BLOCKHAUS — BLOCUS
dans certaines contrées de l'Allemagne avaient bien pu, dans quelque grand cataclysme, avoir élé entraînés là sur des masses de glaces descendues du Nord. Mais cette idée était enaore si peu généralisée que L. de Buch expliquait les remar quables amas qu'on a rencontrés dans la vallée du Rhône. à l’aide d’une théorie particulière : il supposait l'existence. de courants d’une force énorme relativement à l’état de calme où se trouve aujourd’hui notre globe, courants qui tout à coup s'étaient élancés dans toutes les vallées des Alpes, entraînant avec'eux ces blocs gigantesques et venant les déposer presque intacts au pied des montagnes.
L'étude des glaciers de la Suisse, devenue nécessaire en raison de leurs progrès, vint de nouveau signaler ce fait important, que ces masses de glaces entraînent et poussent constamment devant elles de grands amas de ces blocs de pierre. Venetz et Charpentier signalèrent les premiers la grande chaine de blocs erratiques accumulés en couches assez semblables à des remparts jusque dans les plaines dé « la Suisse; et ils en conclurent pour la vallée du Rhône l’exis- | tence d’un immense glacier local, s'étendant autrefois jusque là et ayant abandonné ces débris en se retirant. C’est alors que M. Agassiz transforma ces conjectures en une théorie générale qu'il nelimita pas à la Suisse, mais dont, au contraire,
il démontra la parfaite application à l'Écosse, à l’Angleterre et à l’Irlande,
BLOCUS (Art militaire). Dans la langue gauloise, bloc signifiait à la fois une masse de forme ronde, et une figure circulaire. Le verbe bloquer, qui en dérive, désignait ainsi l’action de resserrer, comprimer , entourer circulairement. C’est dans ce sens qu’il est employé dans l’art militaire, On bloque une place, un fort, un camp, un port ennemi, lorsqu’on l’a entouré, qu’on en resserre les défenseurs dans le plus petit espace possible, qu’on leur ôte toute communication avec le pays environnant. Le mot technique blocus indique la situation réciproque des défenseurs d’une place forte, d'un camp, etc., et des ennemis qui les entourent. Faire le blocus est synonyme de bloquer.
Le blocus diffère du siége en ee que ce dernier est une opération active, par laquelle on attaque de vive force les retranchements dont l'ennemi est couvert , afin de hâter le moment de sa reddition; tandis que le blocus est une opération inerte et quasi défensive, par laquelle on cherche à empêcher lPennemi de recevoir aucun secours d'hommes, de vivres, de munitions, afin de l’obliger à se rendre lorsqu'il aura consommé toutes ses ressources de défense ou de subsistance. Cette délinition indique déjà, d’une manière générale, quelles sont les mesures qu'on doit prendre pour former un blocus. Vouloir donner pour tous les cas possibles toutes les règles de détail relatives au placement des troupes destinées au blocus serait une entreprise puérile : d’un côté, il faut supposer que le général qui en sera chargé connaît assez les éléments de l’art de la guerre pour n'avoir pas besvin d’une instruction qui prévoie jusqu'aux cas les plus ordinaires ; de l’autre, ceux qui se présentent étant le résultat d'éléments variables, tels que la configuration du terrain, la force et la position des troupes qui peuvent chercher à inquiéter le blocus, etc., les combinaisons en sont tellement multiples que l'esprit humain ne saurait les embrasser toutes à la fois.
Il est cependant quelques règles générales qui trouvent leur application dans tous les cas, et que nous croyons utilèé de rapporter aussi brièvement que possible. Nous prendrons pour exemple une ville fortifiée de quelque étendue, ayant par conséquént une garnison assez nombreuse.
Le blocus d’une place forte peut avoir deux objets différents : il peut arriver que le but de l’armée assaillante soit de détruire d’abord l’armée qui lui est opposée, et de commencer à envahir le pays contre lequel elle est employée,
| en dépassant les places fortes, afin de remplir ce but, Alors