‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 3)Chapitre 282 sur 527 · BORÉE · texte numérisé non relu

BORÉE

BORDURE (Blason). C’est la ceinture qui entoure l'écu , laquelle est toujours d’une couleur différente et ne doit jamais être de plus d’un sixième de l’écu. La bordure était, dans les familles nobles, la marque distinctivé adoptée par les puinés ; elle variait ensuite, non de couleur, mais de forme, et devenait endentée, engrelée, cantonnée, etc., lorsque les branches se multipliaient.

BORE,, corps simple et non métallique, solide, pulvérulent et très-friable, insipide et inodore, d’un brun verdâtre, insoluble dans l’eau comme dans l’alcool, et qu'on ne rencontre dans la nature qu’à l’état de combinaison, comme radical de l'acide borique, dans lequel il se transforme quand on le chauffe avec de l'oxygène ou de l'air atmosphérique, et d’où on l’extrait en décomposant cet acide par le potassium, qui s'empare de l’oxygène et met le bore à nu. Sa découverte, qui date de 1809, est due à MM. Gay-Lussac et Thénard , qui obtinrent cette substance dans leurs recherches pour connaître l’action de la pile voltaique sur différents Corps.

BOREAL (de Borée). Cet adjectif s'emploie pour tout ce qui a rapport au Nord ou Septentrion, surtout quant à Ja situation uranographique. Ainsi on dit l'hémisphère boréal; les constellations boréales, par opposition à l’hémisphère austral, aux constellations australes. Nous avons donné un arficle particulier aux aurores boréales.

BOREASMES, fêtes célébrées, en un temple au bord de PIlissus, par les Athéniens en l’honneur de Borée, qui avait renversé de son souffle les machines d’Agis, roi de Sparte, lorsqu'il assiégeait Athènes. On nommaïit boréastes ceux qui présidaient à ces fêtes; on y donnait des repas. somptueux, où régnait la gaieté, et l’on y priait Borée de purifier l'air par son souflle.

Les häbitants de Thurium avaient aussi des boréasmes, en mémoire du service que le dieu leur avait rendu en dispersant et en détruisant par une tempête une partie de la flotte de Denys le Tyran; ils lui avaient même accordé le droit de bourgeoisie. Les Athéniens le fêtaient encore pour leur avoir rendu un service semblable en dispersant la flotte des Perses, au pied du mont Athos. Cette divinité avait enfin un autel à Mégalopolis d’Arcadie, dont les habitants Jui étaient redevables d’un pareil bienfait.

BOREE (du grec Bopés , Le dévorateur ), nom que les Grecs et les Romains , leurs imitateurs, donnaient au vent du Nord. Les Hébreux l’appelaient ésaphon, le caché, le ténébreux. Les Grecs firent ce vent fils d’Astréus et de Aurore, ce qui eût mieux convenu au vent d'est. Ils Jui donnèrent pour séjour la Thrace, dont le ciel à la vérité est généralement doux et pur, mais qui est situé au nord par rapport à la Grèce. Ce dieu aux ailes bruyantes, au souffle violent, n’avait pas des passions moins impétueuses ; il ne soupirait point comme les autres dieux après les belles, il les enlevait soudain : il fondit des extrémités de son empire sur Orithyie, fille d’Érechthée, roi d'Athènes, et la transporta à travers les airs sur la cime du Pangée; il en eut cinq enfants, dont l’un fut une fille et s’appela Chioné, la Neige. I enleva Chloris, fille d’Arcturus (le fleuve Phasis), et la déposa sur le triste sommet du Caucase, qu'on nomma depuis le Zi de Borée, par allusion à la couche de frimas qu’il lui avait préparée, pompe nuptiale digne d’un tel dieu. De son souffle jaloux il jeta et mit en pièces sur des roches l’infortunée Pitys, qui fuyait sa violence. Dans ses caprices bizarres, il féconda les cavales d'Érichthonius, dont naquirent douze poulains, qui couraient sur la tête des épis sans les courber, et sur l'écume des flots sans se mouiller les pieds.

La Tour des Vents à Athènes nous a conservé l’iconographie de ce dieu : il y est représenté sous la forme d’ua jeune homme, dés ailes au dos , des sandales aux picds. et la tête abritée d’une draperie flottante. On ne doit pas s'étonner que Borée, le vent du Nord, ait cu chez les an-

ciens un culte exclusif, puisque les premiers hommes n’ont pas tardé à ressentir et à reconnaitre ses bienfaits : en effet, n'est-ce pas lui qui met en fuite les vents du midi, dont les vapeurs amènent les maladies et les contagions ? n'est-ce pas lui qui rassérénère le ciel et purifie la terre? DENNE-BARON.

BORELLI (JEan-Arrnonse), savant mathématicien et professeur de sciences médicales plutôt que médecin praticien, était né à Naples, le 28 janvier 1608. Il professa longtemps les mathématiques à Florence et à Pise. Il se rendit ensuite à Messine, au moment où cette ville essayait de secouer la domination de l'Espagne, et il prit à l’insurrection une part très-active. Cette tentative ayant échoué, Boreli courut de grands dangers. Cependant il parvint à prendre la fuite et à se retirer à Rome, où il trouva un asile dans la maison des clercs réguliers de Saint-Pantaléon. Il y vécut avec ces religieux, comme s’il eût appartenu à teur institut, enseignant les mathématiques aux plus jeunes, et secouru dans sa pauvreté par les largesses de la célèbre Christine, reine de Suède, qui l’affectionnait. C’est là qu’il mourut, le 31 décembre 1679.

Ce savant a mérité que son nom marquât dans l’histoire du progrès des sciences, comme l’un des chefs d'école dont les efforts constants tendirent à l'application des mathématiques à la médecine. C’est à lui qu’on doit la restitution de trois des quatre derniers livres d’Apollonius de Perge, qu’il parvint à déchiffrer avec l’aide d'Abraham Echellensis, d’après une paraphrase de quelques ancienmes traductions de l’arabe. A peu près à la même époque, il se livrait à des recherches sur les travaux d’Euclide. Il -s'occupa aussi d'astronomie, et il tàcha d'établir la Lhéorie des mouvements des satellites de Jupiter. On remarque dans les principes sur lesquels il s'appuie, un pressentiment des lois de l'attraction. Mais son œuvre capitale, celle qui fait le plus d'honneur à sa science, et qui a été souvent réimprimée, c’est son livre intitulé : De Motu Animalium, opus posthumum (pars prima, Rome, 1680; pars secunda, 1681). La renommée de Borelli n’est guère fondée que sur la première partie de cet ouvrage, parce qu'il ya restreint l’application du calcul à ceux des mouvements de l’économie animale qui en sont, jusqu’à un certain point, susceptibles, c’est-à-dire aux mouvements musculaires, qui se prêtent aux règles de la mécanique. Des savants ont signalé cette première partie de l’œuvre de Borelli comme ce qui a été fait de mieux sur la matière. On a joint à l'édition de Leyde, en 1711, des méditations mathématiques de Jean Bernoulli sur le mouvement des muscles.

Voici comment, dans ses Æntreliens mélaphysiques, Malebranche s'exprime sur l’œuvre capitale de Borelli : « J’ai lu depuis peu un livre du Mouvement des Animaux, qui mérite qu’on l’examine. L'auteur considère avec soin le jeu de la machine nécessaire pour changer de place; il explique exactement la force des muscles et les raisons de leur siluation, tout cela par les principes de la géométrie et des mécaniques. Mais quoiqu'il ne s'arrête guère qu’à ce qui est le plus facile à découvrir dans la machine de l'animal, il fait connaître tant d’art et de sagesse dans celui qui l’a formée qu'il remplit l'esprit du lecteur d'admiration et de surprise, » 1

Notre collaborateur, M. Bordas-Demoulin, dans son bel ouvrage sur le Cartésianisme, a signalé sur un autre point essentiel le génie pénétrant de Borelli. 11 s’agit de la physique céleste et de l'application des sciences du calcul aux lois du mouvement des astres, « Borelli, dit-il, prend l'idée de Descartes, de soumettre au calcul le système du monde, et le premier il la porte dans l'attraction (Theoricæ Planelarum ex causis physicis deduclæ, 1666)... Borelli montre que les planètes peuvent se maintenir et circuler dans l’espace par le seul effet d’une force qui les entraîne

BOREE — BORGHESE

vers le soleil et d’une force qui les en écarte. Nous voilà parvenus à la vraie et fondamentale notion de la mécanique céleste. Remarquons comme la matière subtile de Déscartes sert de transition. Avant lui on croyait les planètes portées par des génies ou immédiatement, ou à l’aide de cieux solides. Descartes supprime les âmes et les cieux solides, et met à la place sa matière subtile. Borelli supprime la matière subtile, et ne veut que des mouvements ou des forces... L'idée de force s’ouvre l'intelligence et le fluide s’élimine de lui-même. » AUBERT DE Viry. BORGERONS. Voyez BLouses.

BORGHÈSE (Famille). Cette famille romaine est :

originaire de Sienne, où depuis le milieu du quinzième siècle elle occupe les places les plus importantes. Le pape Paul V, qui appartenait à cette maison, et qui régna de 1605 à 1620, combla ses parents d’honneurs et de richesses, En 1607 il chargea son frère, Francesco BorcHÈse, du commandement des troupes qu’il envoya contre Venise. 11 donna à Marc-Antoine, fils de Jean-Baptiste, un autre de ses frères, la principauté de Sulmone, lui assura un revenu annuel de 200,000 écus, et lui fit obtenir le titre de grand d’Espagne. Il éleva un autre de ses neveux, Scipion CaArFARELLt, à la dignité de cardinal, et lui permit de prendre le nom de Borghèse. C’est ce dernier surtout qu'il enrichit, en lui livrant les biens confisqués de la malheureuse famille de Cenci. Ce même pontife a fait bâtir la villa Borghèse, non loin de la porte de! Popolo, à Rome.

C’est de Marc-Antoine Boncuèse, mort en 1658, que descend la famille actuelle. Son fils, Jean-Baptiste, épousa Olimpia Arvosranpint, une des plus riches héritières de l'Italie, qui le rendit possesseur de la principauté de Bassano, — Marc-Antoine II, fils du précédent, mort en 1729, acquit de grandes richesses , en prenant sa femme dans la famille de Spinola; son fils, Camille - Antoine- François- Ballhasar, devint son héritier, s’allia, par un mariage, avec la maison Colonna, et mourut en 1763. Le fils aîné de celui-ci, Marc-Antoine LIT, né en 1730, devint, en 1798, sénateur de la république romaine, et mourut en 1800. Par lui se termina, en 1769, un procès séculaire existant entre sa famille et les Pamiili, au sujet de la succession Aldobrandini.

[BORGHÈSE (CamiLLe-Puicipre-Louis), né à Rome, le 19 juillet 1775, fils du prince Marc-Antoine III, adopta dans sa jeunesse, avec toute la fougue italienne, les principes qui présidèrent à la première révolution française, A l’arrivée de Napoléon Bonaparte en Italie, il prit place sous les drapeaux du jeune général, que cet enthoæsiasme frappa, et qui traita dès ce moment avec la plus grande distinction ce rejeton d’une des plus illustres tiges romaines, En 1803 Napoléon appela Camille auprès de lui, et le 6 novembre de la même année il lui donna en mariage sa sœur Pauline, veuve du général Leclerc. En 1805 le beau-frère du nouvel empereur reçut le litre de prince et le grand cordon de la Légion d'Honneur. Il fut rapidement et successivement promu aux grades de chef d’escadron dans la garde impériale, puis de colonel. Nommé duc de Guastalla, il se distingua par son courage dans la campagne contre les Prussiens et les Russes, et c’est sur lui qu’à la même époque Napoléon jeta les yeux pour une mission aussi délicata que difficile : il s’agissait de provoquer les Polonais à Pinsurrection contre l’empereur de Russie : le succès couronna les négociations de Camille, qui promit l'indépendance à la Pologne de la part de Napoléon. On sait comment ce dernier tint parole en 1810, et comment ce peuple malheureux fut sacrifié à l'ambition autrichienne , lors du mariage de l’empereur avec Marie-Louise. Vers la fin de cette année ( 1810 ), élevé à la haute dignité de gouverneur général des départen.ents au delà des Alpes, il alla à Turin, où il ne tarda pas à conquérir l'affection des populations

confiées à ses soins. Les évènements de 1814 lui cplevèrent -

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