BORIQUE — BORNÉO
qui ne peut être au-dessous de 50 francs (Code Pénal, art. 456). La peine s'élève à deux ans de prison lorsque l'enlèvement ou le déplacement des bornes a eu pour objet de s’approprier le bien d'autrui. Pour obtenir le repla ment des bornes, il faut intenter une action devant le ju de paix si le délit a été commis dans l’année, ou dev. les tribunaux civils si ce délai est expiré, % BORNÉO , appeléepar les indigènes Brouniou Bourné, c’est-à-dire Terre, et aussi Dahak-Warouni, ile d'Asie, faisant partie des îles de la Sonde. Elle est bornée au sud par la mer de la Sonde, à l’est par le détroit de Macassar et la mer des Célèbes, au nord par la mer de Soulou, at nord-ouest et à l'ouest pour la mer de Chine, et présente une étendue de côtes de 496 myriamètres, Elle a 122 myriamètres de long sur 100 de large, et 7,000 myriamètrey carrés de superficie. L'équateur la coupe en deux portions d'inégale grandeur. C’est la plus grande île du monde. Depuis longtemps les Européens en connaissent les côtes; mais c’est dans ces dernières années seulement que les ex= pédilions envoyées de Java et les voyages du major Hennerici, du major Müller, qui y perdit la vie, et d’O. de Kessel, en 1846, ont répandu quelque lumière sur linté: rieur de Bornéo. 71 est probable que les montagnes crislallines du nord-est, qui se terminent dans le Kini-Balou, traversent l’île entière. Des fleuves qui l’arrosent, on ne connaît que la partie inférieure de leur cours. Parmi les lacs, on cite le Danao-Malayou dans la partie occidentale, avec deux îles, et le Kini-Balou, près des montagnes du même nom. Le climat est humide sur les côtes, brûlant et par conséquent très-malsain pour les Européens ; la dyssenterie, les fièvres, l’hydropisie, la jaunisse, les rhumatismes, la petite vérole, la syphilis, le choléra sont les maladies régnantes. Sur la côte occidentale, les pluies durent continuellement depuis novembre jusqu’en mai. La végétation est luxuriante. Outre d'immenses forêts de bois de fer, de teak, de tambuse, de gutta-percha, de batu et de bois d’ébène, les bois de teinture, le muscadier, le sagou, le campbrier, le cannellier, le citronnier, ie bétel, le poivre, le gingembre, le riz, les grains, les patates, l'igname, le coton, le bambou, etc., sont les produits les plus importants du règne végétal. Le règne animal n’est pas moins riche. Il offre l'éléphant, le rhinocéros, le léopard, l'ours, le tigre, l’once, le buffle, plusieurs espèces de cerfs, le babiroussa, des singes, entre autres l’orang-outang, le cheval, le porc, la chèvre, la brebis, le chien, etc., la baleine, le phoque, le lamantin, le cachalot, l’aigle, le vautour, le faucon, le perroquet, le hibou, l’hirondelle, salangane, l’oiseau de paradis, le flamant et le paon; plusieurs espèces de serpents, de lézards, de tortues, beaucoup: de poissons, de crustacés, même l’ huitre perlière, des vers à soie, etc. On trouve presque dans toutes les parties de l'ile de l'or, de l’antimoine, du fer, de l’étain et du zinc; des cristaux el des diamants pesant quelquefois de 20 à 40 ca rats. Les côtes nord et sud offrent de riches mines de houille. La population de l'ile est évaluée à environ trois millions d’âmes; mais ce chiffre paraît trop élevé. Elle se compose de Malais, de Dayaks, de Papous, de Chinois el de Bougis, sans compler un certain nombre de Javanais, d'Hindous et d’Arabes. Les Malais, qui habitent les côtes, forment la partie la plus nombreuse et la plus civilisée de la population; leur " audace, leur rapacité les rendent très-dangereux. Les uns sont musulmans, les autres idolâtres; comme leurs compa- « triotes de Malakka, ils sont-gouvernés par des sultans et des « radjas. Les Dayaks, qui habitent plus avant dans l’intérieur de l'ile, sont incontestablement les habitants primilifs de Bornéo. Ils sont bien faits, ont le teint jaune, et se distinguent par leur caractère sauvage et cruel. Ils vivent de la chasse, de la pêche, et souvent des produits de leurs pira= teries. "Leurs armes ‘empoisonnées les rendent des ennemis 3 redoutables; mais si l’on gagne leur amitié, ils y restent
M. nel