‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 3)Chapitre 281 sur 527 · BORDEU — BORDONE · texte numérisé non relu

BORDEU — BORDONE

ver une idée et de la comprendre, si inadmissible ou paradoxale qu’elle soit. :

Ses ouvrages, sa nombreuse clientelle, ses querelles et ses combats, ses courses et ces voyages sans fin, et peutêtre aussi un célibat peu fait pour un homme de son espèce, fant d’agitations et tant de labeurs, affaiblirent les forces de Bordeu, et sans doute abrégèrent ses jours.

De bonne heure, on le vit mettre ordre à ses affaires et réaliser sa fortune. Elle était bien humble pour un médecin comme lui, qui avait pratiqué dans la plus haute société, parmi les riches malades des eaux, parmi les personnages de la capitale : cet homme, accusé d’avoir soustrait des bijoux, des diamants, d’avoir vidé des écrins, réunit pour tout trésor la modique somme .de 80,000 francs, qu’il déposa à la banque du célèbre M. de La Borde. Ce n’était pas la cinquantième partie des somptueuses économies de Boerhaave, qu’il ne faut pourtant pas juger supérieur à Bordeu proportionnellement à ses richesses. Peu de temps après, Bordeu éprouva des attaques de goutte irrégulière, quelques coups de sang. Il essaya d’un voyage aux eaux des Pyrénées, le seul qu'il eût fait pour sa propre santé. Les eaux aggravèrent ses maux , et cela devait être : jamais les eaux sulfureuses ne doivent ètre employées contre la goutte ni contre l’apoplexie, dont elles réalisent trop souvent les menaces, on dont elles réitèrent et aggravent les attaques. Il revint donc plus souffrant, plus faible, plus attristé et plus soucieux de son isolement, etsentant plus vivement que jamais combien les douces joies de la famille sont préférables aux débats de l’amour-propre, au retentissement d’un nom, aux futiles joies de la renommée. Une dernière attaque d’apoplexie le surprit pendant le sommeil, le 23 novembre 1776. Bordeu avait vécu cinquante-quatre .ans. C’est vingt-trois années de plus que Bichat, dont il fut l'utile précurseur, mais seize ans de moins que Boerhaave, dont il abrogea l'empire. A la nouvelle de sa mort, Bouvart couronna ses calomnies par ce propos infâme : « Je n'aurais pas cru qu'il fût mort horizontalement. » D" Isidore Bourpon.

BORDEIER. En France, on désignait ainsi au moyen âge le métayer d’une borde ou borderie, petite ferme ou maison rustique soumise à de certaines redevances. Dans le midi on emploie encore ce nom pour désigner les fermiers et métayers.

BORDOGNI (Juzes-Marc), chanteur, né le 23 janvier 1791, près de Bergame, est mort le 31 juillet 1856, à Paris, Après avoir joué les rôles de ténor sur les théâtres d'Italie ainsi qu'à l'Opéra italien de Paris et à celui de Madrid, ilaccepla une chaire de chant au Conservatoire de muvique eb forma les plus brillantes actrices de la scène molerne, entre autres MM" Damoreau, l'alcon, Sontag et Cruvelli, I n'avait pas un grand volume de voix, mais sa méthode était irréprochable et son goût parfait. On lui doit quelques études de vocalises. ‘

BORDONE (Panis), peintre célèbre de l'Ecole vénitienne, né à Trévise, vers 1500, mort à Venise, le 19 janvier 1570, quitta l'étude des sçiences pour suivre l'école du Titien ; mais il fut surtout imitateur du Giorgione. Son talent se développa rapidement, et les nombreux travaux dont le chargèrent Venise et sa ville natale, en répandant son nom au delà de lItalie, lui valurent d'être appelé en France, les uns disent par François 1°", d’autres par François LI. Quelques-uns prétendent même qu'il resta quelques années à la cour de Charles IX avant de retourner en Italie, et qu’il y fit beaucoup de portraits, travaillant pour le duc de Guise et le cardinal de Lorraine.

Les tableaux de Bordone sont remarquables par la délicas tesse et l'harmonie d’un coloris tirant en général sur le rose; aussi estime-t-on principalement ses portraits de femmes, Dans notre collection du Louvre, nous n'avons de ce peintre qu'un portrait et un petit tableau représentant Vertumne et Pomone. L'Italie, plus riche que nous en productions de cet

BORDONE artiste, possède un Saint André courbé sous la croix el couronné par un ange , tableau peint pour l’église de Saint- Job, et l’Anneau du Pécheur, chefd'œuvre du maitre.

Bordone eut un fils qui suivit la même carrière que lui, Mais sans succès.

BORDURE, Ce mot , dans son acception la plus usitée, est synonyme de cadre, et désigne le châssis, ordinairement en bois , dans lequel on place un tableau, un dessin ou une estampe. Les tableanx furent faits d’abord pour orner les autels dans les églises, puis pour décorer les parois d'une chambre dans un palais ou dans un appartement. La dimeusion du tableau était dans ce cas donnée par l’architecte qui disposait les panneaux de sa boiserie de manière à y introduire le tableau, et une bordure analogue à la décoration de l’autel ou de l’appartement venait recouvrir et cacher la jonction de la peinture à la menuiserie. Lorsqu’ensuite on voulut transporter les tableaux dans d’autres endroits que ceux pour lesquels ils avaient été faits primitivemént, on sentit qu'ils avaient besoin d’une bordure, et souvent alors, au lieu de la faire chantournée, on lui donna une forme plus simple et plus raisonnable. Cependant la mode, qui, pour varier sans cesse, gâte si souvent ce qu'elle affecte, la mode apporta des changements fréquents dans les bordures, qui ont été tantôt surchargées d’ornements sculptés ou entièrement lisses, ou bien offrant de grandes lignes, comme les corniches, avec quelques ornements plus ou moins légers, et dont la grâce dépendait du talent de l'artiste qui l’ordonnait, ou plutôt encore du goût plus ou moins pur qui régnait à l'instant où le tableau était emborduré. Presque toujours les bordures sont dorées :. cependant, vers 1680, en Hollande, elles ont été faites en bois d’ébène ou en bois noirei; un siècle plus tard, à Paris, on eut l'habitude de mettre les estampes dans des bordures moitié dorées, moitié noircies; maintenant les aquarelles sont souvent placées dans des bordures d'ébénisterie , en bois de couleurs variées.

Aucun principe reconnu, aucune règle positive, ne détermine les proportions d’une bordure : cependant on doit avoir l'attention de la faire suivant la grandeur, et nous dirons même le mérite du tableau. Ainsi, la bordure d’un tableau de moins de 30 centimètres doit avoir au plus 5 centimètres ; on peut en donner 10 à la bordure d’un tableau de 1,25; et celle des tableaux de la plus grande dimension ne doit pas passer 40 à 59 centimètres. Ce serait encore une faute que de fäire pour la bordure une dépense plus forte -que la valeur du tableau lui-même.

Les anciens avaient aussi des bordures à leurs tableaux ; mais elles étaient peintes et analogues au sujet de la composition. Ainsi, des pampres entouraient les sujets bachiques, des fleurs ou des coquillages faisaient la bordure des compositions où se trouvaient des nymphes ou des naïades. Cet usage s’est conservé parmi nous pour les tapisseries.

Les tapis de pied ont aussi des bordures, qui ordinairement sont de couleurs plus foncées que celles du tapis luimême. Dans les appartements tendus en soie, ou couverts en papier, la bordure doit rappeler la couleur du meuble, avoir un ton assez intense pour trancher sur le fond de la tenture ou du papier, et la mode seule en règle la dimension. Ainsi la mode a cru devoir en augmenter la largeur insensiblement pendant plusieurs années, puis un jour on les a faites, au contraire, très-étroites. DüUCnEsNE aîné,

BORDURE (Jardinage ). On donne ce nom aux plantes qui entourent les plates-bandes d’un jardin : autrefois, on les faisait presque toujours en buis; maintenant on en fait en gazon, OU bien avec du thym, de la marjolaine, de la sauge, de la lavan le, etc. La saxifrage ombreuse fait aussi une bordure agréable et très-élégante lorsqu’elle est en fleurs.

Dans les forêts, on donne le nom de bordure à la partie du bois que dans les taillis on a soin de ne pas abattre, afin de laisser un peu d’ombrage sur les routes.

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