BLEU DE PRUSSE — BLIDAH
“met, qui se réserva l'exploitation de sa découverte. Depuis,
entre Sidney et Bathurst, ce centre de la production des troupeaux en Australie, à fait mieux connaître les montagnes Bleues que tout autre plateau de ce continent. Deux routes traversent ces montagnes : l’occidentale, ou le défilé du Mont-York, découverte en 1813, est plus praticable que celle de Bell, plus au nord, ainsi nommée du nom de celui qui la découvrit en 1822. — Ce nom de montagnes Bleues sert quelquefois à désigner toute la chaîne qui s'étend depuis le cap Howe jusqu’à Louhout.
BLEUET, Voyez BLuer.
BLEUS et VERTS (en latin Veneti el Prasini). C'étaient à Byzance les compagnies de conducteurs de chars qui avaient succédé aux gladiateurs de Rome, et qui, distinguées par ces deux couleurs, se disputaient le prix de l’adresse dans les jeux du Cirque. La capitale elle-même s'était divisée entre les deux factions, et Justinien s'étant déclaré pour les Bleus, le débat prit subitement un caractère politique. En 532 les Verts, profitant avec habileté du mécontentement du peuple, froissé par les exactions du préfet du prétoire Jean et du questeur Tribonius, se révoltèrent, proclamèrent en plein cirque le prince Hypatius empereur, et assiégèrent Justinien dans son palais. Celui-ci eût péri sans le courage de Bélisaire et du gouverneur d’Illyrie Mundus, qui écrasèrent les révoltés, dont plus de 30,000 restèrent sur le terrain. Hypatius ayant été pris et décapité, son corps fut jeté dans le Bosphore.
BLIDAH, ville de la province d’Alger, située au pied du petit Atlas, à 48 kilomètres sud-ouest d'Alger, presqu'à l'extrémité de la Métidja. Siége d'une sous-préfecture, d’un tribunal de première instance, elle possède quatre belles mosquées, une église catholique, un haras important, un théâtre, un jardin public, et renferme une population de 11,143 habitants. Elle est reliée à Alger par un chemin de fer qui a élé inauguré le 8 septembre 1862.
Sa position, à l'entrée d’une vallée profonde, à cent mètres au-dessus du Mazafran et à 185 mètres au-dessus de Ja mer et de tous les marais de la plaine, en fait une des villes les plus salubres et les plus saines de la contrée. Des eaux abondantes y alimentent de nombreuses fontaines et arrosent les jardins et l'es bosquets d’orangers qui lenvironnent et la dérobent aux regards. L'ancienne ville n'existe plus. Détruite par un tremblement de terre qui avait renversé le 2 mars 1823 ses édifices les plus élevés, elle avait remplacé ses vieilles constructions par des maisons n'ayant en général que des rez-de-chaussée. Ausitôt que les Français en sont devenus maîtres, tout y a revêtu une physionomie nouvelle. A l'enceinte en pisé, haute de quatre mètres, en partie formée par les murs mêmes des maisons et percée de quatre portes communiquant par une large rue prolongée le long des murs, a été substituée une enceinte en maçonnerie flanquée de deux tours placées, l’une vis-à-vis du Parc-aux-Bœufs, l’autre à la porte Bab-el-Sebt. Devenus acquéreurs des ruines de la ville arabe, des spéculateurs les déblayèrent pour élever à leur place une ville française. De larges rues tirées au cordeau et des maisons de deux ou trois étages se construisirent alors comme par enchantement ; mais l’empressement de la population fut loin de répondre à cette fièvre de construction, et des travaux considérables demeurèrent inachevés. Blidah pourrait, si les fondements semés à cette époque sur son sol avec une exagération incroyable étaient terminés , renfermer plus de trente mille âmes laussi la solitude qui résulte d’un pareïl encombrement de murailles désertes et sans emploi donne à la ville un aspect assez triste.
Il y a cependant à Blidah des germes de richesses qui ne demandent qu’à se développer, et qui semblent assurer son avenir commercial. La nature la heureusement dotée. Les eaux que PAtlas laisse échapper dans la plaine fertilisent son sol , et arrosent ses massifs d'orangers et de citronniers. Le figuier, le cognassier, l’abricotier, y produisent des fruits
exquis; la vigne, des raisins énormes. On peut y cultiver avec un égal succès les produits des zones les plus tempérées et les plus chaudes. Ses montagnes recèlent à quelques pas les riches mines de cuivre de la Mouzaïa. Toutes les tribus environnantes fréquentent son marché; les importations consistent en bestiaux, chevaux et bêtes de somme, céréales, peaux, laines, charbon, bois à brûler, etc. On en exporte des fers bruts, de la mercerie, de la quincaillerie, et des tissus de coton. ;
Blidah est, à ce qu’on croit, l'ancienne Sufasar, qui figure sur l’{linéraire d'Antonin. Elle était au temps des Romains ce qu’elle est encore aujourd’hui, un nœud de communication dans le Petit-Atlas, un point de réunion, de retraite ou de passage, d’une certaine valeur stratégique. Avant d’avoir été dévastée par le tremblement de terre dont nous avons parlé plus haut, elle était la ville des fêtes et des plaisirs. C'élait aussi le foyer d’ure industrie active, utile et assez perfectionnée. Une quinzaine de moulins à blé, de nombreuses tanneries et teintureries, la préparation du maroquin, son horticulture, étaient autant de causes de richesse et de prospérité pour sa population indigène, dont le chiffre atteignait 7,000 âmes. Maïs lors de l'occupation française on en comptait à peine 3,000, mélange confus de Maures, de Juifs, de Turcs, et surtout de Nègres libres. Les Arabes habitaient de préférence des cabanes en bois et en roseaux, aux alentours de la ville.
La première reconnaissance dirigée du côté de Blidah fut commandée par le général de Bourmont, le 22 juillet 1830; mais le bey de Titery, avec ses Kabyles embusqués, nous empêcha de rester dans la ville, dont les habitants nous avaient cependant accueillis avec cordialité. Le 19 novembre 1831 un corps de 7,000 hommes, commandé par le général Clauzel, s’avança jusqu'aux portes de Blidah, que les Arabes ne livrèrent qu'après une vigoureuse résistance. Le colonel Rulhières y fut laissé avec deux bataillons et deux pièces de canon. Pendant six mois entiers, Il résista, sans château, et avec un mur ouvert sur plusieurs points, à toutes les forces de Ben-Zamoun. Mais le général Clauzel, craignant avec raison les sacrifices qu’exigerait cette nouvelle occupation, y renonça, et rappela sa garnison. Le 20 novembre 1832 le duc de Rovigo fit marcher contre Blidah une colonne, à l'approche de laquelle les Bli diens prirent la fuite, emportant leurs richesses. La ville, prise et pillée, fut abandonnée de nouveau. Le général Drouet d’Erlon, engoué de Ben-Omar, avait résolu de létablir à Blidah. On envoya cet équivoque représentant de la nation française, avec un fort détachement de cavalerie, aux Blidiens. Mais ceux-ci n'en ayant pas voulu, son escorte ne servit qu’à le ramener à Alger. Le 29 avril 1837 le général de Damrémont, pénétrant dans Blidah avec trois brigades , châtiait les'habitants, qui avaient envoyé ostensiblement une députation à Abd-el-Kader, pendant que celui-ci cherchait à soulever la province de Titery. Les chefs firent leur soumission. On leur prescrivit d'organiser une milice urbaine, d'établir des postes de sûreté, et d’interdire leur ville aux maraudeurs qui venaient sans cesse s’y réfugier. On reconnut , dans cette excursion, le cours de la Chiffa, Coléah, l'embouchure du Mazafran, et toute la ligne qui marqua plus tard les limites du territoire réservé par le honteux traité de la Tafna. Ce fut le 3 mai 1938 qu’on prit définitivement possession de Blidah, afin de compléter l'occupation depuis l’Oued-Kadara jusqu’à la Chifra. Le maréchal Valée fut reçu aux portes de la ville par le hakem de Blidab, le kaïd des Béni-Salah, et l’ancien kaïd des Hadjoutes, qui l’accompagnèrent dans la reconnaissance qu’il fitautour des murs d’enceinte, Deux camps furent établis : l’un, dit camp supérieur, à l’ouest, sur la rive gauche du ravin, que la tradition désigne comme l’ancien lit de l'Oued-Sidi-el-Kébir, et dans l'enceinte duquel a été créé depuis le village de Joinville; l'autre, camp inférieur,