‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 3)Chapitre 311 sur 527 · BOUCICAUT · texte numérisé non relu

BOUCICAUT

se présenta bien accompagné, annonça d’un ton forme 1 paix aux bons, la guerre aux méchants, désarma les particuliers, défendit les querelles politiques, livra au bourreaw la tête des meneurs, construisit des forts pour dominer la. mer et l4 ville, et ramena la confiance avec la tranquilli

Le roi de Chypre assiégeait Famagouste, qui appartenait aux Génois : Boucicaut, ayant assuré l’ordre intérieur, en= voya sommer le roi de Chypre d'abandonner son entre= prise, et s’embarqua sur une petite flotte pour appuyer demande. En même temps, Venise, jalouse de la prospéri rendue à sa rivale, -fit partir Zani avec des galères en lui enjoignant d'observer Boucicaut et de l’accabler à la pre= mière occasion. Le roi de Chypre ayant consenti à lever le siége, le maréchal tourna contre les infidèles les forces de: l'expédition. Candéloro, Tripoli, Baruth et les côtes d'Égypte furent témoins de ses combats, d’autant plus glo= rieux qu'il trouva un ennemi bien préparé; car les Véni= {iens avaient semé dans tous les ports la nouvelle de son. approche. Au retour, comme il ramenaït son armée, considérablement affaiblie, il fut attaqué par la flotte vénitienneÿ mais il se défendit avec une telle vigueur, malgré la surprise et l'inégalité du nombre, qu'il força l'ennemi à se retirer. Venise prévint sa vengeance en se hâtant de négocier sa paix avec la cour de France. Boucicaut avait conçu un dessein hardi; mais il avait besoin que le roi de Chypre concourût à l'exécution : il s'agissait d'enlever Alexandrie aux infidèles. Il envoya donc en Chypre deux hommes chargés d'instructions secrètes; mais le roi ne s'étant pas senti assez de courage, l’entreprise n’eut pas lieu. Non moins habile au conseil qu’à l'exécution, il disposa le comte de Padoue et la comtesse de Pavie à reconnaître la suzeraineté de la France, et reçut aussi l'hommage de Gabriel, comte de Pise; mais celui-ci était venu en fugitif, exilé parses sujets ; avant d’employerles armes pour le rétablir, Boucicaut, offrit aux Pisans de leur ménager une réconciliation avec leur prince. A leur refus, et comme ils offraient de se donner à la France, le maréchal obtint le consentement de. Gabriel, sur la promesse d’une indemnité égale à son comté. Néanmoins, avant de jurer la foi du vassal, les Pisans, qui visaient à s’ériger en république, demandent que la citadelle soit évacuée et remise entre les mains de Boucicaut. Ce point leur est accordé; maïs, sans laisser au maréchal le temps d’approvisionner la place, et d'y mettre une garnison suffisante, ils assiègent la forteresse et l’enferment par un. fossé. Ce fut alors que Gabriel vendit ses droits aux Florentins. Le maréchal y consentit, sous la condition acceptée que Florence tiendrait le comté de Pise comme relevant: de la couronne, arrangement qui lui fit beaucoup d’honneur au conseil du roi; car il maintenait la suzeraineté dela France, et lui gagnait une alliée. Pise est donc assiégée : réduite aux aboïs, elle se donne aux ducs d'Orléans et. de Bourgogne. Ceux-ci l'acceptent, disposent Charles VI. à leur céder ses droits, et, sans égard au traité qu’ils avaient. signé avec Florence, écrivent à Boucicant de porter secours aux Pisans ; mais celui-ci respectait mieux la foi jurée ; et la ville fut prise après un siége qui avait duré deux ans.

Au milieu de ces affaires, la piété de Boucicant s’occupait encore de l'Église. 11 voyait avec peine qu’elle fût diviséeentre le pape de Rome et celui d'Avignon; il détacha Gênes du Romain ; il assiégea l’Avignonais dans son palais; et, n'ayant pu en obtenir une abdication volontaire, il contribua à la réunion du concile où furent déposés ces deux papes rivaux, et où l'Église futréunie (1409) sous un seul pontife, Alexen dre V. Ce Gabriel qui avait cédé Pise aux Florentins se mit en rapport avec un fameux chef de bandes, Facino-Cane, surnommé la lerreur de La Lombardie, et tenta d'enlever Gônes au maréchal. Facino-Cane devait se montrer devan la ville au jour fixé, Gabriel s'emparer des portes, et les gibe= lins se révolter. Boucicaut découvrit la trame, et Gabriel la paya de sa tête. La crainte que Facino inspirait et le besoin.

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