‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 3)Chapitre 243 sur 527 · BOMBARDEMENT — BOMBE · texte numérisé non relu

BOMBARDEMENT — BOMBE

avoir extorqué de la ville une réquisition de 2 millions : le 19 janvier suivant il la bombarde de nouveau et b:û'« une partie des faubourgs. A Évreux (27 novembre) même traitement, ainsi qu'à Auxerre (20 décembre), où le feu dure une heure et demie. Accueilli en avant dé Tours par quelques coups de fusil (21 décembre) l'ennemi lance sur la ville une centaine de bombes qui vont tuer des habitants inoffensifs. P. Louisy.

BOMBARDIER. Ce mot a signifié primitivement un Militaire manœæuvrant la bombarde (voyez Anricene), et plus {ard celui qui manœuvre le mortier, Aussi Furetière prétend-il que depuis l'invention de la bom beon aurait dù préférablement employer le terme de bombier ou bombisle. Louvois réunit en 1668 les bombardiers, jusque-là épars à la suite de l’armée francaise, Il en forma en 1671 deux compagnies régimentaires qui furent augmentées en 1684, et formèrent en 1686 le régiment royal des bombardiers, qui était de quatorze compagnies. Ce genre d'arme fut réuni en 1720 à l'artillerie ; et aujourd’hui tout canonnier doit être au besoin bombardier: Dans les batteries de morticrs on distingue les artilieurs en bombardiers et en servants. Longtemps, dans les ports de guerre, on à désigné par le nom de bombardiers les hommes composant les compagnies d'élite, de l'artillerie de marine, correspondant à celle de grenadiers dans l'infanterie de ligne et carabiniers dans J'infanterie légère. Les bombardiers sont des corps Spéciaux plus ou moins ressemblant à notre artillerie dans les milices autrichienne, prussienne, turque, brésilienne et haïlienne. BOMBARDIERS ( Entomologie). Sous ce nom La- {reille avait réuni quelques genres d'insectes coléoptères de Ja famille des carabiques, savoir :les.brachines, les cimydes, les tébies, les agres et les odacanthes. | BOMBAY (en portugais Bou-Bahia, bonne baie), chef lieu de la présidence du même nom et la première place de commerce des Indes après Calcutta, est bâtie dans un pays, ravissant, mais insalubre. Fondée par les Portugais en 1530, à 1,680 kilomètres sud-ouest de Calcutta, elle a vu dans notre siècle sa population s’accroîitre d’une façon prodivicuse : elle était, en 1816, de 161,000 âmes; en 1833, de 23,000 ; en 1849, de 566,000; enfin en 1864 elle s'élevait à 816,562 habitants, dont les trois quarts sont Hindous ; le reste se compose de 145,880 Musulmans, 49,201 Parsis, 8.413 Européens, 2,872 Juifs, etc. Pour satisfaire à celte énorme population lon à construit des réservoirs à eau qui couvrent une superficie de {4 kilom. carrés et d une profondeur de 12 mètres. Bombay possède des docks immenses, de superbes chantiers, un port qui peut recevoir jusqu'à 500 navires bien abrités. Les chiffres suivants caragtériseront les progrès rapides de son gemmerce : importations, 422,591,475 fr. en 1860 ; et 603,207,850 fr. en 1869; exportations, 334,332,100 fr. en 1860; et 594,257,675 fr. en 1869, consistant en coton, indigo, riz, ete. Bombay possède un bon port, de beaux docks et de superbes chan- Üers. Bâtie sur l'île du même nom, qu’une chaussée construite par les Anglais unit à l'île de Sulsette, elle a en face d'eile une autre ile, du nom de Colabba, qui n’en est séparée que par un canal étroit. Bombay est défendue du côté de la iner par une citadelle reconstruite à la pointe sud-est de 1 ile. Une grande partie de la vilie ayant été détruite par un incendie en 1803, on l’a rebâtie avec beaucoup de goût. Le grand marché, appelé Le Vert (The Green), est entouré de bâtiments magnifiques, parmi lesquels se distinguent par leur belle architecture l'église anglicane et le palais du gouverneur, autrefois collége des jésuites. Le nombre des mosquées et des pagodes est considérable, et quelques-unes peuent passer pour de beaux monuments. Bombay possède une école supérieure, le collége d'Elphinstone, un riche jar. din botanique, pour l’embellissement duquel Ie gouvernement fait de grandes dépenses, plusieurs écoles, HE HAGIGT asiatique, une société littéraire, une société de médecine et

de chirurgie, fondée en 1835, une société de géographie qui publie des mémoires, une société des missions, qui entretient depuis {814 une imprimerie et des écoles de garçons et de filles ; enfin plusieurs hôpitaux, non pour les hommes, mais pour les animaux. Le commerce, dont s’occupent principalement les Parses, est très-étendu. Les principales affaires se font en coton el en poivre. Les bazars offrent uu assortiment complet de toutes les productions de l'Orient et de toutes les marchandises de l'Europe.

Bombay est le centre des communications par bateaux à vapeur entre l’Europe et les Indes , la station des paquebots réguliers pour Suez et l’entrepôt le plus considérable du commerce de l'Orient après Calcutta et Canton. C’est après Madras la plus ancienne possession des Anglais dans l'Inde, Cédée par les Portugais en 1661, elle fut donnée en 1668 à la compagnie des Indes Orientales.

BOMBAY (Présidence de), une des quatre présidences de l'Inde Britannique, sur la côte occidentale de la presqu’ile en deçà du Gange, comprend, avec ces possessions immédiates, une superficie de 2,268 myriamètres carrés et 11,093,512 habitants (recensement de 1870), Hindous, Mahométans, Parsis, Juifs et Européens. Elle embrasse toute la plaine marécageuse qui entoure le golfe de Cambaye, court au sud sur une étroite lisière de côtes basses, s'élève au nord sur les flancs escarpés des Ghatles occidentales, et s'étend à l'est sur les plateaux de Darwar et d’Aurangabad, Elle offre au nord le cours inférieur et les embouchures du Nerbudda et du Tapti, au centre les sources du Godavery, au sud le cours supérieur du Krischna ou Kistna. Dans ces contrées les principales productions de la nature consistent en poivre, cardamome, riz, coton, arak, bambou, buttres perlières, perles, cornalines, bois de sandal, ivoire, gomme et bois de construction. Le siége du gouvernement, qui avait été établi d’abord à Surate, fut transféré à Bombay en 1686. En 1857 la présidence de Bombay resta fidèle el paisible; et ce fut même avec l’aide des troupes indigènes qui y tenaient garnison que la rébellion put être comprimée. Ce geuvernement comptait, en 1569, 2,891 kilomètres de chemins de fer en exploitation,

BOMBAY (Ile de). Cette île, située par 18° 56’ de latitude septentrionale et 90° 38° de longitude orientale, consiste en deux couches parallèles de serpentine, et n’est séparée du continent que par un faible bras de mer. Elle est petite (environ 20 kilom. de long, 35 de circonférence), stérile, et peuplée d'environ 200,000 habitants, qui vivent dans deux villes et quelques villages. Un des princes indiens qui régnaient à Salselte la céda aux Portugais en 1530 ; et Catherine de Portugal la porta en dot, en 1661, au roi d’Angleterre Charles IT. :

BOMBE , ou boulet à feu, ou pierre à Jeu. Le mot bombe est d’une création bien postérieure au substantif bombarde (voyez ARTILLERIE) ; il est maintenant en rapport avec le verbe bombarder, qui originairement exprimait le jeu de la bombarde, et non de la bombe : il provient du grec moderne féuéos, qui, à ce que prétendent quelques savants. représente, par onomatopée, la double explosion qui à lieu dans le tir de ces projectiles. Les Chinois connaissent depuis fort longtemps l'usage des globes projectiles creux en fer ;ils les faisaient éclater à une distance de plus de deux mille pas, suivant le témoignage du père Amiot, qui écrivait en 1782 : peut-être obtenaient-ils orginairement cet effet par une application ou une modification du système qu'on a nommé Jeu grégeois.

La bombe de la milice française, inventée bien des siècle$ après celle des Chinois, a de l'analogie avec les astioches , les falariques, les malléoles de l'antiquité , et surtout de By- Zance, et avec certains corps projectiles du moyen âge, qu’on nommait engins volants. C’est une sphère creuse , en fonte de fer, percée d'un trou nommé œil, par lequel on introduit la charge de poudre, et qui est destinée à recevoir une

fusée remplie d’une composition assez lente pour donner à la bombe le temps d'arriver au but avant d’éclater. Elle est garnie de deux anses , placées de chaque côté de l'œil, et dans lesquelles passe un anneau de fer forgé pour en faciliter la manœuvre lorsqu'on la place dans le mortier, La bombe doit ètre sans soufflure ni évent; sa paroi est plus mince du côté de la lumière et plus renforcée en métal du côté opposé, nommé culot; cette différence détermine, au terme de la projection, la chute sur le culot, et non sur l'ampoulette ou fusée.

Le bombardier lance sa bombe à l’aide d’un mortier, et la dirige à tir courbe, conformément à certaines règles de la balistique. Quelquefois on a lancé des bombes sans le secours d'un mortier : ainsi l'ont fait les Polonais, Les bombes se brisent en éclats par un résultat de l’inflammation que à travers l’œil la fusée communique à la charge. On s'est servi dans les siéges de bombes destinées à éclater, et nommées bombes foudroyantes ; d’autres étaient destinées seulement à éclairer, et s’appelaient bombes flamboyantes. On a quelquefois lancé, par jet alternatif, des bombes et des carcasses. Quelquefois des corps attaqués ont employé des bombes à la défense d’un poste fermé, en les enterrant sur le front des attaques, et en les faisant sauter comme autant de fourneaux, à mesure que l'attaquant gagnait du terrain. Ces fougasses portatives, et les autres manières dont les mineurs emploient les bombes, rappellent tout à fait la mé- {hode des mines chinoises. Des assaillants se sont aussi aidés de bombes d'altrape, chargées de sable ; les assiégeants les tiraient à l'instant de gravir une brèche, ou quand ils allaient entreprendre quelque attaque du même genre, afin que la crainte retint ventre à terre les assiégés, et para- Iysât longtemps leur résistance. .

11 y a incertitude touchant je lieu originaire et l’époque de la découverte des bombes modernes. Suivant l'opinion la plus commune, et selon Strada, ce fut en 1588, au siége de Wachtendook, duché de Gueldres, que les Espagnols, conduits par Mausfeld, firent pour la première fois usage de ce genre d’arme à feu, qui venait d’être inventé par un habitant de Vanloo. Suivant Blondel, les Hollandais et les Espagnols les ont fréquemment employées dans leurs longues querelles. Villaret n’est pas éloigné de croire que les engins volants dont Charles VII se servait en 1452 au siége de Bordeaux étaient des projectiles analogues à la bombe. Valturius (De Re Mililari) nous autoriserait même à supposer que les mobiles renfermant de la poudre remontent au delà de 1457, et sont originaires d'Italie. « O Sigismond Pandolphe (c'était un Malatesta, seigneur de Rimini, mort en 1457), c'est à loi, dit-il, qu'on doit l'invention de ces machines à l’aide desquelles les boulets d’airain, remplis d’une poudre inflammable, sont lancés par l'impulsion d’une matière brûlante. » Était-ce des grenades jetées à l’aide de bombardes ? C’est croyable,

Quant aux bombes ou grenades lancées à l’aide de mortiers, leur primilif emploi est attribué aux ingénieurs ilaliens qui étaient au service de Mahomet IH, en 1481. Quelques auteurs ne font remonter l'essai des bombes qu’à l’année 1495, époque où Charles VIII occupait Naples. Mézerai neles suppose pas plus anciennes que le siége de Mézières, entrepris en 1521, el le général Cotty pense que le premier usage en fut fait à Rhodes, en 1522. Il est sûr qu'à ce siége, et plus anciennement sans doute, on se servit de grenades, puisqu'on les croit plus anciennes de cinquante ans que les bombes proprement dites. Celles de très-grand diamètre n'auraient été employées, à ce qu’aflirme Lamartillière, qu’en 1558. Bosius, dans son Yisloire de Malle, parle des bombes que les Tures y jetèrent en 1565. Cette diversité d'opinions ne proviendrait-elle pas de ce qu’on aurait confondu sous le nom de pierres à feu les bombes avec les grenades, tandis que celles-ci ne furent qu’un essai et que ks bombes ne constituèrent qu’un perfectionnement? On

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