‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 3)Chapitre 198 sur 527 · BLOCUS · texte numérisé non relu

BLOCUS

cette neutralité, on à créé le droit de visite par l'État qui établit le blocus, et qui l’exerce au moyen de navires croiseurs, qui ont droit de saisie lorsque la visite montre que les lois de blocus sont violées; mais il faut que le blocus soit réel, c'est-à-dire qu’il soit fait par une force suffisante. La visite n’a pas lieu lorsque les navires commerçants des neutres sont escortés par des bâtiments de la flotte officielle de la mème nation, censés faire une police suffisante. »

Pour qu’une place soit réellement bloquée, il faut qu’elle soit investie par des forces suffisantes et assez rapprochées poùr qu’on ne puisse y entrer ni en sortir sans un danger évident. C’est dans ce cas seulement que la puissance belligérante a le droit d'interdire tout commerce avec le lieu bloqué, et de confisquer, en cas de contravention, le navire et la cargaison. Il faut de plus pour que cette confiscation puisse avoir lieu d’une manière légale, que le blocus ait été notifié, soit collectivement à la nation à laquelle le navire arrêté appartient, dans la personne des agents diplomatiques ou consulaires, soit individuellement au navire lui-même, par une déclaration inscrite sur les papiers de bord.

Tels sont à peu près les principes adoptés dans les traités d'Utrecht en 1712 et de Westphalie en 1742 entre les natious maritimes, puis dans les traités de neutralilé armée signés par les puissances neutres sous l’inspiration de la Russie en 1780 et en 1800, et acceptés par la France, partie belligérante. Mais ces principes n’ont pas été toujours observés par l'Angleterre, qui à la suite de ses longues guerres maritimes en était arrivée, au commencement de ce siècle,

- à soutenir que la mer appartient au plus fort; à ne plus res-

pecter les droits des neutres; à prétendre qu’un blocus réel métait pas nécessaire pour amener l'interdiction du commerce, et qu’il suffisait pour cela d’un blocus déclaré, d’un blocus fictif ou de cabinet, ou, comme on a dit, d’un blocus sur le papier. En mème temps elle se prétendait le droit de visiter partout les bâtiments de commerce, escortés ou non, afin de s'assurer de leur nationalité et de la qualité des marchandises qu’ils contenaient. C'est pour répondre à ces prétentions que Napoléon imagina le blocus, dégénéré bientôt en système continental, à l'aide dequel il espérait follement de ruiner l'Angleterre, en lui interdisant tout commerce avec le continent tant qu’elle n'aurait pas reconnu le droit des neutres.

+ Le congrès de Paris, par l’article 4 de la déclaration du 16 avril 1856, a consacré le principe que « les blocus pour être obligatoires doivent être effectifs, c’est-à-dire maintenus par une force suffisante pour interdire l'accès du littoral de l'ennemi », Tousles États maritimes, sauf l'Espagne et les États-Unis, ont adhéré à ce principe.

Presque toutes les guerres contemporaines ont entraîné l'établissement de blocus plus ou moins rigoureux.

BLOCUS CONTINENTAL. Voyez CONTINENTAL (Système ).

BLOEMAERT (Asranam), peintre, naquit à Gorkum, en 1565, et mourut à Utrecht, en 1647. Il reçut ses premières leçons de dessin de son père, qui était à la fois ingénieur, architecte et sculpteur, et eut ensuite pour maitres Floris et Franck, dont il abandonna la manière pour s’en créer une en propre. Après être venu compléter ses études artistiques à Paris, il fut nommé architecte de la ville d’Amsterdam, puis alla s'établir, comme peintre, à Utrecht. On

a de lui plusieurs grandes toiles historiques : par exemple,

la Mort des fils de Niobé; des animaux, des coquillages, et surtout des paysages. 11 réussissait mal dans le portrait, et on lui reproche des infidélités envers la nature, tant dans le nu que dans les costumes; toutes ses toiles portent d’ailleurs des traces visibles d’actes d’impatience. Toutefois, sous le rapport du coloris et du clair-obscur, on peut le mettre à côté des meilleurs peintres de son temps. Il était aussi graveur en taille-douce et en bois.

De ses quatre fils, Cornélius BLormarrr, né à Utrecht,

— BLOIS

en 1603, est celui qui eut le plus de talent. D'abord peintr ilne s’oceupa guère, plus tard, que de gravure en taill douce. Il résida quelque temps à Paris, alla ensuite à Rome, où il mourut, en 1680. Son burin se distinguait tellement la pureté et la beauté des traits, par la douceur des sitions de la lumière à l'ombre, par la diversité et la lesse des tons, qu’on peut le considérer comme le créatem d’une nouvelle école, de laquelle sont sortis Baudot, Poi Chasteau, Speier, Roullet, etc.

Des trois autres frères, Adrien, qui vécut quelque temps à Rome, et qui mourut à Saltzhourg, à la suite d’un due se distingua comme peintre et comme graveur. Henri ne fit que le portrait, et Frédéric grava sur cuivre avec succès

BLOEMEN (Jures-FrANÇois), surnommé Orizonte, né à Anvers, en 1656, mort à Rome, en 1748 ou 1749. Parmi tous les peintres de l’école flamande de cette époque, Bloemen: fut, avec J. Glauber, le plus heureux émule des deux. Poussin, si célèbres l’un et l’autre comme peintres de pay= sages. 11 mérita le surnom qui lui fut donné par la beauté. de ses horizons. Ses tableaux qui représentent des vues de. Tivoli et de ses environs , des cascades, etc., se rencontre en très-grand nombre dans les palais de Rome. On y admire la grâce de l'invention et la légèreté du pinceau. Il a surtout réussi à rendre les transitions des sentiments, le pas= sage d’une émotion à une autre. En 1742 il fut nommé membre de l’Académie de Saint-Luc. Il a aussi gravé à l’eau forte quelques-uns de ses paysages.

Pierre van BLOEMEN, frère aîné du précédent, surnommé Standaert (1649-1719), n’a guère peint que des batailles, des. marchés aux chevaux, des caravanes, etc. Les galeries de Berlin, de Dresde et de Munich possèdent de ses toiles. Il resta auprès de son frère à Rome jusqu’en 1699, année où. il fut nommé directeur de l’Académie d'Anvers.

BLOIS, ancienne capitale du Blaisois et résidence des

comtes de Blois, aujourd’hui chef-lieu du Loir-et Cher, sur le chemin de fer de Paris à Bordeaux. Cette ville est fort ancienne : Grégoire de Tours en parle à propos d’une querelle qui s'était élevée entre ses habitants et ceux de Chartres. Elle est bâtie en amphithéâtre, sur le penchant d’une colline baignée par la rive droite de la Loire, qu'on y passe sur un beau pont en pierre, commencé dès 1711, et orné d’une pyramide légère de cent pieds de haut. Ses rues sont étroites, tortueuses et très-escarpées, ce qui l’a fait appeler par un poète contemporain un escalier de rues. On y remarque plusieurs monuments curieux. D’abord l’ancien. château, célèbre par la naissance de Louis XII et par la ré= 4 sidence de François 1°", de Charles IX et de Henri III; il a jusqu’en 1864 servi de caserne en partie, l’autre forme un musée. Imposant par sa masseet d’un aspect saisissant; ce château serait un monument historique du premier ordre s’il n’était déparé par un mélange de tous les styles ; il a été habilement restauré par M. Duban, L’escalier à jour est une des merveilles de l'architecture. Citons ensuite l’église des jésuites, construite sur les dessins de Jules Mansard; l'église gothique de Saint-Nicolas; l'hôpital; un superbe aqueduc, ouvrage des Romains, qui traverse la ville, dont il reçoit toutes les eaux ; enfin, l’hôtel de la préfecture, jadis palais épiscopal, le plus bel édifice moderne de Blois, bâti sous Louis XIV, par Gabriel, avec des jardins en terrasse. Parmi les maisons particulières, nous nommerons l'hôtel d’Alluye et l'hôtel de Poutances.

Blois compte 20,068 habitants. Siége d’un évêché suf= fragant de l’archevêché de Paris, d’une cour d'assises, d’un tribunal de commerce , d’un tribunal de première instance, elle est le chef-lieu de la 3° subdivision de la 18° division militaire. Elle possède en outre une bibliothèque, un cas binet d'histoire naturelle et de physique, un collége com: munal, un séminaire, un dépôt d'étalons, une société d'économie rurale, un théâtre et de belles promenades, L’industrie de cette ville consiste en bonneterie, ganterie, cous

BLOIS

tellerie, faïence, corroierie, et son commerce principal en excellent vinaigre, en vins, eaux-de-vie, bois et merrain.

Blois faisait autrefois partie du diocèse de Chartres ; mais le pape Innocent XII l’érigea en évêché en 1694, à la sollicitation de Louis XIV. Cette ville, qui avait été nommée la ville des rois, parce que l'air pur qu’on y respire l'avait fait choisir plusieurs fois pour y élever les enfants de France, a été deux fois le siége des états généraux sous Henri IX, en 1577 et en 1588; ce fut pendant cette dernière réunion que le duc de Guise et le cardinal, son frère, furent massacrés par les ordres du roi. Marie-Louise s’y retira momentanément lorsque les alliés menacèrent Paris en 1814, et c’est de cette ville que furent datés et expédiés les derniers actes de la régence et du gouvernement impérial.

C’est à Blois qu’un décret du 4 mai 1870 convoqua la haute-cour de justice pour juger les nombreux accusés impliqués dans un prétendu complot dont le but avait été de renverser le gouvernement impérial. Pendant l'invasion cette ville fut occupée par l’armée prussienne à la suite de la reprise d'Orléans et de l'évacuation de Tours (décembre 1870). Le dernier coup de feu de cette guerre fut tiré devant Blois. Le 28 janvier 1871 le général Pourcet, qui n'avait pas encore connaissance de l'armistice signé à Versailles, attaqua la ville etse rendit maître des faubourgs de Vienne ; l'ennemi repassa en désordre sur la rive droite de la Loire après avoir brûlé le pont.

BLOIS (Comtes de). Le plus ancien de ces comtes fut GUILLAUME, tué vers l'an 834, dans les guerres de Louis le Débonnaire contre ses fils révoltés. Eupes, son successeur, gouverna le Blaisois jusqu’en 865. À sa mort, ce comté fut donné à Robert le Fort, comte d’Anjou; la fille de Robert, ayant épousé Thibaud, comte de Tours, le rendit père de TaiBauD, premier comte héréditaire de Blois et de Chartres, à qui la fourberie et la duplicité de son caractère ont mérité le surnom de Tricheur.

Eupes 1°”, son fils et son successeur dès 978, réunissait sur sa tête les comtés de Blois, de Chartres, de Tours, de Beauvais, de Meaux (ou Brie) et de Provins.

Teigaup II et Eunes II, ses fils, gouvernèrent les comtés de Blois, de Chartres et de Tours, le premier depuis 595 jusqu’en 1004, le second jusqu’en 1037. L'ambition de celui- ci l’entretint dans une guerre continuelle avec ses voisins.

En 1019, Eudes réunit à son domaine la Champagne et Ja Brie, comme héritier du dernier comte, Étienne. Cet accruissement de territoire ne tarda pas à réveiller ses projets de . conquêtes. En 1026 il reprend les armes contre le comte d'Anjou. Attaqué à l’improviste par Herbert, comte du

. Maine, et mis en déroute le 6 août, comme il revenait triom-

phant dans ses États, il ne reste pas moins possesseur des places qu’il avait conquises, et dont le nombre s’accrut par la continuation active de cette guerre. Celle qu'il entreprit contre Henri I°* eut pour résultat de lui obtenir la cession de la moitié de Ja ville de Sens. Débarrassé de toute inquiétude du côté de la France, Eudes hâta les préparatifs d’une guerre plus juste et plus importante. Rodolfe IIT, roi dArles où de la Bourgogne Transjurane, était mort sans enfants, le 6 septembre 1032. Il avait eu deux sœurs, Berthe, mère du comte de Blois , et Gerberge, mère de Conrad le Salique, roi de Germanie. Celui-ci s'était mis en possession du royaume de Bourgogne, non pas au droit de sa mère, puisqu'elle était cadette, mais en vertu d’une donation de Rodolfe, de l’année 1024. Eudes, prétendant qu’une donation arrachée à la faiblesse de Rodolfe ne pouvait éteindre ni primer le droit que lui avait transmis sa mère, leva une armée, et se fit reconnaitre roi de Bourgogne. Ébloui par ses premiers succès, il marche aussitôt à la conquête de la Lorraine, échoue devant Toul, etrépare cet écliec en prenant Bar-le-Duc. Mais Gothelon 1°, duc dela Basse-Lorraine, réuni au comte de Namur, vient à sa rencontre, et lui livre ba-

taille, Mis en déroute après avoir longtemps disputé la victoire, Eudes fut tué dans sa fuite par un chevalier lorrain, qui lui coupa la tête.

Eudes laissa deux fils, Étienne IT, comte de Champagne et de Brie , et Tmipaup IT, comte de Blois. Ces deux comtes s’unirent dans le but de détrôner le roi Henri et de placer la couronne sur le front du prince Eudes, son frère. Ils débutèrent par un refus de prêter serment de fidélité à Henri. Celui-ci se ligue avec le comte d’Anjou, qui bat complétement les deux frères à Noet, près Saint-Martin-le-Beau, le 21 août 1042. Fait prisonnier et enfermé au château de Loches, Thibaud n’en sortit qu'après avoir fait l'abandon de Tours, Chinon et Langeais au comte d’Anjou. Après la mort du comte Étienne II ( vers 1047), Thibaud dépouilla Eudes, fils légitime de ce prince et son neveu, des comtés de Champagne et de Brie. Dès que Thibaud IIT vit son autorité reconnue et affermie dans toutes ses possessions, il recommença la guerre contre Geoffroi Martel, comte d’Anjou. Ellene fut remarquable que par les ravages et les cruautés qui la signalèrent, sans autre satisfaction pour les deux partis. Thibaud vécut jusqu’en 1089.

Son fils, ÉTIENNE, appelé quelquefois Henri, avait porté du vivant de son père le titre de comte de Meaux et de Brie. Il recueillit, avec la majeure portion de son héritage, le titre de comte palatin, et devint si puissant que les anciennes chroniques, pour en donner une idée, disent qu'il possédait autant de châteaux qu'il y a de jours dans année. Étienne eut aussi quelques démélés avec le roi de France, Fait prisonnier par Philippe I, il se réconcilia avec ce monarque, jura de lui être dévoué et fidèle, et tint loyalement cette promesse. Ce fut lui qui dissipa cette conjuration de plusietrs grands du royaume, forrhée par Bouchard IT, comte de Corbeil, qui nw’aspirait à rien moins qu’au titre de roi de France, et qu'Étienne tua de sa propre main. Parti pour la croisade en 1096, il se distingua au siége de Nicée (1097). Nommé par les princes croisés chef du conseil de guerre chargé de la direction de toutes les opérations de l’armée, il fut accablé sous le fardeau d’une pareiïlle dignité, déserta l’armée chrétienne sous les murs d’Antioche, deux jours avant la prise de cette ville, et détourna l'empereur Alexis de secourir les croisés, à leur tour assiégés dans leur conquête. Cette conduite inexplicable excita une telle surprise et une telle indignation, même dans sa famille, qu’Adèle d'Angleterre, sa femme, ne cessa de le poursuivre

| de ses reproches et de ses prières jusqu’à ce qu’il eût consenti | à retourner en Orient (1101) pour effacer la honte attachée à

son nom. Ce comte et Raymond de Saint-Gilles, auquel il sauva la vie dans une bataille, ayant vu décimer par le fer et par le feu des infidèles une armée de plus de cent mille combattants qu’ils avaient conduite en Asie, s’en revinrent à Constantinople, d’où Étienne passa à la Terre Sainte. Fait prisonnier à la bataille de Ramla (27 mai 1102) et conduit à Ascalon, il y périt, criblé de flèches par les Sarrasins. Ce prince était aimé pour sa libéralité et estimé comme poëte. Il laissa plusieurs fils, dont l’un, Étienne, comte de Mortain et de Boulogne, devint roi d'Angleterre en 1135. TuiBaun IV, surnommé /e Grand, fils d’Étienne , comte de Blois, lui succéda dans ce comté, à l'exclusion de Guillaume, son frère aîné, deshérité de son droit par les artifices de sa mère. Il partagea pendant près de vingt ans avec sa mère le gouvernement de ses États. Il ne fut pas heureux dans la guerre qu'il fit en 1108 et 1111 au roi Louis le Gros, qui le força à lui demander la paix. En 1124 Thibaud secourut ce prince contre l’empereur Henri V, qui menaçait d’envahir laChampagne. Cette province échut l’année suivante à Thibaud par vente ou cession du comte Hugues, son oncle. Il y eut deux nouvelles ruptures entre le comte de Blois et Louis le Gros en 1135 et 1142. Toujours vaincu, mais indomptable de caractère, ce comte reparaissait foujours plus dangereux à la tête de toutes les ligues qui se formaient

contre son souverain. Ce fut durant ces troubles et dans la dernière expédition de Louis le Gros en Champagne, que l’église de Vitry fut livrée aux flammes par les troupes du roi. Treize cents habitants y avaient cherché un asile pour se soustraire à la fureur du soldat ; tous périrent par le feu. Les libéralités de Thibaud envers les moines, l'amitié de saint Bernard et la protection qu'il accorda à l’illustre et malheureux amant d’Héloïse contre ses puissants ennemis , ont plus contribué que ses actions politiques et ses exploits à faire honorer sa mémoire. Elle est restée chère à la ville de Troyes, dont il créa en quelque sorte les manufactures et le commerce. Ce fut lui qui, pour la commodité des maaufacturiers, fit partager la Seine en mille petits canaux qui conduisaient les eaux dans tous les ateliers. Thibaud IV mourut le 8 janvier 1153. I laissait quatre fils : l'aîné, Henri, continua la branche des comtes de Champagne et de Brie. - Taisaup V, second fils de Thibaud IV, eut en partage les comtés de Blois et de Chartres, à la charge de l’hommage envers le comte de Champagne, son aîné. Cette disposition est assez remarquable, car jusqu’à cette époque (1152) le comté de Blois avait relevé immédiatement de la couronne. La reine Éléonore, répudiée par Louis le Jeune , passant à Blois pour se rendre en Guienne, Thibaud V l'attira à sa cour. Mais cette princesse ne tarda pas à deviner son dessein, et sut échapper par la fuite à la contrainte de l’épouser. D. Estiennot cite une charte de ce comte de Blois, de l’année 1156, dans laquelle il se qualifie régent de France, quoique alors le roi Louis le Jeune eût trente-six ans. En 1164, Thibaud épousa Alix, fille de ce monarque et de cette même Éléonore dont il avait convoité la main. Ce fut à l’occasion de ce mariage que le comte de Blois fut établi grand sénéchal héréditaire de France, charge qui lui fut confirmée en 1169, par le comte d’Anjou, dans la maison duquel elle avait existé jusque alors , et qui s’éteignit à la mort de Thibaud V, tué au siége de Saint-Jean-d’Acre, en 1191.

Louis 1°", son fils, comte de Blois, échappa au ressenliment de Philippe-Auguste, contre lequel il s’était révolté en 1198, en prenant part à la croisade. Il se signala au siége de Constantinople. Le duché de Nicée en Bithynie lui échut dans le partage que les croisés firent des fiefs de l'empire. Au siége d’Andrinople, méprisant les conseils de la prudence et les ordres exprès de l’empereur Baudouin, sa bravoure impétueuse le fit sortir du camp pour tomber sur l’armée de Joannice, roi des Bulgares. Cette témérité ayant été fatale aux chrétiens, il voulut périr les armes à la main, et rachela sa faute par une mort héroïque.

Tursaup VI, comte de Blois et de Chartres, succéda au comte Louis, son père, sous la tutelle de Constance, comtesse de Clermont en Beauvaisis, sa mère. Étant décédé sans enfants en 1218, sa succession échut à sa tante Marguerite, qui régna concurremment avec son mari Gauthier d’Avesnes, Marie d’Avesnes , leur unique enfant , succéda à sa mère en 1230, avec Hugues de Chastillon, comte de Saint- Pol, son époux. Jean de Chastillon, un de ses fils, eut en héritage le comté de Blois, qui à la mort de sa fille, Jeanne, passa au cousin germain de celle-ci, Hugues de Chastillon, lequel servit Philippe le Bel dans la guerre de Flandre.

Son fils, Gui °° de Chastillon, son successeur en 1303, beau-frère, par Marguerite de France, sa femme, du roi Philippe de Valois, rendit des services importants contre les Anglais. De lui naquirent Charles de Blois, duc de Bretagne en 1341, du chef de sa femme, et Louis II de Chastillon, qui parvint au comté de Blois en 1362, et qui trouva une mort glorieuse en 1366, à la bataille de Crécy. Ses trois fils, Louis IT, Jean II et Gui II de Chastillon, ont gouverné successivement les comtés de Blois, de Dunois et de Soissons , le premier jusqu’en 1372 (mort célibataire ), le second jusqu’en 1381. Celui-ci, aux droits de sa femme, Mathilde

BLOIS — BLOMFIELD

tion des Hekerains (1371). Celle de Bronckhorst rai op Guillaume de Juliers, fils de Marie de Gueldre, et après bien des combats elle finit par l'emporter. Le comte Jean 1 n'eut que des enfants naturels, qui, sous les noms de Blo Trelon et de Hæften, ont fait souche aux Pays-Bas.

Longtemps avant son avénement au pouvoir, Gui IL avaï signalé sa valeur contre les Lithuaniens et les Russes à Ja bataille de Rudau (1370), ensuite contre les Anglais dans ] Guienne. Chef de l’arrière-garde française àRosebec, contribua particulièrement à cette éclatante victoire ( 1382} puis l’année suivante à l’expulsion des Anglais de la Flandre Ce comte est dépeint par les historiens du temps comme un modèle de générosité et de vaillance; sa libéralité poussée à l’excès porta même un grand préjudice à sa famille, car, ayant perdu son fils (Louis de Chastillon , comte de Dunois, mort sans enfants, en 1391 }, il vendit sous réserve d’usufruit, et sans égard à ses héritiers , les comtés de Blois et de Dunois à Louis de France, duc d'Orléans. Gui de Chastillon mourut le 22 décembre 1393. Un seul trait eût suffi pour honorer sa mémoire : il fut le protecteur de Froïssart, « et c’est sous ses auspices que fut faite Pimmense et précieuse compilation de cet historien.

Louis de France, duc d'Orléans, comte de Valois, de. Blois et de Dunois, eut pour successeur après sa mort tragique (1407) son fils aîné CuaRLes, duc d'Orléans, père du roi Louis XIJ. La réunion du comté de Blois à la couronne date de l’avénement de ce dernier prince (1498). Cependant elle ne fut définitive qu’en 1515, sous Henri 11, fils de Claude de France, à laquelle le roi Louis XII avait donné le comté de Blois en dot, en la mariant au comte d'Angoulême (depuis François I‘°). LAINÉ.

BLOMFIELD (Cnaries-Jaues), lord-évêque de Lon-?

dres, l’un des prélats les plus savants et les plus influents . du clergé anglican, naquit, en 1785 , à Bury Saint-Edmunds, dans le comté de Suffolk, où son père, également homme d’une grande et solide instruction, était maître d'école. IL dut aux excellentes leçons de son père la connaïssance des lettres grecques et latines, et alla terminer ses études à Cambridge, où il reçut à diverses reprises des distinctions honorifiques. Il avait déjà, depuis 1810, administré diverses paroisses, lorsque l’évêque de Londres, appréciant son profond savoir en théologie et en philologie, le nomma, en 1819, chapelain de sa maison; peu de temps après, il fut pourvu de La prébende de Saint-Botolph, et enfin, en 1828, promu au siége de Londres. Il jeta les fondements de sa réputation d’érudit par son édition de Callimaque (Londres, 1815) et de plusieurs pièces d’Eschyle, notamment du Promelhée (Cambridge, 1810), des Sepé chefs contre Thèbes (Cambridge, 1812), des Perses (Cambridge, 1814), des Coéphores (Cambridge, 18%4 ), et de l’'Agamemnon (Cambridge, 1825 ). Il a aussi publié, en collaboration avec Rennel, les Musæ Cantabrigenses; avec Monk, en 1812, les Posthumous Tracts of Porson, et, en 1814, les Adversaria Porsoni. Dans ces dernières années, soupçonné de penchant pour le puséysme, Blomfield a eu à soutenir beaucoup d'attaques, auxquelles il a répondu victorieusement en se déclarant hautement contre la bulle du pape en 1850, et en destituant le pasteur de Saint-Barnabas, Bennett, suspect de crypto-catholicisme. Ce prélat, à qui les luttes religieuses avaient créé une position pleine de difficultés, prit sa retraite en 1856, et mourut le 5 août de l’année suivante, Il a aussi publié quelques ouvrages de piélé,

BLOMFIELD (Épouarp-VaLenriN), frère du précédent, honorablement connu aussi comme philologue, naquit en 1788, fit ses études à Cambridge , et visita, en 1813, PAllemagne, où il se lia, à Berlin, avec Wolf, et à Breslau avec Schneider, A son retour en Angleterre, il it paraître dans le Museum criticum, or Cambridge classical Researches, d’intéressantes observations sur lalittérature allemande,

de Gueldre, avait été proclamé duc de Gueldre par la fac: | Nommé prédicateur à l'église de Sainte-Marie, à Cambridge,

BLOMFIELD —

f entreprit la traduction du Dictionnaire grec-allemand de Schneider, et de la Grammaire grecque de Matthiæ, et mourut en 1816, au retour d’un voyage en Suisse.

BLOMMAERT (Purere), un des écrivains flamands les plus éminents, né vers 1809, vit à Gand, comme un riche particulier, des revenus d’une fortune considérable. Dès 1834, il s’est fait connaître par l’insertion dans le journal hollandais Zetteroefemingen de poésies dont on peut louer la simplicité et la gravité, mais dont les formes trop rudes déplurent au public. Il a rendu de plus utiles services à la littérature flamande par la publication de vieilles poésies flamandes du douzième, du treizième et du quatorzième siècle, comme Theophilus (Gand, 1836) et Oude vlaemische gedichten (Gand, 1838-41, 2 vol.), qu'il a enrichis de glossaires et de savantes annotations. Les sagas sont aussi une de ses études de prédilection. L'intérêt qu’il prend à la littérature allemande a été révélé par une traduction des Nibelungen en vers iambiques. Cependant son ouvrage capital est l’Aloude geschiedenis der Belgen of Nederduitschers (Bruxelles, 1849), où il défend l'opinion que les Pays-Bas allemands, bien que séparés politiquement de l’Allemagne, sont appelés à poursuivre le même but que ce dernier pays sous le rapport de la culture historique. Blommaert a écrit, en outre, dans plusieurs journaux belges, entre autres dans le Messager des Sciences Historiques. I a été aussi avec Willems un des principaux promoteurs de ces pétitions en faveur de la langue flamande , qui ont tant occupé le public belge en 1840.

BLOND , mot dérivé d'ablunda , qui signifie paille, couleur de pailie, ou plus directement encore, selon Ménage, de dbladum , blé, s'applique à une couleur de cheveux qui approche de celle des épis de blé, et qui est en général celle des peuples du Nord.

BLONDE, sorte de dentelle en soie, le plus souvent noire ou blanche, mais quelquefois aussi rose, verte et bleue. Les blondes sont ordinairement travaillées par des femmes et des enfants. Les grands morceaux, destinés à faire des écharpes, des voiles, des robes, etc., sont fabriqués par bandes, etensuite réunis parun point pareil à celui du réseau, “et conséquemment imperceptible. Celte opération délicate constitue un travail dont la bonne ou la mauvaise exécution détermine, non moins que le fini des dessins et la régularité du réseau, le prix des grandes pièces. C’est ce que l’on nomme en terme de fabrique raccroc.

Le département du Calvados est le centre de la fabrication des blondes. On porte de quatre-vingt à cent mille le nombre des ouvrières , tant au métier que raboulisseuses. La Manche prend aussi part à cette fabrication; mais ses

métiers produisent beaucoup moins que ceux du Calvados. .

Les blondes de Chantilly sont assez estiméès; mais elles sont généralement moins bien raboufies, et leur blanc tire un peu sur le verdâtre. Viennent ensuite les produits des fabriques de Mirecourt (Vosges), qui sont inférieurs aux blondes de Caen et de Chantilly, et les blondes du Puy (Haute-Loire); c’est dans cette dernière ville qu’on en fabrique le plus de basse qualité et à bon marché.

On fabrique aussi des blondes en Suisse et dans la Saxe ; mais quelques maisons seulement s’en occupent, et les produits que l'on en tire ont moins de blancheur et de fermeté que les nôtres , et ne sont presque toujours que des copies . de nos dessins.

BLONDEL ou BLONDIAUS, surnommé de Neesles, du lieu de sa naissance, fut un des plus célèbres trouvères du douzième siècle. Étant allé en Angleterre , il ne tarda pas à devenir le favori de Richard Cœur de Lion, qu’il accompagna en Palestine. Ce prince ayant été arrêté à son retour par le duc d’Autriche Léopold, Blondel, s’il faut en croire un chroniqueur anglais fort ami du merveilleux, parcourut sous un déguisement toute l’Allemagne pour chercher son maître chéri. Arrivé dans les environs du château de Lœ-

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venstein en Autriche, il apprit qu’un prisonnier de distinction y était enfermé. Après d’inutiles efforts pour le voir, il se plaça en face d’une tour grillée dans laquelle gémissait le prisonnier, et se mit à chanter un air qu'il avait composé avec Richard. A peine eut-il terminé la première strophe, qu'une voix lui répondit du fond de la tour et acheva la chanson. Ce fut ainsi que Blondel découvrit le roi. Il se hâta de retourner en Angleterre. Une ambassade envoyée à l’empereur obtint la liberté de Richard moyennant une rançon de 250,000 marcs d’argent. Cette tradition a servi de texte à maint poëme, et fait le sujet d’un joli opéra-comique de Sédaine dont Grétry composa la musique. De toutes les poésies de Blondel, il n’en est venu jusqu’à nous qu’un petit nombre, qui ont été publiées pour la première fois par M. Tarbé (1862, in-8°).

BLONDEL (François), littérateur, architecte et ingénieur , né à Ribemont, en Picardie, en 1617, et mort le 21 janvier 1686, était fils d’un professeur de mathématiques qui, n'ayant pas de fortune à lui laisser, voulut du moins lui donner des moyens de s’en faire une par ses connaissances, et prit grand soin de son éducation. Après avoir voyag plusieurs années comme gouverneur du jeune comte de Brienne, fils du ministre Loménie, Blondel fut employé dans diverses négociations, visita l'Égypte, et en 1659 il se rendit à Constantinople, en qualité d’envoyé extraordinaire, au sujet de la détention de l’ambassadeur français. Le succès qu'il obtint dans cette affaire lui valut un brevet de conseiller d’État, et il fut chargé d’enseigner au premier dauphin les lettres et les mathématiques.

Ce n’est que vers l’année 1665 que Blondel dirigea son esprit vers l’architecture. Il rétablit un pont sur la Charente à Saintes, et le décora d’un arc de triomphe. En 1669 il fut admis à l’Académie des Sciences, et Louis XIV ordonna que les travaux publics qui se feraient à Paris seraient exécutés d’après ses plans. C’est alors que Blondel dirigea la restauration des portes Saint-Antoine et Saint-Bernard, et fit élever la porte Saint-Denis. Ce dernier ouvrage a suffi pour lui faire un grand nom. C’est un monument du plus beau style, et qui ne nous laisse rien à envier dans ce genre aux anciens (voyez ARC DE TRIOMPHE, {. 1°", p. 748). Ce travail valut à son auteur la place de directeur et de professeur à l’Académie d'Architecture, dont il avait obtenu la fondation.

Blondel fit preuve de goût et de hardiesse dans son parallèle d’Horace et de Pindare, en élevant le premier audessus du second. Pour apprécier le mérite de cette opinion, il faut se rappeler que la littérature en était à une époque de servilisme aveugle pour l’antiquité, et surtout pour l'antiquité grecque. Chose singulière! tandis que Blondel et les Perrault s’inspiraient dans leurs monuments des plus beaux modèles de l'antiquité grecque et romaine, ils se constituaient en littérature les défenseurs de la liberté de penser et d'écrire.

Blondel était lecteur de mathématiques au Collége de France ; il les avait étudiées dans toutes leurs applications, et surtout dans leurs rapports avec l’art de la guerre. Il pensa qu'il serait utile à son pays en composant deux traités, l’un sur l’art de tirer les bombes, l’autre sur l’art de fortifier les places (Nouvelle manière de fortifier Les places, 1683), et les présenta à Louis XIV, qui applaudit à leur mérite, et récompensa Blondel par le grade de maréchal de camp.

Son neveu Jean-François BLONDEL, qui éleva le palais archiépiscopal de Cambrai, le portail de la cathédrale de Metz, etc., a aussi écrit sur l’architecture. Né en 1705, il est mort en 1774.

BLOOMÉRISME. Pendant l'été de 1849 quelques filles d'Ève s'avisèrent, de l’autre côté de la Manche, de mettre ce que la pruderie anglaise appelait autrefois ie vétement nécessaire. Cela fit quelque scandale, Ces

dames demandèrent à s'expliquer dans des clubs , et elles nous apprirent qu’elles s’appelaient blooméristes, du nom de M®®° Amélia Bloomer, laquelle avait inventé etrépandu leur costume. Ce costume consistait en un pantalon sans jupon, et en une casaque avec tunique. Elles ajoutaient, ces dames, que madame Bloomer était une très-excellente femme, épouse d’un avocat éminent de Boston (États-Unis) et colonel de la milice. De plus, madame Bloomer était bien faite, disaient-elles ; et loin de répudier les lois de la pudeur , c'était au contraire parce qu’elle croyait le costume actuel des femmes trop mondain qu’elle avait imaginé de rapprocher celui de son sexe des habits des hommes. Les Anglais, peu galants, huèrent les novatrices, et il leur fallut re- .noncer à montrer leurs charmes enfermé: dans le costume des hussards. Malgré la défaite du bloomérisme, les Américaines n’ont pas renoncé à la réforme du costume et un journal de New-York, est encore dévoué à cette cause.

BLOOMFIELD (Roserr), poëte ouvrier anglais, né le 3 décembre 1766, à Honington, était fils d’un tailleur de campagne, qui l’envoya, en 1781, à Londres pour apprendre l'état de cordonnier chez son frère. La fréquentation de quelques chapelles , des visites au théâtre de Covent-Gar-den , la lecture de quelques livres , l’introduisirent bientôt dans un monde nouveau, où il trouva peu à peu les éléments de sa véritable vocation. Ainsi, il devint poëte presque sans le savoir. Un jour, il récitait devant son frère une chanson populaire, qu’il avait composée sous une forme ancienne; celui-ci lui proposa de l'offrir à l'éditeur du London Magazine, qui l’accepta. Ce petit poëme était intitulé Za Lailière. Le suivant, le Retour du Nuvigaleur, fut également bien accueilli du public. £es Saisons de Thomson, le Paradis perdu de Milton, et d’autres bons ouvrages, étaient la lecture favorite et habituelle de Robert, et en firent le créateur d’un genre de poésie que les Anglais mettent pour l’ensemble à côté de celle de Thomson, mais bien au-dessus pour les détails. II conçut à la campagne, où il s’arrêla pendant quelque temps en 1786, l’idée de son poëme le Valet du Fermier, qui porte le cachet de l’humeur aimable et gaie de l’auteur. Il n’y travailla cependant pas dans des circonstances très-favorables, car il était encore compagnon cordonnier, et habitait une petite chambre sous les toits, Un docteur en droit, nommé Capel Lofft, qui lut ce poéme en 1799, én fut tellement satisfait qu’il résolut de le faire imprimer, en société avec un de ses amis nommé Gill. L'impression eut lieu en effet l’année suivante, en 1800. On à encore de Bloomfeld un recueil de poésies pastorales, qui ont été traduites en français, sous le titre de Contes et chansons champétres, par E. de Lavaisse, et publiées à Paris en 1802. Nous avons une traduction du Valel de Fermier par E.-F. Allard ( Paris, 1800), et une autre, par T.-P. Bertin, de l'Histoire du chapeau neuf du petit Davy (Paris, 1818). Bloomfield n’abandonna jamais son métier de cordonnier. Sur la fin de sa vie, il perdit par trop de bonhomie tout ce qu’il possédait. Devenu aveugle, il mourut à Shefford , le 19 août 1823. Ses Poems ont souvent été réimprimés à Londres, notamment en 1845.

BLOUSE. Ce vêtement est le sayon des Gaulois. 11 a conservé son nom originaire dans quelques contrées de la France méridionale. Depuis vingt siècles, le sayon ou blouse n'a pas cessé d’être l'habillement ordinaire des voituriers et des hommes de peine; seulement il se composait de peaux chez les Gaulois : il est maintenant d’étoffe; et les montagnards des Pyrénées, les villageois du Médoc, le portent encore tel que le portaient les Gaulois. L'usage de la blouse s’est beaucoup étendu depuis quelques années : c’est le vêtement de travail des artistes, et les ouvriers appellent bor-gerons des demi-blouses qui ne descendent qu'aux reins. La blouse est l'uniforme national des milices citoyennes dans les campagnes.

Pendant l'hiver, il est dans l'usage ordinaire que les vil-

BLOOMERISME — BLUCHER

lageois, les voituriers, remplacent la blouse de toile par une limousine , espèce de manteau d’étoffe de laine commune

froncé dans sa partie supérieure, et sans autre façon. La li: mousine, moins ample que le manteau, ne diffère de Ya blouse que parce qu’elle est ouverte dans toute sa longueur par devant. |

Le plus simple, le plus commode et le moins coûteux des vêtements, la blouse, ne semble pas l'apanage de la fortune; cependant elle ne dénole pas toujours la misère. Elle est plutôt le symbole du travail. Il y a aussi la blouse des touristes, la blouse des chasseurs, la blouse des enfants.

Après la révolution de Février, la blouse joua un très-grand rôle dans les événements. Chacun voulait ètre ouvrier ; et pour le prouver encore mieux, beaucoup endossèrent la blouse, Vanité des vanités! La force était alors avec le nombre, et on ne pouvait pas penser qu’elle l’abandonnerait sitôt. Que de gens, semblables à ces cruches qui ne se baissent « que pour se remplir, se faisaient petits dans l'espoir de grandir plus vite! Partout on entendait dire aux démocrates que l’on ne voulait pas changer les habits en blouses, mais les blouses en habits; et cependant c'était tout le contraire qui arrivait : les blouses augmentaient en nombre. Mais un jour la blouse se retourna contre la blouse, sous la conduite « des habits brodés , et bientôt ce qui resta de blouses ne fut plus regardé que comme une vile multitude, La blouse a repris son rang. Les événements de décembre lui ont rendu ses droits.

BLOUSES (Géologie). Voyez BEnouzes.

BLUCHER (Gevuarp LEBERECHT DE), de la maison de . Gross-Rensow, dans le Mecklenbourg, prince de Wahlstadt, feld:maréchal de Prusse et chevalier de presque tous les ordres militaires d'Europe, naquit à Rostock, le 16 décembre 1742. Son père, capitaine de cavalerie au service de Hesse-Cassel, l'envoya à l’âge de quatorze ans à l'ile de Rugen, où la vue des hussards suédois lui inspira le désir d’embrasser l'état militaire. En vain ses parents cherchèrent à l'en détourner. Le jeune Blucher, ne prenant conseil que de sa passion naissante, prit du service en qualité de cadet dans le régiment dont l’aspect avait décidé de sa vie entière. Il fit sa première campagne contre la Prusse, et fut fait prisonnier par le même régiment de hussards prussiens qu'il commanda dans la suite avec tant de distinction. Le colonel Belling , alors chef de ce régiment, le détermina à entrer au service de la Prusse, et, par suite d’un échange de prisonniers, Blucher fut nommé lieutenant dans ce mème régiment. Victime d’un passe-droit , le jeune lieutenant donna sa démission en 1772; et alors, prenant, suivant l’us sage établi dans les armées du nord de l'Europe, le titre du grade immédiatement supérieur à celui qu’il avait rempli, il se retira dans ses foyers comme capitaine de cavalerie en retraite, pour se vouer désormais exclusivement à l’économie agricole. 11 acheta, avec la dot de sa femme, la terre de Gross-Raddow en Poméranie, et devint en 1794 conseiller provincial.

Après la mort de Frédéric II, il reprit du service comme capitaine dans son ancien régiment. Il en fut nommé colonel, … et se distingua en cette qualité, en 1793 et 1794, sur les bords du Rhin. Orchies, Luxembourg, Franckenstein, Op-. | penheim (16 janvier 1794), Kirrweiler, Edesheim, dans le Palatinat, furent tour à tour témoins de sa bravoure. Après l'affaire de Leystadt (18 septembre 1794), si glorieuse pour | lui, il passa à l’armée d'observation du Bas-Rhin en qualité … de général-major. En 1802, il prit possession d’Erfurt et de | Mülhausen au nom du roi de Prusse, La guerre qui éclata | en 1806 le conduisit sur le champ de bataille d’Auerstaedt | (14 octobre ). Il accompagna, avec la plus grande partie de la cavalerie, le prince de Hohenlohe, dont il formait le … flanc gauche , dans aa retraite en Poméranie. La distance … qui séparait les deux. corps d'armée élant devenue trop con- … sidérable pour pouvoir être franchie, mème par des marches

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