‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 3)Chapitre 272 sur 527 · BORA — BORD · texte numérisé non relu

BORA — BORD

cembre. On voit encore aujourd’hui dans l'église de Torgau son lonibeau, sur lequel est sculptée sa statue de grandeur natureile.

BORACIQUE (Acide). Voyez Bonique (Acide).

BORACITE. Les minéralogistes appellent ainsi le sous-burate de magnésie, tel qu’on le rencontre dans la nature. La boracite ou magnésie boratée est une substance vitreuse, limpide et incolore quand elle est pure, ou grisâtre et translucide et devenant même opaque par altération. Sa densité est de 2,9. Elle est fusible au chalumeau et produit des globules vitreux, qui se hérissent de petites aiguilles cristallisées par refroidissement , et deviennent blancs et opaques. Insoluble dans l’eau, la boracite est soluble dans l'acide nitrique, et donne un précipité blanc -par la soude ou l’ammoniaque. La boracite ne s’est encore offerte dans la nature qu’en petits cristaux disséminés dans le gypse ou l’anhydrite. On la trouve au mont Kalkberg en Brunswick et au Segeberg dans le Holstein, L'analyse a donné à Stromeyer pour sa composition 67 parties-d’acide borique et 33 de magnésie.

BORATE, sel produit par la combinaison de l'acide borique avec les bases. La composition des borates est telle que l'oxygène de la base est à l'oxygène de l'acide comme 1 est à 3 dans les sels neutres, et comme 1 est à 4 dans les sels acides. Les borates de soude et de polasse sont très-solubles dans l’eau ; mais le borate de mercure, sel sédatif d'ercuriel, qu'on a essayé d'employer contre les affections vénériennes, et qui a éle abandonné, l’est peu.

Les sous-borales sont en général peu solubles dans l’eau ; mais tous les acides forts les décomposent à la température de l’ébullition, s'emparent de la base, et mettent l’acide borique à nu. A la température rouge les sous-borates ne sont décomposés que par les acides fixes, tels que l'acide phosphorique. Aucun des sous-borates n’est employé, à l'exception du sous-borate de soude ou bor ax.

BORAX (de l’arabe baurach ), substance saline, formée d’acide borique et de soude, et que l’on désigne encore par les noms de finkal, chrysocolle, sel de Perse, sel alcali minéral, soude boratée, borate de soude avec excès de base, sous-borate de soude, ete. Ce sel, qui existé en dissolution dans les eaux de certaines sources et de quelques lacs, et que l’on rencontre aussi en gros blocs, soit dans le fond, soit sur les bords de ces mêmes lacs, se trouve au Pérou, en Transylvanie, en Saxe, en Perse, dans la Tartarie, en Chine, à Ceylan, et particulièrement dans l'Inde. Le commerce nous l'offre sous trois états : 1° à l’état brut (c’est celui qui nous vient de l’Inde ou du Thibet); 2° à l’état de borax demi-raffiné (c’est celui que les Chinois nous expédient) ; 3° enfin à l'état de borax purifié ( ce dernier est fourni par les manufactures de France, de Hollande, d'Angleterre, d'Allemagne, etc. ).

Le borax brut est en cristaux tantôt pelits et {rès-nets, tantôt très-gros et arrondis sur leurs angles et leurs arûtes : dans l’un et l’autre cas, mais surtout dans le premier, ils sont recouverts ou même agglutinés par une matière de nafure savonneuse, que l’on s'accorde généralement à considérer comme le produit de la combinaison de la soude en excès avec le beurre ou la graisse dont on enduit les cristaux pour les empêcher de s’effleurir.

Pour purifier le borax , pour détruire cette matière grasse qui le colore et le salit, on le place dans un grand creuset ou dans un four, puis on le soumet pendant quelque temps à une chaleur rouge : par ce traitement on le transforme en une masse vitreuse, que l'on fait dissoudre dans l’eau bouillante. La solution est filtrée, évaporée et abandonnée à elle-même pour que R sel puisse cristalhiser par le refroidissement. Toutefois, ce raflinage du borax brut n’est pas aujourd’hui le seul moyen d'obtenir le sous-borate de soude purifié : en effet, il existe en Toscane des lacs dont l’eau tient en solution de l'acide borique en proportion assez

consklérable pour qu'on puisse l’en retirer avec avantage, et cet acide sert à. fabriquer chez nous le borax de toutes pièces. Cette fabrication, qui nous exempte d’un tribut que nous payions à l'étranger, est d’une très-grande simplicité . il s'agit seulement de saturer l'acide par un excès de souscarbonate de soude, à l’aide d'une quantité d'au déter minée et du calorique , puis de faire évaporer et cristalliser convenablement.

Le borax ainsi obtenu est demi-transparent ; sa forme est celle d’un prisme hexaèdre comprimé et terminé par des pyramides trièdres ; il est inodore et d’une saveur styptique et alcaline. Chauffé, il fond dans son eau de cristallisation ; puis il se boursoufle, et finit par se dessécher ; à une température plus élevée, il éprouve la fusion ignée, et prend l'apparence d’un verre blanc, transparent, qui, coulé sur une table de marbre, s’y solidifie, et constitue le produit particulier connu sous le nom de borax vitrifié. I s'etfleurit légèrement à l'air ; il se dissout dans six cents parties d’eau froide, et dans deux cents seulement d’eau bouillante. Mis en contact avec le sirop de violette, il en fait passer le couleur au vert.

Ce sel, qui jouit de la propriété de se colorer diversement lorsqu'on le fond avec certains oxydes, est employé dans leur analyse et pour leur réduction; il est surtout mis en usage pour souder les métaux, dont ÿ facilite besvcaup Ja lusion (voyez Soupure ). On s’en sert aussi pour fabriquer les différents borates dans les laboratoires de chimie, €‘ pour appliquer l'or et les couleurs dans la peinture sur porcelaine, Enfin, en médecine, on Pa prescrit autrefois comme réfrigérant ou calmant ; et maintenant on l’emploie avec un grand succès contre quelques affections cutanées chroniques. Ê P.-L. COTTEREAU.

BORBORITES ou BORBORIENS, secte de gnostiques, dont le nom vient du grec B6p6opos, boue, ordure , à cause des sales extravagances de leurs cérémonies. Ils niaient la réalité du jugement dernier. On trouve des détails sur cette secte dans Philastrus, saint Épiphane , saint Augustin et Baronius.

BORBORYGME (du grec Bop6opuyués, bruit sourd ). C’est une espèce d’onomatopée , par laquelle on indique en médecine le bruit que font l’air et les gaz contenus dans l'abdomen et les intestins; ce qui a lieu quelquefois chez les personnes en bon état desanté, mais arrive plus fréquemment néanmoins et plus habituellement chez les individus malades. Les borborygmes sont en général le symptôme ordinaire des indigestions, des coliques , des affections hypochondriaques et hystériques, et annoncent souvent de l'embarras dans le conduit intestinal ; ils dépendent des mêmes causes et demandent les mêmes remèdes, particulièrement les carminatifs.

BORCETTE,. Voyez Burrscuern.

BORD, extrémité d'une chose, ce qui la termine. On dit le bord d’un verre, d’une assiette, d’un plat, etc.; le bord d’un ruban, d’un galon , d’une dentelle, etc. ; le bord de la mer; le bord de l’eau; le bord d’une fontaine ; le bord d’un fossé ; le bord d’un précipice. x

Ce mot se prend aussi quelquefois dans le sens poétique et figuré, comme dans ces vers de Racine :

On ne repasse point le rivage des morts, Et l'on ne voit jamais deux fois les sombres bords,

où cette expression est prise pour les rivages du Styx. On dit qu'un bomme est au bord de l’abime ou au bord du précipice, pour dire qu’il est dans un danger imminent, qu’il est près de sa ruine ou de sa perte, et d’un homme qu’il est sur Le bord de su fosse, pour dire qu’il est parvenu à l’âge qui est le terme ordinaire de la vie humaine. On appelle un rouge bord un verre plein de vin jusqu’au bord. Edme HéReau.

BORD (HMurine). C'est un de ces mots qui ont perdu

leur signification primitive en faveur de leur signification figurée. Je ne crois pas qu’il existe plus d’une douzaine de cas en marine où l’on emploie le mot bord pour exprimer le bord du bâtiment, c’est-à-dire pour signifier la partie qui fermine extérieurement à la surface du pont la coque du navire, On dit cependant en parlant de deux bâtiments qui se Longent, qu’ils sont bord à bord; on dit aussi passer sur le bord, pour passer sur le côté du navire; mais dans ces cas-là, et dans quelques autres , le mot bord a conservé à peine son acception propre.

La signification la plus générale conservée à ce mot est celle qui a rapport au bâliment considéré comme le domicile des marins. Le bord, dans le langage maritime, signifie le navire : se rendre à bord, quitter le bord, rester à bord, sont des expressions consacrées par le long usage qui a donné à ces mots la seule acception sous laquelle ils soient à peu près employés maintenant.

Courir un bord, c’est courir une bordée, c’est-à-dire naviguer sous la même allure dans une direction donnée. Virer de bord, c’est changer d’amarres, quitter la direction que l’on a prise, pour en prendre une autre , en recevant le vent du côté opposé à celui d’où il venait. Faire passer sur le bord, c’est ordonner à deux ou à quatre hommes, selon le grade de l'officier qui arrive, de se placer sur le côté du navire pour recevoir et aider à monter l'efficier à qui l’on doit rendre des honneurs. ,

Le mot plat-bord est réellement celui qui a remplacé le mot bord pris dans sa signification primitive. On nomme plat-bord le cordon supérieur qui se place à plat sur le bord du bâtiment, et qui lie entre elles toutes les têtes des allonges de la membrure venant aboutir au raz du pont.

Un vaisseau de Laut bord est un vaisseau de ligne. Mais on ne dit pas par opposition un vaisseau de bas-bord pour

* désigner un navire dont le bord est peu élevé sur l’eau. Quoique les grandes frégates et les petits vaisseaux aient le bord haut, on ne lés comprend pas dans le nombre des vaisseaux de kaut bord. Celte dernière expression est du reste aujourd’hui peu usitée. Sous l’Empire, on voulut, en divisant la marine en deux classes, affecter la dénomination d’équipages de haut bord aux équipages des vaisseaux, frégates et corvettes, et celui d’équipages de flottille aux équipages des petits bâtiments. Mais cette désignation n’a pas prévalu. Édouard CoRBièRE,

BORDA (Jean-Cnauces), physicien illustre, l’un des auteurs du système métrique, et à qui appartient la gloire d’avoir fait de l’art nautique un art nouveau, en substituant une théorie éclairée à l’aveugle routine qui jusque alors avait seule guidé les marins français, était né à Dax, dans les Landes, le 4 mai 1733. Ce qui distingue ses travaux, c’est l’heureuse alliance de la théorie qui devine et de l’expérience qui vérifie, c'est le soin constant d'employer les sciences à des applications utiles à la société. Cette méthode, qui l’a conduit aux plus belles découvertes, était une conséquence de la justesse de son esprit; aussi ses premiers essais furent-ils empreints de ce caractère, La résistance des fluides avait donné lieu à divers travaux mathématiques; Borda, ayant consulté l'expérience, démontra que la théorie admise pour le choc des fluides était complétement fausse. Il porta également son attention sur les lois qui règlent l'écoulement des fluides par un orifice, lois essentielles à connaître pour la construction des moteurs hydrauliques, et perfectionna beaucoup cette branche des arts mécaniques,

Dans ces travaux , il s'était appuyé sur l'expérience; ce fut, au contraire, la connaissance des conditions mathématiques de la bonne construction des pompes qui le conduisit à réformer celle des vaisseaux.

Un voyage entrepris par ordre du gouvernement, et en qualité de commissaire de l’Académie des Sciences pour l’examen des montres marines et des diverses méthodes qui servent à déterminer la longitude et la latitude en mer, lui

Page 1