‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 3)Chapitre 254 sur 527 · BONHEUR — BONHOMIE · texte numérisé non relu

BONHEUR — BONHOMIE

à en corriger l'amertume. Mais c’est surtout sous le rappo; de la durée et de la solidité qu’ils ont sur les autres un incon: testable avantage. Ils ne manquent jamais à l’homme, dan, quelque situation qu’il se trouve; toutes les fois qu’il veut en savourer les délices, il peut exciter en lui ces plaisirs toujours les mêmes, toujours nouveaux , sans cesse renaïissants et dont la source est aussi intarissable qu’elle est pure. Car le mérite de la vertu ne consiste pas dans le résultat de actes, mais dans la force que l’âme déploie pour accomplir la loi suprême. Or, cette force est toujours en notre puissance ; nous sommes libres d'en faire l'emploi , quelles que soient les circonstances où le sort nous ait placés, quels que soient les obstacles qui s'opposent à son développement ; et du moment où nous avons dépensé pour faire le bien la somme d'efforts qui étaient en notre pouvoir, nous. avons assez fait pour la vertu, et notre conscience, qui n’exige plus rien, n’attend pas le résultat de ces efforts pour nous en accorder le prix. Une fois que nous possédons ce prix glorieux, toutes les misères, tous les tourments de la vie , glissent sur notre âme sans pouvoir lui arracher son précieux trésor. Elle se réfugie avec lui dans l’asile de la conscience, qui n’est accessible que pour elle, et qui lui est toujours ouvert; là, elle braye tous les maux, rit de toutes les tempêtes , et, de même qu’elle y découvre la base indestructible de toute vérité, elle y trouve aussi la source inépuisable de son bonheur. Je me demandais un jour pourquoi de toutes les joies qui peuvent gonfler le cœur de l'homme en cette vie les joies de la conscience étaient les seules qui fussent capables de survivre à l’idée de notre destruction. C’est que la vertu, qui associe l’homme à la pensée et à l’œuvre du Créateur, est le seul lien qui le rattache sur la terre à l'infini, auquel il aspire; c’est que les plaisirs qu’elle procure sont le commencement d’une récompense qui doit se prolonger au delà des limites de cette courte existence, et la jouissance, par anticipation, du véritable bonheur dont il lui est donné de pressentir ici-bas les délices. sans fin.

En essayant de montrer que c’est dans la vertu seulement qu’on doit rencontrer le bonheur, ou du moins ce qu’on peut avec le plus de raison appeler de ce nom sur la terre, nous n'avions pas assurément la prétention d’arriver à une conclusion neuve et originale. Mais, quelque gothique qu’elle puisse paraître, nous n’avons pas dû craindre de la reproduire ici; car pour quiconque voudrait décider la question en observant seulement la manière dont les choses se passent en ce monde, et la conduite des hommes de tous les temps et de tous les pays, nous semblerions moins avoir répété une vérité triviale que développé un étrange para-

doxe. C.-M. PAFFE.

BONHEUR ÉTERNEL. Voyez BÉATITUDE, PARA= DIS, etc.

BONHEUR (Rosa). Voyez Rosa BONHEUR.

BONHOMIE, nuance de caractère qui, toute fine et toute délicate qu’elle paraisse, se compose et résulte d’un certain nombre de qualités morales dont la réunion lui est nécessaire. La bonhomie n’est point de la bonté, ni de la douceur, ni de la simplicité, ni de la naïveté, ni de la bonne foi, ni de la franchise : c’est à la fois tout cela. On peut être bon sans avoir de bonhomie; mais la bonhomie emporte avec elle une certaine disposition à la bienveillance, comme l'indique au reste la composition même du mot. La bonté se manifeste surtout dans les actions, la bonhomie dans les paroles ; elle joint de plus à l’affabilité une candeur naïve qui lui appartient en propre, et qui n’est nullement essentielle à la bonté. On peut avoir de la dou ceur sans bonhomie. La bonhomie est toujours aimable et douce, confiante , sans malice et sans fiel. 11 ÿ a beaucoup de simplicité dans Ja bonhomie; mais c’est plutôt simpli-, cité de cœur que simplicité d'esprit, et l'on aurait tort de croire que la bonhomie peut être quelquefois synonyme de

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