couleur si douce à l'œil est une de celles dont la nature aime le plus à revêtir ses productions. L’atmosphère lui emprunte ses nuances délicates, la mer ses reflets inconstants, l’arc-en-ciel quelques-unes de ses harmonies. Elle donne à plusieurs minéraux un brillant qui les fait rechercher ; nous l’admirons dans un grand nombre de fleurs, dans les plumes des oiseaux, les écailles des poissons, les ailes et la tunique des insectes, les coquilles des mollusques. Mais l’homme exclusif voudrait l’engendrer à volonté, et il cherche avec fureur un daklia bleu, une rose bleue ! Elle se montre souvent dans l'iris de l'œil hu-
main, et y caractérise ou une bonté touchante ou l'instinct des molles voluptés. Dans l'œil de quelques animaux, et principalement parmi les espèces du genre jelis, elle prend au contraire un éclat menaçant. Les peintres ont peine à reproduire sa grâce lorsqu'elle court en rameaux déliés sous - une peau transparente, Les médecins redoutent son apparition sur la face humaine, comme un symptôme de souffrance et de mort. Les sociétés et les partis en ont fait un signe de ralliement. On en a fait l'emblème de la constance, de la tendresse. Il n’est pas jusqu’à la cuisine où son nom ne soit en honneur. Enfin , son emploi pour l’embellissement . de nos demeures et de nos vêtements, son extraction de ses | gangues naturelles et sa production par des agents chimiques , constituent des branches intéressantes de la technologie.
Le bleu est une couleur simple, un des sept principaux rayons du spectre solaire. Quoique parmi toutes les couleurs, dont la réunion forme la lumière blanche, les rayons bleus ne soient pas les plus réfrangibles, ils ont cependant là propriété particulière d'être réfléchis de préférence à tous les autres par la seule résistance mécanique des molécules des corps qui peuvent transmettre la lumière. On remarque ce phénomène dans les grandes masses de fluides trans-
parents comme l'air et l’eau; dans les corps opaques de
pelite dimension demi-transparents, comme les opales ; enfin dans les corps opaques, blancs ou colorés, réduits en lamelles très-minces, comme la peau ou livoire. Mêlée au
jaune , elle engendre le vert ; alliée au rouge, elle forme le:
violet. Peu de couleurs ont autant de nuances, depuis l’a- , zur le plus tendre jusqu’au bleu presque noir. C’est au mélange des vapeurs d’eau avec l'air que le ciel
doit sa couleur bleue. La teinte varie avec la nature et la . densité des vapeurs; et moins il y en a de suspendues dans Patmosphère, plus elle se fonce. Aux yeux du voyageur qui s'élève dans une montagne, le bleu du ciel va se rem- | brunissant , et le firmament a paru noir aux observateurs qui sont parvenus sur les plus hautes sommités du globe. C'est aussi par suite de la moindre quantité de vapeurs que dans les pays méridionaux et dans les saisons chaudes le ciel paraît bien plus bleu que dans les pays septentrionaux et pendant les saisons froides ou humides.
Les eaux limpides, lorsqu'elles ont assez de profondeur pour que la réflexion du fond n’altère pas leur couleur, offrent une belle teinte bleue, que les poëtes ont célébrée dans leurs chants. Mais le plus souvent le miroitement de la surface masque complétement la couleur intérieure. Cette cou- Jeur est plus sombre que celle du ciel, parce qu’elle n’est pas mêlée de lumière blanche. Ainsi le Rhône, à sa sortie
du lac de Genève, ressemble à une forte teinture d’indigo.
On peut également citer l’eau rassemblée dans les crevasses
des glaciers, et surtout la fameuse grotte de Caprée.
La couleur bleue dans le règne minéral a pour base un petit nombre de corps; les minéraux la doivent presque tous