‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 3)Chapitre 273 sur 527 · BORD — BORDA · texte numérisé non relu

BORD — BORDA

fournit une nouvelle occasion d’être utile. Il apprit au marins à se servir des instruments à réflexion pour le relè vement astronomique des côtes, et c'est à celte méthode, dont il donna lui-même un magnifique exemple dans Je Carte des îles Canaries et de la côle d'Afrique, qu sont dues les belles cartes hydrographiques exécutées depuis le commencement de ce siècle. : \

Mais le plus beau présent que Borda aït faif à la navigation est celui du cercle de réflexion, qui, en permettant aux marins l'observation précise des longitudes, donnait à la direction des vaisseaux une certitude toute nouvelle. Les observations terrestres ne gagnèrent pas moins à l'invention. de cet instrument que les observations nautiques, et le cercle répétileur, adopté par tous les astronomes, à reçu de leur reconnaissance le nom de cercle de Borda.

On doit encore à Borda et l'invention de la boussole propre à mesurer l'inclinaison du courant magnétique et la première méthode exacte pour apprécier l'intensité magnétique de la terre, méthode qu'a suivie Humboldt dans tous ses voyages. On lui doit également l’ingénieuse méthode des doubles pesées, au moyen de laquelle on peut peser juste avec une balance fausse (voyez BALANCE, t. II, p. 404 }e

Mais c’est surtout lorsqu’il fut, au commencement de la révolution, chargé avec Méchain et Delambre, de la mesure de l'arc du méridien terrestre de Dunkerque aux Baléares que se déploya toute la puissance de son génie, toute. la richesse de son imagination. Cette opération, d'où devait sortir le nouveau système des poids et mesures, exigeait la plus scrupuleuse précision. I] fallait mesurer la longueur du pendule : Borda y parvint par un procédé très-simple. I fallait pour mesurer les bases trigonométriques des règles d’une forme commode, d’une nature inaltérable et d’une dilatation connue : Borda fit construire des règles de platine, dont les moindres dilatations furent appréciées au moyen d’un thermomètre métallique de son invention, plus sûr, plus étendu que les thermomètres ordinaires.

On le voit, toutes les recherches scientifiques de Borda étaient dirigées vers les applications. Le savoir à ses yeux n'avait de mérite que lorsqu'il servait les besoins de la société. Aussi s’occupa-t-il très-peu de mathématiques pures. Une seule fois il le fit, et en maître, pour défendre la gloire de Lagrange, dont la théorie des isopérimètres était Pobjet d’injustes attaques. 1

Tant de travaux avaient marqué sa place à l'Institut, lors de sa création. Déjà, en 1756, un mémoire sur la Théorie des Projectiles, en ayant égard à la résistance de l'air, mémoire accompagné de tables qui faisaient presque de la balistique une science nouvelle, l'avait fait admettre parmi les associés de l’Académie des Sciences. cs

L'histoire de Borda n’est pas, comme celle de la plupart des savants, toute dans ses ouvrages. Destiné par sa famille au barreau, il avait préféré entrer dans le corps savant du génie militaire, et il fit en 1757 la campagne de Hanovre. Employé ensuite comme ingénieur dans divers ports de mer, son mérite éminent le fit distinguer par le ministre de la marine, qui l'appela dans ce corps en 1767, malgré l'opposition jalouse des officiers. En 1777 et 1778, pendant la campagne du comte d'Estaing en Amérique, il remplit les fonctions difficiles de chef d'état-major de l’escadre, avec une sagesse et une habileté qui furent admirées de tous. Ayant remarqué combien l’inégale construction des bâtiments nuisait à la régularité des manœuvres, ilfit adopter, à son retour de cette campagne, l’idee de donner à tous les bâtiments au même rang une même forme, idée que les Anglais, bon juges en cette matière, s'empressèrent d'appliquer à leur marine. En 1782 il commandait le vaisseau Le Solitaire, de soixante-quatre canons. Après avoir porté des troupes à la Martinique, il dut établir avec quelques frégates une croisière dans les mers des Anbiles, Mais un brouillard ayant fait tomber sa petile escadre au milieu de huit

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