BOSQUIER-GAVAUDAN — BOSSE
bosses dans son atelier, qu'un élève est assez fort pour dessiner d’après la bosse. Dans ce cas, bosse désigne des figures en plâtre ordinairement coulées dans des moules pris soit sur des statues antiques, soit sur Ja nature même.
Du mot bosse on a fait en architecture le mot bossage C’est aussi de ce mot que vient celui de bossette, appliqué aux ornements en or, en argent ou en cuivre qui couvrent les deux bouts du mors en dehors de la bouche du cheval ; et qui en effet sont relevés en bosse.
L'expression proverbiale donner dans La bosse, pour dire être dupe, vient de ce qu’en termes de paume on nomme bosse la partie de la muraille qui renvoie la balle dans le dedans du jeu, par bricole; c’est donc une faute au joueur de donner dans cette partie; et c’est un talent à l'adversaire de le faire donner dans La bosse. DUCHESKE aîné.
BOSSE ( Marine). C’est un morceau de fort cordage s0lidement arrêté par l’un de ses bouts à un point résistant, et amarré de l’autre bout sur un cordage qui fait effort. Mettre une bosse sur un cordage, ou le bosser , c’est le retenir contre l’objet qui lui fait résistance.
La bosse dormante ou fixe est celle que l'on met sur les câbles en avant et en arrière des bittes, pour soulager cet appareil des efforts continuels des câbles. La bosse debout sert à suspendre l’ancre au bossoir. Il y a encore la bosse à fouet, la bosse à uiguillettes, la bosse volante, la bosse à croc, la bosse cassante, qui se frappe sur le câble à l’instant du mouillage, par un temps fixe, et amortit par sa rupture la secousse trop violente que le câble pourrait recevoir. La bosse du canot sert à amarrer les embarcations à la traîne.
BOSSE, BOSSUS. Nous ne parlerons ici ni des bosses provenant d’un accident, d’une contusion externe ou d’une lésion des vaisseaux, ni de ces autres bosses du front ou de la tête qui serveñt d’indices aux aptitudes de l'esprit, aux propensions du génie, et qui révèlent une haute vocation intellectuelle ou une secrète inclination pour des vices déplorables (voyez PHrÉNOLOGIE). Nous dirons un mot seulement de ces défauts corporels qui portent le même nom, et qui nuisent à la grâce du maintien , altèrent la santé, et qui ne sont pas toujours sans influence sur le caractère moral.
Les bossus ont la colonne vertébrale déviée, une épaule grosse, ordinairement le tronc court, les jambes et les bras d’une longueur quelquefois démesurée, la tête volumineuse, le fFont haut ou incliné, la respiration gênée, l'esprit incisif et le caractère souvent difficile. Les enfants des riches ne deviennent ordinairement bossus que vers l’âge de dix à quinze ans, époque de réclusion et d’études : ici l’altération de la taille dépend surtout des vêtements et de l'éducation. On observe également dans les classes aisées que les filles sont plus souvent déformées que les garçons, ce qu'il faut attribuer aux corsets dont on emprisonne à contre-temps le buste délicat des jeunes personnes. L’habitude de se servir plus communément du bras droit que du bras gauche fait aussi que l’on trouve plus souvent l’épine dorsale courbée de droite à gauche, et que l'épaule droite est presque toujours plus élevée et plus en relief que l'épaule gauche. Du reste, la déviation contraire est très-dangereuse, à cause du cœur, qui est à gauche, et dont les mouvements pourraient être gênés par suite de la difformité. La masturbation est, ainsi que les scrofules, la cause la plus fréquente des difformités de la taille. Il n’est pas non plus très-rare de voir des déviations vertébrales qui paraissent dues au lait d'unenourrice étrangère : le lait est un second sang. L’habitude où l’on est de se coucher sur le côté droit et d'appuyer la tête sur d’épais oreillers ou coussins, peut aussi occasionner le même résultat, Quelquefois utiles à la conservation de la vie, ces coussins sont certainement nuisibles à la stature : une crainte exagérée des coups de sang et des congestions sanguines engendre fréquemment des difformités dangereuses.