‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 3)Chapitre 265 sur 527 · BONNEVAL -— BONNIVET · texte numérisé non relu

BONNEVAL -— BONNIVET

perdu de sa faveur, il fut relégué dans un pachalick, aus extrémités de la mer Noire, vers les confins de la petite” Tatarie. Vieux, les souvenirs de la France le tourmen- {aient. I1 méditait encore une fuite, quand la mort le surprit, le 22 mars 1747, à l’âge de soixante-douze ans. Son fils naturel, Soliman-Aga, auparavant comte de La Tour, lui succéda dans la place de topigi-bachi,

Bonneval a laissé des mémoires. On y voit un homme bouillant, fier, d'un caractère inquiet, inconstant, contemp- « teur de l’ordre social, et d’une morale relâchée. Les circonstances seules où le jeta son âme de feu atténuent sa conduite, quoique cependant il y eût au fond de son cœur une moquerie naturelle des choses les plus respectables de la vie; « ce qu’on ne saurait lui refuser, C’est une valeur à toute épreuve, un esprit vif, de la fierté, et un fonds d'honneur français qu’il ne cessa jamais de porter au sein des cours étrangères qui payaient son épée. A Péra, dans un cimetière de derviches, non loin du palais de l’ambassadede Suède, on lit encore sur son tombeau cette belle inscription turque : Dieu est permanent, que Dieu, glorieux et grand auprès des vrais croyants, donne paix au défunt Achmet- Pacha, chef des bombardiers. L'an de l’hégire 1160 (1747). DENNE-BARON.

BONNEVILLE (Nicoras pe), publiciste français, naquit à Évreux, le 13 mars 1760, et vint à Paris pour y faire ses études. D’un caractère inconstant , il aborda tour à tour toutes les branches du savoir. Quelques poésies qu’il publia dans sa jeunesse ne sont que des effusions d’une imagination mal réglée. Mais bientôt il se consacra tout entier à l'étude des langues et des littératures étrangères, et cela dans un moment où ce genre de connaissances était encore fort peu répandu en France. Comme fruit de ses études , il fit paraître, en collaboration avec l’Allemand Friedel, le Nouveau Théâtre Allemand (12 vol., Paris, 1782-1785). Ce recueil ayant été reçu favorablement du publie, il entreprit de publier un choix de romans allemands, et le dédia à la reine. Conjointement avec Letourneur, il publia ensuite une traduction de Shakespeare, qui n’est pas sans mérite.

En 1786 il fit un voyage en Angleterre, et s'y prit d’un vif intérêt pour la politique. Au commencement de la ré-. volution, il fonda, avec l’abbé Fauchet, le Cercle social, et publia successivement Le Tribun du Peuple et la Bouche de Fer. Toute son ambition tendait à devenir membre de l’Assemblée nationale; mais, ne pouvant y arriver, il dut enfermer son activité dans les bornes du journalisme, 1] y déploya une grande libéralité d'opinions, et se prononça énergiquement contre toutes les mesures violentes. Ces sentiments de modération le rendirent suspect aux hommes qui étaient alors à la tête des affaires, Lors de la chute des girondins, il fut arrêté, et ne sortit de prison qu'à la suite du 9 thermidor, I reprit alors la plume ; mais ses opinions s'étaient sensiblement modifiées, et le 18 brumaire neletrouva pas dans les rangs de l’opposition. Sous l’Empire, il fut de nouveau incarcéré pour avoir comparé Napoléon à Cromwell, et resta jusqu’en 1814 sous la surveillance de la police, Plus tard, il se fit bouquiniste à Paris, rue des Grès , et y mourut, pauvre et obscur, le 9 novembre 1828. Outre ses traductions, on a de lui une His{oire de l'Europe moderne (3 vol., Genève, 1789-92), et un petit écrit portant pour titre : De l'Esprit des Religions (Paris, 1791)

BONNIVET (GuicLaune GOUFFIER , seigneur de), était fils de Guillaume Gouffier de Boisy et de Philippine de Montmorency. Frère cadet de Boisy, gouverneur de krançois L‘', élevé avec ce prince, il gagna son affection, par son | caractère ferme et décidé, la vivacité de sonesprit, les grâces de sa figure et les agréments de sa conversation, 11 se signala de bonne heure par sa bravoure, et se tit remarquer au siége de Gênes, sous Louis X11, en 1507, et à la journée des Éperons , en 1513, A la bataille de Marignan (1515) il déploya une imprudente témérité, 11 n'était encore que favori du roi

BONNIVET

lorsqu'en 1516 la dignité d’amiral devint vacante. Le roi consulta le chancelier sur le choix qu’il devait faire. Duprat fut assez bon courtisan pour proposer Bonnivet. Le roi, qui ne cherchait qu’un suffrage dont il pût autoriser son inclination secrète, se hâta de le nommer, et Bonnivet sut que Le chancelier l'avait proposé. Ce fut encore par le conseil de Duprat qu'en 1518 Bonnivet fut nommé à une ambassade extraordinaire en Angleterre pour obtenir du roi Henri VIHI la restitution de Tournay. Tout dépendait du cardinal Wolsy ; on le gagna, et la négociation réussit sans que Bonnivel eût besoin de déployer de grands talents diplomatiques.

Lorsqu’en 1519, après la mort de Maxñnilien, François 1°" se mit sur les rangs pour obtenir la couronne impériale d'Allemagne, il envoya Bonnivet soutenir ses prétentions auprès des électeurs ; il avait choisi par inclination ce brillnt, vif et présomptueux courtisan, et il croyait l'avoir choisi par raison; il espérait qu'il réussirait en Allemagne comme il avait réussi en Angleterre; il comptait d’ailleurs sur les talents de d'Orval, qu’il donna pour adjoint à Bonnivet, et sur la connaissance que Fleuranges, autre adjoint de Bonnivet, avait des affaires de l’Allemagne, dont les États de Robert de la Marck , son père, étaient voisins ; il comptait enfin sur l'argent, et il donna quatre cent mille écus à Bonnivet pour les distribuer aux électeurs. Peut-être l’amiral eût-il assuré à son maître tous les suffrages, s’il avait su distribuer l'argent avec prudence, au lieu de le prodiguer avec un éclat indiscret, et si François I** lui-même n’eût commis plusieurs fautes irréparables. Bonnivet flatta longtemps le roi du succès; mais à la nouvelle de l'élection de Charles-Quint , il sortit du château qui lui servait d'asile aux environs de Francfort, et s'enfuit plein de honte à Cobleatz. 11 reprit ensuite la route de France; mais il ne parut à la cour que plus de deux mois après, étant resté en Lorraine à prendre les eaux de Plombières. Lorsqu'il revint auprès du roi, il n’en fut pas moins bien accueilli, et conserva toute sa faveur. Mais, pour cela, il lui fallut se rendre esclave de la duehesse d'Angoulême; mère de Françoïs I°, En 1521 il reçut le commaridement de l'armée de Guienne, qui devait réparer les fautes et les malheurs de Lesparre dans la guerre d’Espagne. Bonnivet obtint tout d’abord des succès en Navarre, et s’empara de Fontarabie, Des conférences s'ouvrirent pour la paix. Plusieurs historiens ont aceusé Bonnivet d’avoir seul empêché la fin des hostilités; sans doute par sa présomption il put contribuer à la résolution prise de continuer la guerre, mais il ne faut pas oublier que les plénipotentiaires français eux-mêmes dissuadèrent leur roi d'accepter les conditions qu’on lui offrait.

Bonnivet et le duc de Bourbon se haissaient. Voici à ce

sujet une anecdote que fournit un manuscrit de la Biblio-

thèque liwpériale, « …. L'autre chose qui déplut au roi et qui toucha le favori, c’est qu'étant à Bonnivet, dont l’amiral portoit le nom, qui est une maison que le roi faisoit magnifiquement bâtir, et le connétable s’y étant rencontré, le roi lui demanda ce qu’il lui sembloit de ce bâtiment ; il lui répondit qu'il le trouvoit fort superbe, mais que la cage étoit trop belle et trop grande pour l'oiseau ; ce qui piqua le roi, qui lui dit qu’il lui portoit envie; à quoi il répondit qu’il n’en pouvoit avoir pour des gens dont les pères avoient été bien heureux d’être écuyers de sa maison ; ce qui étoit vrai, car celle de Gouflier étoit originaire du duché de Bourbonnois. » Blessé dans son orgueil, Bonnivet excita et servit l’a nimosité de la duchesse d'Angoulême contre le connétable de Bourbon. Bonnivet eut le commandement de l’armée d'Italie : en 1523, il pénétra dans le Milanais, mais il fit plus d’une faute dans cette campagne. Bientôt le Milanais fut entièrement évacué. En 1524 François I‘ reconquit en personne ce pays. Bonnivet fut cause de la bataille de Pawie. Quand elle fut perdue (24 février 1525), l'amiral, woyant l’inutilité de ses eflorts pour arracher son maître aux périls qui l’environnaient, leva la visière de son casque, et,

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jetant un triste regard sur le champ de bataïtle : « Non, s’écria-t-il, je ne puis survivre à un pareil désastre! » Et il courut se précipiter au milieu des ennemis. 11 y trouva la mort. Le connétable de Bourbon, alors au service de Charles- Quint , apercevant le cadavre de son ennemi, s’écria : « Ah! malheureux! tu es cause de la perte de la France et de la mienne! »

Jamais homme, selon Brantôme, ne fut plus audacieux dans ses galanteries que Bonnivet. Si l’on en croit cet écrivain, la comtesse de Châteaubriant , maîtresse du roi, aimait l'amiral; et le roi l'ayant un jour surpris chez elle, Bonnivet n'eut que le temps de se cacher sous des feuillages qu'on mettait alors en été dans les cheminées des appartements. Le roi eut ou feignit un hesoin, et, ne voulant pas sortir, il alla dans la cheminée, où les feuilles cachèrent bien Bonnivet, mais le garantirent mal. Le roi paraissait quelquefois jaloux de son favori, et la comtesse, pour le tromper, gratifiait Bonnivet de nombreux ridicules : ZZ est bon , disait-elle, Le sire de Bonnivet, qui pense estre beau! et tant plus je lui dis qu'il l’est, tant plus il Le croit. Je me moque de lui, et J'en passemon lemps ; car il est fort plaisant et dit de très-bons mots, si bien qu'on ne sauroit s’en garder de rire quand on est près de lui, lant &trencontre bien. Il n’y avait pas trop là de quoi rassurer le roi. Ce Bonnivet qui se croyait si beau l'était effectrvement ; il était de plus spirituel], plaisant, audacieux, et pouvait être réellement à craindre. Il avait même porté ses vues plus haut : il aimait Marguerite, reine de Navarre, duchesse d'Alençon, sœur du roi; il le lui avait dit, et n’avait pu lui plaire. Le monarque, dit-on, savait cette inclination, et ne s’en offensait point. Le favori, recevant Françoïs I‘ et toute sa cour dans son château de Bonnivet , osa s’introduire pendant la nuit par une trappe dans la chambre de la duchesse d’Alençon , qui se défendit avec tant de courage et fut défendue si à propos par sa dame d'honneur, que Bonnivet n'eut d'autre ressource que de s'enfuir. La duchesse, indignée, vou lait dire tout au roi et faire punir Bonnivet; mais la dame d'honneur fut d’un avis contraire, et la duchesse se rendit à ses raisons. Bonnivet portait sur son visage des témoignages sanglants de la résistance qu’il avait éprouvée; il n’y avait pas moyen de paraître en cet état devant le roi, encore moins devant la duchesse. I] fit dire au roi le lendemain qu’il avait été malade toute la nuit, qu'il l'était encore, qu’il ne pouvait même soutenir la lumière ni entendre parler. Le roi voulut l’aller voir; on lui dit que Bonnivet commençait à reposer; il ne voulut pas l’éveiller, et partit sans l'avoir vu. Lorsque Bonnivet put se montrer , lorsque le temps et la continuation des bontés du roi l’eurent assuré du silence indulgent de la duchesse, il reparut à la cour; mais toute son audace ne pouvait l'empêcher de rougir et de perdre contenance quand un regard de la duchesse d'Alençon vepait à tomber sur ini. On conserve à la Bibliothèque Impériale un recueil mannserit en deux volumes in-folio de Lettres de l’amiral Bonnivet, ambassadeur extraordinaire en Angleterre en 1519. Auguste SAYAGNER.

BONOSE,, lieutenant de Probus dans les Gaules, commandait la flottille romaine du Rhin. Les Germains l'ayant incendiée , Bonose, pour se soustraire aux suites de sa négligence, se révolta, et se fit proclamer césar, Probus le battit, et le força à se réfugier à Cclonia-Agrippina (Cologne), où il se pendit de désespoir, vers l’an 280 de J.-C. On rapporte que Probus, en voyant son cadavre, s'écria : « Ce n’est point un homme pendu, c’est une bouteille »; voulant faire allusion par là au penchant bien connu de Bonose pour le vin, qu'Aurélien avait déjà qualifié, en disant de lui, par une espèce de jeu de mots : Non ut vivat natus est, sed ut bibat.

BONOSE , capitaine romain, connu depuis dans la légende sous le nom de saint Bonose, était avec Maximilien chef du corps dit des Vieux Herculiens, et fut condamné à être dé-

capité par ordre de l’empereur Julien, sous prétexte de rébeltion, mais en effet pour n'avoir pas voulu ôter du Labarum la croix que Constantin y avait fait peindre.

BONOSE , évêque de Macédoine au quatrième siècle, qui attaquait, comme Jovinien, la virginité de la Vierge, et qui prétendait qu’elle avait eu d’autres enfants après Jésus- Christ, dont il niait la divinité , à l'instar de Photin, fut condamné par le concile de Capoue, assemblé, sous le pontificat du pape Gélase, pour éteindre le schisme. d’Antioche, Il avait donné son nom à la secte des bonosiaques, ou bonosiens , qui succéda à celle des photiniens.

BONPLAND (Aimé GOUJAUD DE), célèbre naturaliste français, naquit le 22 mai 1773, à la Rochelle, d’une faille qui a produit des médecins et des magistrats estimés. En 1799, en qualité d'élève de l'École de Pharmacie et du Jardin des plantes, il suivit Alexandre de Hu mb oldt en Amérique, où il recueillit plus de six mille plantes nouvelles. A son retour, en 1804, il fut nommé par limpératrice Joséphine directeur des jardins de Navarre et de la Malmaison, qu'il a décrits dans son ouvrage sur les plantes qu'on y cullive (Paris, 1813-1817). En même temps que ce magnifique ouvrage, il en publia deux autres, fruits de ses voyages, les Plantes équinoxiales, recueillies œu Mexique, etc. (2 vol., Paris, 1808-1816), etla Monographie des Mélastomées, etc. (2 vol., Paris, 1899-1816, avec 220 planches), En 1818 il partit pour Bnénos-Ayres avec le titre de professeur d’histoire naturelle. Le 1** octobre 1820 il s’embarquait sur le Parana pour entreprendre un voyage d'exploration dans l’intérieur du Paraguay. Après avoir étudié à fond dans ce pays la culture et la fabrication du mathé ou thé paraguésien , qui forme sa principale richesse, il en établit en face, à Santa-Anna, sur la rive orientale de Paraguay, une plantation considérable. Le dictateur suprême perpétuel Francia crut voir dans cette conduite une infraction ag monopole qu'il s’arrogeait et une violation de la reconnaissance due à l’hospitalité qu’il avait accordée à notre compatriote; et un jour, en 1821, un détachement dehuit cents soldats envahit le territoire de Buénos-Ayres, ruina la plantation de thé de Bonpland, emmena prisonniers les Indiens qu'’ilavait attirés dans ce village; et l’enleva lui-même. Francia l’'envoya d’abord dans un fort comme médecin de la garnison, et le chargea plus tard de construire une route de commerce, en lui laïssant la liberté de poursuivre dans un cercle borné ses recherches botaniques et d’enrichir ses collections.

En vain Alexandre de Humboldt, appuyé par Canning et par le résident anglais à Buénos-Ayres, réclama-t-il la mise en liberté de son ami, Francia ne voulut point le laisser partir, Cependant, au mois de novembre 1829, quelque temps avant la mort du dictateur suprême perpétuel, Bonpland put enfin retourner à Buénos-Ayres. En 1832 il écrivait à M. de Humboldt qu’il n’attendait plus que l’arrivée de ses collections pour revenir en Europe; mais il changea d’avis, et retourna dans le Paraguay. A la fin de 1840 il écrivait de nouveau de Montevidéo qu’il espérait pouvoir continuer ses recherches sur une plus large échelle maintenant que Francia n’était plus, et qu'il avait pris toutes ses mesures pour que, en cas de mort, son herbier et ses manuscrits fussent envoyés en Europe. Vivant à San-Borja de VUruguay, à Corrientès ou à. Montevideo, il est vraisemblable que le long séjour qu’il a fait dans ces contrées, les intérêts qu’il a su s’y créer, et peut-être aussi son mariage avec une Indienne, lui ont ôté l’idée de revenir en Europe. Kunth a publié dans les Nova Genera et Species Plantarum (Paris, 1815-25) les remarques de Bonpland sur l’herbier recueilli dans son premier voyage avec M. de Humboldt. Boipruun «bi Hivik 16 4 inäl 15,0, dans son domaine de Santa Anna ( province de Corrientès ).

BONPLANDIA. Voyez Cuspauia.

BONS DU TRÉSOR. Appelés d'abord bons royaux, tes bons furent créés par la loi des finances du 4 août 1824,

BONOSE — BONS-HOMMES

portant fixation du budget pour l'année 1895. L'article d

cette loi autorisa le ministre des finances à créer pour le sers vice de la trésorerie et ses négociations avec la Banque dé France des bons portant intérêt et payables à échéance fixes Le but de cette institution ‘ut d’abord de venir en aide aux opérations de la trésorerie, soit en devançant les rentrées parfois tardives de l'impôt, soit en comblant les déficits qué les excédants imprévus des dépenses sur les recettes peu vent occasionner. Mais, comme il arrive toujours, ce pre mier objet a été dépassé, et la faculté donnée au gouverne“ ment d'émettre des bons du trésor par ordonnance toutes" les fois que cela serait nécessaire, fit prendre à cet expédient financier de considérables proportions. Fixée à un maximum de 140 millions, par la loi de 1824, l'émission de ces bons fut portée à 200 millions en 1831, et à 250 millions l’année suivante. La loi des finances de Pexercice 1853 limite à 150 millions la valeur totale des bons du trésor. Mais elle ne comprend dans cette limite ni certains bons délivrés à la caisse d'amortissement , ni les bons déposés en garantie à la Banque de France et aux comptoirs d’escompte, ni les bons qu'il serait nécessaire de créer pour l'exécution du dé: cret du {4 mars 1852 concernant la conversion des rentes.

Après la révolution de Février les bons du trésor men taient à une somme de 274,533,900 fr., lorsque, le 16 mars 1848, le gouvernement provisoire s’avisa d'en proroger l'échéance à six mois au delà de leur date,

La limite d'émission des bons du trésor en circulation a été élevée à 350 millions de 1854 à 1858 ; à cette dernière date ils atteignaient 345 millions. La limite d'émission n'était plus que de 250 dans le budget de 186%.

Ces obligations font partie de la dette flottante. L’escompte en est fait soit par la Banque, soit par la caisse des dépôts et consignations. On les négocie aussi à la Bourse, où ils sont très-recherchés. Ces bons offrent, du reste, de très-grands rapports avec les bons anglais de l’Échiquier, à l’imitalion desquels ils ont été créés. -i

BON SENS. Voyez Sens (Bon). |

BONS-FIEUX ou BONS-FILS, anciens frères pénitents du tiers ordre de Saint-François, dont l’origine remontait à l'année 1615. A cette époque, cinq artisans fort pieux de la petite ville d’Armentières, en Flandre, n'ayant pu être reçus chez les capucins, formèrent une petite communauté, qui subsista ainsi jusqu’à 1626; ayant pris alors la règle du tiers ordre de Saint-François, ils se soumirent au provincial des récollets de la province de Saint-André et au directeur du tiers ordre du couvent d’Arras, puis, en 1670, aux évêques des lieux où leurs maisons étaient situées. Elles étaient gouvernées par un supérieur, un vicaire et trois conseïllers. Les bons-fieux, dit le père Hélyot, ne portaient point de linge et couchaïent tout habillés sur des paillasses.

BONS-HIOMMES, religieux établis l'an 1259 en Angleterre, par le prince Edmond; ils professaient la règle de Saint-Augustin, et portaient un costume bleu. On donna en France ce nom aux minimes, à cause du nom de bon homme, que Louis XI avait coutume de donner à saint Francois de Paule, leur fondateur, Les six premiers qu’il envoya à Paris furent adressés à Jean Quentin, pénitencier de cette ville, qui refusa de les recevoir, et les traita durement. Quelque temps après, le pénitencier revint de ses préventions contre ces moines , les admit dans sa maison, et les y garda jusqu’en 1493, époque où Jean Morhier, seigneur de Villiers, leur fit don d'une vieille tour près de Nigeon. Anne de Bretagne, plus libérale, leur céda son manoir, situé sur les penchants du coteau de Nigeon et de Chaillot, à l’extremité du village de ce dernier nom, d’où ils retinrent celui de minimes de Chaillot ou Bonshommes. Elle joignit à cette donation un hôtel contigu, qu’elle acheta en 1496, et qui était contena dans un enclos de sept arpents, où se trouvait une chapelle de Notre-Dame de toutes grâces. Cette chapelle servit à ces nouveaux

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