‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 3)Chapitre 308 sur 527 · BOUCHES-DU-RHONE · texte numérisé non relu

BOUCHES-DU-RHONE

terres labourables ; 49,706 en prés; 44,049 en vignes; 63,483 en bois, 163,657 en landes, Le revenu des proprielés bâties el non näiies y est estimé à plus de 31 millions de fr. par an. Il payail, en 1828, 2,909,508 fr. d'impôt foncier. En 1864 on y complail 18 usines en activité, 375 élablissements pourvus de machines à vapeur, et près de 15,000 élablissements de commerce ou d'industrie occupant 56,628 ouvriers. Après la culture des céréales, celle de la vigne y élait la plus considérable.

Le département des Bouches-du-Rhône est divisé en deux parties par la chaîne des Alpines. L'une, au nord et à ouest, située dans le bassin du Rhône, a sa pente dans la direction de ce fleuve; l’autre est inclinée de l’est à l’ouest dans la direction des principaux cours d’eau dont cette région est arrosée : de la Vienne, qui se jette dans la mer, au sud et près de Marseille, de la Couloubre et de l’Are, qui versent leurs eaux dans l'étang de Berre. La première partie esl baignée, au nord, par la Durance; et couverte, à l'ouest, par les diverses branches entre lesquelles se divise le Rhône, depuis Arles jusqu’à la mer. Cette région est principalement occupée par les plaines basses et alluvionales de la Camargue et de la Crau. La Camargue est renfermée dans le delta du Rhône. La Crau , comprise entre le bras le plus oriental de ce fleuve et les étangs de Martigues, les Alpines et la mer, offre l’aspect d’un golfe qui serait comblé par les alluvions. Cette plaine, dont la circontérence totale est d'environ onze myriamètres, est couverte de cailloux roulés de toutes les grosseurs, ce qui lui a fait donner par les habitants le nom qu'elle porte, qui signifie en provençal champ pierreux. Elle renferme un grand nombre d’étangs. Le plus ancien terrain de cette plaine confinant à la Durance, on est porté à croire que cette rivière y coulait autrefois et se jetait à la mer par ce golfe comblé. Le Rhône et la Couloubre y avaient probablement aussi leurs lits. Considéré sous un autre aspect, le département des Bouchesdu-Rhône présente, dans la région du nord-est, des collines et des plateaux élevés , nus et stériles, et, dans la région du sud-ouest, un pays de plaines couvertes en grande partie de mares, d’étangs , de terrains marécageux. Les plus considérables de ces amas d’eaux sont les étangs de Valcarère et de Berre. Le premier couvre presque Ja moitié de la Camargue, et le dernier, qui a environ vingt kilomètres de long sur huit de large, s’étend , dans la plaine de la Crau, entre Marseille et la bouche la plus orientale du Rhône, et se décharge dans la mer par un passage d’une lieue et demie environ, appelé le port de Bouc ou canal des Martiques. Les côtes basses, dans les environs du Rhône, offrent partout ailleurs des escarpements très-élevés ; elles courent en général de l’ouest-nord-ouest à l’est-sud-est. Ê

Le territoire de ce département, fertile et de bonne qualité dans la partie arrosée par la Veaune, devient pierreux et ingrat dans la partie nord-est, et ne produit qu’à l’aide d’un travail opiniâtre. Les bords de la Durance au nord sont également stériles ; mais tout le terrain situé entre cette rivière, le Rhône et le canal de Crapone est d’une grande fertilité ; malheureusement il est exposé aux inondations. Le département est coupé en divers sens par plusieurs canaux ou tranchées. Le plus considérable est le canal d'Arles, qui part du Rhône auprès d’Arleset va aboutir au port de Bouc ; c’est le seul navigable. Le canal de Crapone, tranchée qui part aussi du Rhône et joint ce fleuve à la Durance.

Cette contrée renferme peu d'animaux sauvages et de gibier; mais on trouve sur les côtes et dans les étangs une grande quantité de poissons de mer et d'oiseaux aquatiques : les rivières sont aussi très-poissonneuses. Les montagnes abondenten plantesaromatiques, telles que la lavande, le thym, l'hysope, le romarin, etc. On voit sous ce beau ciel croître spontanément les lauriers, les myrtes, les grenadicrs, les citres, les pistachiers, et en général tous les

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