BOTANIQUE
qu’à la fin du quinzième siècle, où l’on commença à s’occu. per avec quelque suite de l'étude de la botanique. Insensk blement, ce goût s’accrut; la science prit une forme, les plantes furent examinées et étudiées de plus près, et les. voyages, les veilles et les travaux de Daléchamp, de Bélon, traducteur de Théophraste et de Dioscoride, de Césalpin, de Clusius, de Lobel, de Prosper Alpin, des deux frères Baubhin, de Parkinson, de Magnol, etc., nous ont fourni … ce que la botanique a de plus précieux et de plus exact, et ont amené les siècles heureux où elle est devenue une science complète et digne de fixer entièrement l'attention de l’homme qui cherche à s’instruire.
Avec le dix-huitième siècle commence pour la bofanique, sous le rapport de la taxonomie, une ère nouvelle, qui s'ouvre brillamment par l'apparition du système de Tournefort, et dès lors l’histoire de cette science est toute ou presque toute dans l’exposilion de cesméthodes de classification auxquelles se rattachent essentiellement son existence et son avenir.
En comparant les végétaux les uns avec les autres, on s’est aperçu qu'un certain nombre offraient des caractères presque entièrement semblables , et jouissaient de la propriété de se reproduire avec ces mêmes caractères. Chacun de ces végétaux a formé ce qu’on appelle un individu, et la réunion de tous les individus semblables, considérée comme un être abstrait, a constitué une espèce. L'espèce est donc la collection de tous les individus qui se ressemblent plus entre eux qu’ils ne ressemblent à tous les autres, et qui peuvent, par une fécondation réciproque, reproduire de nouveaux individus fertiles et semblables à eux, de telle sorte qu’on peut, par analogie, les supposer tous sortis originairement d’un seul individu. Les individus composant une espèce peuvent offrir quelques différences de grandeur, de coloration, d’odeur, etc., et tous ceux qui présentent la même modification peuvent être compris sous le nom de variété. Ces modifications de l’espèce sont dues à l’influence des circonstances extérieures, telles que le changement de sol et de climat, et à l’Aybridité, c'est-àdire au croisement des races. Elles diffèrent des espèces proprement dites en ce que dans l'état de nature elles ne se reproduisent point de graines avec tous leurs caractères. En comparant les espèces entre elles, on a vu que certaines se ressemblaient beaucoup par tout l’ensemble de leur structure, sans jamais cependant pouvoir se changer l’une dans l’autre. On a fait de la réunion de ces espèces semblables une nouvelle association, qui a été désignée par le nom de genre. Le genre est donc la collection des espèces qui ont entre elles une ressemblance frappante dans l’ensemble de leurs organes. C’est surtout dans les organes de « la fructification que se trouve marquée au plus haut point « la ressemblance des espèces d’un même genre; les caractères qui servent à les distinguer entre elles sont en général tirés M des organes de la végétation, c’est-à-dire des feuilles, de la tige et des racines.
Les principes de nomenclature universellement admis en botanique sont ceux que le célèbre Linné a établis le premier , et qui consistent à composer le nom d’une plante de deux mots, l’un substantif et l'autre adjectif, S'il avait fallu avoir un nom distinct pour chaque végétal, le nombre en eût été prodigieux. Linné eut l’heureuse idée de ne désigner par des noms substantifs que les genres, beaucoup moins nombreux que les espèces : ces noms substantifs, communs à toutes les espèces d’un genre, et analogues en quelque sorte à nos noms de famille, furent appelés noms génériques, et pour avoir une dénomination qui fût propre à chacune des espéces du genre, Linné n’eut besoin que d’ajouter au nom générique une épithète qui indiquât quelque particularité de l'espèce. Ces adjectifs, qui variaient d’une espèce à l’autre dans le même genre, et qui étaient ana logues à nos noms de baptême, il les appela noms spéci-