‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 3)Chapitre 205 sur 527 · BOCAGE — BOCARD · texte numérisé non relu

BOCAGE — BOCARD

une pièce de bois d'environ 3 mètres de long sur 19 ” (

centimètres d’équarrissage, terminée par une grosse boîte |

de fonte, qui reste fixée sur l'extrémité inférieure, et es

taillée en pointe de diamant. Ainsi garnis, ces pilons pè chacun de 30 à 40 kilogrammes. On les place entre de teaux et on les y maintient verticalement. A 1",30 de: teur environ, on fixe sur ces pilons un mentonnet, $ lequel passe une came pour les enlever. Ce mécanisme très-analogue à celui du moulin à effilocher, dit à maille. ches , de nos anciennes papeteries. Les pilons tombent dan: une auge de bois, sur le fond de laquelle, dans le sens de. la longueur, courent de puissantes bandes de fer forgé de la meilleure qualité. On fait choix pour cela du fer le plus dur et le plus élastique. On place au-dessus de l'ange, vers b milieu de son prolongement, une caisse que l’on entretient constamment pleine du minerai à bocarder. Cette caisse porte sur ses côtés des échancrures par’ lesquelles un choe un peu violent peut faire passer du minerai, qui vient tomber dans l'auge; et cela arrive toutes les fois que l’auge s'étant vidéeil s'exerce une action sur un levier, qui communique au pilon par un mentonnet; le choc imprimé agi la caisse, et le minerai s'échappe. Sur le devant de l'auge se trouve un grillage formé de plusieurs barreaux triangulaires. de fonte, éloignés entre eux d'environ 3 centimètres pour donner passage au minerai bocardé. À Voilà la forme du bocard le plus généralement usité en. France , en Allemagne et en Suède. Mais ni en Angleterre, ni même dans les États-Unis, on ne s’en est tenu à cette forme consacrée par la routine. Divers moyens plus 6x péditifs, et susceptibles surtout de procurer plus d'égalité dans la grosseur des fragments (ce qui est essentiel pour la fusion), ont été tentés avec plus ou moins de succès. Nous citerons seulement le bocard que nous avons vu en usage. aux forges de Springfield (État de Massachusetts). Cet appareil, mû à la vérité par un cours d’eau puissant et très favorable, donnait par heure, terne moyen, cinq mille ki» logrammes de minerai cassé avec une égalité de grosseur ussez grande. . ] La machine consiste en un grillage de 2,75 de diamè ajusté sur un plan circulaire de bois placé sur un arbre v. tical. Les pilons, au nombre de dix, sont alternativem soulevés par des cames fixées sur un arbre horizontal, retombent sur ce grillage, où ils écrasent le minerai. Le pl de bois dont nous venons de parler reçoit un mouvem | circulaire, afin que la chute des pilons s'effectue successi ment sur tous les points de la surface couverte de minerai. Les fragments, réduits généralement à la grosseur d'un petit œuf de poule, passent au travers des ouvertures pratiqu à cet effet entre les grilles. Une roue à aubes, mue par l’eau, fait tourner un arbre sur lequel sont emmanchées deux lanternes; la seconde lanterne engrène dans une roue horizontale très-grande, portée par un arbre vertical, qui communique le mouvement circulaire au grillage; la première lanterne engrène aussi dans une roue dentée qui fait mouvoir un autre arbre vertical. Une seconde roue dentée, liée à cet arbre, engrène dans une autre lanterne, et communique le mouvement à l'arbre porteur des cames qui soulèvent les pilons. F Le plus grand inconvénient qu'offre le bocardage à l’aide: de mécaniques quelconques est la quantité de poussier où. fragments trop petits qui se forment par leur action, Dans quelques cas cet inconvénient est peu senti, tels, par exem= ple, que pour les minerais dont la fusion n’est pas reta et souvent même est avancée ou rendue plus facile par leur pulvérisation; mais il est d’autres cas, malheureusement trop fréquents, où cette pulvérisation est un obstacle considérable à la fusion , et nuit même à la qualité des fers. Elle a presque toujours l'inconvénient de causer des enrochements où chambrures dans les fourneaux, et principalement

quand ils ont une grande élévation

BOCARD — BOCARME

Le hocardage peut avoir lieu dans deux cas différents : 1° on soumet le minerai à l’action du bocard uniquement pour favoriser la séparation des substances étrangères, et ce avant le grillage ; 2° après le grillage, et dans la vue seulement de réduire les fragments à un volume peu considérable, et rapproché autant que possitie de l’uniformité, conditions qui toutes deux accélèrent et régularisent considérablement les fondages. PELOUZE père,

ancien directeur des forges et fonderies du Creuzot.

BOCARDO , mot barbare par lequel on désigne, en logique, une sorte d’argument ou de syllogisme dans le genre du suivant : Quelque animal n’est pas homme ; tout animal a un principe de sentiment : donc, quelque chose qui a un principe de sentiment n'est pas homme.

Dans un syllogisme en bocardo, la première proposition est particulière et négative, la seconde est universelle et affirmative, et le moyen terme est sujet dans les deux premières propositions.

Que de bons esprits ont été faussés par toutes ces subtilités de l'école, et combien il faut savoir gré à tous ceux qui ont eu le courage de nous en débarrasser, pour nous ramener à l'observation des simples lois du sens commun el de la logique naturelle !

BOCARME (Affaire). Le 20 novembre 1850, un jeune homme, nommé Gustave Fougnies, mourait à Bury, dans le vieux manoir de Bitremont, où il était arrivé le matin même pour rendre visite au comte et à la comtesse de Bocarmé, son beau-frère et sa sœur, et dans la salle où il venait de diner avec eux. Cette mort ne pouvait guère paraître naturelle. Une information judiciaire fut commencée, par suite de laquelle le comte et la comtesse furent mis en état d’arrestation.

Le comte Hippolyte Visart de Bocarmé, appartenant par sa naissance à l’une des premières familles du Hainaut, avait épousé, en 1843, Lydie Fougnies, fille d’un ancien épicier. Lydie n'avait qu'un frère, et ce frère, amputé de la jambe droite, annonçait une constitution faible et délicate. M. de Bocarmé avait donc pu fonder sur cette santé débile et chancelante des espérances d’héritage dont il avait spécu'é. En effet, quoique issu d’une famille autrefois fastueuse et riche, quoique possesseur d’un château entouré de fossés, antique et féodale demeure de ses pères, le comte, au moment de son mariage, était loin de se trouver dans une position opulente. Un simple revenu personnel de 2,400 francs joint à une pension de 2,000 francs , de la dot de sa femme, formaient tout l'avoir du nouveau couple. D’aussi faibles ressources s’accordaient mal avec un grand train de maison, et surtout avec les mœurs déréglées de M. de Bocarmé. En épousant Lydie, dont on avait exagéré le patrimoine, il avait d’abord pu caresser l’espoir de réparer le fâcheux état de ses affaires; mais ce patrimoine insuffisant ne tarda pas à être dissipé par le comte, et il lui fallut bientôt, pour subvenir à ses dispendieux désordres, contracter chez son notaire des emprunts journaliers : ces emprunts atteignirent en peu de temps le chiffre de 43,000 francs. Aussi la ruine des époux de Bocarmé était imminente lorsque Gustave mourut.

Si l'éventualité d’une fin précoce que l’état souffreteux de Gustave faisait pressentir avait été pour le comte un motif déterminant de l'union qu'it avait contractée avec Lydie Fougnies, on conçoit combien grande devait être son impatience en voyant que cette mort n’arrivait pas assez vite au gré de ses désirs. On conçoit surtout combien dut le contrarier le projet de Gustave d’unir son sort à celui d’une

épouse. Ce mariage, qui risquait d’anéantir toutes les espé-

rances de M. de Bocarmé, était à la veille de s’accomplir entre le jeune Fougnies et une demoiselle de Dudzeele. Aussi Gustave n’eut-il pas plus tôt rendu le dernier soupir, que la comtesse chargeait en termes inconvenants un de ses domestiques d’aller dire à la famille de la fiancée de son frère que celui-ci était mort d’apoplexi®-

DICT, LE LA GUNVERS, — T, IL

Cependant l’état du cadavre indiquait une mort toute différente; car l’autopsie avait constaté, indépendamment de plusieurs contusions, égratignures et coups d'ongles, le passage sur la langue, dans la bouche, la gorge et l'estomac, d’un caustique liquide, et l'analyse chimique, de son côté, ne tarda pas à démontrer que Gustave Fougnies était mort empoisonné par lanicotine. L'instruction acquit la preuve que le comte de Bocarmé faisait depuis dix mois une étude particulière de ce poison; qu'après avoir cultivé des plantes vénéneuses en 1849, il s'était présenté au mois de février 1850, sous un faux nom, chez un professeur de chimie à Gand, afin de connaître les instruments propres à extraire les huiles essentielles des végétaux. 11 avait particulièrement consulté ce chimiste sur la manière de distiller l'huile essentielle du tabac, et il avait commandé à un chaudronnier un appareil distillatoire propre à ses expériences. Après plusieurs essais imparfaits, il avait réussi à obtenir le 10 novembre deux fioles de nicotine qui disparurent le 20, jour de l’empoisonnement de Gustave. D’autres charges accablantes demeurèrent acquises contre les deux accusés. Ainsi toutes les précautions avaient été prises par les époux de Bocarmé pour éloigner les domestiques de la salle à manger pendant le crime ; cependant on avait entendu des cris proférés par la victime ; enfin la femme de chambre avait presque assisté à la perpétration du crime, et le parquet en avait conservé des traces.

Les époux Bocarmé furent donc renvoyés devant la cour d'assises du Hainaut. Les débats s’ouvrirent à Mons, le 27 mai 1851. Agé de trente-deux ans, le comte de Bocarmé était d’une taille grande et svelte; ses cheveux étaient blonds et abondants ; sa figure, quoique légèrement marquée de petite vérole, ne manquait ni de noblesse ni de distinction; ses yeux bleus avaient une certaine timidité dans le regard. Sa femme avait vingt-huit ans; sa figure régulière, encadrée par des cheveux noirs comme l’ébène, était plutôt belle que jolie; ses yeux noirs, surmontés d’épais sourcils, n'avaient pas l’expression de douceur qui caractérise en général les femmes du Hainaut. Au banc de la défense s’asseyaient deux avocats belges et un avocat de Paris.

Le système de défense adopté par les accusés ne fut point solidaire. S’accusant réciproquement de la mort de Gustave, mais l’attribuant, l’un à un accident involontaire causé par un déplorable effet du hasard, l’autre, au con- {raire, à une intention préméditée, ils essayèrent de faire retomber l’un sur l’autre le poids de la catastrophe. La comtesse accusa formellement son mari d’avoir empoisonné son frère; de l'avoir, après le dîner qu'ils venaient d’achever ensemble, soudainement terrassé, et, tandis qu’elle s’était sauvée pleine d’effroi, d’avoir violemment administré au malheureux Gustave le poison qu'il lui destinait. Elle n'avait pas vu consommer l'acte lui-même; mais le soir, après le crime, le comte lui en avait avoué toutes les circonstances, et du reste, dès la veille, lui annonçant pour ke lendemain la visite du jeune Fougnies au château, il lui avait déclaré qu'il voulait en finir.

De son côté, M. de Bocarmé expliquait tout autrement l'événement fatal. Ce que racontait sa femme n’était, d’après lui, que mensonge et pure invention. Après tout, un pareil langage était dans son plan de défense, et elle faisait très-bien, disait-il, d'y persister, si elle espérait de cette façon se sauver. Mais, pour son compte, il se défendait énergiquement du crime qu’on rejetait sur lui, et c'était, au contraire, la comtesse, qui, sans Le savoir, innocerment, avait empoisonné son frère, en lui versant à boire comme il venait de demander du vin, ce qu’elle croyait être du vin, et qui n’était autre chose que de la nicotine que cette bouteille contenait. Lui-même d’ailleurs, ayant porté ce liquide à sa bouche, en même temps que Gustave, croyant aussi boire du vin, avait failli s'empoisonner, et n'avait échappé au triste sort de son beau-frère que par la promp-

titude avec laquelle il avait rejeté et vomi ce qu’il venait d’avaler.

Ce qui étonna surtout dans le cours de ces débats, ce fut le caractère singulier de la comtesse, la froide et cruelle imvassibilité de cette femme qui ne se démentit pas un seul instant, l'indifférence profonde qu’elle ne cessa de témoigner pour le sort de son mari. L'impression qu’une telle attitude laissa dans les esprits lui fut en général peu sympathique, et chacun éprouva contre cette absence complète de cœur et de sensibilité un profond sentiment de répulsion, Qu'attendre en effet d’une femme qui avouait elle-même savoir que son mari allait tuer son frère, et qui, au lieu de prévenir celui-ci, au lieu d'appeler les domestiques et de rendre le crime impossible, déclarait s'être éloignée pleine d’effroi, mais sans bruit , de la salle où son frère expirail ? Après dix-huit jours de débats, le jury rendit enfin, le 14 juin, au grand étonnement de {ous ceux qui avaient suivi cette affaire, un verdict de culpabilité pour le mari et de non-Culpabilité pour la femme. La comtesse fut, en conséquence , rendue à la liberté, et le comte condamné à la peine de mort.

M. de Bocarmé, dont le pourvoi en cassation fut rejeté, subit sa peine à Mons, le 20 juillet. Le roi n’avail pas cru pouvoir arrêter le cours de la justice pour un crime d’autant plus grand que l’auteur appartenait aux classes les plus élevées de la société. L'énergie que le comte avait manifestée pendant toute la durée du procès ne l’abandonna pas un seul instant, et l’accompagna jusque sur l’échafaud. La comtesse est allée s'installer à Kænigswinter,où elle vit, dit-on, dans la retraïte, et le château de Bury est resté désert. Puisse-t-elle éteindre dans une vie obscure la triste célébrité qui s’attache à son nom!

BOCCACE (JEAN) naquit à Paris, dans l’année 1313. I était fils naturel d’un marchand florentin, originaire de Certaldo, appelé Boccacio di Chellino, qui était venu à Paris, autant à cause des affaires de son commerce que par suite de liaisons d’amour qu'il y avait formées. On conduisit l'enfant à Florence, où il fut confié aux soins d’un cerain Giovanni da Strada, célèbre grammairien de cette époque, qui commença son éducation. Boccace annonça de bonne heure ce qu’il serait un jour. Dès l’âge de sept ans, bien qu’il n’eût encore aucune connaissance des règles de la versification, il composait déjà des fables et des récits en vers pour amuser ses camarades, ce qui lui valut de leur part le surnom de Poëte.

Ces brillantes dispositions auraient dû flatter l’amourpropre de son père; mais il les trouva si contraires aux plans qu’il avait formés pour l'avenir de son fils, qu’il songea à en arrêter l'essor : marchand, il voulait que son fils le fût aussi, 11 le mit donc, à l’âge de dix ans, dans le comptoir d’un négociant à Paris, pour y apprendre lastenue des livres et les quatre règles de l’arithmétique. Cette première contrariété, loin de décourager le jeune Boccace, ne fit qu’irriter son génie , et lui rendre plus chers ses livres poétiques et ses études. Il employa les six années qu’il resta chéz ce négociant non à se mettre au fait du commerce, il s’en souciait fort peu, mais à travailler à connaître les hommes. Ces six années écoulées, son maître, voyant que ses efforts étaient inutiles, et qu’il ne pourrait jamais rien en faire, le renvoya à la maison paternelle,

Cependan le père de Boccace ne se découragea pas encore. Croyant que si on lui faisait envisager le commerce * d’un point de vue plus élevé, on finirait par lui en inspirer le goût, il le fit voyager dans les différentes villes de l'Italie, et surtout dans le royaume de Naples. Cet expédient eut un résultat fort différent de celui quele bon Boccacio di Chellino en attendait. Envoyer un jeune homme doué, comme son fils, d’une imagination ardente, à Naples, sur cette terre classique de la poésie, au milieu des ruines de tant de moauments célèbres, sous un ciel inspirateur, au pied de la

BOCARME — BOCCACE

tombe de Virgile, le mettre en présence du Vésuve et de tout ce qu'une nature toujours jeune et puissante a de plus enivrant, n'élait-ce pas le rendre cent fois plus poëte qu’auparavant, n'était-ce pas le rendre poëte jusqu’à la folie? On conçoit qu’un pareil voyage puisse poétiser jusqu’à l'âme d’un marchand; mais qu’il puisse matérialiser l’âme d’un poëte … c’est bien difficile à croire. Aussi que fit Boccace? Il planta là toute idée de commerce et d’affaires , et se mit à étudier Virgile, Horace, Ovide et le Dante. Il lut surtout ce dernier poëte tant de fois, il s’en empara si bien, que la Divine Comédie devint, pour ainsi dire, la propre subslance de son âme, qu’il se lincorpora, et que plus tard il emprunta presque toujours, quoique involontairement, à ce grand maître la forme et l'expression dont il habilla ses pensées.

Le père de Boccace, convaincu à la fin de l'inutilité de ses efforts, lui permit de continuer ses études, mais à la condition qu’il y joindrait celle du droit canon, moyen presque certain à cette époque d'arriver aux emplois et à la fortune. Mais les décrets de l’Église n'avaient guère plus de charmes pour Boccace que le commerce. Après quelques tentatives pour prouver sa bonne volonté et son obéissance, il abandonna cette nouvelle tâche, pour reprendre ses occupations littéraires. Fixé, depuis huit ans, à Naples, il y fut témoin d’un spectacle bien fait pour exciter son enthousiasme : ce fut à cette époque qu’eut lieu la visite de pétrarque au roi Robert. Boccace assista à l'examen que subit le grand poëte en présence de toute la cour du roi Robert ; il se retira émerveillé de la manière éloquente avec laquelle il avait fait l'éloge de la poésie, et exposé les règles de cet art divin.

L'amour, qui d'ordinaire joue son rôle dans l'existence terrestre du génie, devait occuper une large place dans le talent et la destinée de Boccace. Il vit dans une église Ja jeune princesse Marie, fille naturelle du roi Robert. Elle était aussi belle que spirituelle et instruite. Lui, de son côté, était beau, jeune et séduisant. 11 aima la princesse, et en fut aimé; ce qui était fort naturel assurément , mais fort peu édifiant, attendu que Marie avait épousé depuis huit ans un gentilhomme napolitain. C’est elle qu'il a souvent chantée sous le nom de Fiammelta, et c’est pour elle qu’il a composé le poëme de cenom et celui qui a pour titre Filicopo. Au reste, les amours de Boccace avec la fille du roi Robert aboutirent à un dénoûment trop prosaïque pour qu'ils aient conservé le parfum céleste qui fait le charme de ceux de Danteet de Pétrarque. Fiammelta ne pouvait inspirer comme Laure et Béatrix; elle avait trop accordé aux sens pour laisser place à la rêverie et à l'imagination.

En 1342, le père de Boccace, devenu vieux et infirme, le rappela auprès de lui. Florence gémissait alors sous la tyrannie du duc d'Athènes ; mais notre poëte ne prit aucune part aux agitations populaires qui en furent la conséquence ; pour s’arracher aux préoccupations du présent, il composa même un roman mêlé de prose et de vers, connu sous le titre d’Admète. Après un nouveau voyage à Naples, il revint se fixer dans sa patrie, où son père avait tout récemment exhalé le dernier soupir. Cette année fut marquée dans sa vie littéraire par un grand événement, son étroite liaison avec Pétrarque, auquel il fut chargé par ses compatriotes d'aller porter la nouvelle de son rappel et de la restitution des biens de son père. Boccace s'empressa de renoncer à la poésie et de jeter au feu tous ses sonnets quand il eut lu ceux de l'amant de Laure, Si cet excès de modestie nous a fait perdre un versificateur, qui selon toutes les apparences n'aurait jamais été que très-médiocre, il nous à valu un grand écrivain, un orateur du premier ordre; il nous à valu la découverte de la langue italienne. ù

En effet, la publication du Décaméron, qui eut lieu l’année suivante, prouva que Boccace avait eu raison de renoncer à la poesie, et de s’attather à ér“ire dans l'idiome

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