BOND — BONDY
c'est à lui qu'on doit la loi organique du 4 octobre 1848. L'année suivante il occupa dans le cabinet Alferi le même département. Après le désastre de Novare il fut l'un des deux plénipotentiaires qui conclurent la paix avec l'Autriche. Dans le parlement il soutint les différents ministères qui se succédèrent jusqu’en 1853, où il accepta dans le cabinet d'Azeglio le portefeuille de la justice; il présenta alors la loi sur le mariage civil, laquelle échoua devant le sénat, De 1853 à 1857 il présida la chambre des députés.
Envoyé en 1857 comme ministre plénipotentiaire auprès du grand-duc de Toscane, il vit se grouper autour de lui toute l'opposition libérale de ce pays et fit tous ses efforts, quand la guerre de 1859 fut déclarée, pour détacher le prince de l'alliance autrichienne. La retraite du grand-duc ayant laissé le champ libre à l'opposition, l'envoyé sarde se trouva par la force des choses investi à Florence d'une sorte de dictature, et le comité provisoire qui fut élu ne fit rien sans
prendre son avis. Ayant reçu de Victor-Ermmanuel le litre !
de commissaire royal (4 mai 1859), ce fut lui qui forma un ministère ainsi qu'un conseil exécutif pour la Toscane. Au mois de décembre il succéda au prince de Carignan comme gouverneur des nouvelles provinces annexées, et conserva ce poste jusqu'à leur réunion définitive à la Sardaigne (avril 1860). Redevenu simple député, M. Bon-Compagni a pris une part active aux travaux-de la chambre; ce fut sur ses interpellations que tomba en 1862 le ministère Raltazzi, En 1870, après l'occupation de Rome par les troupes italiennes, il fut appelé à présider la commission qui devait régler les garanties à accorder au gouvernement du Pape. M. Bon- Co npagni à écrit quelques ouvrages, entre autres Sulla potenza temporale del Papa (1865).
BONDE, BONDON. Une bonde est, à proprement parler, l'ouverture circulaire pratiquée sur le flanc d’un tonneau par laquelle on le remplit. On appelle bondon le cône tronqué avec lequel on bouche la bonde. Les bondons se fabriquent en bois de chêne, coupé de façon que ses fibres soient parallèles au diamètre du cône, ou, pour s'exprimer comme le vulgaire, les bondons sont faits en bois de travers, car l’expérience a fait connaître que les liquides filtrent à la manière de la séve à travers les bouchons qui sont en bois de fil. On fait les bondons avec de vieilles douves ou avec des bûches de chêne que l’on plonge dans Veau pour les amollir; on les débite ensuite en petits carrés, puis ou les ébauche, et on termine le bondon sur !e tour à points.
On appelle aussi bonde une rigole qui traverse la chaussée d'un étang et qui sert à en faire écouler les eaux quand on veut le pêcher; elle se lève avec une vis ou des leviers. La pièce de bois qui ferme la bonde s’appelle pale.
BONDI (CLéwenr ), un des poëtes les plus estimés de VItalie moderne, naquit en 1742, à Mizzano, dans le duché de Parme, entra dans l’ordre des jésuites peu de temps avant sa suppression, et devint, fort jeune encore, professeur d’éloquence au séminaire royal de Parme. Poursuivi par sa congrégation pour avoir célébré dans une ode la suppression des jésuites , il fut obligé de chercher un refuge en Tyrol, où il trouva un protecteur dans la personne de l’archiduc Ferdinand, qui le nomma, en 1795, son bibliothécaire à Brünn, et lui confia léducation de ses fils, dont l’un, François, est aujourd'hui duc régnant de Modène. Ces rapports le conduisirent à Vienne, où il devint, en 1816, professeur d'histoire et de littérature de feu l'impératrice. II y mourut en 1821. Soutenu par ses protecteurs, Bondi se produisit tour à tour comme poëte lyrique, didactique, satirique et élégiaque. La noblesse et la simplicité de son Style, plus encore une versification facile et élégante, le rendirent l’auteur favori des dames italiennes. Parmi ses poëmes de quelque étendue, nous mentionnerons ici comme les principaux : Za Giornata villereccia, en trois chants (Parme, 1773); La Conversazione; La Felicità; IL Go-
vero pacifico. Sa traduction en vers de l’Éncide est regardée en Italie comme un chef-d'œuvre ; elle parut à Parme en 1793 (2 vol.). Les œuvres complètes de Bondi furent publiées à Vienne en 1808, 3 volumes,
BONDOU, contrée de la Sénégambie, dans l'Afrique lcecidentale, située entre 14° et 15° latit. nord et 11° et 13° ongit. ouest. Sa population est évaluée à 1,500,000 àmes. C’est un pays riche en cultures de mil et de maïs ; des plaines immenses couvertes de ces céréales, et aussi de coton, d’indigo et de tabac, s'étendent sur les deux bords de la Falémé. Les animaux sauvages y sont en abondance ainsi que les serpents et les crocodiles. Les indigènes professent l’islamisme, mêlé aux superstitions païennes. Ils font un grand commerce de céréales, de gommes , de bétel, de poudre d'or, etc. Leur capitale, Boulibani, grand village entouré de collines et de forêts, sert de résidence à un sultan, dont le revenu consiste dans le trafic des esclaves.
Le Bondou est en quelque sorte tributaire de la France,
. depuis l'expédition qu’y a faite le colonel Faidherbe : en 1856.
BONDRÉE, oiseau de proie de la famille des falconidées, si peu différent de la buse qu’on a souvent confondu l’un avec l'autre. Cet oiseau, qui a plus de six décimètres de longueur, et près de quatorze décimètres d'envergure, subsiste en grande partie aux dépens des insectes, et n’épargne pas les abeilles. Son bec est un peu plus long que celui de la buse; la cire, ou peau nue qui couvre la base du bec, est
, jaune, ainsi que les pieds ; le sommet de la tête est d’un gris
cendré; l'iris est jaune, et le plumage varie presque autant que celui de la buse. La bondrée se laisse prendre aux piéges amorcés avec une grenouille, et même aux gluaux ; Son vol est toujours bas, d'arbre en arbre ou de buisson en buisson. Son nid est construit comme celui de la buse, mais elle s épargne quelquefois les fatigues de la construction, et s’installe dans un nid abandonné, où elle dépose des œufs de couleur cendrée tachetés de brun. La bondrée passe pour un assez bon mets, ce qu’on n’a jamais dit de la buse.
BONDUC ou CHICOT DU CANADA. Cetarbre, de vingt mètres de hauteur, est originaire du Canada. Son bois est propre aux arts, mais non encore assez multiplié en Europe pour recevoir en ce moment cefte destination. Le bonduc se trouve néanmoins déjà dans tontes les collections d’arbres exotiques, dans les jardins etles parcs, où ïl se fait remarquer par la beauté de ses feuilles bipinnées, qui ont de 0%, 70 à un mètre de longueur, et qui en font un très-bel arbre l'été, et un arbre mort en apparence l'hiver, d’où lui est venu le nom de chicof, parce qu’en effet ses feuilles et leurs longs pétioles étant tombés et séparés de la tige, il semble ne rester qu’un tronc mort ou, comme on dit, un chicot, qui contraste d’une manière très-pittoresque avec l'élégance et les formes très-remarquables de cet arbre dans la belle saison. Le bonduc ne craint pas nos hivers. Cependant, sauf de rares exceptions, il n’attcint généralement pas en France les mêmes dimensions que dans le pays dont il est originaire.
Placé par les botanistes dans la famille des césalpinées, le bonduc, désigné par Linné sous le nom de Guilandina dioica, a reçu de Lamarck celui de Gymnocladus canadensis. Cet arbre se multiplie par ses graines, et plus ordinatrement par ses racines, qu’on coupe par tronçons et qu’on plante, C. ToLLARD aîné.
BONDY ( PtrREe-MaRIE comte TAILLEPIED pe ), était né à Paris, le 7 octobre 1766, d’une famille connue dans les finances et d’un père receveur général. En 1792 il fut nommé directeur des assignats, et au 10 août il sollicita sa demission, que le ministre des finances eut beaucoup de peine à lui accorder. Il se retira entièrement des affaires, et vécut loin des orages de la revolution jusqu’à l'Empire, époque où son aptitude pour l’escrimele mit en rapport intime avec le jeune Eugène Beauharnais, passionné lui-même
pour cet exercice, et lui valut sa nomination aux fonctions de chambellan de Napoléon, qu’il suivit dans la plupart de ses voyages, et même à l’armée, pendant la campagne d’Autriche, en 1805. Au retour, il fut nommé maître des requêtes, et chargé d'aller présider le collége électoral de l'Indre. L'empereur le plaça comme chambellan auprès du roi de Saxe, puis auprès du roi de Bavière, lorsqu'ils vinrent successivement à Paris. M. de Bondy avait alors les formes d’un grand seigneur, la taille élégante, le port d'un courtisan ; il convenait parfaitement à tous ces postes de représentation. Pour toutes ces importantes qualités, Napoléon, qui travaillait à reconstruire une monarchie héréditaire, le nomma comte de l'empire. Lors de son mariage avec une archiduchesse, il le comprit au nombre des officiers de sa maison qu’il envoya à Carlsruhe recévoir la princesse.
Au retour de ce voyage, en 1810, il l’appela à la préfecture du Rhône. Là il acquit des droïs incontestables à la reconnaissance de la seconde ville de France, dirigea ses travaux avec une activité sans égale, obtint du gouvernement des sommes immenses pour dessécher les marais de Perrache, etenrichit Lyon d’un de ses plus beaux quartiers, jusque alors inhabitable. Les négociants de cette ville se rappelleront toujours la protection dont jouit le commerce sous son administration, et la prévoyance qui la préserva en 1812 de la disette qui désolait toutes les autres parties de la France. Son esprit persuasif et conciliant prévint et adoucit souvent les effets des mesures rigoureuses qui étaiènt dictées par le gouvernement d’alors. En 1814, lors de l’invasion des alliés, il retarda par son courage la prise de Lyon, et ne se retira avec l’armée française que quand il eut vu qu’une plus longue résistance devenait inutile et même dangereuse rour l’intérêt de ses administrés. Après l’abdication de l'en, .ereur, le prince qui fut depuis Charles X crut devoir conserver M. de Bondy dans ses fonctions; mais ce ne fut pas pour longtemps. On dissimula sa disgrâce sous le cordon de commandeur de la Légion d'Honneur.
Au retour de Napoléon, en. 1815, il fut nommé préfet de la Seine et conseiller d’État ; il avait signé la fameuse pétition du 20 mars dans laquelle on ne dissimulait point à Napoléon ce qu'on attendait désormais de lui , et, en sa qualité de préfet, ilen présenta une seconde, conçue identiquemnent dans le même esprit. A la fin de juin 1815, lorsque les alliés s’approchaient de la capitale, il adressa une proclamation aux habitants, et prévint les désordres qui se préparaient. « Les troupes étrangères, disait-il, ne sont pas loin de la capitale; elles pourraient d’un instant à l'autre paraître sous vos murs : que cet événement ne vous intimide pas! le pouvoir national écartera les maux que vous auriez à redouter. » M. de Bondy fut un des trois commissaires chargés de la négociation du 3 juillet. Presque aussitôt la Restauration l'appela à la préfecture de la Moselle, celle de la Seine ayant été rendue à M. de Chabrol, qui en était titulaire au 20 mars; mais M. de Bondy était à peine installé depuis quatorze jours, que sa nomination fut révoquée. En décembre 1815 il parut à la cour des pairs comme témoin à décharge dans le procès du maréchal Ney, en sa qualité de commissaire signafaire de la convention de Paris. Aux élections de 1814, 1816 et 1818, il fut nommé par le département de l'Indre membre de la Chambre des Députés, fit partie de l'opposition constitutionnelle, et semontra constamment le défenseur zélé des libertés publiques. Réélu en 1827, il ne prit pas la parole dans les deux sessions de 1828 et 1829, mais en 1830 il vota l'adresse des221, ce qui fut cause de sa réélection.
Le gouvernement de Juillet appela, le 23 février 1831, à remplacer M. Odilon Barrot à la préfecture de la Seine. 11 fit partie, le 19 novembre suivant, des trente-six pairs créés par le ministère Casimir Périer, M. de Bondy avait laissé de précieux souvenirs à la préfecture de la Seine; ils ne purent l’y maintenir contre les fluctuations mimstérielies, si fré-