‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 3)Chapitre 24 sur 527 · BERLIN — BERLINE · texte numérisé non relu

BERLIN — BERLINE

culiers, de sept maitres et lecteurs, en tout par conséquent de cent soixante-douze professeurs académiques.

Parmi les établissements destinés à faciliter Pinstraction générale, la bibliothèque royale occupe incontestablement le premier rang. Placée depuis la mort de Wilken sous la direction du bibliothécaire en chef Pertz, elle contient plus de 600,000 volumes, une précieuse collection de manuscrits, et a pour annexe une division particulière de la bibliothèque de Y'Université, où l’on a eu soin de réunir les divers ouvrages les plus nécessaires aux besoins des diverses facultés. Berlin possède en outre une Académie des sciences et des arts, six gymnases, une école polytechnique et une école d'architecture, deux séminaires destinés à former des instituteurs et des institutrices, un autre pour former des missionnaires, une école pour les chirurgiens militaires, une école militaire, une école d'artillerie, une école du génie, un grand nombre d'écoles réelles et industrielles et bon nombre d'écoles particulières. Grâce aux nombreuses socié: tés savantes existant dans cette capitale, la science sert comme d’un nouveau lien social, et pénètre ainsi de plus en plus directement dans le cercle d'action de la vie réelle, On doit mentionner surtout la Société des Amis de la Nature, la Société Philomathique, la Société de l'Humanité, la Société Berlinoise pour la langue et l'archéologie allemandes , l'Association artistique des Sciences, la Société de Géographie, la Société Pédagogique, etc., etc. Que si ces diverses associations semblent concentrer la vie scientifique de Berlin dans la science pure, des cours publics ne laissent pas que de la faire pénétrer également dans les cercles éclairés de la société. Ils sont faits surtout dans l’Association scientifique par les savants les plus illustres de la

Prusse.

Les arts ne sont pas cultivés avec moins de soin à Berlin

que les sciences, et leurs progrès sont favorisés par des institutions et des associations de tout genre. La construction incessante dans la capitale d’édifices du meilleur goût, le grand nombre d'artistes distingués et les idées éclairées du public provoquent et propagent continuellement l'amour de l’art. Les ateliers de Rauch, de Wichmann, de Drake, de Kiss, de Magnus, de Begas et de Cornelius ont été de tous temps ouverts aux amis des arts, ef une exposition des beaux-arts a lieu tous les deux ans dans les bâtiments de l'Académie. L'ancien Muséum contient en outre les trésors artistiques des châteaux royaux, les galeries de tableaux de Giustiniani et de Solly, la collection de vases antiques de Koller. On a placé dans le nouveau musée égyptien les collections égyptiennes d'objets d'art et d’'antiquité de Passalacqua et de Minutoli, en même temps que les acquisitions, bien autrement riches encore, provenant de la grande expédition faite en Égypte sous la direction de Lepsius. Les si riches cabinets de Wolff, du consul Wagener et du comte Raczynski forment autant d'expositions permanentes. La population témoigne d’un goût décidé pour la musique, et cet art est en possession de charmer les loisirs des classes inférieures même de la société. En tête des associations musicales, il faut mentionner l’Académie de Chant, fondée en 1790 par Fasch, et en possession d’exécuter avec une incomparable perfection, dans de grandes solennités plus particulièrement, de la musique sacrée et les oralorios des grands maîtres allemands. Deux associations de chant de table, en hiver les soirées musicales données par les diverses notabilités de l’art , et une foule de sociétés de musique vocale et instrumentale, font les délices de tous ceux qui aiment l'harmonie. L'Opéra et le Théâtre-Royal, ce dérnier illustré autrefois par Fleck, Wolff et Devrient, et à qui plus tard M” Crelinger et Scydelman, mort en 1843, donnèrent un nouvel éclat, laissent encore sans doute beaucoup à désirer; cependant il y a aujourd’hui amélioration et progrès sensibles dans l'un et l’autre de ces établissements, puisque le ballet a cessé d’être leur grande et unique préoc-

cupation. Une troupe française y à charmé jusqu’en 1848 un public d'élite, devant lequel elle a exploité le répertoire si varié du théâtre de Paris, et monté de remarquables ouvrages lyriques. Dans ces dernières années on y à représenté avec un grand luxe les opéras de Wagner. Le théâtre de la Kœænigsstadt, fondé en 1824, et dont Henriette Son- L'agaa fait les beaux jours est singulisrement déchu. Citons encore le théatre Frédéric-Guillaume, ouvert depuis 1850, et l’un des plus agréables de Berlin ; le théâtre de Kroll, dans le Thiergarten; et le cirque.

Le commerce et l’industrie sont aussi en progrès cons tants à Berlin depuis plusieurs siècles. La Société pour la protection de l’industrie en Prusse favorise l'essor de Pindustrie nationale par les primes qu’elle offre à la concurrence soutenue contre l'étranger, et aussi par les expositions qu’elle organise tous les quatre ans. L’abolition des jurandes et des maîtrises, qui date de 1810, permet à l’activité industrielle des habitants de se développer librement dans toutes les directions. Le commerce y acquiert chaque jour plus d'importance; des banques, des compagnies d’assurances, des sociétés pour le commerce maritime, pour la navigation à vapeur, pour la navigation de l’Elbe, une foule de fabriques et de manufactures, plusieurs foires annuelles en activent et en facilitent les transactions. Les fabriques livrent surtout à la consommation des draps, des tapis , des étoffes de soie et de coton, des toiles, des papiers de tenture, des papiers à écrire et d'impression, des porcelaines, des objets de joaillerie et de bijouterie, de la quincaillerie fine, des instruments de chirurgie, de mathématiques , d’optique et de musique. Les chemins de fer qui mettent Berlin en communication avec tant d’autres grandes villes de l’Allemagne , par exemple avec Leipzig, Magdebourg et Dresde, par le chemin de Berlin à Anhalt, et aussi par ceux de Potsdam, de Stettin, de Francfort et de Hambourg, ont exercé uneinfluence puissante sur la prospérité commerciale et industrielle de Berlin.

Parmi les établissements de charité que possède cette capitale, il faut citer en première ligne la Charité, où l'on reçoit des malades de toute espèce, qui pour la plupart y sont traités gratuitement, et dont dependent un établissement pour les aliénés et une maison d’accouchements; et ensuite le grand hôpital de Béthanie, dont il a déjà été fait mention. L'Institut de Salut civil (Burgerrettungintistut ), fondé en 1796 par le conseiller intime Baumgarten, vient en aide aux habitants pauvres, en leur faisant des avances pour faciliter leur industrie. Citons encore les différents hospices d’orphelins, l'établissement de Wadzeck, fondé par le professeur Wadzeck pour recueillir et élever des enfants pauvres ; l'établissement pour les aveugles fondé par Zeune; la maison des Invalides; un grand nombre d'écoles industrielles et d'écoles pour les petits enfants, la caisse d’épargne, etc. La grande Société biblique prussienne a été fondée en 1814, à l'effet de distribuer des Bibles parmi les classes pauvres.

Le 19 novembre 1808 Berlin obtint une constitution municipale en vertu de laquelle elle administre elle-même ses intérêts. L'introduction de la nouvelle loi sur l’organisation des communes devra singulièrement modifier l’administration urbaine actuelle, de même que la physionomie générale de Berlin a aussi bien changé à la suite des catastrophes qui ont marqué ces dernières années, et dont le commerce et l’industrie n’ont pas laissé qne de recevoir le contre-coup.

BERLIN ( Bleu de). Foyez BLeu pe PRUSSE.

BERLINE, voiture légère, suspendue à ressorts, posée sur deux brancards et soutenue par des soupentes, douce et commode en voyage, recouverte d’une espèce de capote ou mantelet, qu’on abaisse pour le mauvais temps, et qu’on Spies quand il fait beau et qu'on veut jouir de l’air et de à vue,

On a dit autrefois brelingue ou brelinde, mais à tort, car celle espèce de voiture tire son nom de la ville de Berin, où la preunère paraît avoir été fabriquée par Philippe Chiese, natif d'Orange et premier archilecte de l'électeur de Brandebourg Frédéric-Guillaume,

On dit berlingot et plus souvent brelingot, pour désigner une berline coupée.

BERLIOZ (Hecror) est né à la Côte-Saint-André (Isère), le 11 décembre 1803. Son père, médecin fort distingué , le destinait à la carrière qu’il avait parcourue luimême, Cependant, dans le seul but de compléter son éducation, il donna à son lils, lorsque celui-ci avait déjà atteint l’âge de douze à treize ans, un maitre de musique. Au bout de six mois, le jeune Bertioz solfiait parfaitement à première vue et jouait passablement de la flûte. Son aversion pour les études pathologiques croissait à mesure qu'il voyait approcher le moment de s’y consacrer exclusivement Cependant, doucement entraîné par les caresses de son père, il s’abandonna pendant deux ans à sa direction. Mais le démon musical le possédait déjà ; il passait des nuits à pâlir sur des traités d’harmonie qu'il ne pouvait comprentre; il faisait d’inutiles essais de composition, qui, confiés aux amateurs de la Côte-Saint-André, étaient accueillis par des quolibets et des éclats de rire.

Un quatuor de Haydn dévoila spontanément au jeune Hector le mystère de l'harmonie, et ce que le fatras des livres didactiques avait dérobé à son intelligence. Il composa aussitôt un quintette qui fut fort applaudi par les exécutants. Peu après cette époque, le jeune Berlioz vint à Paris dans le but d'achever ses études médicales ; mais le séjour de Paris ne faisant qu'augmenter son penchant pour la musique et son antipathie pour la médecine, il écrivit dès l’année suivante à son père pour le prier de le laisser libre de suivre son goût dominant, forcé qu’il serait de désobéir si l'on voulait le contraindre à le sacrifier, Ce fut alors qu’il s’établit entre les parents de Berlioz et lui une polémique qui dura près de quatre ans, et qui n’aboutit qu’à jeter de lirritation dans leurs rapports de famille. M. Berlioz père crut devoir supprimer la pension qu'il faisait à son fils. Notre jeune musicien luttait contre la détresse, mais il ne se découragea pas. Il alla trouver le directeur du théâtre des Nouveautés, qu’on bâtissait en ce moment, et lui demanda une place de flûte à l'orchestre. Les places de flûte étant données, il réussit à se faire accepter comme choriste, aux appointements de cinquante francs par mois. Voilà done M. Berlioz hurlant régulièrement tous les soirs des flonflons de vaudeville. Ayant eu le bonheur de trouver trois mois plus tard quelques élèves de solfége, il quitta le théâtre des Nouveautés, et se mit à travailler à un opéra des Francs Juges, dont le poëme avait été écrit par un grave publiciste et dont l'ouverture, le seul morceau de cet ouvrage conservé par le compositeur, est devenu célèbre. Les parents de M. Berlioz, vaincus par sa persévérance, lui rendirent la modique pension qu'ils lui avaient retirée.

Déjà il avait terminé au Conservatoire, sous Reicha, les études d'harmonie et de composition qu’il avait commencées avec Lesueur, lorsqu'un événement décida de l’existence et peut-être aussi pour un certain nombre d'années de la direction de son talent. Le théâtre anglais vint importer à Paris les merveilles du génie de Shakspeare. Une actrice s’y fit justement admirer dans le rôle d'Ophélie d’Hamlet. M. Berlioz la vit, et combinant dans son esprit la prodigieuse création poétique de Shakspeare avec les grâces et la beauté de la tragédienne, un amour subit, inexplicable, effrayant par sa violence, s’empara de son cœur. M. Berlioz se nourrit pendant trois ans de cette inconcevable passion sans s’en rassasier; au bout de la troisième année, ayant recueilli de la bouche d’un imprudent ami une calumnie absurde sur miss S...., le musicien disparut pendant plusieurs jours ; ses amis le cherchèrent vainement, et finirent par se

DICT. DE LA CUNVERS. — T. äl,

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