BOMBE
voit dans Tartaglia, qui écrivait en 1537, le dessin d’un boulet enflammé, lancé par un mortier. On lit clairement l’histoire de La Bombe dans Baldinucci, qui a écrit la vie de Bontalenti, artiste florentin, et qui parle dans le passage suivant d'événements appartenant à la seconde moitié du seizième siècle : « Bontalenti employait des pièces de divers calibres et de dimensions variées ; il se servait surtout de l'énorme chasse-diable, dont le boulet creusé en voûte | portait le feu avec lui, et occasionnait par son choc d’affreux ravages. »
On pourrait induire du traité d’Andréossy, composé en 1825, qu’il regarde les projectiles creux comme ayant été lancés pour la première fois par le canon au siége d’Ostende, en 1602 : un ingénieur français, nommé Renaud-Ville, en aurait inventé le tir, en aurait proposé l'emploi à l’archiduc Léopold, et en aurait fait l'essai avec succès. Par ces : mots, projectiles creux, Andréossy comprend-il les bombes ou seulement les boulets creux? Dans le premier cas, son assertion serait évidemment erronée. L'armée française fit indubitablement usage des bombes en 1634, au siége de La Mothe, ville de Lorraine, maintenant rasée; Malthus se vante de les y avoir jetées, et prétend que ce fut les premières qu’on tira. Le siége de Candie, en 1648, consomma une prodigieuse quantité de bombes. Le jet des bombes vénitiennes écrasa, en 1687, les Propylées et le Parthénon d’Athènes. Plus on supposera ancienne l’époque de celte invention, plus on s’étonnera que le tir des bombes n’ait pas fait des progrès plus rapides; mais cela tient à ce que, sauf à Candie, on ne les employa jamais qu'avec parcimonie, à cause de leur cherté. L'usage général des bombardements ne date que du temps de Feuquières, comme il nous l’apprend ; or, Feuquières servait dans les guerres de Louis XIV, Ce prince fit fabriquer à l’époque de la guerre de 1688 une énorme comminge, ainsi appelée du nom de son inventeur, et que décrit Saint-Rémi (1697 ). On avait employé trente mille briques à la maçonuer au fond d’un brûlot ou flûte destinée à renverser le port d'Alger. Cette machine infernale contenait huit milliers de poudre, avait coûté quatrevingt mille francs, et fut ramenée en France sans avoir servi.
1l y a eu jusqu’en 1832 des bombes depuis dix kilogrammes jusqu’à trois cents. Les bombes ordinaires étant de 32 cen- . timètres, on a nommé demi-bombes celles de 16. On appelait comminges les bombes de 250 kilogr. On eût pu appeler double comminge celle de 500 kilogrammes essayée dans la guerre de 1832, et inventée par le général Paixhans. Elle contenait 50 kilogrammes de poudre, et était chassée, au maximum, par 16 kilogrammes. En général, les bombes de moins de 10 kilogrammes se sont nommées bombes de fossés, bombettes, bombines, grenades,doubles grenades, obus, ete. On les jetait à la main ou bien au moyen de tubes dirigés à ricochets. On tire, au contraire, paraboliquement les grosses bombes, et elles servent surtout contre les cavaliers de forteresse, contre les écluses, contre les voûtes d'église, etc.
On a commencé à pratiquer à Strasbourg, en 1749 et 1763, letir de la bombe au moyen du canon, remplaçant le mortier. En 1784, Duteil essaya, à Auxonne, de faire partir des bombes sans mortiers ni bouches à feu; c'était un procédé d’origine polonaise. On trouve dans le Bulletin des Sciences Mililaires une description de bombes dont l'explosion a lieu quand on y porte le pied. L'invention de cet appareil de détonation appartient au lieutenant-colonel Miller ; celte espèce de fougasse remplace une sentinelle, annonce l'approche de l’ennemi, et est un moyen de défense des défilés et des ponts, etc. Depuis la suppression des mortiers à bombes de 32 centimètres, les bombes de l’armée française sont de 27 à 22 centimètres ; les premières pèsent 50 kilogrammes et les autres 20. 11 y a eu des bombesen marmite, il y en a eu à melon. GA! BanDiN,