‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 3)Chapitre 192 sur 527 · BLEU — BLEU DE PRUSSE · texte numérisé non relu

BLEU — BLEU DE PRUSSE

BLEU D’EMAIL, Voyez Azur.

BLEU DE PRUSSE ou BLEU DE BERLIN.

arts ne tirent du règne animal qu’une seule couleur ble c'est le bleu de Prusse, matière doublement intéressante et par les services qu’elle rend aux arts, et par les progf que son étude a fait faire à la chimie. On doit sa découvre au hasard, En 1710, un fabricant de couleurs de Berli nommé Diesbach, ayant jeté dans sa cour des eaux salés vit avec étonnement se développer sur les pavés une mx gnifique couleur bleue, Il en rechercha les éléments, et par vint à la reproduire. Mais il se réserva le secret de cette & brication, et ce ne fut qu’en 1724 que l'Anglais Woodwaff après de longues recherches, publia un procédé qui réussi! bien, mais qu’on a beaucoup modifié depuis sous le ra pe: port de l’économie et de l’avivage de la couleur. Cependan c'est toujours en calcinant des matières animales, le que le sang de bœuf desséché, les cornes, les sabots, 1e peaux, les chiffons de laine, avec un sel de potasse et ut sel de fer, qu’on obtient le bleu de Prusse. Le sang est el ployé de préférence, à cause de la grande quantité de f& qu’il contient. Dans chaque atelier, on le prépare par un méthode particulière. Et qu'on ne s'étonne pas de la di versité des procédés : l'incertitude dans l'application t£ moigne ordinairement du vague de la théorie, et il fat dire que, malgré des hypothèses et des expériences non breuses, les circonstances de la formation du bleu de Prusst sont encore imparfaitement connues. Mais siles travaux des chimistes n'ont pas conduit à connaître la manière doëf! les éléments du bleu de Prusse se groupent entre eux, at moins leur doit-on deux des plus belles découvertes de ke chimie moderne, celle de l'acide prussique par Schecle, € céie du cyanogène par M. Gay-Lussac. Aujourd’hui il est constant que le bleu de Prusse est essentiellement fornié de cyanogène et de fer combinés en diverses proportions, L’alcali, qui est, ainsi qu'une haute température, nécessair à la formation du cyanogène, est enlevé ensuite par le vace. Les fabriques de bleu de Prusse ont perdu beaucoup de leurs inconvénients depuis qu'on s'est borné à le préparenl par le sin:ple mélange d'une dissolution de potasse cristailis avecune dissolution de sulfate de fer. Le lavage de ce bleu également devenu inoffensif, ainsi que le séchage pour lé façonner en boules. Il n’en est pas de même de la fabrication des mat'èrcs premières, pruss'ate de potasse et cyanure jaune. La France est encore tributaire de la Prusse poux les bleus de belle qualité ; l'Angleterre se suffit à elle-n:êmen La consommation du bleu de Prusse est immense, On d’abord appliqué sur les papiers, la peinture à l'huile s' est également emparée ; mais il faut éviter de le mêler à d couleurs où entrerait la chaux, car elle le détruirait promp tement, Le beau bleu d'Angleterre nommé platt-indiga n’est qu'un mélange de bleu de Prusse ct de mucilage. riz ou de quelque autre substance gommeuse. Maintenant emploie avec succès le bleu de Prusse à teindre les éto de loute nature, surtont depuis la belle découverte de M. Raimond, qui a eu l'heureuse idée de former la coule sur l’étoffe elle-même, Le bleu de Prusse n'appartient pas seulement à la techno: logie, il fait aussi partie de l’organisation animale dans cet taines circonstances. Les anciens avaient remarqué quel l'urine à parfois une couleur bleue ; ils la désignaient sous le nom d’isrinée. Fourcroy, ayant cu occasion d'examiné le sang d'une femme atteinte d'une aflection nerveusé, qu'accompagnaient de fréquentes et fortes convulsions, # trouva le bleu de Prusse, En 182%, M. Julia-Fontenellé consala la présence du même corps dans certaines urines? M. Braconnot vint après, qui attribua cet'e coloration à une substance particulière, qu'à cause de ses propriétés al calines et colorantes il appela cyanourine. M. Mojul plaida de nouveau pour le bleu de Prusse, Enfin la questi fut résolue en 1832 par le pharmacien Cantu, qui décous

it dans une urine la présence simultanée du bleu de Prusse t d’une substance bleue sucrée, 11 reste à spécifier dans uelles circonstances morbides et par quelle opération oranique ces substances prennent naissance. À, Des GENEVEZ.

BLEU D’INDIGO. Voyez Ixnico.

BLEU D'OUTREMER. Cette couleur, célèbre par son emploi dans la plupart des chefs-d'œuvre de la peinture, a reçu son nom du voyage transméditerranéen que fait pour venir d'Asie en Europe la pierre d’où on l'extrait. Cette pierre, les anciens la connaissaient sous le nom de saphir, etles minéralogistes modernes l'ont appelée Lapis-lazuli. 4 séparer la précieuse couleur de sa gangue, on broie

e lapis, on le mêle avec de la cire et des substances résil ue en fusion, et l'on verse le tout dans l’eau, où se dépose une poussière qu'on affine par plusieurs lavages, et

ui, selon son degré de ténacité, constitue diverses qualités d'outremer. Les peintres donnent en général la préférence à ce bleu sur tous les autres ; ils aiment le moelleux et la Vigueur de ses tons Aussi était-ce un des plus grands services que la chimie pût rendre aux arts que de reproduire artificiellement et à bas prix une couleur trop chère pour être beaucoup employée. Longlemps les matières nombreuses toujours mêlées à l'outremer dans le lapis-lazuli ont donné le change sur sa véritable composition. Vauquelin attribuait sa coloration à la présence du fer. Cependant, comme on en avait trouvé plusieurs fois dans des fours à soude, on en était venu avec raison à penser que l’outremer pourrait bien n'être qu’une combinaison du soufre avec le sodium, lorsque la Société d’Encouragement, toujours prompte à pourvoir aux besoins des arts, ouvrit, en {S27, un concours pour la fabrication de l’outremer, et couronna M. Gui-

MM. Gmelin, Robiquet et Persoz se sont occupés de la même question, et en ont donné des solutions qui laissent peu de chose à désirer. Essayé dans les plafonds du Louvre, loutremer factice a offert sous le pinceau de M. Ingres des {ons plus riches encore que celui du commerce : c’est donc un nouveau gage d'éclat et de durée donné par la chimie aux travaux de nos artistes. A. Des GENEVEZ.

- BLEU MARTIAL FOSSILE, ou BLEU DE PRUSSE “NATIF. C'étaient les noms qu’on donnait autrefois à un minéral qu’on appelle maintenant à meilleur droit pAos- .phale de fer. Cette substance est d'un bleu foncé, quel- | quefois cristallisée , plus souvent en masses compactes, en grains, ou terreuse et mêlée d'argile : dans ce dernier cas, on la nomme aussi ocre bleue. On s’en sert comme couleur d’émail. : A. Des GENEYEZ.

. BLEUES | Cendres). Foyez CENDRES BLEUES.

- BLEUES (Montagnes). Ce nom est commun à plusieurs portantes élévations du sol, situées, par exemple, dans e de Melville, au milieu de la mer Polaire d'Amérique ; lans l'ile des Indes occidentales dite {a Jamaique, dans es États-Unis de l’Amérique septentrionale, et sur la côte

orientale du continent australien.

Les montagnes Bleues de l'Amérique du Nord (Blue- Ridge) sont la chaîne la plus orientale des monts Apalaches, s'étendant depuis les sources du grand Catawba, dans la Caroline du Nord, jusqu’à la moitié du cours de la Delaware, sur les limites qui séparent la Pensylvanie du New- Jersey. Leur versant sud-est est plus abrupt, plus vivement marqué, que leur versant nord-ouest; et à Otterpik leur “sommet le plus élevé atteint une hauteur de 1300 mètres. Voyez ALLEGHANYS (Monts).

nes montagnes Bleues du continent australien, qui Doc: à PArREe meetennle fe la plaine se Sidney,

gneux d'a Ee et du ue ramification septentrionale des chaînes du Liverpool! , for ment une chaine élevce d’en-

iron 1000 mètres et très-escarpée, et bornant à l’est le

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