‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 3)Chapitre 307 sur 527 · BOUCHER — BOUCHES-DU-RHONE · texte numérisé non relu

BOUCHER — BOUCHES-DU-RHONE

l'opposition prétendit qu'il n'en était que le Üharles XII. Ce virtuose venait d'obtenir à Mayence une distinction trèsflatteuse, L'impératrice Joséphine voulut l'entendre, et lui dit qu’il l'avait reconciliée avec le violon. La reine de Hollande ajouta que le violon de Boucher avait le charme de la voix, et qu’elle désirait en faire la comparaison avec le chant délicieux de Crescentini. Lorsque le roi d'Espagne fut enlevé à Bayonne et conduit à Fontainebleau, Boucher se rendit à cette maison royale pour y attendre son protecteur malheureux. Charles IV le serra dans ses bras, et lui dit : « Je n'ai pas cru les méchants qui voulaient me persuader que tu m'avais oublié, Tu ne me quitteras plus, ton bon cœur m'est connu, » Boucher devint le directeur du petit nombre de musiciens que le roi détrôné réunit pour charmer les ennuis de sa captivité. Guénin, violoniste de l'Opéra et le célèbre violoncelliste Duport s'y faisaient remarquer.

Alexandre Boucher a fait plusieurs tournées en Europe, en Allemagne, on lui donna le nom de Paganini français Boucher a composé beaucoup d'ouvrages pour son instrument, et n’en a publié qu'un très-petit nombre. Il a épousé Mel: Céleste Gallyot, harpiste et pianiste du roi Charles IV, et qui se fit entendre avec succès aux concerts de Feydeau en 1794. Il n’a eu d'élèves que ses fils, Alfred et Charles

- Boucher, qui se sont signalés l’un sur le violon, l’autre sur

le vivloncelle,

Je ne finirai point cet article sans parler de l’étonnante ressemblance d'Alexandre Boucher et de Napoléon Bonaparte. M. Boucher revêtu de la redingote grise et coiffé du tricorne, imitant Napoléon du geste et de la voix, produisait une illusion complète, CastiL-BLAZE.

Cet artiste est mort le 29 décembre 1861, à Paris.

BOUCHER DE PERTHES (Jacques), littérateur et savant français, naquit le 10 septembre 1788, à Rethel. 11 était fils de Jules-Armand-Guillaume Boucner DE CRÈVE- COEUR, contrôleur des finances avant la révolution, etmorten 1844, laissant quelques écrits de botanique et une nombreuse bibliothèque. 11 succéda à son père dans la direction des douanes d’Abbeville et reçut comme fonctionnaire la croix d'honneur en 1831. En possession d’une belle fortune il s’adonna à la eulture des lettre, et écrivit dans un grand nombre de genres ; ses Romances et ses Chants armoricains datent de 1830. Il débuta par des recueils de vers et finit par {des impressions de voyages. De son bagage littétraire qui comprend une soixantaine de volumes, nous exrairons les ouvrages suivants : Opinion de M. Christophe. sur l’économie polilique (1831-34, 4 part. in-18), et Le Pelit glossaire (1835, 2 vol. in-12), où l’on trouve d'ingénieux aperçus et de piquantes vérités sur les mœurs administratives; Hommes et choses (1851, 4 vol. in-8°), et Les Masques (1861-64, 5 vol. in-12), études morales ; Sous dir Rois (1862-67, 8 vol. in-18), souvenirs personnels conduits jusqu’en 1860. Cet aimable littérateur fut aussi un géologue remarquable, un philosophe original, comme le prouvent son essai sur l’origine et la progression des êtres, intitulé de la Création (1839-41, 5 vol. in-12), et ses beaux mé-

moires sur les Antiquilés celtiques et antédiluviennes

(1847-65), et sur Les Outils'de pierre (1866).

Une découverte faite par lui en mars 1863 apprit son nom au monde savant. Des fouilles opérées dans la carrière de Moulin-Qu'enon, près d'Abbeville, mirent au jour un assez grand nombre de haches en silex, que, vu la nature du terrain, Boucher de Perthes fit remonter à une époque antérieure à l’apparition sur la terre de la race humaine actuelle. C’est pour ces grossiers instruments, que certains s’obstinaient à regarder comme de simples cailloux, qu’on a formé en géologie l’dge de pierre. Quelque temps après, notre antiquaire trouva dans le mème endroit des dents et la moitié d’une mâchoire humaine qu'il dégagea lui-même de ses propres mains. Cette découverte eut un grand retentissement, À la suite d’une longue discussion, de

visites au Moulin-Quignon et d’une enquête faite sur place par une commission franco-anglaise, on s'accorda à reconnaître la présence d'une mâchoire d homme ans un terrain antédiluvien ; mais les opinions se partagèrent sur l'époque dont peut dater la grande inondation qui a entrainé ces débris et le gravier où ils gisent dans le bassin de la Somme,

Il est inutile d'ajouter que Boucher de Perthes, soutenu par quelques géologues français, persista dans son premier sentiment ; il fut nommé officier de la Légion d'honneur, et it présent de sa nombreuse collection d'antiquités celtiques et autres au musée qui venait d'être fondé “u château de Saint Germain en Laye. [mourut le 5 août 1868, à Abbeville.

BOUCHERIE. Voyez Boucuer.

BOUCHES A FEU. On nomme ainsi, en termes d'artillerie, toutes les armes à feu non portatives, telles que canons, mortiers, obusiers, pierriers, elc., dont le service exige le concours de plusieurs honwmes.

Quatre choses principales sont à considérer dans une bouche à feu : les matières employées à sa fabrication, s& forme ou ses dimensions, son âme et sa chambre, enfin sa lumière. Les bouches à feu sont soumises aux efforts qui résultent de l'expansion des gaz produits par la combustion de la poudre; ces efforts ont une si grande puissance, qu’ils lancent des projectiles d’un poids considérable à de grandes distances.

La ténacité, la dureté, l’indissolubilité dans les acides que produit la combustion de la poudre, l’infusibilité aux degrés de chaleur qu'elles doivent éprouver, sont les qualités indispensables des matières employées à la fabrication des bouches à feu. Il faut encore que ces matières ne soient pas oxydables à l'air ou à l'humidité : autrement les dimensions de la bouche à feu s’altéreraient, et l'exactitude dans le tir en serait diminuée. Enfin, ces malières doivent être communes, afin qu'on puisse se les procurer en quantité suffisante. Il est presque impossible de composer avec des métaux purs des bouches à feu qui soient de bon service : le cuivre et le fer forgé ont une grande ténacité, et sont peu attaquables par les acides de la poudre; mais ils manquent de la dureté nécessaire, de même que l’or et l’argent, qui sont d’ailleurs d’un prix excessif ; le fer coulé a une grande dureté, mais sa ténacité est faible ; les autres métaux, tels que l’étain, le plomb, le zinc, elc., ont tout à la fois peu de dureté et de ténacité,

On trouvera à l’article Canon, les notions qui se ratfachent aux autres conditions de celte fabrication, et tous les renseignements explicatifs nécessaires sur les diverses parties conslituantes des bouches à feu.

BOUCHES DE CATTARO. Voyez CATTARO.

BOUCHES-DU-RHÔNE (Département des), formé d’une partie de la Provence, du territoire d'Avignon et du comtat Venaissiu. Il est borné au nord par le département de Vaucluse ; à l’est, par l'extrémité sud-ouest de celui des Basses-Alpes et par celui du Var; au sud par la Médiler ranée, et à l'ouest par le département du Gard. — Son nom lui vient de ce que le Rhône a ses embouchures sur son territoire.

Divisé en trois arrondissements, dont les chefs-lieux sont Marseille, siége de la préfecture, Aix et Arles, il compte 27 cantons, 106 communes, et 507,112 habitants. Il envoie 14 députés à l'Assemblée. Il forme avec les départements des Basses-Alpes, du Var et de Vaucluse, le 26° arrondisse. ment foreslier, constitue la 1° subdivision de la 9° division militaire, dont le quartier général est à Marseille, ressortit à la cour d’appel d'Aix, et compose les diocèses d’Aix et celui de Marseille, suffragaut de l’archevêché d'Aix. Son académie comprend une faculté de droit, une faculté de théologie et une facullé des leltres; une école préparatoi e de médecine et de pharmacie ; un lycée, 3 colléges communaux, 3 institutions, 31 pensions et 724 écoles primaires.

Sa superficie est de 510,487 hectares, dont 111,213 en

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