‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 3)Chapitre 204 sur 527 · PR RER ES ELLE SEE · texte numérisé non relu

PR RER ES ELLE SEE

chaudement toutes choses, de maladroïits amis entreprirent de démontrer que Bocage était plus qu'un artiste de talent, qu'il était la personnification de PArt, que Part était en lui et non ailleurs, etc., elc.

Ces exagérations assez ridicules eurent le résultat que redoutaient les hommes sages. La partie raisonneuse du public, celle qui n'accepte pas les opinions toutes faites, celle que le tapage irrite, s'insurgea contre la renommrte élourdissante de Bocage, Comme il lui parut qu’on voulait faire d’une question d'acteur une question d'école, une question de littérature, elle se retira dans ses préjugés, et nia l'acteur comme elle niait l’école, comme elle niait la pièce. Cette crise, il faut le dire, ne fut pas favorable à l'acteur. On avait crié à la perfection, la critique eut à cœur de savoir à quoi s'en tenir sur cette hâtive glorilication; ee examina, et son examen fut d'autant plus sévère que le fanatisme des adorateurs s'était montré plus ardent. On louait l’originalité de l'artiste, la critique proclama que cette originalité n’était que bizarrerie; on vantail la distinction aristocratique de sa personne, la critique accusa l'acteur d’afféterie et de prétenlion; on s’extasiait sur la vivacité de sa pantomime, la critique ne consentit à voir dans ce luxe de jeux de physionomie que contorsions et grimaces. A ceux qui remarquaient combien la voix de leur acteur favori avait de puissance émouvante , la critique répondait que la plupart du temys cette voix était toute nasale, et que toujours elle était étrangère à la pratique de l'articulation. Enfin, peu s’en fallut que, grâce à d’imprudentes admirations, cette gloire qu'un jour avait fait éclater ne retombât en un jour dans le néant.

Par bonheur, le mérite de l'acteur, s’il n’atteignait pas arécisément les hauteurs hyperboliques au niveau desquelles on avait prétendu l’élever, était de taille à ne pas se laisser étouffer dans la lutte. II triompha des attaques de la critique, et, ce qui est plus remarquable, des adulations de ses amis. La Tour de Nesle, Thérésa, Shilock, Angèle, L’Incendiaire, Les Sept Infants de Lara, Riche et Pauvre, Ango, Christophe le Suédois, etc., etc., prouvèrent victorieusement que Bocage est un des acteurs de notre temps qui entend le mieux la composition générale d’un rôle, qui en saisit le plus minutieusement toutes les nuances et les détails les plus divers, que personne plus que lui ne connaît l’art de donner du ton et de la couleur à un personnage, que nul n’exprime avec plus de force et de vérité la résignation, le désespoir, l'amour et le dévouement.

Plus tard, La Main droite et la Main gauche, Lucrèce et Antigone furent pour Bocage des occasions de triomphes bruyants; mais pour les amis de l'artiste — j'entends les amis, et non les sectaires — ses deux plus admirables créations restent celles de Delaunay dans Thérésa, et du vieux curé dans /’Incendiaire. Édouard LEMOINE.

D’acteur, M. Bocage se fit un jour entrepreneur de spectacles. Au mois de mai 1845, il obtint la direction de l’Odéon. Le théâtre rouvrit à l’arrière-saison par la résurrection du Saint Genest de Rotrou, et un prologue en vers de M. Th. Gautier. Sa troupe -était faible, bien faible; M. Bocage n’avait guère recruté que des talents naissants, qui devaient à la vérité se développer sous son. inspiration. Les pièces se succédèrent avec la rapidité dévorante qui caractérise cette malheureuse scène. Cependant on remarqua le Diogène, de M. F. Pyat, dans lequel M. Bocage jouait le principal rôle; Agnès de Méranie, de M. Ponsard, etc. M. Bocage avait cédé la direction de son théâtre à M. Vicentini, lorsque la révolution de Février le ramena à la tête de l'Odéon. Appelé au sein de la commission chargée de préparer un projet de loi sur les théâtres, il se prononça énergiquement contre la censure, et développa un système de théâtres ambulants qui parcourant les campagnes porteraient partout des idées civilisatrices.

Une des plus brillantes campagnes de l’Odéon fut celle que

fournit François le Champi. Georges Sand nous apprend même que c’est sur les vives instances de M. Bocage qu'il s'aventura à ressusciter sur la scène le genre rustique et naïf. Les billets de famille, qui réduisaient d'une manière indirecte le prix d'entrée, devinrent un prétexte de révocation, et son privilége lui fut enlevé. Vainement il en appela au conseil d'État. Son pourvoi fut rejeté, Cependant Georges Sand avait écrit pour lui Claudie, qui fut représentée à la Borte-Saint-Martin, et où il joua avec succès le rôle du père Remy. Depuis cette création il parut de temps à autre sur les différentes scènes de Paris, et dirigea même en 1859 le petit théâtre Saint-Marcel. Peu de temps avant de mourir il créa à l’Ambigu-Comique le rôle du vieux duc dans Les Beaux messieurs de Bois-Doré. Bocage est mort le 30 août 1862, à Paris, à l'âge de soixante-trois ans.

Son neveu, Paul Bocace, né en 1824, est auteur de plusieurs pièces et de quelques romans.

BOCAL + vase en verre, long, cylindrique et sans tube, à col court ou sans col, et à bouche large, qui sert à mettre du vin, des liqueurs et toute espèce de liquide; à conserver des fruits dans de l’eau-de-vie, ou des matières animales dans l’esprit-de-vin, ou enfin des poudres et des malières sèches dans les laboratoires des chimisteset des pharmaciens.

On a donné le nom de bocal électrique à la bouteille de Leyde. ;

Les bijoutiers et quelques autres ouvriers se servent d’une grosse bouteille ronde de verre blanc, remplie d’eau et montée sur un pied de bois, pour rassembler sur leur ouvrage la lumière d’une bougie ou d’une chandelle placée derrière , et qui s’appelle aussi bocal,

BOCANE , ancienne danse grave et figurée, ainsi appelée de son inventeur, Bocan, maître à danser de la reine Anne d'Autriche, qui l'introduisit à la cour en 1645, et dont il ne reste aujourd’hui que le nom.

BOCARD , BOCARDAGE. Le bocard est un appareil de cassage ou de pilage des substances très-dures. Son emploi principal est pour le cassage des minerais et des scories des bauts fourneaux où autres. Le bocardage se fait à sec ou à l’eau. Dans ce dernier cas, l'opération est une combinaison du cassage et du lavage. On nomme bocqueurs les ouvriers qui travaillent au bocardage.

La bonde du bocard est un morceau de bois qui sert à boucher l'ouverture par laquelle le minerai sort du bocard, La huche du bocard est une auge ou cuve demi-circulaire qui reçoit le minerai au sortir du bocard. Les jumelles d'un bocard sont deux pièces de charpente qui s’élèvent perpendiculairement , et qui sont séparées par un intervalle entre deux lignes parallèles. Le mentonnet du bocard est zomposé de pièces de bois fixées sur les poteaux des pilons, et que soulèvent les cames. Les pilons du bocard sont de grands pilons de bois ferrés et mus par des cames. La semelle du bocard est une pièce de bois qui en fait la base.

Le vlus simple de tous les hocards, mais celui dont les inconvénients sont trop évidents pour qu'il soit nécessaire de s’y arrêter, consiste en un gros marteau, ordinairement en fonte de fer, qui tombe sur une grande masse ou tas également en fonte, entourée de planches, et en forme de caisse. Ce marteau est mu à l’aide d’une roue hydraulique à laquelle, selon les localités, on pourrait substituer tout autre moteur que l’eau. L'expérience a fait connaître qu'un marteau de cette espèce, fonctionnant dans des circonsfances très-favorables, sous l'action d’un cours d’eau puissant, ne peut guère casser en vingt-quatre heures que vingt-cinq mille kilogrammes de minerai médiocrement dur. Il faut pour la conduite de Popération un homme de jour et un autre de nuit.

Le bocard le plus généralement en usage est composé de plusieurs pilons ; suivant la puissance du moteur que l’on à à sa disposition, on peut en varier le nombre depuis deux Jusqu'à six, et plus, Ces pilons consistent ordinairement en

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