‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 3)Chapitre 275 sur 527 · BORDEAUX · texte numérisé non relu

BORDEAUX

rangs de loges. C’est dans toutes ses parties un théâtre mo: dèle; aucune salle de la capitale n’en peut donner une idée. Bordeaux possède en outre un joli théâtre des Va-l rictés, brûlé en 1855; le Gymnase, le théâtre Louit,etc.

Indépendamment des quinconces, cette ville a de fort belles promenades; entre autres, le cours de Tourny, les allées de Tourny, où l’on voyait avant 1870 une statue équestre de Napoléon III; le jardin publie, qui a été en 1858 transformé en parc anglais; et les places de la Bourse, \ de la Comédie, Richelieu et Dauphine. ]

Les monuments romains sont ici fort rares : sauf le pré- 4 tendu palais de l’empereur Gallien, qui n’est qu’un amphi-" théâtre bâti au temps de la décadence, et dont il ne reste que quelques pans de muraille et deux arcades, l’ancien Burdigala n'offre plus de traces du peuple-roi. Les débris du vaste amphithéâtre du quartier Saint-Seurin ont totalement disparu ; quelques amateurs y ont fait des fouilles, qui wont… pas été sans résultat; on y a trouvé à peu de profondeur des patères, quelques vases antiques, des débris d’orne-. ments d’architecture. En somme, Bordeaux, dans ses quartiers neufs, est une des villes les plus belles de l’Europe. Outre les édifices et les constructions modernes que nous avons cités, on y remarque un magnifique pont, sur la Garonne; il a dix-sept arches et 486 mètres dé long, et fut bâti de 1810 à 1821 : c’est le plus beau monument de ce genre que possède la France; puis la Bourse, la Douane, la préfecture, bâtie en 1775, l’ancien archevéché, et l'arc de triomphe de la porte de Bourgogne. Parmi ses anciens édifices , on visite l’église de Sainte-Croix, restaurée sous Charlemagne; la cathédrale de Saint-André, commencée au onzième siècle ; et l’église Saint-Michel, qui date du douzième, et dont le caveau du beffroi possède la propriété de conser-. ver les corps : aussi y en voit-on une quantité considérable, . parfaitement momifiés et symétriquement rangés autour des murs de ce souterrain que les Bordelais appellent leurs catacombes.

Bordeaux n’était dans l’origine qu’une bourgade, appelée Biturigum Viviscorum. Son accroissement fut rapide; élle dut cet avantage à son heureuse situation topographique. Fondée par une colonie de Bituriges, venus de cette partie de la Gaule appelée depuis le Berry, elle se livrait déjà à un commerce très-considérable, quand les Romains s’en emparèrent ; ils Ini donnèrent lenom de Zurdigala, que dom Vinet croit être un mot celtique. Une ancienne inscription du chàteau Trompette portait Augus{o sacrum in genio civilatis Biturigum Viviscorum. Cette inscription explique l'origine de cette ville; mais quant à l’étymologie de son nom, sur laquelle les annalistes ont beaucoup varié, l'opinion de Favin, qui, dans son #istoire de Navarre, Ja fait venir du burgum aquarum, bourg d'eau, est la plus naturelle et la plus simple. Devenus maîtres de cette ville, les Romains lui accordèrent les plus larges immunités, et la constituèrent ville libre et indépendante.

Dès l'établissement du christianisme dans les Gaules, elle disputa à Bourges la primatie de l’Aquitaine ; mais, après une nouvelle division des Gaules par les Romains, elle fut proclamée capitale de la Novempopulanie. Bâtie entre des marais et la rive gauche de la Garonne, elle s'assainit en s'agrandissant. Bientôt elle occupe un rang distingué dans notre histoire ancienne ‘et moderne. L'administration locale y rési= dait essentiellement dans les mains des magistrats, qui, sous diverses dénominations, exerçaient le pouvoir muni= cipal. Cette magistrature était à Bordeaux , comme presque partout, élective, temporaire et collective. Ces riehes et fers, tiles contrées avaient passé successivement des Romainsaux | Goths, qui signalèrent leur domination par d'affreux ravages, et des Goths aux Français, qui en furent expulsés par Tes Sarrasins dans le huitième siècle ; elles subirent ensuite l'oc cupation non moins désastreuse des Normands, Réupies sous des ducs indépendants ou feudataires de la couronne

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