‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 3)Chapitre 283 sur 527 · BORGHÈSE · texte numérisé non relu

BORGHÈSE

son gouvernement, Aux termes d'une capitulation conclue avec le général commandant les forces autrichiennes , comte Pubna , il dut lui remettre toutes les places du Piémont; mais en quittant ces contrées il y laissa des souvenirs qui l'honorent.

Après l’abdication de Napoléon , il cessa toute relation avec la famille Bonaparte, et se sépara de sa femme, dont il avait à se plaindre, Lorsqu’en 1815 le roi de Sardaigne revendiqua les biens nationaux piémontais , avec lesquels le gouvernement français avait payé les huit millions qui avaient servi à l'acquisition des objets d'art de la villa Borghèse, on rendit au due la plus grande partie de ces raretés précieuses, qu'on reprit à la France. Puis, le prince vendit sa terre de Lucedio, en Savoie, et alla résider à Florence. Pendant son séjour à Rome, en 1826, le pape Léon XII le traita avec beaucoup de distinction. II mourut à Florence en 1832, inslituant pour son héritier son frère, dont il sera parlé plus loin.

BORGHÈSE ( Marte-PauciNE BONAPARTE, princesse), femme du précédent et sœur de Napoléon, naquit à Ajaccio, en 1781. A l’âge de treize ans, en 1793, elle suivit sa famille à Marseille. Peu de temps après son arrivée en France, le conventionnel Fréron la demanda en mariage, et, sans l'intervention et les réclamations formelles d’une première épouse, ce mariage aurait eu lieu. Pauline dut ensuite épouser le général Du phot, quimourut, comme on sait, à Rome, en 1797, victime d’une émeute. Quelque temps après, elle eut occasion de voir à Milan le général Leclere, qui, frappé de sa rare beauté, devint éperdûment amoureux d’elle. Il parvint, dit-on, à lui faire partager ses tendres sentiments, demanda sa main , et l’obtint. En 1801, Leclerc, alors ambassadeur en Portugal, fut chargé par Napoléon de l’expédition de Saint-Domingue, et Pauline dut s’embarquer à Brest sur le vaisseau Océan, pour suivre son époux. A bord, on rendait d’éclatants hommages à la beile voyageuse et à son charmant enfant. C'était, suivant le langage du temps, Galathée ou Vénus Anadyomène. En septembre 1802 une insurrection terrible éclata au Cap, résidence de Leclerc. Christophe, Dessalines, Clairvaux, chef des insurgés, attaquèrent la ville à la tête de dix mille hommes. Leclerc, ne craignant rien pour lui-même, mais tremblant pour les jours de son épouse qui habitait en ce moment un des quartiers les plus menacés de la ville, chargea un de ses officiers de la conduire à bord sur un vaisseau, pour la mettre à l’abri de la fureur des noirs, s’ils venaient à triompher. C’est alors que cette jeune femme prouva qu’elle avait véritablement dans les veines du sang de Napoléon : elle refusa de quitter la ville, déclarant qu’elle devait partager les dangers et même la mort de son époux. Comme quelques dames du Cap se désolaient autour d’elle, effrayées des progrès de l’insurrection : « Vous pouvez pleurer, vous, leur dit-elle, vous n'êtes pas, comme moi, sœurs de Bonaparte!» Et tant que le danger dura elle ne versa pas une larme, ne laissa pas échapper un seul mot qui trahit de la crainte. Pour la conduire sur un vaisseau, en exécution des ordres du général, il fallut employer la force, et la jeter dans un fauteuil qu’enlevèrent quatre kommes, qui la portèrent ainsi à bord. Cependant Leclerc, à la téte de quelques centaines de soldats, mit en déroute les dix mille insurgés, et l’ordre régna dans la ville, Mais la mort de ce brave général suivit de près cette victoire, et Pauline, profondément affligée de sa perte, dut retourner en France, où elle perdit, bientôt après son arrivée, son fils, unique enfant qu’elle aït jamais eu.

Bientôt la politique de Napoléon lui imposa un nouveau mariage : elle épousa en secondes noces le prince Camille Boncuèse. A cette époque, la roïideur de son caractère lui valut souvent des reproches de son frère, qui, jaloux de faire plier tout le monde devant ses volontés , trouvait ridicules et malséantes les velleités d'indépendance que Pauline se permettait peut-être trop souvent. Un jour, ayant

DICT. DE LA CONVERS. — T, Ille

manqué de respect à Marie-Louise, elle reçut l'ordre de ne plus paraître à la cour. Cette disgrâce ne l'attrista pas, et n’altéra nullement l'affection profonde qu’elle avait vouée à son frère. En 1814 elle alla à l'île d'£lbe partager l'exil de Napoléon. Après le débarquement de Cannes elle se rendit à Naples, auprès de sa sœur Caroline, puis à Rome, quelque temps avant la bataille de Waterloo. Après le grand désastre de cette journée, elle s'empressa d'envoyer, à son frère toutes ses parures de diamants, regrettant de ne pouvoir faire autre ehose pour un si grand “malheur : : la voiture qui renfermait ces diamants fut prise par les Anglais, transportée et exposée publiquement à Londres. On ignore ce qu ils sont devenus. En 1815 Pauline, séparée de son mari, vécut d'abord à Rome, 6ù elle occupa une partie du palais Borghèse, que lui avait abandonnée le prince. Après 1816 elle habita la Villa Sciarra. Sa maison, où régnait le goût des arts, était le rendez-vons du cercle le plus brillant de Rome. Elle avait autour d’elle ses deux frères Louis et Lucien, son oncle le cardinal Fesch, et Laætilia Bonaparte, sa mère. Quand elle eut reçu la nouvelle de la maladie de Napoléon, elle sollicita plusieurs fois l'autorisation d’aller le joindre à Sainte-Hélène. Elle venait de l’obtenir, lorsqu'on apprit la mort de l'empereur. Pauline mourut à Florence, le 9 juin 1825. Outre plusieurs legs et une fondation dont les revenus sont affectés à défrayer deux jeunes gens d’Ajaccio qui voudront étudier la médecine et la chirurgie, elle institua ses frères Louis et Jérôme héritiers de sa fortune, s’élevant encore à deux millions. Son buste en marbre, exécuté par Canova, est un des chefs-d'œuvre de cet artiste. A. Guy d’ACDE.]

BORGHÈSE (François ALDOBRANDINI), né à Rome, le 9 juin 1776, partagea dans sa jeunesse les sympathies de son frère Camille pour les principes de la révolution française. Entré au service comme lui, il eut aussi sa part des faveurs que Napoléon prodigua aux familles de tous les siens, Après la bataille d’Austerlitz, il devint chef d’escadron dans la garde impériale, assista aux campagnes de 1806, 1807 et 1809 contre les Prussiens, les Russes et les Autrichiens, et fut enfin mis à la tête d'un régiment de carabiniers, Napoléon lui fit épouser, le 11 avril 1809, la fille de la comtesse Alexandre de La Rochefoucault, dame d'honneur de limpératrice Joséphine, et le nomma général de brigade en 1811. Il devint premier écuyer de l’empereur en 1813, grand’eroix de l’ordre de la Réunion, el en 1814 grand’croix de l’ordre de Saint-Louis : il est mort le 29 mai 1839,

Il a laissé trois fils de son mariage : {° Marc-Antoine, prince Borghèse, né à Paris, le 23 février 1814 ; 2° Camille, prince Aldobranäini, ancien ministre de la guerre au service des États de l'Église, né le 16 novembre 1816; 3° Scipion, duc de Salviati, né à Paris, le 23 juin 1823.

BORGHÈSE (Villa). Cette maison de plaisance est située à Rome, à peu de distance de la Porta del Popolo. L'emplacement en fut acquis au commencement du dix-septième siècle par le cardinal Scipione Caffarelli Borghèse, qui y fit de grandes augmentations vers 1605. Le palais principal fut bâti aux fr aisde Paul V, sur les plans de J. Vasanzio ; ses ravissants jardins furent dessinés par Dominique Savino de Monte Pulns Ornée de fresques magnifiques, cette villa était jadis célèbre par les trésors artistiques qu’y avaient réunis ses possesseurs. Par un marché qui ne reçut qu’une moitié d'exécution, Camille Borghèse céda cette riche collection à l'empereur, moyennant une somme de huit millions, Cont partie payable en domaines nationaux situés en Piémont et revendiqués après la chute de Napoléon par le roi de Sardaigne. Louis XVJII accéda alors à une transaction en vertu de laquelle il ne nous resta que cent quatre-vingt-quinze morceaux de sculpture, qui d’ailleurs sont tous de premier ordre. On cite entre autres le Gladialeur dit de Borghèse, chef-d'œuvre du sculpteur grec Agasias d’Éphèse, découvert à Antium avec l’Apollon du Belvédère, et qui pour l'expression du mou-

vement figure au premier rang parmi les productions de la statuaire antique. L’Hermaphrodite, le Marsyas, etc., qu'il suffit de nommer pour en faire l'éloge, proviennent également de la villa Borghèse.

Le palais Borghèse , appartenant à la même famille et appelé à! Cembato, à cause de sa forme, est l’un des plus beaux qu’il y aït à Rome. Le magnifique portique de sa cour intérieure est soutenu par quatre-vingt-seize colonnes de granit. Ea collection de tableaux remplit onze salles du rezde-chaussée, et se compose pour la plus grande partie d’ouvrages des maîtres les plus célèbres. Fermé après 1848, œæ palais a été rouvert au public en 1857.

BORGHESI (Barruécemy, comte), épigraphiste célèbre , naquit le {1 juillet 1781, à Savignano (Romagne), et mourut le 10 avril 1860, à Saint-Marin. Après avoir fait d'excellentes études à Bologne, il s’adonna à la paléographie et parcourut pendant près de vingt ans les principales villes d'Italie, s'appliquant surtout à retrouver les traces épigraphiques de la domination romaine. C’est à ses patients travaux qu’on doit la restitution des fastes consulaires, sur lesquels il fit paraître dès 1820 deux importants mémoires. L'année suivante il se retira à Saint-Marin afin de se soustraire aux tracasseries de la police pontificale, et Jà, dans une solitude absolue, il continua ses recherches et entrefint avec le monde savant une vaste correspondance dont l'archéologie et la numismalique faisaient tous les frais, Après la mort de Borghesi le gouvernement français, nomma une commission pour mettre au jour les œuvres complètes de ce savant; cetie édition doit se composer de trois séries, renfermant les écrits numismatiques, les inscriptions et la correspondance. Le tome I*°, in-4°, a paru en 1863. Les Fastes consulaires doivent être imprimés à part dans le format in-folio.

Borghesi avait été élu associé étranger de l’Institut de France. . k

BORGIA (Famille des ). Originaire de Borja, ville d’Espagne, en Aragon, cette famille, dont le chef, Alfonse BorGia, élu cardinal en 1444, et pape en 1455 ( sous le nom de Calixte III), avait permis à son beau-frère, Godefroi Lenziolo ou Lenzuoli, de prendre son nom, que celui-ci transmit à son fils Alexandre VI, est célèbre en Italie par les scandales de tout genre dont elle donna le triste exemple. ;

César BorGraA, ainsi que sa sœur Lucrèce, méritent des articles particuliers, qu'on trouvera ci-après. |

Un des cousins de César, Jean Boncta, fut fait cardinal en même temps que lui, le 20 septembre 1493, dans une promotion qui eut lieu nne année après l’exaltation d’Alexandrezau:trône, pontifical.

François Borcra, prince de Squillace, dans le royaume de Naples, fils de Jean Borgia et de Françoise d Aragon, arrière-petit-fils d’un pape (Alexandre VI ), et petit-fils d’an général des jésuites ( François Borgia }, nommé viceroi du Pérou en 1614, y contribua par ses lalents à la civilisation du Nouveau-Monde, et y donna son nom, en 1618, à la ville de Borja, sur le Maränon, dans la province de Maynas, qu’il réunit à la couronne d'Espagne. Après la mort de Philippe 11, en 1621, il revint en Espagne, où il s’adonna à la culture des lettres, et mourut dans un âge avancé, le 26 septembre 1658.

BORGIA ( César ), second fils du pape Alexandré VI et de l'impudique Vanozza ( Julie Farnèse ). L'époque et le lieu de sa naissance ne peuvent être précisés : les uns le font naître à Valence en Espagne, les autres à Venise, 11 est probable pourtant que ce fut dans cette dernière ville, où sa mère se retira quand Alexandre VI, qui n'était encore que Roderic Borgia, vint à Rome. C’est donc à peu près en 1457 que Vanozza le mit au jour. Une éducation brillante développa ses dispositions naturelles. 11 avait une imagination vive, un esprit pénétrant ct délié; il y ajouta

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