‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 3)Chapitre 245 sur 527 · BOMBELLES — BOMBYX · texte numérisé non relu

BOMBELLES — BOMBYX

BOMBELLES (Famille nr). Cette famille, d’origine portugaise, était connue déjà du temps des croisades. Une branche s'établit en France, d’où elle passa plus tard en Autriche.

Henri-François, comte pe BouseuLes, lieutenant général au service de France et commandant dans le comté de Bitche, naquit en 1681. 11 servit d’abord dans la marine; mais en 1701 il entra dans l’armée de terre, et fit avec distinction les campagnes de la guerre de la succession d’Espagne. I! alla ensuite, avec le grade de colonel, combattre les Tures en Hongrie. En 1718 le régent le chargea de donner des leçons d'art militaire au duc de Chartres, qui en 1734 le choisit pour gouverneur de ses enfants. 11 mourut à Bitche, en 1760.

Marc-Marie, marquis DE BomBELLes , fils du précédent, naquit à Bitche, en 1744. Il entra dans l’armée, et s'éleva au grade de maréchal de camp. Plus tard il embrassa la carrière diplomatique, et fut envoyé comme ambassadeur de France à la diète de Ratisbonne, puis, en la même qualité, à Lisbonne et à Venise. Ayant refusé le serment à l’'Assemblée Nationale, il fut porté sur la liste des émigrés. Après la dissolution du corps de Condé, il entra dans les ordres, et fut fait chanoine à Breslau. Au retour des Bourbons, il fut nommé aumônier de la duchesse de Berry, et en 1819 évêque d'Amiens. Il mourut en 1821. Son épouse , née baronne de Mackau, avait été l’amie de la princesse Élisabeth.

Louis-Philippe, comte DE BomBELLes, ambassadeur autrichien , fils du précédent, était né le 1° juillet 1780, à Ratishonne, pendant l'ambassade de son père. Il hérita des sentiments de sa famille pour l’ancienne dynastie, et reçut sa première éducation comme cadet autrichien. Plus tard, il se rendit à Naples, où la reine Caroline, qui déjà avait fait accorder à son père une pension de mille ducats, lui procura une place de lieutenant dans la cavalerie. La révolution de Naples ramena le jeune Bombelles à Viemne; on l’y plaça d’abord à la chancellerie secrète; puis il fut attaché à l'ambassade de Berlin, à la tête de laquelle se trouvait alors M. de Metternich, et devint successivement conseiller de légation et chargé d’affaires à la même cour. En 1813 il suivit le roi Frédéric-Guillaume à Breslau ; et, après avoir accompagné le chancelier Hardemberg dans les provinces rhénanes , il fut envoyé à Copenhague pour inviter le roi de Danemark à rompre son alliance avec Napoléon. En {814 il vint à Paris, à la suite des alliés, reçut une seconde mission pour le Danemark, afin d’y diriger les négociations avec la Suède, et y resta en qualité d'ambassadeur d’Autriche. En 1816 M. de Bombelles se maria à Copenhague, avec mademoiselle Ida Brun, fille du conseiller Brun et de ma-

. dame Frédérique Munter, connue par ses travaux littéraires,

et aussitôt après il fut nommé ambassadeur à la cour de Dresde. Là, sa maison devint le centre des arts et de la bonne société. En 1819 M. de Bombelles accompagna l’empereur d'Autriche en Transylvanie et en Gallicie, et pendant ce voyage il remplit les fonctions de chancelier. Envoyé au congrès de Carlsbad, il exécuta strictement ses instructions, ce qui ne contribua pas à rendre son nom populaire. De la cour de Dresde, le comte de Bombelles passa successivement en la même qualité à Naples, où la révolution napolitaine l’empêcha de se rendre, à Florence, à Modène, à Lucques, à Lisbonne en 1829, à Turin; enfin, en 1837, il fut accrédité près la diète helvétique. 11 mourut à Vienne le 7 juillet 1843. M. de Bombelles joignait à un grand fonds de connaissances diplomatiques toute Paisance et le ton exquis de la bonne société française.

Charles-René, comte DE BouBeLces, frère du précédent, chambellan de l’empereur d’Autriche, né le 6 novembre 1785 , exerça une grande influence sur Marie-Louise, duchesse de Parme, auprès de laquelle il remplissait les fonctions de conseiller privé et de grand-maître de la cour. ll l'epousa même secrètement, dit-on, vers 1830, après la

mort du comte de Neipperg, son mari morganatique. I mourut le 30 mai 1856, à Versailles. De son mariage avec une comtesse Cavanac est né, le 5 août 1817,lecomte Louis, chambellan de l'empereur d'Autriche.

Henri-François, le plus jeune des frères de l'armbassadeur, né le 26 juin 1789, mort le 31 mars 1850, fut gouverneur de François-Joseph. fl a laissé deux enfants.

BOMBERG (Dane), imprimeur célèbre par ses publications en hébreu, naquit à Anvers, dans le quinzième siècle, et alla s'établir à Venise, où il mourut, en 1549. Dès 1511, après avoir appris la langue hébraïque , il avait commencé ses belles éditions de la Bible : la plus estimée est celle de 1526. Les bibliophiles citent encore avec éloges la Concordance Hébraïque du rabbin Isaac Nathan, que Bomberg imprima en 1524, et le Talmud, dont la publication, entreprise en 1520, lui demanda quinze ans de travail, et dont il fit trois éditions , qui lui coûtèrent, dit-on, chacune cent mille écus.

On assure que Bomberg dépensa plus de trois millions en impressions hébraïques. Ces frais excessifs le ruinèrent, et il mourut fort pauvre, mais avec la satisfaction d’avoir , dans le genre auquel il s'était consacré, porté son art à la perfection.

BOMBES FULMINANTES. Voyez Pois FULMINANTS.

BOMBET (L.-A.-C.), pseudonyme. Voyez BEYLE.

BOMBILLE. Voyez BomByLe.

BOMBIQUE (Acide), de bombyx, ver à soie. C’est ainsi que l’on appelait autrefois la liqueur acide que l’on trouve dans une cavité du ver à soie, et qui ne diffère aucunement de l’acide acétique.

Par suite, on avait donné le nom de bombiates à des sels formés de la réunion ou de la combinaison de cet acide avec une base quelconque; on sait maintenant que ce sont des acétates.

BOMBYCE. Voyez Bompyx.

BOMBYLE ou BOMBILLE (de Gou6ÿ}n, espèce d’abeïlle), genre d’insecte appartenant à l’ordre des diptères. Les bomhyles ont le corps ramassé, large, couvert de poils denses ; la tête petite, arrondie, armée d’une longue trompe; le corselet élevé; les pattes longues et très-minces; les ailes grandes, écartées, étendues horizontalement. Leur vol est extrèmement bruyant et rapide; ils plarent au-dessus des fleurs sans s’y poser , et y introduisent leur trompe pour en tirer la liqueur mielleuse dont ils se nourrissent.

Les bombyles ne se voient qu’en été, et sont .plus communs et généralement plus gros dans le midi que dans le nord de l’Europe. On en trouve aussi quelques espèces dans les régions du nord et de l’ouest de l’Afrique.

BOMBYX ou BOMBYCE (de Bouévë, ver à soie). Genre de lépidoptères nocturnes, dont les caractères peuvent être ainsi formulés : trompe toujours très-courte et simplement rudimentaire; ailes, soit étendues et horizontales, soit en toit, mais dont les inférieures débordent quelquefois latéralement les supérieures; antennes des mâles entièrement pectinées ( c’est-à-dire en forme de peigne). Les chenilles rongent les parties tendres des végétaux, et se font, pour la plupart, une coque de pure soie. Les chrysalides n’ont point de dentelures aux bords des anneaux de l'abdomen.

Le bombyx mori de Linné, connu de tous sous le nom de ver à soie, est le type du genre bombyx. Cependant dans ces dernières années des entomologistes ont voulu faire de cet insecte un sericaria; mais M. Guérin-Meneville a réclamé contre ce nom nouveau. « Si, comme nous en sommes convaincu, dit-il, il est nécessaire de subdiviser cette grande division de lépidoptères, il faut, à l'exemple de Latreille et des entomologistes qui tiennent à l'ordre, à la dignité de la science, conserver le nom de bombux à la subdivision, au sous-genre dans lequel se trouvera le ver à soie ou bombyx des anciens. »

Le bombyx cynthia est élevé en grand dans plusieurs

parties dès Indes Orientales et en Chine. Sa chenille est connue dans presque tout l’Indostan sous le nom d’arrindy arria où ver à soie eria. On la nourrit avee des feuilles de palma-christi, comme nous nourrissons nos vers à soie avec des feuilles de müûrier.

Le bombyx religiosa de l’Assam, le bombyx mylitla du Bengale, d’autres encore, sont employés à la production de la soie dans les pays où ils sont indigènes, et pourraient sans doute être introduits en Europe ; ainsi M. H. Lucas est parvenu à élever à Paris le bombyx cecropia, originaire des États-Unis, où ses cocons fournissent une soie trèsestimée dans le commerce.

Le bombyx pavonia major, appelé vulgairement grand paon où paon de nuit, est le plus grand lépidoptère de France. Il donne une soie grossière, qu'on a jusque ici vainement cherché à utiliser.

Le genre bombyx renferme d’autres espèces, qui, loin d’être, comme les précédentes, utiles à l’industrie, sont nuisibles à l’agriculture : tels sont le bombyx neustria, ou la livrée , qui est la chenille la plus commune et la plus nuisible aux arbres fruitiers; le bombyx processionea , ou processionnaire des chênes, ainsi nommé parce que les chenilles de cette espèce vivent en société et sortent tous les soirs en processions ; le bombyx pini, où fileuse du pin, etc.

On a réussi à acelimater en France le Lombyx cinthia vera, ou ver à soie de l’aylante.

BOMFIM (José-Joaquim, comte pe), un des chefs les plus estimables du parti libéral modéré en Portugal, naquit le 5 mars 1790, à Péniche, bourg de l'Estramadure portugaise, d’une famille ancienne et considérée dans la magistrature. De bonne heure il manifesta un goût décidé pour les études sérieuses, et passait en 1807 pour un des meilleurs élèves de l’université de Coïmbre. II se proposait de suivre la carrière de ses ancêtres, et tout lui présageait de paisibles succès dans quelque obscur tribunal de province, quand, à la nouvelle de l’envahissement du Portugal par une armée française, il fit partie de cette vaillante jeunesse qui courut à la défense de la patrie. A la paix générale, en 1814, il était regardé, à vingt-quatre ans, comme un des meilleurs majors (chefs de bataillon) de ces vaillantes troupes portugaises qui venaient de faire la campagne de France, et que le maréchal Beresford avait soumises à la discipline anglaise. Colonel en 1828, il entre dans la carrière politique en combattant contre dom Miguel. Défenseur des droits de dona Maria dans l'ile de Madère, il succombe après une résistance héroïque contre des forces supérieures. Six ans après, quand dom Pedro débarque en Portugal, il est un des premiers à se ranger sous ses drapeaux, et se signale comme général non-seulement dans la lutte contre l’usurpateur, mais aussi dans la guerre civile qui suit l’avénement au trône de dona Maria.

Lorsqu’en 1837 l'extrême droite des Cortès fomenta une levée de boucliers contre le projet de constitution libérale quiétait alors sur le tapis, les généraux Sa-da-Ban deira et Bomfim furent envoyés par la majorité contre les insurgés, que commandaient Leiria, Saldanha et le duc de Terceira. Le combat de Rio-Mayor, livré le 28 août, resta, il est vrai, indécis; mais les rebelles durent se replier sur les provinces septentrionales du royaume jusqu’à Ruivaes, où ils furent complétement battus et dispersés par le général comte das Antas. A la suite de cette victoire du parti constitutionnel ou seplembriste, Bandeira fut nommé président du conseil, et Bomfin ministre de la guerre et de la marine.

Les circonstances étaient on ne peut plus défavorables. On touchait à une crise imminente. Des mesures financières rigoureuses ne purent prévenir la banqueroute-ni fournir les moyens de payer l’armée. Une révolte, qui menaçait de se propager, ayant éclaté au mois de mars 1838 à Lisbonne parmi les ouvriers de l’arsenal, Bomfim et Bandeira Véteignirent dans le sang, malgré l’expresse volonté des

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