‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 3)Chapitre 247 sur 527 · BONALD — BONAPARTE · texte numérisé non relu

BONALD — BONAPARTE

la plupart des évêques français protestaient en faveur 4 libertés gallicanes. Durant son séjour au Puy, il lança plu sieurs lettres pastorales et mandements qui provoquèren l'attention publique, et commit, dit-on, dans son diocèse quelques actes d’intolérance qui firent dire de lui et de quelques nouveaux prêtres à M. de Frayssinous : ls son trop jeunes pour étre tolérants.

Sous le règne de Louis-Philippe, en 1839, M. de Bonald fit un nouveau voyage à Rome, où il fut accueilli avec la plus grande distinction par le pape, qui lui mianifesta les meilleures dispositions au sujet du roi des Français et de la France, et lui exprima le désir de voir le clergé français s’abstenir de toute démonstration contraire.

Vers cette époque la mort du cardinal Fesch, oncle de Napoléon, et resté, malgré son exil, titulaire de l’archevêché de Lyon, mit à la disposition du gouvernement la collation" de ce siége important; et le choix du pouvoir se fixa sur le cardinal d’Isoard, que M. de Bonald fut en même temps appelé à remplacer en qualité d’archevêque d’Auch. Il n’avait pas encore eu le temps d’accepler cette insigne faveur, . quand le cardinal d’Isoard, qui était venu attendre à Paris les bulles du Saint-Père, y mourut presque en même temps que M. de Quélen; et voilà le siége de Lyon encore une fois vacant. On l’offrit alors à M. de Bonald, qui l’accepta, au risque de causer de douloureux regrets à ses ouailles du Puy. Sax nomination porte la date du 4 décembre 1839, et l'année suivante il obtint le chapeau. ;

Tant de faveurs ne rallièrent qu’à moitié M. de Bonald; il fut un des premiers à lancer l’anathême contre l’université et l’enseignement public. Ses bulles, rebelles aux avértissements du conseil d’État, étaient pleines d'intolérance et de menaces; enfin il se fit remarquer parmi les plus ardents à combattre l’université et la philosophie.

La constitution de 1852, en créant les cardinaux membres nés du sénat, appela M. de Bonald à siéger au Luxembourg. Il y montra dans ses rares discours le même esprit d'exclusivisme, en même temps qu'au dehors il prenait parti pour le journal L'Univers, qu’il attribuait l’inondation de 1856 à l’inobservation du dimanche, qu’il condamnait la Vie den Jésus de M. Renan, et qu’il approuvait les doctrines ultramonfaines émises dans Je Syllabus. C'était du reste un prélat bienfaisant et libéral, toujours empressé à faire le bien et en grande vénération dans tout son diocèse ; il fil réédifier les trois quarts des églises paroïissiales, dirigea un grand nombre d'œuvres de zèle et de charité, et favorisa le développement des congrégalions religieuses. Il est mort dans la nuit du 24 au 25 février 1870, à Lyon,

BONAPARTE (Maison des). Ce nom s'écrit indifféremment Bonaparte où Buonaparte. Le père de Napoléon: signait Buonaparte , et son oncle signaït à la même époque, aux mêmes lieux et sous le même toit, Bonaparte. Il n'y a aucune induction à tirer de ces variantes sans impor{ance, L'empereur dans sa jeunesse écrivait Buonaparte : c’est plus conforme à l'orthographe italienne; pourfranciser son nom, il s’appela plustard Bonaparte. Quoi qu'il en soit, cette famille joue un rôle distingué dans les annales de PItalie dès’ le douzième siècle. A Trévise elle fut longtemps puis= sante, A Florence, les actes de plusieurs de ses membres paraissent l'avoir placée parmi les illustrations princières de cette belle cité : là, de vieux palais et des monuments sont restés chargés de ses écussons et de ses noms. A Venisé elle était inscrite sur le Zivre d'Or. Les anciens titres de cette famille à Trévise furent présentés à Bonaparte par les magistrats de cette ville, en 1796, quand il y entra victos rieux. À Bologne, Marescalchi, Caprara et Aldini lui pré= sentèrent aussi de vieux titres qui unissaient sa famille à d'autres maisons historiques : ses armes, qui consistent em un râteau, offrent cela de remarquable qu'elles sont accom=" pagnées de fleurs de lis d’or. Bonaparte était premier co lorsqu'un généalogiste publia qu’il descendait d'anciens rois

BONAPARTE

du Nord, un autre de la maison d’Ese , un troisième des Comnènes. Ce qu'il y a de certain, c'est l'existence de quelques membres de cette famille dans les petits États de l'Ifalie, mais sans illustration, ni grandes charges ni fortune. Un Jacques Bonaparte, condottiere toscan , rédigea une Relation de la prise de Rome en 1527 par le connétable de de Bourbon, événement où il avait été à la fois témoin et acteur ; cet ouvrage a été imprimé en 1556 et traduit en frangais en 1809. L'oncle de ce dernier, Nicolas BONAPARTE, professeur à San-Miniato , a écrit en 1592 une comédie intitulée Za Veuve. Les factions exilèrent les Bonaparte de Florence, Un d'eux se retira à Sarzane , et de là passa en Corse, où ses descendants continuèrent d’habiter dans une profonde obscurité, Au reste, les documents les plus sérieux qu’on puisse consulter sur cette question ont été publiés en Italie ; à savoir la Famiglia Bonaparte dal 1183 al 1834 (Naples, 1840), La Storia genealogica della famiglia Bonaparle (Florence, 1847), et surtout Le Antichità dei Bonaparti (Venise, 1857, in-fol.), par Frédéric Stefani,

Charles-Marie Bonaparte, père de l'empereur «ir léon I", naquit à Ajaccio, le 29 mars 1746, et épousa la belle Laæ li tia Ramouino, d’une famille patricienne, dont il eut huit enfants : Jo sep À, roi de Naples, et puis d'Espagne ; Napoléon, empereur des Français; Lucien, prince de Canino; Marie-Anne, appelée dans la suite Élisa, princesse de Lucques et de Piombino, épouse du prince Ba cciochi; Louis, roi de Hollande, père de l’empereur Napo'éon III; Charlotte, appelée plus tard Marie-Pauline, princesse Borghèse; Annonciade, plus tard Caroline, épouse de Murat, roi de Naples; et Jérôme, roi de Wes{phalie.

Lorsqu'à la consulte extraordinaire de Corse on proposa de se soumettre à la France, Charles-Marie Bonaparte combattit avec feu celte proposition. L'ile ayant été conquise, il voulut partager le sort de Paoli, et s’éloigna ; mais l’archidiacre Lucien, son oncle, personpage très-âgé, qui exerçait sur lui et sa jeune femme un grand ascendant, le força de revenir dans ses foyers. Charles Bonaparle était juge. En 1779 il fut nommé par la noblesse de Corse membre et président d’une députalion qui fut enxoyée à la cour de France, où il témoigna en faveur de la loyauté et de l'habileté de M. de Marbeuf, C’est, dit-on, par reconnaissance que M. de Marbeuf prit à ses enfants un grand intérêt, expliqué par une tout autre cause dans les pamphlets des libellistes anglais. Charles Bonaparte mourut en 1785, à trente ans, d’un squirre à l'estomac. Il avait éprouvé une apparence de guérison dans un voyage qu'il fit à cet effet à Paris; mais il succomba à une seconde attaque, à Montpellier, où il fut enterré dans un couvent. Sous le premier empire, son corps fut exhumé et transporté à Saint-Leu, dans Ja vallée de Montmorency, où un monument lui est consacré.

Le traité de Paris du 20 novembre 1815 avait expulsé de France les membres de la famille Bonaparte. Ils trouvèrent un asile les urs en Suisse, en Italie, les autres en Allemagne, dans la Grande-Bretagne, et jusqu’en Amérique. La révolution de 1848 leur permit de rentrer en France, d’où un vote de l’Assemblée nationale, rendu en février 1871, à la presque unanimité, les a exclus de nouveau.

M°° Lælilia BONAPARTE, mère de l'empereur, dite Wadame Mère, retirée à Rome depuis 1814, avait eu la douleur de survivre à nombre de ses enfants. Devenue aveugle sur la fin de ses jours, et forcée de garder le lit par suite d’une fracture de la hanche, elle supportait ses maux avec courage et résignation. A l'exception de son frère le cardinal Fesch, qui ne la quittait presque jamais, elle ne voyait que rarement les autres membres de sa famille. Elle mourut à Rome, le 2 février 1836.

Le fils ainé de Charles Bonaparte et de M"® Lætitia, Joseph Bonaparte, comte de Survilliers, ex-roi d’Espagne, est mort à Florence, le 28 juillet 1844, laissant de son ma-

riage avec J'ulie-Marie Crary, sœur de la reine douairière de Suède, deux filles : 1° Zénaïde-Charlotte-Julie, née à Paris, le 8 juillet 1801, mariée en 1822 à son cousin Charles BONAPARTE, prince de Canino, morte à Rome, le 8 août 1854 ; 2° Charlotte, née à Paris, le 31 octobre 1802, mariée en 1825, à son cousin germain Napoléon, second fils du roi Louis, veuve en 1831, et morte le 2 mars 1839, à Sarzane,

Napoléon Bonaparte, empereur des Français, n'eut, comme on sait, aucun enfant de sa première femme, J oséphine Braunannais; mais celle-ci avait deux enfants de son premier mariage, Eugène et Hortense, que l'empereur adopta., De son mariage avec l’archiduchesse Marie- Louise naquit le roi de Rome, dit Napoléon 11, mort duc de Reichstadt, dans l'exil, le 22 juillet 1832.

Lucien Bonaparre, troisième fils de Charles-Marie Bonaparte et de Me Lætitia, le héros du 18 braumaire, prince de Canino depuis la chute de Napoléon, mort à Viterbe, le 29 juin 1840, fut le père d’une nombreuse famille. De son premier mariage (1794) avec Christine Boyer, fille d’un habitant de Saint-Maximin et morte en 1800, il eut : 1° Charlolte, née le 23 février 1795, qui épousa en 1815 le prince romain Gabrielli, dont elle est veuve depuis 1841 ; 2° Chrisline- Egypla, née le 19 octobre 1798, à Paris, mariée en 1818 au comte suédois Posse, et après l'annulation de ce mariage, en 1824, au comte anglais Dudley-Coults; veuve en 1842, elle mourut le 19 mai 1847, à Rome.

De son second mariage (1802), avec Alexandrine-Laurence DE BLescHawP, femme divorcée de l’agent de change Jouberthon, née en 1778, à Calais, morte le 12 juillet 1855, à Sinigaglia, il eut neuf enfants : Charles-Lucien-Jules-Laurent BONAPARTE, prince de Canino, néle 24 mai 1803, mort le 29 juillet 1857; Paul, son frère, mort le 5 août 1827, à la Spezzia, en se rendant en Grèce; Lætitia, leur sœur, née le 1°" décembre 1804, épouse séparée depuis 1828 de l’Irlandais Thomas Wyse, ministre plénipotentiaire de la Grande-Bretagne en Grèce, où il est mort, le {5 avril 1862. Après avoir quitté son mari, M°° Wyse vécut tantôt à Bruxelles, tantôt à Rome ou à Paris. De ses deux filles, l’aînée, Marie, née en 1833, épousa un certain M. de Solms, et convola en secondes noces, un mois seulement après la mort de ce dernier, avec le ministre italien Rattazzi (5 février 1863); la cadette, Adeline, s’est mariée en 1862, au général hongrois Türr. Quant à son fils, A//red, né en (822, frappé d’aliénation mentale, il avait élé contié aux soins d’un médecin de Bonn. Son père l'ayant mis dans une maison de fous près de Nancy, il en fut enlevé par sa mère, à travers une série de circonstances romanesques, qui ont fourni à d’Arlincourtle sujet de son livre Le Pèlerin.

La seconde fille de Lucien, Jeanne, née à Rome, en 1806, épousa le marquis Honorati, et mourut en 1828, à lesi, près d’Ancône, laissant une fille, CZélie. C'était une femme d’une grande distinction d'esprit. On a d’elle un recueil de poésies posthumes publié par les soins de sa mère.

Les autres enfants de Lucien sont : Louis-Lucien, né le 4 janvier 1813, élu en 1849 membre de l’Assemblée législative par le département de la Seine, nommé sénateur en 1852, auteur d’une Grammaire basque et de divers autres ouvrages; Pierre-Napoléon (voyez ci-dessous); Antoine, né le 31 octobre 1816, élu membre de l’Assemblée législative en 1849 par le département de l'Yonne, rentré dans la vie privée après le coup d'État du 2 décembre ; Alexandrine-Marie, née le 12 octobre 1818, mariée au comte Vincent Valentini de Canino, veuve en 1858; el Constance, née le 30 janvier 1823, religieuse du Sacré- Cœur, à Rome.

Du mariage du prince Charles de Canino, fils aîné de Lucien Bonaparte, avec Zénaïde-Charlotte-Julie, fille de Joseph Bonaparte, morte le 8 août 1854, sont issus : Joseph-Lucien-Charles-Napoléon BoxararTe, prince de Musignano, né le 13 février 1824, mort le 2 septembre 1865; Luvien-

Louis-Joseph-Napoléon Bonaparte, né le {5 novembre 1828, nommé cardinal en 1868 ; Julie-Charlotte- Zénaïde- Pauline-Lætitæn-Désirée- Bartholomée Bonaparte, née le £ juin 1830, mariée, le 30 août 1847, à Alexandre del Gallo, marquis de Roccagiovine ; Charlotte-Honorine-Joséphine BonaparTe, néele 4 mars 1832, mariée le 4 octobre 1848, au comte Pierre Primoli; Marie- Désirée-Eugénie-José-

phine- Philomène BoNaraRTE, née le 18 mars 1855, mariée, le 2 mars 1851, à Paul, comte de Campello; AugusteAmélie-Maximilicnne-Jacqueline PonararTe, née le 9 novembre 1836, mariée, le 2 février 1856, au prince Placide Gabrielli; Napoléon-Grégoire-Jacques-Philippe BonapARTE, né le 5 février 1839, marié, le 26 novembre 1859, à la princesse Marie-Christine Ruspoli; et Bathilde-Aloïse- Léonie BonAPARTE, née le 26 novembre 1840, mariée, le {4 octobre 1856, au comte Louis de Cambacérès, et morte le 8 jain 18611

A Louis BonarAnrTe, comte de Saint-Leu, ex-roi de Hollande, quatrième fils de Charles-Marie Bonaparte et de Me Lætitia, mort en 1846, à Livourne, n’a survécu, des trois fils qu’il avait eus de la reine Hortense, fille de l'impératrice Joséphine, que le plus jeune, Louis-Napo- Léon Bonararte, devenu en 1852 l’empereur Napoléon III. L’ainé, Napoléon-Charles, né le 11 octobre 1802, mourut à cinq ans. Le second, Vapoléon-Louis, né le {1 octobre 1804, ex-grand-duc de Clèves et de Berg, épousa en 1825 sa cousine Charlotte, fille de Joseph Bonaparte (voyez plus haut), et mourut à Forli, le 17 mars 1831,au moment où, avec son frère, il était allé combattre en faveur des patriotes ifaliens.

Jérôme Bonaparte, dernier fils de Charles-Marie Bonaparte et de M€ Lætitia, ex-roi de Westphalie, ex-comte de Montfort, et sous-le second empire maréchal de France, gouverneur de l'Hôtel des Invalides, président du Sénat, est mort le 24 juin 1860. Il avait épousé, en premières noces, le 27 décembre 1803, Élisabeth PATrERsON, avec laqueile il divorça en avril 1805, et, en secondes noces, la princesse Frédérique-Catherine-Sophie ve WuRTEMBERG, morte à Lausanne, le 28 novembre 1838. Un pelit-fils, issu du premier mariage et nommé Jérdme-Napoléon BONAPARTE, vint en France, vers 1854, et fut promu, à la suite de la campagne de Crimée, capitaine dans l’armée francaise. Les trois enfants issus du second mariage sont Jérôme-Napoléon, né à Trieste, le 28 août 1814, officier d'état-major au service de Wurtemberg, mort en 1847; Mathilde-Laxlitia- Wilhelmine et Napoléon Joseph-Charles-Paul (voyez ci-dessous ),

Les sommes touchées par la famille Bonaparte, de 1853 à 1870, sur la liste civile, en négligeant les fractions, et en laissant de côté diverses gratifications dont le compte n’a pu être établi d’une façon régulière, montent à près de 70 millions, 1° La famille Jérôme a reçu plus de 36,600,000 francs, à savoir : par dotation annuelle de 1,500,000 fr, et subvention annuelle de 350,000 fr. pour le Palais-Royal et Meudon, 32 millions en dix-huit ans ; par dons divers, au roi Jérôme plus de trois millions 600,000 fr., au prince Napoléon plus d’un million. 2° La famille Lucien a reçu plus de 12,760,000 francs, répartis entre vingt-deux personnes, parmi lesquelles nous indiquerons : le prince Louis-Lucien, 2,063,000 ; le prince Pierre, 2,417.,000 ; le prince Antoine, 2,018,000 ; M®° Lætitia Bonaparte-Wyse, 864,000 ; M!'° Marie Bonaparte- Wyse, devenue M°®® Rattazzi, 144,000; M°° Turr, 216,000 ; la comtesse Valentini, 460,000; la marquise Roccagiovine, 400,000 ; la comtesse Primoli, 400,000 ; la comtesse Campello, 400,000 ; la princesse Gabrielli, 400,000. 8° La famille Murat a reçu plusde 13,577,000 francs, ainsi répartis : le prince Lucien Murat, 4,303,000 fr. ; la princesse Lucien Murat, 1,800,000; M®° Achille Murat, 208,000; la baronne de Chassiron, 420,000; le prince Joachim Murat, 360,000 ; la princesse Anna Murat, duchesse

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de Monchy, 2,500,000; le prince Achille Murat, 728,000; la famille Pepoli-Murat, 1,108,000 ; la comtesse Rasponi 1,108,000. 4° La princesse Bacciochi (comtesse Câmerata), morte en 1869, a reçu 6,244,000 fr. 5° M®** Bonaparte- Centamoriet Bartholini ont reçu 524,000 fr.

Trois personnages de la famille Bonaparte, outre Napoléon IIf, ont joué depuis 1848 un rôle considérable et ca ractéristique ; ce sont le prince Pierre Bonaparte, la princesse Mathilde et le prince Napoléon. ;

BONAPARTE (PiERRE - NAPOLÉON,) dit Le prince Pierre, troisième fils de Lucien, naquit à Rome, le 12 septembre 1815. A dix-sept ans, en 18392, il s’embarqua pour les États Unis, où son oncle, l’ex-roi Joseph, le recommanda à Santander, président de la Nouvelle-Grenade, qui le fit chef d’escadron. De retour à New-York, il faillit tuer d'un coup de canne à épée un homme pris de vin qui l'avait insulté, Il revint en Italie, où sa vie agitée le signala bientôt à la police pontificale. Suivant les apologistes du prince, il fut accusé de menées révolutionnaires; d’autres ont parlé d’une. jeune fille séduite, des deux frères de cette jeune fille venant demander réparation et périssant de la main du séducteur. Quel qu’en soit le motif, ordre fut donné, en 1836, de l'arrêter : il tua d’un coup de poignard le lieutenant des ca-, rabiniers, frappa mortellement de six coups du même poignard un maréchal des logis et blessa un carabinier,

Condamné à mort, Pierre Bonaparte fut grâcié et eut seulement à subir au fort Saint-Ange une détention qui ne fut pas très-longue, puisqu'il se trouvait en 1838, après avoir passé par l'Amérique et l'Angleterre, dans l'île de Corfou. Il y resta peu de temps. Un jour, voulant faire une partie de chasse, il se fit conduire vers la côte d’Albanie. Il y tua, si l’on en croit son témoignage, deux hommes qui étaient deux brigands. Maïs voici ce qu’écrivait, le 12 janvier 1870, M. Joseph Cartwright à l'éditeur du Daily-News : « J'étais à Corfou, employé responsable du gouvernement anglais..… Le bateau était manœuvré par deux marins natifs de l’île, dont j'ai reçu les dépositions.… Lorsque la barque arriva à Sajades, sur les côtes d’Albanie, un officier de douane essaya d’accoster, pour constäter l'origine et l’endroit d’où venait le bateau; alors, sans aucune espèce de provocation, le prince l’étendit roïide mort! Ce palikare, officier de douane, était un vieillard, père d’une nombreuse famille. Immédiatement la barque reprit le chemin de Corfou. Le prince fut chassé de l'ile... » Un correspondant anonyme du Times ayant contesté la vérité de ce récit, M. J. Cartwright répondit de manière à ne plus guère laisser de doute : « Au moment de l'affaire, dit-il, j'étais greffier du bureau de police de Corfou, et j'avais ainsi le moyen d’être bien renseigné. Je répète et j'affirme qu’une seule personne a été tuée par le prince, et que cette personne était, non pas un brigand, mais un officier de la douane... La raison d'État, mentionnée dans l'ordre d’expulsion du prince, était une manière délicate de lui faire connaître l’ordre du gouvernement ionien qui, le fatal événement n'ayant pas eu lieu dans l'étendue de sd juridiction, ne pouvait agir plus sévèrement, »

A la suite de cette expulsion, Pierre Bonaparte vécrt soit à Londres, soit en Italie, soit à Bruxelles, dans une situation fort précaire, offrant sans succès ses services à divers gouvernements. La révolution de 1848 lui ouvrit la carrière politique. Dès le 27 février, il était à Paris, oùil témoignait de son zèle pour la République, et, sur les sollicitations de Béranger, il devenait, le 19 avril, chef de ba faillon au titre étranger dans le 1°° régiment de la légion étrangère. Les électeurs de la Corse le nommèrent repré= sentant du peuple à l’Assemblée constituante ; sa professio de foi commençait par ces mots : « Citoyens, mon pè était républicain ; je le suis donc par conviction, par ins« tinct, par tradition. » Il vota presquetoujours avec l'extrème gauche, et conserva la même attitude à l'Assemblée législa-

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tive, dont il fut élu membre par les départements de la Corse et de l'Ardèche; mais il se sigoalait surtout par son caractère emporté, Sous prétexte d’un outrage fait à sa famille, il alla jusqu'à frapper d’un soufflet, en pleine assemblée, un de ses collègues les plus âgés, le docteur Gasfier; poursuivi à la requête du procureur général, il fut condamné à 200 francs d'amende. Dans le service militaire même, Pierre Bonaparte ne put surmonter ses habitudes d’indiscipline. Ainsi, en 1849, après avoir assisté aux premières opérations du siége de Zaatcha, il fut pris du désir de quitter l'Afrique ; chargé d'une mission à Alger par le général Herbillon, qui voulait couvrir son départ, il alla s’embarquer au lieu de la remplir, et arriva inopinément à Paris. Un décret, en date du 19 novembre 1849, le révoqua du grade et de l’emploi de chef de bataillon à la légion étrangère. L'Assemblée, par un vote presque unanime, approuva ce décret.

S'étant prononcé pour le maintien de la constitution et ayant, d’un autre côté, garanti la loyauté politique de son cousin Louis Napoléon, ilse trouva, à la suite du coup d'État du 2 décembre, dans une situation délicate et se retira en Corse. Après le rétablissement de l'empire, il ne fit point partie, non plus que ses frères, de la famille impériale, mais reçut, comme eux, les titres de prince et d'altesse. On le vit rarement à la cour des Tuileries ; il vivait retiré à Aue teuil, où allait en Corse se livrer à sa passion pour là chasse. Le 25 novembre 1857, il écrivait À Lamartine une lettre dont voici la conclusion : « Je ne dois pas vous cacher qu’en vous entendant parler de cette Syrie que vous avez si bien décrite, je me suis demandé si je ne devais pas suivre votre exemple, surtout si je devais espérer que vous me permettriez parfois d’adoucir mes regrets de républicain et ma confusion de Bonaparte aux rayons de votre génie indulgent. » On le voit pourtant, peu d'années après, écrire à Napoléon III plusieurs lettres où il réclamait avec insistance des suppléments de pension.

Pierre Bonaparte éfait lepuis longtemps rentré dans l’obscurité, lorsqu'au commencement de {870 un événement tragique vint apprendre à la France que l’âge n’ayait pas diminué la violence de son caractère, Des articles contre Napoléon 1°" et sa famille ayant paru dans un journal corse, intitulé Za Revanche, il y répondit par une lettre d’invectives insérée, le 30 décembre 1869, dans L’Avenir de La Corse : « Pour quelques malheureux furdani de Bastia, disait-il, pour deux ou trois nullités, irritées d’avoir inulilement sollicité des places, que de vaillants soldats, d’a-

droits chasseurs, de hardis marins, de laborieux agricul-

teurs la Corse ne compte-t-elle pas, qui abominent les sacriléges, et qui leur eussent mis déjà « Le stentine per le porrette », les tripes aux champs, si on ne les avait retenus. » La réplique de M. Tommasi, bâtonnier de l'ordre des avocats à Bastia et directeur de Za Revanche, amena de la part du prince une lettre de provocalion, où il disait à ses témoins : « Je compte lui faire une boutonnière que Versini, malgré tout son talent, ne pourra pas raccommoder. » En même temps que celte lettre était écrite, on lisait dans un article de la Marseillaise, signé Ernest Lavigne : « Grattez un Bonaparte, vous verrez apparaître la bête féroce. » Le prince ne s’en prit pas au signataire de l'ar ticle, mais directement à M. Henri Rochefort, rédacteur en chef du journal, et lui adressa, sur un ton ironique et insultant, une demande de réparation, M. Henri Rochefort chargea deux témoins, MM. Millière et Arthur Arnould, de se rendre auprès de lui; mais déjà M, Paschal Grousset aYait envoyé au prince MM. Victor Noir et Ulric de Fonvielle, au nom de la Revanche, qu'il représentait à Paris.

Les témoins de M. Grousset partirent de Paris, Je 10 janvier 1870, vers une heure de l'après-midi, et furent introluits dans le domicile du prince à Auteuil, vers deux

DICT, DE LA CONVERS. — T Il.

heures, Quelques instants après, Victor Noir sortait de la maison, son chapeau à la main, et venait expirer sur le” trottoir, frappé d’une balle au cœur ; bientôt M. Ulric de Fonvielle s’élançait dans la rue, en criant : « A l'assassin ! » Le prince avait tué Victor Noir d’un coup de revolver. Il y eut deux versions sur ce meurtre, l’une émanant de M. de Fonvielle, l'autre de Pierre Bonaparte et écrite de sa main, Voici la dernière : a Ils se sont présentés, d'un air menaçant, les mains dans les poches ; ils m'ont remis la lettre que voici ( c'est la lettre de M. Paschal Grousset à ses témoins). Après la lecture de la lettre, j'ai dit : « Avec M. Rochefort, volontiers ; avec un de ses manœuvres, non! » « Lisez la lettre, » a dit le grand ( Victor Noir) d’un ton... J'ai répondu : « Elle est toute lue ; en êtes-vous solidaires ? » J'avais la main droite dans la poche de mon pantalon, sur mon petit revolver à cinq coups; mon bras gauche était à moitié levé dans une atlilude énergique, lorsque le grand m'a frappé fortement au visage. Le petit (M. de Fonvielle) a tiré de sa poche un pistolet à six coups. J'ai fait deux pas en arrière, et j'ai tiré sur celui qui m'avait frappé. L'autre s’est accroupi derrière un fauteuil, et de là cherchait à tirer, mais il ne pouvait armer son pistolet. J'ai fait deux pas sur lui, et je lui ai tiré un coup qui ne doit pas l'avoir atteint. Alors, il s’est sauvé, et il gagnait la porte, J'aurais pn tirer encore, mais, comme il ne m'avait pas frappé, je Pai laissé aller, bien qu'il eût toujours son pistolet à la main. La porte restait ouverte. Il s'est arrêté dans la chambre voisine, en tournant son pistolet contre moi; je lui ai tiré un autre coup, et enfin il est parti. » Ce récit, dans lequel Pierre Bonaparte avait surtout voulu montrer qu’il n'avait usé de violence que pour répondre à une provocation, laissait subsister contre lui une charge grave : informé de la visite et de son objet, il avait commencé l’entretien avec un revolver tout armé dans la poche de son pantalon. Bien d’autres charges lui étaient impulables, si on ajoutait foi au récit de M. de Fonvielle, dont voici quelques passages : « J'ai provoqué M. Rochefort, dif le prince, parce qu’il est le porte-drapeau de la crapule. Quant à M. Grousset, je n'ai rien à lui répondre. Est-ce que vous êles solidaires de ces charognes?... » Victor Noir lui répondit : « Nous sommes solidaires de nos amis. » Alors, s’avançant subitement d’un pas, et sans provocation de notre part, le prince Bonaparte donna, de la main gauche, un soufflet à Victor Noir, et en même temps il tira un revolver à dix coups qu'il tenait caché et tout armé dans sa puche, et fi feu à bout portant sur Noir... »

Le 11 janvier, un décret inséré au Journal officiel convoqua la chambre des mises en accusation de la Haute- Cour de justice, pour statuer sur le fait.d’homicide imputé au prince Pierre Bonaparte. Celui-ci, laissé dans sa maison d'Auteuil par le commissaire de police, se constitua prisonnier à la Conciergerie, où il occupa une partie de l’appartement du directeur, et put recevoir les visites de sa famille et de ses amis. Par décret en date du 20 février, la Haute-Cour fut convoquée pour le 21 mars dans la ville de Tours, Le jury était composé de membres des conseils généraux tirés au sort. L'accusé se présenta en habit noir boutonné, pantalon bleu et cravate noire, avec la rosette de la Légion d'honneur et des gants jaune clair. fl eut à plusieurs reprises une altitude provocante, et des paroles injurieuses contre les témoins qui lui étaient défavorables. Son système de défense consistait surtout à affirmer qu'il n’avait tiré sur Victor Noir qu'après en avoir reçu un soufflet, c’està-dire dans le cas de légitime défense, Des témoins, cités à sa requête, disaient avoir vu sur son visage la trace d’un coup, mais ne s'accordaient ni sur la couleur ni sur la place de l’ecchymose, et il n'avait pas été fait de constatation légale. D’autres témoins afiirmaient un propos de M. Ulric de Fonvielle, d’où il serait résulté que Victor Noir avail donné un soufflet au prince. Parmi ces derniers té.

moins se trouvait un M. Natal, dont la déposition fut particulièrement relevée par le procureur général, M. Grantperret, comme ayant « un bonheur d'expression, une insistance pénétrante, une lenteur lumineuse ». Or, ce M. Natal, prétendu citoyen anglais, et dont la nationalité reste douteuse, a été condamné poer escroquerie, en 1872, après un procès qui révélait chez lui un esprit singulièrement fécond en inventions mensongères. D'un autre côté, Victor Noir, jeune homme de vingt-un ans, d'une taille et d'une force peu communes, s’élait fait ganter très-juste, au moment de partir chez le prince, par sa fiancée et sa belle-sœur ; ses gants étaient restés intacts, et ne portaient aucune trace d'une action violente. Cependant, «sous l'effort de ces mains d'hercule crispées , disait M° Laurier, la peau des gants eût volé en éclats. » Quoi qu'il en soit, et pour ne pas juger la chose jugée, il ne nous reste qu’à faire connaître la décision du jury ; il déclara le prince non coupable et l’acquitta. Toutefois, à la requête de la partie civile, la Haute-Cour le condamna à payer, comme dommages-intérêts, aux parents de Victor Neir (les époux Salmon ), la somme de 25,000 fr. Ce procès mit fin à la vie publique du prince qui, depuis lors, résida surtout en Belgique.

BONAPARTE (NaPoLÉON-JosEPs - CHARLES-PAUL), dit Le prince Napoléon, fils du roi Jérome et de Catherine de Wurtemberg, est né à Trieste, le 9 septembre 1822. Après avoir habité Rome, Florence et Genève, il devint en 1837 élève de l'École militaire de Louisbourg( Wurtemberg), d’où il sortit en 1840. Autorisé une première fois, en 1845, à résider pendant quelques mois en France, il obtint une autorisation semblable en 1847, et se trouvait à Paris quand éclata là révolution de février 1848. Il s’empressa d’aller à l'hôtel de ville exprimer son adhésion à la révolution et de Jui offrir ses services. « Depuis longtemps, disait-il dans sa profession de foi aux électeurs de la Corse, j'ai la conviction quela république seule convient à la France. » Représentant du peuple à la Constituante, il vota pour la Pologne, pour l'Italie, et contre le bannissement de la famille d'Orléans. II fut envoyé ministre plénipotentiaire à Madrid, le 10 février 1849, et révoqué peu de temps après pour avoir quilté son poste sans autorisation. Réélu à la Législative, il se plaça dans les rangs de la gauche.

A la suite du coup d'État de décembre 1851, il se tint d’ab ord à l'écart ; mais, le 18 décembre 1852, il fut appelé, comme son père, à prendre place dans la famille impériale, et déclaré apte à succéder à la couronne; il eut les titres de prince français et d’Altesse impériale, fut qualifié Monseigneur, fit de droit partie du Sénat ainsi que du Conseil d’État, et reçut le grade de général de division, sans avoir jamais servi. Dans la guerre de Crimée, on lui confia le vommandement d'une division, qui se trouva comme réserve à l’Alma et à Inkermann. Ayant quitlé le théâtre de la guerre pour Constantinople, sous le prétexte que sa santé était dérangée, il fut rappelé en France, au mois de janvier 1855, et nommé président de la commission de l’exposition universelle. Du 15 juin au 6 octobre 1856, il voyagea dans les. mers du Nord ; il fit encore de nombreux voyages les années suivantes, et visita l'Allemagne, l’Angleterre, Tunis, Alger, l'Amérique du Nord, l'Italie, le Portugal, l'Égypte, la Palestine, les Principautés-Danubiennes, etc. En 1858, il inaugura la maison romaine qu'il s'était fait bâtir aux Champs-Éiysées, dans l'avenue Montaigne. Le 24 juin de la même année, il fut chargé du ministère de l'Algérie et des colonies, et le quitta le 7 mars 1859, pour prendre part à la guerre d'Italie. Il avait épousé, le 30 janvier précédent, la princesse Clotilde, fille du roi Victor- Emmanuel. Placé à la têle d'un corps d'armée, avec mission d'occuper la Toscane et de menacer le flanc gauche de l’armée autrichienne, il arriva en ligne de bataille aw moment où était conclue la suspension d’armes.

Les discours du prince Napoléon, au Sénat, contre le

BONAPARTE

pouvoir temporel des papes, pour la liberté de la presse, pour la Pologne, eurent du retentissement. Celui qu'il prononça en Corse, le 1** mai 1865, à l’occasion de l'inauguration de la statue de Napoléon 1°, affectait des tendances révolutionnaires, que Napoléon III bläma publiquement dans une lettre insérée au Moniteur universel. Le prince donna alors sa démission de vice-président du conseil privé et de président de la commission de l'exposition universelle pour 1867. Sa disgrâce fut de si courte durée, que l’opinion publique la jugea plus apparente que réelle. Il continuait cependant à rechercher et à accueillir, soit au Palais-Royal, soit à Meudon, des écrivains et des hommes politiques connus par leurs opinions avancées.

Au début de la guerre de 1870, le prince Napoléon devait commander une expédition dans la Baltique; mais on éleva en, conseil des objections contre ce projet. Il partit donc avec l'empereur pour Metz, sans autre fonction que celle d’officier général à la suile dans l'état-major. Au mMOment de quittter Metz, l’empereur lui aurait dit : « Tune mes d'aucune utilité ici, va en Italie et tâche de déterminer ton beau-père à m'envoyer 150,000 hommes.» Les deux cousins se quittèrent à Châlons. Un journal du 23 août 1870 jugeait ainsi ce départ pour l'Italie : « On nous dirait cent fois que le prince Napoléon a une mission politique, diplomatique, militaire même, que nous dirions : Tout autre que lui devait s’en charger. Un Napoléon n’est pas à Florence, quand les Prussiens sont à Saint Dizier. » Au mois de mai 1871, le prince Napoléon, dans une lettre datée de Londres et adressée à M. Jules Favre, ne crai-, gnait pas de rejeter sur le gouvernement de la défense nalionale la responsabilité des désastres si justement attribués à l'empire par la conscience publique. Élu membre du conseil général de la Corse 1871, il ne lui fut pas permis d'y prendre place. L'année suivante étant venu à Paris, il fut reconduit aussitôt à la frontière. Depuis la mort de Na: poléon III (1873), il paraît se poser en prétendant.

Mathilde-Lætitia- Wilhelmine Bonararte, dite la princesse Mathilde, sœur du précédent, est née le 27 mai 1820, à Trieste. Élevée, sous le nom de princesse de Montfort, à Rome, puis à Florence, elle quitta cette dernière ville après la mort de sa mère (1835), et vécut pendant quelques années à la cour de Wurtemberg, Elle fut mariée, le 1°° novembre 1840, au comte russe Anatole Demidoff, Cette union, qui resla stérile, ne fut pas heureuse, et une séparation eut lieu, par consentement mutuel, en 1845. Sur l’ordre du czar, le comte Demidoff fit à sa femme une pension de 200,000 roubles. Elle était déjà remarquée à Paris, lorsque son cousin Louis-Napoléon, à qui la liait une ancienne et vive affection, fut élu en 1848 président de la République. Elle fit, sous le nom de princesse Mathilde, les honneurs du palais de la présidence, jusqu'au mariage de Napoléon HIT avec M'e de Montijo, dont la mère était son amie. Comprise parmi les membres de la famille impériale de France, elle ent le titre d’Altesse, et tint en quelque sorte à la cour des Tuileries le rang de première dame d'honneur. Sa résidence d’été à Saint-Gralien, près du lac d'Enghien, était un centre de réunions littéraires et artistiques, en rapport avec les tendances et les mœurs du second empire. On y créait des renommées assez souvent éphémères, et l'on y préparait des situations que le pouvoir ne tardait guère à consacrer. On accordait aussi généralement à la princesse Mathilde une influence considérable dans le monde des Beaux-Arts, dont M. de Nieuwerkerke était le surintendant général. Elle peignait elle-même avec quelque talent, et ses aquarelles, par leur mérite peut-être autant que par flatterie, obtinrent une médaille en 1865. Elle est aussi l'auteur d’un roman anonyme {a Dame au rubis (1873, in-18),

Pour les familles des trois sœurs de Napoléon et la nombreuse descendance du prince Eugène , voyez les arlicles Baccrocm, Borcuëse, MuraT et LEUCHTENBERG.

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